Ancienne étude sur le Prieuré de Sion ( 2006 )

Je pense actuellement que Boudet est à l’origine du petit parchemin et que les documents ont transités par l’abbé Courtauly ( ou le docteur Courrent…).

Brèves de comptoir

Mais pourtant c’est simple … !!

P Plantard crée le Prieuré de Sion en 1956 parce qu’une montagne près de chez lui porte ce nom …., et donc si l’on trouve le mot Sion sur le petit parchemin , c’est qu’il a été fait par lui …et c’est pareil pour la dalle et la pierre de Coumesourde . Et puis pour le grand parchemin il nous donne la solution dans le deuxième apocryphe , c’est donc qu’il l’a crée … !!

Introduction

Non … je vous rassure ( ou vous désole ..) , je n’ai pas subitement changé d’avis . C’est un peu près ce que l’on pourrait entendre d’une personne qui ne se pose pas trop de questions sur cette histoire . Cela parait si simple et si évident présenté de la sorte . Pourtant , quand on y regarde de près ……..il y a de quoi se poser des questions ……

Tout à vraiment basculé quand Monsieur  Willker découvrit l’origine du petit parchemin . Les certitudes d’avant se sont mises « à craqueler » . Puis j’ai eu l’occasion de vérifier que le dictionnaire de Dom Cabrol ne contenait pas le texte de Jean extrait du codex Bezae …puis d’autres l’ont fait aussi . Enfin il y a eu « pierre et papier » qui nous a montré à quel point Philippe de Cherisey « maîtrisait » son sujet .

Le Prieuré de Sion de 1956 , c’est quoi ?

Ce que l’on nous propose …

Le Prieuré de Sion fut enregistré sous ce nom  le 7 mai 1956 (déclaré au Journal Officiel le 25 juin 1956 ), à la sous-préfecture de St-Julien-en-Genevois, en Haute Savoie ( association selon la  loi de 1901 ) .Son bureau se compose d’un président ( monsieur André Bonhomme alias : Stanis Bellas ) un secrétaire Pierre Plantard ( alias Chyren ) , un  trésorier (  Armand Defago ) ,  un vice-président (  Jean Deleaval )  . Tout ceci est vrai ….

Maintenant , son nom serait inspiré de celui d’une colline située près de Saint Blaise , entre Saint Julien et Annecy  à 30 km d’Annemasse , où se trouve le domicile de P Plantard .

Voici ce que dit Mr Bonhomme en 1996 à propos de sa création :  « Le Prieuré n’existe plus. Nous n’avons jamais été impliqués dans aucune activité à caractère politique. Nous étions quatre amis qui voulions nous amuser. Nous nous sommes appelés ‘le Prieuré de Sion’ parce qu’il y avait une montagne avec le même nom près de chez nous. Je n’ai pas vu Pierre Plantard depuis vingt ans et je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais il a toujours eu une grande imagination. Je ne sais pas pourquoi les gens essaient de faire une si grande chose de rien ».

Je comprends dans cette intervention de Mr Bonhomme que ce dernier souhaite nous dire que nous devons ce nom de « Prieuré de Sion » à P Plantard , ce dernier ayant beaucoup d’imagination…. .

 

Mais quel fut le rôle de cette association ?

Les statuts donnent au Prieuré un sous-titre : CIRCUIT. Ce nom provient de l’initiale des mots Chevalerie d’Institution et Règle Catholique et d’Union Indépendante Traditionaliste.

Nous y voila  ..un vieux fantasme de Plantard …. Des « cathos » , traditionalistes qui œuvrent pour redonner à la jeunesses les valeurs qui lui manquent …..mais …non , pas tout à fait …car ….

C’est une association de Défense HLM , c’est ce que l’on comprends dans le premier ( et l’un des rares ) bulletin de l’association :« CIRCUIT » .. voila … donc c’est pour défendre les pauvres locataires …..mais , en fait , non ..pas tout à fait ….. :

Le Prieuré de Sion est un centre d’études, de méditation, de repos et de prières qui sera situé sur  la Montagne de Sion …. En fait ..non ..pas tout à fait car ….

Le Prieuré de Sion n’a pas eu d’activité réelle : pas de compte-rendu d’assemblée générale ordinaire ni extraordinaire. !!!!

Pour résumer , le Prieuré de Sion ne servait à rien ..ou presque . Ce n’est pas à sa fonction qu’il fallait s’intéresser : juste une paire de bulletin et aucune réunion ….mais c’est le nom « PRIEURE DE SION » que P Plantard devait « déposer » , c’est-à-dire faire connaître .

