Ancienne étude sur le Prieuré de Sion ( 2006 )

Je pense actuellement que Boudet est à l’origine du petit parchemin et que les documents ont transités par l’abbé Courtauly ( ou le docteur Courrent…).

Brèves de comptoir

Mais pourtant c’est simple … !!

P Plantard crée le Prieuré de Sion en 1956 parce qu’une montagne près de chez lui porte ce nom …., et donc si l’on trouve le mot Sion sur le petit parchemin , c’est qu’il a été fait par lui …et c’est pareil pour la dalle et la pierre de Coumesourde . Et puis pour le grand parchemin il nous donne la solution dans le deuxième apocryphe , c’est donc qu’il l’a crée … !!

Introduction

Non … je vous rassure ( ou vous désole ..) , je n’ai pas subitement changé d’avis . C’est un peu près ce que l’on pourrait entendre d’une personne qui ne se pose pas trop de questions sur cette histoire . Cela parait si simple et si évident présenté de la sorte . Pourtant , quand on y regarde de près ……..il y a de quoi se poser des questions ……

Tout à vraiment basculé quand Monsieur  Willker découvrit l’origine du petit parchemin . Les certitudes d’avant se sont mises « à craqueler » . Puis j’ai eu l’occasion de vérifier que le dictionnaire de Dom Cabrol ne contenait pas le texte de Jean extrait du codex Bezae …puis d’autres l’ont fait aussi . Enfin il y a eu « pierre et papier » qui nous a montré à quel point Philippe de Cherisey « maîtrisait » son sujet .

Le Prieuré de Sion de 1956 , c’est quoi ?

Ce que l’on nous propose …

Le Prieuré de Sion fut enregistré sous ce nom  le 7 mai 1956 (déclaré au Journal Officiel le 25 juin 1956 ), à la sous-préfecture de St-Julien-en-Genevois, en Haute Savoie ( association selon la  loi de 1901 ) .Son bureau se compose d’un président ( monsieur André Bonhomme alias : Stanis Bellas ) un secrétaire Pierre Plantard ( alias Chyren ) , un  trésorier (  Armand Defago ) ,  un vice-président (  Jean Deleaval )  . Tout ceci est vrai ….

Maintenant , son nom serait inspiré de celui d’une colline située près de Saint Blaise , entre Saint Julien et Annecy  à 30 km d’Annemasse , où se trouve le domicile de P Plantard .

Voici ce que dit Mr Bonhomme en 1996 à propos de sa création :  « Le Prieuré n’existe plus. Nous n’avons jamais été impliqués dans aucune activité à caractère politique. Nous étions quatre amis qui voulions nous amuser. Nous nous sommes appelés ‘le Prieuré de Sion’ parce qu’il y avait une montagne avec le même nom près de chez nous. Je n’ai pas vu Pierre Plantard depuis vingt ans et je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais il a toujours eu une grande imagination. Je ne sais pas pourquoi les gens essaient de faire une si grande chose de rien ».

Je comprends dans cette intervention de Mr Bonhomme que ce dernier souhaite nous dire que nous devons ce nom de « Prieuré de Sion » à P Plantard , ce dernier ayant beaucoup d’imagination…. .

 

Mais quel fut le rôle de cette association ?

Les statuts donnent au Prieuré un sous-titre : CIRCUIT. Ce nom provient de l’initiale des mots Chevalerie d’Institution et Règle Catholique et d’Union Indépendante Traditionaliste.

Nous y voila  ..un vieux fantasme de Plantard …. Des « cathos » , traditionalistes qui œuvrent pour redonner à la jeunesses les valeurs qui lui manquent …..mais …non , pas tout à fait …car ….

