* Saint Antoine l’ermite

Peu de choses ont été expliquées sur ce mot que l’on trouve dans le texte décodé du grand parchemin. Nous savons que le peintre David Teniers le jeune est l’auteur des tentations de Saint Antoine, tableaux où l’on voit un ermite se tenant à genoux dans une grotte. On distingue sur son épaule une lettre T tracée.

Saint Antoine ou Antoine le Grand est également connu comme Antoine d’Égypte, Antoine l’Ermite, ou encore Antoine du désert. Il est considéré comme le père du monachisme chrétien.

D’ailleurs le mot ermite vient du latin ĕrēmīta, latinisation du grec ἐρημίτης ( erēmitēs ), « du désert », qui à son tour vient de ἔρημος (erēmos), signifiant « désert », « inhabité », d’où « habitant du désert » . Enfin il faut savoir que quand un ermite ou un moine décide de vivre ce moment de solitude alors on dit qu’il fait une retraite spirituelle ou monacale .

* La tentation et LVL Celtique

Boudet connaît l’ermitage, lieu-dit situé à l’aval de la ValDieu, car cet habitat troglodyte servant de bergerie existe au moins depuis Napoléon. L’abbé a compris qu’il pouvait en tirer parti, il le fera dans le chapitre consacré au gui.

Pour commencer il changera l’orthographe du mot « gui » en « guy » dans la table des matières, simplement parce que la ville de Laval en Bretagne est mentionnée pour la première fois en latin sous le vocable de Vallis Guidonis auxXIIIe et XIVe siècles, signifiant « la vallée de Guy », en référence à Guy Ier.

Ensuite il expliquera que cette plante est utilisée pour guérir la fièvre « int-ermit-tente », ce qui lui permettra d’associer le mot « ermite » au mot « tente ».

« Tente » pour tenter ou tentation mais aussi pour l’habitation des nomades qu’il associera au désert. Pour l’abbé, l’ermite et cette tente/tentation se trouve bien à Sion, il suffit d’analyser ce qu’il dit en page 288 après avoir parlé de la fièvre intermittente :

…leurs corps à l’invasion de la fièvre intermittente. Grâce à la faveur dont jouissait cette plante…

Une recherche réalisée dans un dictionnaire ou simplement sur internet avec les mots « définition grâce faveur » vous expliquera ( https://www.cnrtl.fr/definition/gr%C3%A2ce#:~:text=I.,sans%20qu’il%20soit%20d%C3%BB.&text=1.,Faveur%2C%20b%C3%A9n%C3%A9diction%20accord%C3%A9e%20par%20Dieu. )

Grâce : Faveur, bénédiction accordée par Dieu.

Cette fièvre est bien en relation avec « la bénédiction de Dieu » c’est-à-dire de SION.

* localisation

Dans le paragraphe concernant le gui, il n’est pas question de lieu et on ne sait donc pas où se trouve cette forêt de chênes dans le cromleck. Mais si l’on regarde une carte de RLC, on constate que l’ermitage se trouve à la pijole et c’est bien au pijoulet de la page 302, au sud des roulers et pour reprendre les mots de l’abbé, sur une direction nord/sud, c’est-à-dire « de la région septentrionale à la région méridionale ».

Comme à son habitude, l’abbé va répartir l’information dans son livre et placer quelques mots-relais de façon à pouvoir la récupérer et confirmer. Les principaux mots sont très logiquement :

Solitaire, retraite , désert ,les mots dérivés de« ague », fond/profond ( en relation avec dead, la mort ), chêne ( chaîne… ) , sûr .

Il serait trop laborieux de développer ici les différentes relations entre ces mots-relais mais en recherchant avec un logiciel d’analyse de texte vous pourrez les retrouver et ainsi avoir « le bonheur de mettre vos pas dans ceux de l’abbé ».

Je vais cependant vous montrer quelques techniques utilisées par l’abbé :

le fond des forêts, la retraite d’un ermite, le cochon de Saint Antoine…

Page 164, à propos des druides et de la cueillette du gui :

Quant aux prêtres de ces peuples anciens, quant aux druides qui cueillaient le gui sacré sur le chêne,

ils accomplissaient leurs cérémonies dans le fond des forêts.

Page 287, une histoire d’heurt :

De plus, la relation de Pline sur le viscum se heurte à une impossibilité matérielle. Dés lors que cette plante délivrait de tous les maux, et qu’une plante de gui croissant sur le chêne était une rareté telle,

Et maintenant le pijoulet :

Page 302,

Le Neimheid n’a pas laissé dans l’ombre le souvenir de ces chasses dangereuses, et dans toutes les montagnes couvertes de bois profonds, pouvant servir de retraite sûre aux sangliers, on trouvera des terrains appelés pijole ou pijoulet, – pig, porc, – to jole,heurter avec la tête –. Le Pijole de Rennes-les-Bains a sa place au Serbaïrou, au sud des deux roulers ou roches tremblantes.