Si vous mettez en relation ce que l’association était sensée faire avec ce nom , vous remarquerez rapidement qu’il n’y a aucun lien :  Une société de défense HLM qui s’appelle « Prieuré de Sion » ..c’est complètement ridicule , vous ne trouvez pas ?

Mais alors , cette histoire de nom de montagne …. ???

Il faut remettre les choses à leur place …Pour comparer , imaginez le cas de figure suivant : L’abbé Saunière souhaite mettre en place une société de défense de locataires ( je ne recule devant rien !! )  ..donc à Rennes le Château . Il la nomme logiquement « Prieuré de Rennes le Château » ..c’est presque normal ..il y a bien le mot « prieuré » ..mais passe encore , l’homme est curé ( lui … !).

Si il nous propose «  Prieuré de Cardou » ..c’est déjà plus pareil ..mais bon , on accepte …

Un « Prieuré de Bugarach » devient suspicieux . ;c’est un peu loin ce lieu…allez , comme c’est l’abbé Saunière , et que la montagne est grande ..OK pour cette appellation .

Mais si c’est « Prieuré de Roquemorel » ,du nom d’un petit mont qui se trouve au Sud de Carcassonne , à quelques 30 km de Rennes , alors là cela devient vraiment risible …même si l’abbé se donne la peine de déposer les statuts de l’association à …Carcassonne .

Toute proportion gardée , c’est ce qui se passe avec Plantard et son « Prieuré de Sion » .

Cette « justification » est en fait ce que Plantard « a du sortir » à Mr Bonhomme pour lui faire avaler cette couleuvre .

Il avait donc bien le choix  P Plantard , avec toutes les montagnes , ces cours d’eau et villages ( et pourquoi pas les noms de rues..) que l’on trouve à 30 km à la ronde pour justifier son  « Prieuré de Sion »  …Il a eu un peu de chance ..mais pas trop .En effet , sa rue ne portait pas le nom de Sion , ni le nom de son immeuble , ni le mont près duquel se trouve Annemasse …C’est pourtant logiquement ce qui se passe  pour la plupart des associations Françaises , non ?? ( vous pouvez vérifier …) .

Mais ce n’est rien en regard de l’ENORME coup de chance qu’il a eu ( si l’on considère bien entendu que le choix de ce nom de Prieuré de Sion n’est pas déjà en rapport avec l’affaire de RLC ) .

En effet , en 1956 il choisit « par hasard » ce nom , puis on le retrouve pratiquement écrit dans les apocryphes quelques années plus tard , quand il explique l’origine de « son organisation » . En effet , je cite :

« En 1152, un petit contingent de l’abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion accompagna le roi Louis VII qui rentrait en France après la deuxième croisade et fut installé à l’abbaye de Saint-Samson, à Orléans. Parmi eux, un groupuscule encore plus choisi fut transféré au « petit prieuré du Mont-de-Sion » (Montission), près de Saint-Jean-le-Blanc, aux environs d’Orléans. »

Historiquement , un petit prieuré du Mont de Sion près d’Orléans a réellement existé ….

Alors je ne crois pas trop à ce genre de hasard ……

Je sais par contre que Plantard fut « un chercheur de Trésors » dans l’âme ….et que dès 1945 , c’est ce que qui l’attira dans l’affaire qu’il mit au point : celle de Gisors .

Je ne serais pas étonné que dès 1945 , des chercheurs de trésors de tous horizons se mirent en contact avec P Plantard ,quand l’affaire de Gisors fut connue , et lui parlèrent de Saunières. Donc déjà à cette époque , il pouvait être mis au courant , voir même bien avant par le biais de Monti ( livre G de Sède ) .

 Mais il me parait certain que dès le début de l’année 1956 , il connaît l’affaire de Rennes le Château . Car vous pouvez remarquer qu’il créa le « Prieuré de Sion » en mai 1956 , soit quelques mois après que l’histoire de l’abbé Saunière et de son trésor fut révélée à la France entière par la presse  ( dépêche du Midi ..puis d’autres …)

Certains diront « pas possible, aucun écrit de lui se rapportant à cette histoire n’existent avant les années 1960 , donc il ne la connaît pas.. » . Sur ce raisonnement nous pouvons donc déduire que le docteur Courrent par exemple ne s’est jamais intéressé à cette histoire ..en effet , il n’a rien publié sur ce sujet …Comme vous le savez , ce n’est pas le cas …

Dès la fin des années 50 , Plantard est remarqué malgré sa discrétion du coté de RLC ( page 76  « Mythologie du trésor de Rennes » R Descadeillas ) ; pourtant , il n’y a pas encore d’écrit à cette date…

Alors pourquoi ?