C’est une association de Défense HLM , c’est ce que l’on comprends dans le premier ( et l’un des rares ) bulletin de l’association :« CIRCUIT » .. voila … donc c’est pour défendre les pauvres locataires …..mais , en fait , non ..pas tout à fait ….. :

Le Prieuré de Sion est un centre d’études, de méditation, de repos et de prières qui sera situé sur  la Montagne de Sion …. En fait ..non ..pas tout à fait car ….

Le Prieuré de Sion n’a pas eu d’activité réelle : pas de compte-rendu d’assemblée générale ordinaire ni extraordinaire. !!!!

Pour résumer , le Prieuré de Sion ne servait à rien ..ou presque . Ce n’est pas à sa fonction qu’il fallait s’intéresser : juste une paire de bulletin et aucune réunion ….mais c’est le nom « PRIEURE DE SION » que P Plantard devait « déposer » , c’est-à-dire faire connaître .

Si vous mettez en relation ce que l’association était sensée faire avec ce nom , vous remarquerez rapidement qu’il n’y a aucun lien :  Une société de défense HLM qui s’appelle « Prieuré de Sion » ..c’est complètement ridicule , vous ne trouvez pas ?

Mais alors , cette histoire de nom de montagne …. ???

Il faut remettre les choses à leur place …Pour comparer , imaginez le cas de figure suivant : L’abbé Saunière souhaite mettre en place une société de défense de locataires ( je ne recule devant rien !! )  ..donc à Rennes le Château . Il la nomme logiquement « Prieuré de Rennes le Château » ..c’est presque normal ..il y a bien le mot « prieuré » ..mais passe encore , l’homme est curé ( lui … !).

Si il nous propose «  Prieuré de Cardou » ..c’est déjà plus pareil ..mais bon , on accepte …

Un « Prieuré de Bugarach » devient suspicieux . ;c’est un peu loin ce lieu…allez , comme c’est l’abbé Saunière , et que la montagne est grande ..OK pour cette appellation .

Mais si c’est « Prieuré de Roquemorel » ,du nom d’un petit mont qui se trouve au Sud de Carcassonne , à quelques 30 km de Rennes , alors là cela devient vraiment risible …même si l’abbé se donne la peine de déposer les statuts de l’association à …Carcassonne .

Toute proportion gardée , c’est ce qui se passe avec Plantard et son « Prieuré de Sion » .

Cette « justification » est en fait ce que Plantard « a du sortir » à Mr Bonhomme pour lui faire avaler cette couleuvre .

Il avait donc bien le choix  P Plantard , avec toutes les montagnes , ces cours d’eau et villages ( et pourquoi pas les noms de rues..) que l’on trouve à 30 km à la ronde pour justifier son  « Prieuré de Sion »  …Il a eu un peu de chance ..mais pas trop .En effet , sa rue ne portait pas le nom de Sion , ni le nom de son immeuble , ni le mont près duquel se trouve Annemasse …C’est pourtant logiquement ce qui se passe  pour la plupart des associations Françaises , non ?? ( vous pouvez vérifier …) .

Mais ce n’est rien en regard de l’ENORME coup de chance qu’il a eu ( si l’on considère bien entendu que le choix de ce nom de Prieuré de Sion n’est pas déjà en rapport avec l’affaire de RLC ) .

En effet , en 1956 il choisit « par hasard » ce nom , puis on le retrouve pratiquement écrit dans les apocryphes quelques années plus tard , quand il explique l’origine de « son organisation » . En effet , je cite :

« En 1152, un petit contingent de l’abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion accompagna le roi Louis VII qui rentrait en France après la deuxième croisade et fut installé à l’abbaye de Saint-Samson, à Orléans. Parmi eux, un groupuscule encore plus choisi fut transféré au « petit prieuré du Mont-de-Sion » (Montission), près de Saint-Jean-le-Blanc, aux environs d’Orléans. »

Historiquement , un petit prieuré du Mont de Sion près d’Orléans a réellement existé ….

