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Le deuxième niveau de lecture met en évidence le génie de Nicolas Poussin. Ce peintre maîtrise son art mais possède aussi de solides connaissances dans d’autres domaines, notamment dans la religion et les langues. Comme le disait Chateaubriand ce tableau nous parle et c’est d’abord en français qu’il le fait . La représentation inversée de Shugborough hall reste la plus explicite, car elle permet de constater de façon claire la présence d’un palindrome parfait en utilisant les contours de deux jambes, de deux bâtons et des joints que l’on trouve entre les pierres du tombeau dressé derrière les quatre figurants. Le fait d’inverser le tableau renforce cette lecture « palindromique ».

C’est ensuite et surtout en Hébreux que ce peintre parlera. Si vous observez attentivement la position des quatre personnages et non plus uniquement celle de celui qui nous regarde, la façon particulière dont ils se tiennent doit vous interpeller. Mais avant d’observer à nouveau ce tableau je vais vous demander de regarder attentivement la première lettre aleph de l’alphabet Hébreux ( lettre A ) affichée si dessous et de répondre à la question suivante :

Si cette lettre devait représenter une position prise par un individu, que devrait-elle être ?

Et s’il se regardait dans un miroir que verrait-il ?

Si la réponse ne vous vient pas alors regardez le tableau.

Maintenant observez le bras gauche de cette dame que l’on trouve debout à droite du tableau, puis observez la jambe gauche du premier personnage qui se trouve lui aussi debout mais à gauche du tableau.

Savez-vous qu’il existe une autre lettre hébraïque qui reprend le contour de ces deux membres ?

La voici, c’est le lamed ( lettre L ) :

Une lecture de droite comme de gauche fait apparaitre la négation hébraïque לא que l’on retrouve sept fois dans la table des dix commandements:

Continuons à nous intéresser à ces deux personnages et observons maintenant la position de l’autre bras par rapport au reste du corps. Une troisième lettre apparaît ainsi que sa représentation symétrique, c’est la lettre vav ( lettre V ), mais cela peut-être aussi la lettre Daleth ( lettre D )

 

 

 

 

 

Enfin au centre convergent trois bâtons, deux sont parallèles et forme un V avec le troisième.

Voici la représentation symétrique de la lettre shin .

Ces quatre lettres de l’alphabet hébreux expliquent les positions étranges et particulières prises par les quatre personnages ainsi que celle des trois bâtons.

Même si deux LAV symétriques, « palindromiques », apparaissent maintenant de façon évidente, c’est avant tout de Dieu et du Christ dont il est question :

Quatre personnages , quatre lettres .. Poussin évoque d’abord Dieu.

Le mot el ( אֱלֹ ) qui signifie Dieu dans les langues sémitiques et notamment en hébreux ( Elohim est la forme longue de el ), saddaï et Adonaï semblent aussi évoqués.

* Les deux personnages situés à droite du tableau, c’est-à-dire une femme et un homme intimement liés symbolisent Dieu ( אֱלֹ ) et particulièrement sa création.

* El Shaddai, écrit aussi El Shadday (hébreu : אל שדי, ), est l’un des noms de Dieu proposé par l’abbé Boudet dans son ouvrage ( LVL C page 31 ) et la référence qu’il propose dans LVL Celtique ( Cornelius a lapide ) parle essentiellement de ce nom. Il est traditionnellement traduit par « Dieu Tout-Puissant ».Quatre des cinq premières lettres d’ El Shadday vous sont maintenant familières.

* La dernière, le yod, est évoquée par l’abbé en page 33. Deux lettres yod יְיָ représente « Adonai » = « Mon Seigneur » qui est aussi l’un des noms de Dieu ( LVL C page 32 ).Ce double yod se trouve dans la lettre aleph en compagnie d’un vav couché. (http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/signe/sacre/01.htm ).

Lettre

Aleph

Vav

Daleth

yod

Lamed

Shin

Hébreux

א

ו

ד

י

ל

שׁ

prononciation

a

u/v

d

i

l

sh

sens

enseignement

clou

porte

main

élève

dent

Il y aurait beaucoup à dire sur le sens sacré de ces cinq lettres et notamment leur rapport avec Dieu, aussi je vous invite à consulter d’autres articles qui le feront mieux que moi. Cependant si l’une des lettres doit être retenue, c’est bien la lettre aleph, la lettre de Dieu évoquée deux fois de façon symétrique dans le tableau de Poussin.

Revenons sur la lettre shin. Intégrée au milieu des lettres représentant Dieu, c’est le « pentagrammaton » (Y-H-Sh-W-H ).Ici Poussin utilise l’évocation de el ou de Saddaï à la place de YHWH. Cette lettre shin représente la nature humaine du Christ ….