Avant les années 60 , Plantard est un chercheur de trésors , et donc logiquement il ne va pas publier ce qu’il sait sur cette affaire . Il possède une avance sur tous …les documents « empruntés » dans le fond « Courrent/Boudet/Saunière » .

A partir de 1956 les choses changent . L’affaire est révélée à tous …. Il doit reprendre la main …. Il « dépose » donc le terme de « Prieuré de Sion » , vous comprendrez ensuite pourquoi ….

Il n’a donc plus la même démarche : il veut alors se faire passer pour ce qu’il n’est pas, un descendant royal ( et héritier potentiel ..) et donc il publie ..pour essayer de le justifier .

De « chercheur discret », il change de statut et passe à celui de « descendant prosélyte » !

Le Prieuré de Sion ….Mais que devions-nous comprendre … ?

Ce que P Plantard nous explique , c’est que sa famille remonte aux rois Mérovingiens et wisigoths . Qu’ à un moment donné  l’abbé Saunière s’était rendu compte que le trésor qu’il avait découvert ne pouvait appartenir qu’au descendant de cette lignée .Il souhaita donc lui en faire part .  Nous devions donc deviner qu’à l’époque de Saunière , cette personne était son oncle , le fameux Jean XXIII ( voir apocryphe VI) pas celui du Prieuré de Sion ( J Cocteau ..détaillé dans l’énigme sacrée .. ) , mais bien quelqu’un de sa famille.

Mais étant donné que le père ( Pierre IV ) de ce dernier s’était désisté pour  son frère ( Charles I ) qui n’est autre que le père de P Plantard , alors P Plantard pouvait « légitiment » réclamer une partie du « butin » , si ce dernier venait à être trouvé …..

Il y a bien un « soupçon » de mégalomanie dans la démarche de P Plantard , mais aussi certainement beaucoup de pragmatisme .

Que doit-on comprendre de la lettre de mise au point de P Plantard … ? ( lettre page 148 et 149 du testament du Prieuré de Sion » )

Elle nous apprend que Plantard n’a jamais eu l’intention de reproduire dans le livre de G de Sede les parchemins ( qu’ils soient vrais ou faux ) .
N’oublions pas que P Plantard fut un chercheur , et comme beaucoup d’entre vous il n’aime pas trop partager ses informations ….(particulièrement les bonnes …c’est-à-dire les parchemins )
Dans cette histoire G de Sede est le co-auteur de Plantard pour « l’or de Rennes » ..pour être plus précis , il est le « rédacteur » , le contenu provenant de Plantard .
On comprends dans cette lettre que G de Sede évite la signature du contrat afin d’obtenir ( soit disant….. ) des informations sur le décodage de la dalle . En fait il a reçu les parchemins de la part de Cherisey et les « fait étudier » .
Lors de la parution de « l’or de Rennes » , Plantard y découvre les parchemins . Il n’a donc plus d’autre solution que de les désavouer .
Ce qui s’est donc probablement passé , c’est que Cherisey a décalqué les parchemins sans que Plantard ne le veuille ou ne le sache ( fut-il vexé de ne pas avoir été pris pour auteur à la place de G de Sede ? ) .Comme il fut la personne qui fit découvrir les parchemins à tous , la seule solution était de prétendre qu’il en fut le créateur .
Donc l’hypothèse qui consiste à dire que Plantard trouva le document de base ( LucVI du codex Bezae ) et le donna à Cherisey pour qu’il crée le petit parchemin ne tient pas  .
Il n’a jamais voulu qu’un parchemin soit publié , il n’y a donc aucune raison d’en faire fabriquer de faux .

Alors cette lettre ,  info ou intox ?

Plutôt info …. Car Plantard pouvait très bien donner directement les parchemins à G De Sede …ou utiliser son « canal » favoris c’est-à-dire les apocryphes publiés à la BNF . Si Plantard les avait intentionnellement fait parvenir à De Sede par le biais de Cherisey , il n’était alors absolument pas certain que ce dernier les publie .De plus , plusieurs personnes sont cités dans cette lettre ..ce sont autant de témoins qui peuvent confirmer ou contredire P Plantard ..ce dernier ne pouvait pas prendre de risques .