Alors je ne crois pas trop à ce genre de hasard ……

Je sais par contre que Plantard fut « un chercheur de Trésors » dans l’âme ….et que dès 1945 , c’est ce que qui l’attira dans l’affaire qu’il mit au point : celle de Gisors .

Je ne serais pas étonné que dès 1945 , des chercheurs de trésors de tous horizons se mirent en contact avec P Plantard ,quand l’affaire de Gisors fut connue , et lui parlèrent de Saunières. Donc déjà à cette époque , il pouvait être mis au courant , voir même bien avant par le biais de Monti ( livre G de Sède ) .

 Mais il me parait certain que dès le début de l’année 1956 , il connaît l’affaire de Rennes le Château . Car vous pouvez remarquer qu’il créa le « Prieuré de Sion » en mai 1956 , soit quelques mois après que l’histoire de l’abbé Saunière et de son trésor fut révélée à la France entière par la presse  ( dépêche du Midi ..puis d’autres …)

Certains diront « pas possible, aucun écrit de lui se rapportant à cette histoire n’existent avant les années 1960 , donc il ne la connaît pas.. » . Sur ce raisonnement nous pouvons donc déduire que le docteur Courrent par exemple ne s’est jamais intéressé à cette histoire ..en effet , il n’a rien publié sur ce sujet …Comme vous le savez , ce n’est pas le cas …

Dès la fin des années 50 , Plantard est remarqué malgré sa discrétion du coté de RLC ( page 76  « Mythologie du trésor de Rennes » R Descadeillas ) ; pourtant , il n’y a pas encore d’écrit à cette date…

Alors pourquoi ?

Avant les années 60 , Plantard est un chercheur de trésors , et donc logiquement il ne va pas publier ce qu’il sait sur cette affaire . Il possède une avance sur tous …les documents « empruntés » dans le fond « Courrent/Boudet/Saunière » .

A partir de 1956 les choses changent . L’affaire est révélée à tous …. Il doit reprendre la main …. Il « dépose » donc le terme de « Prieuré de Sion » , vous comprendrez ensuite pourquoi ….

Il n’a donc plus la même démarche : il veut alors se faire passer pour ce qu’il n’est pas, un descendant royal ( et héritier potentiel ..) et donc il publie ..pour essayer de le justifier .

De « chercheur discret », il change de statut et passe à celui de « descendant prosélyte » !

Le Prieuré de Sion ….Mais que devions-nous comprendre … ?

Ce que P Plantard nous explique , c’est que sa famille remonte aux rois Mérovingiens et wisigoths . Qu’ à un moment donné  l’abbé Saunière s’était rendu compte que le trésor qu’il avait découvert ne pouvait appartenir qu’au descendant de cette lignée .Il souhaita donc lui en faire part .  Nous devions donc deviner qu’à l’époque de Saunière , cette personne était son oncle , le fameux Jean XXIII ( voir apocryphe VI) pas celui du Prieuré de Sion ( J Cocteau ..détaillé dans l’énigme sacrée .. ) , mais bien quelqu’un de sa famille.

Mais étant donné que le père ( Pierre IV ) de ce dernier s’était désisté pour  son frère ( Charles I ) qui n’est autre que le père de P Plantard , alors P Plantard pouvait « légitiment » réclamer une partie du « butin » , si ce dernier venait à être trouvé …..

Il y a bien un « soupçon » de mégalomanie dans la démarche de P Plantard , mais aussi certainement beaucoup de pragmatisme .