Malgré la vigueur des Gaulois, la lassitude et l’abattement envahissaient leurs membres robustes, surtout lorsque les accidents multipliés du sol, dans un pays montagneux, ajoutaient leurs difficultés aux fatigues d’une chasse pénible …

les chênes, les sources du pont et du cercle, c’est « sûr » une direction méridionale !

Les mots « sûr des deux derniers chapitres ( page 274,292,302 ) sont liés à la méridienne du cromleck, ainsi que les chênes verts de la page 231 , mais l’abbé nous avait déjà averti :

page 170

Aux Druides, d’après la signification de leur nom, était imposée l’obligation d’imaginer, de construire, par des expressions sûres

page 274

On ne peut assez regretter que les noms des sources du Pont, du Cercle et des eaux chaudes, soient complétement perdus : ils nous auraient sûrement renseignés sur le degré de science médicale des Druides

Le double zz que l’on ne trouve que dans deux mots :

page 285

Le gui est une plante parasite nommée viscum par les Latins et mistletoe (mizzlto) par les Anglo-Saxons

page 122

Le lever du soleil, iruzki atheratzea » présente le sens suivant : celui qui est fatigué, déteste d’entendre bourdonner dans l’air – to hear (hir), entendre, – to huzz (heuzz), bourdonner, – sky (skaï) air, – to hatter, harasser, – to hate, détester –.

« Le coucher du soleil, iruzki sartzea » accuse une formation semblable : le cultivateur arrivé au soir, déteste d’entendre bourdonner dans l’air, – to hear (hir) entendre, – to huzz, bourdonner, – sky, air – sart, terrain cultivé –

Le cultivateur est une référence à Hercule qui chassa le sanglier…

page 204

les Chauci aimaient les attaques, les heurts violents, – to shock, attaquer ; les Bructeri, dans leurs mouvements et leurs évolutions légères, taillaient en pièce les ennemis – to brush (breuch), passer brusquement, – to tear (tér), mettre en pièces, et les Cherusci accueillaient par des clameurs d’enthousiasme le partage du butin – to share (chère), partager, – to huzza (houzzé), accueillir par des cris d’acclamation –.

( FATIGUE, sf. fatigue, lassitude, exhaustion of strength, weariness : toil, pain, labour, hardship.)

* La tentation du parchemin

Dans le grand parchemin, la TenTaTion de Teniers a pour but d’évoquer la diagonale de lettre T qui va du cimetière de RLC à l’ermitage qui se trouve en bas de la vallée, car cette direction passe par SION (LVL Dieu ).

* De la tente à SION

Saviez-vous qu’il existe une « tente à SION » ?

Elle se trouve dans le psaume 76 de la bible et on peut y lire en partie :

Sa tente est à Salem, et sa demeure à Sion.

Et factus est in pace locus eius et habitatio eius in Sion

C’est là qu’il a brisé les flèches, le bouclier, l’épée et les armes de guerre.

Ibi confregit potentias arcuum scutum et gladium et bellum

Salem signifie la paix, « pace » en latin ( LVL page 41, en paix , pacifice …) c’est le lieu où Melchisédek fut roi, et probablement l’ancien nom de Jérusalem. Dans la genèse (chap 14 ) on peut lire :

Lorsque Abram revint de sa victoire sur Kedorlaomer et sur les rois qui étaient ses alliés, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Shavé, c’est-à-dire la vallée du roi.

Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. Il était prêtre du Dieu très-haut.

Dans la liturgie des Heures actuelle, le psaume 76 est chanté ou récité à l’office du milieu du jour, le dimanche de la deuxième et de la quatrième semaine.

L’Église catholique fait aussi référence à Melchisédech dans la prière eucharistique : « Et comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel le Juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t’offrit Melchisédech ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour, et dans ta bienveillance, accepte-la. »

Peut-on alors penser que l’abbé Boudet ne connaissait pas ce psaume ? Je ne le crois pas. Ce texte inspira probablement l’abbé, que ce soit pour l’écriture de LVL ou du grand parchemin.

* En conclusion

Dans le paragraphe sur le « guy »,l’abbé Boudet évoque Saint Antoine l’ermite grâce au mot « int-ermit-tente ». Il reprend cette notion dans le grand parchemin pour situer le lieu par rapport à RLC et l’ermitage. Nous verrons aussi dans la prochaine étude sur la Kaïrolo que « tentation » est l’anagramme unique d’un autre mot de sept lettres : « attention » et que ce mot fait partie des quelques mots les plus importants pour l’abbé.

 

oups…