N’oubliez pas non plus que «  Cherisey auteur des parchemins » fut la dernière justification d’une « longue » série ( Francis Blanche etc ..) : rien ne les empêchait de reconnaître les faits plus tôt …si ce n’est qu’ils n’en étaient pas les auteurs …

 

P Plantard pouvait-il être l’auteur des parchemins ?

Non ..je ne le pense pas du tout .

Il n’y a aucun rapport entre le travail demandé pour réaliser les parchemins et celui nécessaire  pour « construire » les apocryphes . Autant les parchemins ont demandé un travail important , long et rigoureux , autant les apocryphes montrent le travail d’un amateur ..on y trouve entre autres des reproductions d’ouvrages connus ( R Charroux ) , des photocopies de journaux etc …

Il serait incompréhensible que Plantard ai passé autant de temps sur des parchemins qui n’apportent rien à son « délire » ( une date fausse, le 681 du grand parchemin , un mot « SION » pour le petit … ) au détriment des apocryphes qui eux lui sont utiles .

De plus, si l’on considère que P Plantard est l’auteur des parchemins , il faut donc lui reconnaître  un certain « génie » , mais qui perds tout son sens quand on sait qu’il utilise une écriture en onciale abandonné depuis le VIIeme siècle afin de les faire passer pour une œuvre « pseudo templière » du début du deuxième millénaire .

Puis n’oublions pas non plus que le petit parchemin issu du codex Bezae est « marqué » par sa « période protestante » , je n’imagine donc pas P Plantard , ce « chevalier catholique traditionaliste » représentant d’un Prieuré de Sion non moins catholique choisir ce texte . Même dans le dictionnaire de Vigouroux , Théodore de Beze à qui l’on doit la connaissance de ce texte y est décrit d’une façon peu favorable ( page 1773 , je cite entre autre : «  ..ce calviniste ….imbu des nouvelles erreurs protestantes … ».) .

Quelles sont les sources documentaires de P Plantard ?

Ce qui est certain dans cette histoire , c’est que Plantard dispose d’une source d’information de première qualité . Pour ma part , trois personnes étaient capables d’accumuler de si précieuses informations et de  faire ainsi le lien entre l’époque de l’abbé Saunière et celle de Plantard-Corbu, ce sont ceux que j’appelle les trois « C » : Cros , Courrent et Courtauly ..

Ce n’est que dans le début des années 60 que l’abbé Courtauly permettra de compléter l’histoire de l’abbé Saunière afin de finaliser un apocryphe ( Blancassall ) et un ouvrage ..  « l’or de Rennes » :Il n’a donc ici  pas ma faveur .

Mr Cros nous a permis d’en savoir un peu plus sur la dalle , ainsi que sur la pierre de Coumesourde , découverte en 1928 ..mais c’est pratiquement tout : pas d’allusion dans les apocryphes donc je l’écarte donc aussi .

Je ne tiens bien sur pas compte de l’affirmation de Cherisey selon laquelle il aurait glisser le document « Cros » dans les papiers de Mr Corbu . Il faut lire sérieusement ce document pour se rendre compte que son auteur n’a pour but que d’étudier cette source d’information , sans à aucun moment vouloir faire le lien avec un hypothétique « Prieuré de Sion » .Je n’ai pas d’avis particulier sur sa mise en forme ( document dactylographié ) , mais sur le fond , il n’est certainement pas de sa création .

 Par contre , je suis maintenant persuadé que cette source d’information provient du Docteur Paul Courrent .

J’ai deux arguments qui me font choisir ce personnage .

Le premier est le témoignage de Mr Dagobert . Ce dernier découvrit le rôle de P Plantard quand il écrivit son livre  « LE ROI DAGOBERT , Histoire d’une famille et d’une chanson » . Il constata alors que celui-ci en compagnie de Mr Corbu « emprunta » quelques documents du Docteur Courrent .

Mr Dagobert dispose de plusieurs témoignages de personnes qui me semblent à priori dignes de foi . La recherche d’un trésor n’étant pas son objectif , je vois mal ce dernier nous proposer de faux renseignements . Enfin Mr Dagobert est un personnage qui appartient à une époque où l’honneur et l’honnêteté sont  des valeurs qui gouvernent une vie , et je n’ai donc pas de raisons objectives de douter de lui sur ce point .

Le deuxième me vient de l’analyse du contenu du deuxième apocryphe .