Que doit-on comprendre de la lettre de mise au point de P Plantard … ? ( lettre page 148 et 149 du testament du Prieuré de Sion » )

Elle nous apprend que Plantard n’a jamais eu l’intention de reproduire dans le livre de G de Sede les parchemins ( qu’ils soient vrais ou faux ) .
N’oublions pas que P Plantard fut un chercheur , et comme beaucoup d’entre vous il n’aime pas trop partager ses informations ….(particulièrement les bonnes …c’est-à-dire les parchemins )
Dans cette histoire G de Sede est le co-auteur de Plantard pour « l’or de Rennes » ..pour être plus précis , il est le « rédacteur » , le contenu provenant de Plantard .
On comprends dans cette lettre que G de Sede évite la signature du contrat afin d’obtenir ( soit disant….. ) des informations sur le décodage de la dalle . En fait il a reçu les parchemins de la part de Cherisey et les « fait étudier » .
Lors de la parution de « l’or de Rennes » , Plantard y découvre les parchemins . Il n’a donc plus d’autre solution que de les désavouer .
Ce qui s’est donc probablement passé , c’est que Cherisey a décalqué les parchemins sans que Plantard ne le veuille ou ne le sache ( fut-il vexé de ne pas avoir été pris pour auteur à la place de G de Sede ? ) .Comme il fut la personne qui fit découvrir les parchemins à tous , la seule solution était de prétendre qu’il en fut le créateur .
Donc l’hypothèse qui consiste à dire que Plantard trouva le document de base ( LucVI du codex Bezae ) et le donna à Cherisey pour qu’il crée le petit parchemin ne tient pas  .
Il n’a jamais voulu qu’un parchemin soit publié , il n’y a donc aucune raison d’en faire fabriquer de faux .

Alors cette lettre ,  info ou intox ?

Plutôt info …. Car Plantard pouvait très bien donner directement les parchemins à G De Sede …ou utiliser son « canal » favoris c’est-à-dire les apocryphes publiés à la BNF . Si Plantard les avait intentionnellement fait parvenir à De Sede par le biais de Cherisey , il n’était alors absolument pas certain que ce dernier les publie .De plus , plusieurs personnes sont cités dans cette lettre ..ce sont autant de témoins qui peuvent confirmer ou contredire P Plantard ..ce dernier ne pouvait pas prendre de risques .

N’oubliez pas non plus que «  Cherisey auteur des parchemins » fut la dernière justification d’une « longue » série ( Francis Blanche etc ..) : rien ne les empêchait de reconnaître les faits plus tôt …si ce n’est qu’ils n’en étaient pas les auteurs …

 

P Plantard pouvait-il être l’auteur des parchemins ?

Non ..je ne le pense pas du tout .

Il n’y a aucun rapport entre le travail demandé pour réaliser les parchemins et celui nécessaire  pour « construire » les apocryphes . Autant les parchemins ont demandé un travail important , long et rigoureux , autant les apocryphes montrent le travail d’un amateur ..on y trouve entre autres des reproductions d’ouvrages connus ( R Charroux ) , des photocopies de journaux etc …

Il serait incompréhensible que Plantard ai passé autant de temps sur des parchemins qui n’apportent rien à son « délire » ( une date fausse, le 681 du grand parchemin , un mot « SION » pour le petit … ) au détriment des apocryphes qui eux lui sont utiles .

De plus, si l’on considère que P Plantard est l’auteur des parchemins , il faut donc lui reconnaître  un certain « génie » , mais qui perds tout son sens quand on sait qu’il utilise une écriture en onciale abandonné depuis le VIIeme siècle afin de les faire passer pour une œuvre « pseudo templière » du début du deuxième millénaire .

Puis n’oublions pas non plus que le petit parchemin issu du codex Bezae est « marqué » par sa « période protestante » , je n’imagine donc pas P Plantard , ce « chevalier catholique traditionaliste » représentant d’un Prieuré de Sion non moins catholique choisir ce texte . Même dans le dictionnaire de Vigouroux , Théodore de Beze à qui l’on doit la connaissance de ce texte y est décrit d’une façon peu favorable ( page 1773 , je cite entre autre : «  ..ce calviniste ….imbu des nouvelles erreurs protestantes … ».) .

Quelles sont les sources documentaires de P Plantard ?