Aucune référence n’est faite par rapport à l’abbé Courtauly ou Mr Cros …mais ce sont pas moins de six références que l’on trouve par rapport au docteur Courrent . En voici la teneur :

Page 3 : Un premier ouvrage de l’abbé Boudet intitulé : La vraie langue celtique devait intriguer Monseigneur Billard , évêque de Carcassonne et aussi un docteur de Rennes les Bains , Paul Courrent .

Page 3 : Ne pouvant plus faire le bien autour de lui , l’abbé Boudet mourut de chagrin un an après son départ , cela malgré les soins attentifs et les visites du docteur Courrent

Page 7 :Dans le même temps , à Rennes les Bains , un certain docteur Paul Courrent s’intéresse à la vie étrange de l’abbé Boudet .

Page 7 :Convocations réitérées de l’évêque de Carcassonne auxquels le curé répond en présentant des certificats de complaisance , le(u)s uns délivrés par le docteur Courrent  , de Rennes les Bains , les autres par le médecin de Couiza , le Dr Roché .

Page 9 :Il est soigné par le docteur Paul Courrent qui couche même à la villa Bethanie .

Page 11 :Six étages de galeries et d’immenses salles existent toujours , Henri Lobineau déclara les avoir parcouru en 1920 avec le Docteur Courrent .

Il est donc certain que le docteur P Courrent s’intéressa de très près à la vie de l’abbé Boudet . Plantard le sait très bien et pour cause …la base des informations qu’il a recueillies est issue de cette source .Elle transparaît dans ce document .

C’est aussi à partir de cette source que Plantard réalisera « pierres gravées du Languedoc » .  En effet , le docteur Paul Courrent « possède plusieurs cordes à son arc » . Elles nous sont rappelées dans le texte suivant que nous devons à Mr Jean Girou :

« Historien, COURRENT a trouvé dans les fauves Corbières un terrain immense de prospection; il devient le mémorialiste de la Corbière; géologue, hydrologue, archéologue, numismate, héraldistehistorien, généalogiste, COURRENT est universel dans ce domaine; il alimente de ses communications vivantes et précises le Bulletin de la Société des Etudes Scientifiques; la Société des Etudes Scientifiques devient son royaume et par son prestige il conservera cette royauté pendant plus de 50 ans; membre de notre Société depuis 1898, le Docteur COURRENT occupa la présidence en 1902, en 1926; secrétaire général depuis 1927, puis Directeur de la Société, il en fut l’âme et la flamme jusqu’à sa mort. COURRENT a assisté à son apothéose, lors de son jubilé, fêté à Embres où il avait pris sa retraite . »

C’est certainement dans le « fond Courrent/Boudet/Saunière » , que P Plantard découvrira le livre de Mr Sacaze qui lui permettra de construire ce document .

« Pierre gravées du Languedoc » ..un apocryphe ..oui …mais dans quel but ?

Plantard dispose d’informations de première main , mais se trouve devant un gros problème . Aucun ouvrage ne décrit la dalle . Pourtant il sait bien qu’elle est une source d’information précieuse dans cette recherche et qu’elle permet d’apporter du crédit à son histoire de « Prieuré de Sion ». Il sait qu’il existe un lien entre la phrase « et in arcadia ego » de la dalle et la solution du codage du grand parchemin ….

Je suis souvent surpris que certains chercheurs attendent une confirmation de l’existence d’un document dans un quelconque écrit .. Il est évident que ce genre d’information ne circule pas et ne se trouve pas dans un ouvrage , la stèle fait figure d’exception dans cette histoire.

P Plantard  va donc essayer de  remettre maladroitement en circulation certain documents par le biais de ce pseudo ouvrage attribué  à Stublein …

Pourquoi trouve-t-on la solution de l’énigme du grand parchemin dans le deuxième apocryphe ?

« Bergere pas de tentation… » est bien la solution du codage du grand parchemin .

Il n’y a bien entendu aucun lien  obligatoire entre le fait de posséder la solution et le fait d’avoir crée l’énigme . Cherisey n’est pas l’auteur ( voir annexe ) pas plus que Plantard .

En proposant cette phrase dans le deuxième apocryphe ,  Plantard ne donne pas la solution de l’énigme , il le sait bien . Tout au plus il donne des éléments qui lui permettent indirectement de prendre la main sur les autres chercheurs .Si quelqu’un trouve quelque chose , et que ce quelque chose est en rapport avec la phrase « Bergère .. » ( logiquement , comme cette est phrase est bien en rapport avec l’énigme , cela doit arriver un jour ..) , alors son histoire de descendant prends du poids .

C’est ainsi qu’à notre époque certains chercheurs découvrent des éléments que Plantard ne connaissait pas …les rapports entre Nicolas Poussin , Monseigneur Pavillon et la région de RLC ( étude de Monsieur Daffos ) , la véritable signification du PAX681 ( étude de Monsieur Thierry Garnier …) etc ……

 Il ne peut pas présenter les deux parchemins …car ils ne sont pas complètement décodés ..surtout le petit pour lequel il ne saura rien tirer .. Il a du se poser beaucoup de questions ….

C’est pour lui un mélange de trois évangiles..pourquoi ? Quels sont tous ces mots qui paraissent en trop ? et ce découpage en forme de grotte , que cela signifie-t-il exactement ? et ce Primo-Secundo ..il doit y avoir quelque chose dessous ..c’est sûr ….

Puis il y a eu ce « boubourse » de Cherisey , qui fait de l’excès de zèle en faisant parvenir les parchemins à De Sede … avec sa phrase stupide .Comment réagir ? .

Avouons qu’ils sont vrais , cela apportera de l’eau à mon moulin .

Et zut ..on me demande des comptes …comment avouer à tous que ces documents furent « empruntés »..Pas possible , il y a encore peu de temps je « visitais » les prisons Françaises , et ce serait fini de mon avance …Plus qu’une chose à faire …avouer qu’il sont faux ..ce sera Cherisey qu’il le fera , qu’il dise qu’il les a crée ..qu’il assume .. !!

Enfin …qu’il n’en dise pas trop …surtout . ;il ne maîtrise rien .. ! je lui en donnerai la consigne …

Le petit parchemin …à quel point fut-il modifié ?

« Pierre et papier » nous apprends ( mais nous l’avions déjà deviné ..) que la phrase « A Dagobert II et à Sion est ce trésor , et il est la mort » est l’œuvre de Cherisey , mais est-ce la seule transformation ?

Qu’il est gênant pour certain ce « SION » verticale situé en bas du parchemin …c’est donc certainement l’œuvre de Cherisey ..cela ne peut donc pas être autre chose …

Et bien non . Je pense qu’il fait partie du parchemin ..au moins pour trois motifs .

 Le premier c’est qu’il n’y avait pas de raison pour que Cherisey se fasse un plaisir de nous annoncer qu’il fut une de ses créations , comme il l’a fait pour « A Dagobert » .

Le deuxième est  que l’annonce « Sion » est redondante .

En effet …une première fois incluse dans le texte , verticalement ..puis une deuxième fois dans la phrase « A Dagobert » . Ce serait donc un cas unique ou le codeur annonce par deux fois la même chose .

Nous savons que la phrase est de Cherisey , donc le mot Sion ne peut pas être de lui .

Il faut bien comprendre que la personne qui découpa le texte du parchemin avait bien l’intention de faire apparaître le mot « Sion » et non le nom Dagobert . Si Cherisey était cette personne ..soit il aurait transformé le petit parchemin pour faire apparaître les deux mots , soit n’en faire apparaître aucun de cette façon , mais uniquement  utiliser le décalage de lettres avec la phrase « A Dagobert », comme il l’a fait .

La phrase « A Dagobert » n’est donc qu’un moyen un peu maladroit de rattacher « Dagobert » au mot  « Sion » déjà présent sur le parchemin .

Le troisième vient de mes interprétations …. Je profite de cette occasion pour vous présenter ma dernière version . Vous y trouverez des éléments qui ne furent jusqu’alors jamais  communiqués .

Je rappelle ( le climat actuel étant ce qu’il est …) que je fus le premier à mettre en évidence les deux diagonales ( Sud-Est issue de RLC et Sud-Ouest issue de RLB ) ainsi que la succession de lettres T en sixième position au début de chaque ligne .

Je vais aujourd’hui confirmer mes interprétations  .

Voici comment  lire ce document :

La ligne de T en sixième position annonce le « TR » de la ligne 3 que l’on retrouve à la verticale de ce dernier en ligne 10 ainsi qu’un T de la ligne 7 ..

La ligne 7 possède bien une lettre T en sixième position , il est en bout de ligne sur l’orientation Sud-Ouest…L’auteur du parchemin suggère de remplacer la croix par la lettre T . Nous retrouvons donc bien trois croix alignées suggérant la direction Sud-Ouest .

Cette direction aboutit sur la ligne 14 en N . Cette lettre est aussi mise en évidence par l’auteur , dans l’alignement du sigle PS et de la première croix de la ligne 4 ( N du IHS …).C’est en effet à partir de cette croix que part la direction Sud-Ouest .

Le SION verticale comme horizontale n’est pas un SION …mais à « la valeur » d’un SIGNO : le même SIGNO que l’on retrouve sur le monument de RLB , mais c’est aussi le SIGNE ( Sud-Est ici ..)  par lequel on doit vaincre , situé dans l’église de RLC .

Plantard ne l’a jamais compris ….Vous avez ici le point de départ de la légende du « Prieuré de Sion » .

Je ne pense donc pas que le but de l’auteur était d’évoquer SION mais les lettres S et O pour Sud-Ouest qui sont la traduction du sigle PS .

Enfin le « TR » rajouté de la ligne 3 doit nous inviter à nous intéresser au TR de la ligne 10 qui se trouve au bout de la diagonale de lettre T issue de RLC .

( http://www.renne-le-chateau.com/pier_gra/pierres.html#ancre5 )

Mais alors , que s’est-il vraiment passé .. ?

« Brève » de comptoir ..(bis) …

 

En fait , c’est pas très compliqué ..

Au plus tard , c’est au début de l’année 1956 que Pierre Plantard découvre l’affaire « Saunières » ..mais je pense que cela s’est passé bien avant cette date ..Il « se procure » des documents provenant du Docteur Courrent relatifs au travail de l’abbé Boudet et l’abbé Saunières . Comme tout chercheur , il se réfère aux interprétations des anciens pour comprendre ce qu’il a trouvé, c’est-à-dire essentiellement au travail de Mr Cros . Comme ce dernier pensait que le « PS prae-cum » était d’origine templière , et que ce « PS » était présent sur la dalle ,sur  la pierre de Coumesourde et sur  le petit parchemin associé au mot « SION » ,   c’est dans cette voie qu’il se mit à chercher : c’est un sujet qu’il connaissait déjà bien ( affaire Gisors ) . Mais rien n’aboutissait ..tout juste avait-il trouvé l’existence d’un petit prieuré en relation avec Sion du coté d’Orléans …mais sincèrement , il ne devait pas y croire…..

En janvier 1956 ce fut la catastrophe ..une série d’ articles parurent dans un journal et révélérent à toute la France l’histoire du « curé aux milliards » , des chercheurs de tous horizons affluaient sur Rennes : il fallait réagir …. Changement complet de stratégie …plus question d’être un chercheur discret qui prends le risque de se faire distancer .Il fit donc reconnaître le peu de chose qu’il pensait avoir trouvé en ayant déjà dans l’idée de s’en servir , c’est ainsi qu’il « déposa » l’expression de « Prieuré de Sion » en créant une association qui ne fonctionna jamais . Si je n’arrive pas à le trouver pensa-t-il , alors d’autres le feront à ma place ….il suffira que je sois le légitime héritier . Ce sera l’occasion aussi pour lui de satisfaire une mégalomanie qui ne faisait que grandir . Patiemment il construit son délire , à l’aide de documents apocryphes . Il « lâcha » quelques informations mais juste assez pour « conserver la main » . Seulement le malheureux fut débordé par le succès .A la suite du livre de G de Sede , ce fut « l’énigme sacrée » ….Il  fallut alors gérer comme il pouvait  ….

* Le texte de la dalle

Il se compose de trois parties que nous allons étudier. On trouve les quatre mots latins, l’expression « P-S PRAE-CUM » et enfin les deux alignements verticaux de lettres grecques qui forment la phrase sans verbe « ET IN ARCADIA EGO » .

* Les quatre mots latins

Il existe différentes traductions possibles, mais en général on propose :

REDDIS : restituer, rendre compte, projeter, mais aussi il peut se référer à Rennes le Château ( Villa de Reddis, 1185 )

REGIS : au roi, mais aussi diriger, régler.

ARCIS : un abri, un refuge, une tour, une forteresse, mais aussi il peut se référer à Arques ( castrum de Archis )

CELLIS : magasins, caves, intérieur d’un temple (CICERON), mais aussi dérivé de cellula, cellule soit un espace clos comme l’est une case d’un échiquier.

Nous constatons que trois des quatre mots sont en relation avec les échecs ( le roi, la tour ,la case ) et deux aux villages de Rennes-le-Château et d’Arques.

Dans son livre « études critiques », F.Marie explique que les quatre terminaisons « IS » forment deux fois le mot ISIS, et symboliseraient ainsi la résurrection.

* l’expression « P-S -PRAE-CUM »

Elle se retrouve sur cette dalle ainsi que sur la pierre de Coumesourde. Il y a quelques années, elle fut interprétée par l’abbé Mazières, historien à ses heures et passionné par l’histoire des templiers. Selon lui ce serait le témoignage d’une fondation de prières, créée par les templiers. Mais jamais l’abréviation PS n’est séparée par un tiret quand elle représente un psaume, et de la même façon jamais on a trouvé d’abréviation PRAE-CUM pour représenter le mot « praeconum » qui signifierait « Héraults ». De plus que ce soit pour la dalle ou pour la pierre, les textes ne font absolument pas référence à une prière ou tout texte d’ordre religieux.

Par contre ce qui est absolument certain, que le mot latin PRAE signifie « qui précède », que le mot latin « CUM » signifie « avec » et qu’une flèche double met en relation deux éléments. Il est donc plus logique d’associer « PRAE » à la lettre P et « CUM » à la lettre S. La lettre qui précède le P est la lettre O, ce qui forme avec la lettre S : OS. La spirale présente autour du P-S explique qu’il faut inverser les lettres pour une raison que nous comprendrons après, ce qui permet d’obtenir une direction : Sud-Ouest.

Les deux villages se trouvent confirmés, car si l’on part du château d’Arques, en prenant une direction Sud-Ouest , nous arrivons ( après avoir survolé Rennes-les-Bains) à l’extrémité Sud-Est de la commune de Rennes-le-Château, et plus exactement au hameau de LavalDieu ( Arcis -> Reddis ).

À l’époque de l’abbé Bigou, ce hameau dépendait déjà de Rennes-le-Château et ce prêtre possédait deux parcelles de terrain à Coumesourde ( page 13 ,« Parle-moi de Rennes-le-Château », mars 2004 de P.Mensior ).

* L’échiquier

Nous avons vu que les mots latins ainsi que deux tombes présentes à Rennes-les-Bains évoquaient ce jeu. Nous constatons que les quatorze lettres grecques associées aux deux croix permettent de remplir deux rangées opposées sur un échiquier chacune composée de huit cases.

 

* Le groupement PAX

Nous verrons que dans LVL Celtique, il sera le mot relais principal « oublié » -pacifice- de l’expression « et non deduces canitiem ejus * ad inferos » qui identifiera le tableau de Nicolas Poussin, mais ici il a un rôle phonétique. Le fait que les lettres soient grecques permet une lecture qui fait référence à un lieu particulier, le pas de la Roque ( P +X = Rhô + Kh ).

* Le groupement ADIAE

La forme du delta permet d’identifier la pique de LaVaLDieu ,et c’est avec la clé de la stèle ( IVI ) que l’on peut reconstituer le nom entier pique de LAVALDIE(V).

IVI est aussi le verbe manquant à l’expression latine « ET IN ARCADIA EGO IVI» soit « moi aussi je suis allé en Arcadie », verbe si bien expliqué par l’abbé Boudet dans LVL Celtique en page 34. Notons que la deuxième verticale de lettres commence par l’alpha et se termine par l’oméga.

*Positionnement

La personne qui réalisa ce codage, avait donc choisi des amers identifiables et pérennes, c’est-à-dire un sommet ( la pique représentée par un P sur la stèle ) et un col ( représenté par la lettre O de la stèle).

Nous savons maintenant comment positionner l’échiquier, il sera à l’envers ( O-S →S-O ), une des croix sur la pique et l’autre dans le creux du pas de la roque. Il y a quelques années un chercheur bien sympathique m’avait informé que des croix étaient bien gravées à ces deux endroits. Hélas « le loisir destructeur » d’un imbécile ne permet plus de vérifier cette affirmation.

Sur n’importe quelle carte géographique de la région, il sera très facile de positionner notre échiquier. Il suffira de mesurer sur cette carte la distance D entre la pique et le pas de la roque. Pythagore nous aidera à construire l’échiquier sur un calque, car son côté sera égal à : 8* D * 58-O,5 = 1,05*D c’est-à-dire aux arrondis près = D .

On obtient le résultat suivant :

* En conclusion

La dalle permet de déterminer précisément le Lieu et c’est pour cette raison qu’elle fut en priorité dégradée par l’abbé Saunière. Il s’est pourtant inspiré de cet échiquier pour positionner certaines statues dans son église et proposer la même solution. Le même Lieu sera mis en évidence dans la suite de l’étude, que ce soit par les quatre croix de l’abbé Boudet, du petit parchemin ou du tableau de Nicolas Poussin pour ne citer que les documents les plus intéressants.