Ce qui est certain dans cette histoire , c’est que Plantard dispose d’une source d’information de première qualité . Pour ma part , trois personnes étaient capables d’accumuler de si précieuses informations et de  faire ainsi le lien entre l’époque de l’abbé Saunière et celle de Plantard-Corbu, ce sont ceux que j’appelle les trois « C » : Cros , Courrent et Courtauly ..

Ce n’est que dans le début des années 60 que l’abbé Courtauly permettra de compléter l’histoire de l’abbé Saunière afin de finaliser un apocryphe ( Blancassall ) et un ouvrage ..  « l’or de Rennes » :Il n’a donc ici  pas ma faveur .

Mr Cros nous a permis d’en savoir un peu plus sur la dalle , ainsi que sur la pierre de Coumesourde , découverte en 1928 ..mais c’est pratiquement tout : pas d’allusion dans les apocryphes donc je l’écarte donc aussi .

Je ne tiens bien sur pas compte de l’affirmation de Cherisey selon laquelle il aurait glisser le document « Cros » dans les papiers de Mr Corbu . Il faut lire sérieusement ce document pour se rendre compte que son auteur n’a pour but que d’étudier cette source d’information , sans à aucun moment vouloir faire le lien avec un hypothétique « Prieuré de Sion » .Je n’ai pas d’avis particulier sur sa mise en forme ( document dactylographié ) , mais sur le fond , il n’est certainement pas de sa création .

 Par contre , je suis maintenant persuadé que cette source d’information provient du Docteur Paul Courrent .

J’ai deux arguments qui me font choisir ce personnage .

Le premier est le témoignage de Mr Dagobert . Ce dernier découvrit le rôle de P Plantard quand il écrivit son livre  « LE ROI DAGOBERT , Histoire d’une famille et d’une chanson » . Il constata alors que celui-ci en compagnie de Mr Corbu « emprunta » quelques documents du Docteur Courrent .

Mr Dagobert dispose de plusieurs témoignages de personnes qui me semblent à priori dignes de foi . La recherche d’un trésor n’étant pas son objectif , je vois mal ce dernier nous proposer de faux renseignements . Enfin Mr Dagobert est un personnage qui appartient à une époque où l’honneur et l’honnêteté sont  des valeurs qui gouvernent une vie , et je n’ai donc pas de raisons objectives de douter de lui sur ce point .

Le deuxième me vient de l’analyse du contenu du deuxième apocryphe .

Aucune référence n’est faite par rapport à l’abbé Courtauly ou Mr Cros …mais ce sont pas moins de six références que l’on trouve par rapport au docteur Courrent . En voici la teneur :

Page 3 : Un premier ouvrage de l’abbé Boudet intitulé : La vraie langue celtique devait intriguer Monseigneur Billard , évêque de Carcassonne et aussi un docteur de Rennes les Bains , Paul Courrent .

Page 3 : Ne pouvant plus faire le bien autour de lui , l’abbé Boudet mourut de chagrin un an après son départ , cela malgré les soins attentifs et les visites du docteur Courrent

Page 7 :Dans le même temps , à Rennes les Bains , un certain docteur Paul Courrent s’intéresse à la vie étrange de l’abbé Boudet .

Page 7 :Convocations réitérées de l’évêque de Carcassonne auxquels le curé répond en présentant des certificats de complaisance , le(u)s uns délivrés par le docteur Courrent  , de Rennes les Bains , les autres par le médecin de Couiza , le Dr Roché .

Page 9 :Il est soigné par le docteur Paul Courrent qui couche même à la villa Bethanie .

Page 11 :Six étages de galeries et d’immenses salles existent toujours , Henri Lobineau déclara les avoir parcouru en 1920 avec le Docteur Courrent .

Il est donc certain que le docteur P Courrent s’intéressa de très près à la vie de l’abbé Boudet . Plantard le sait très bien et pour cause …la base des informations qu’il a recueillies est issue de cette source .Elle transparaît dans ce document .

C’est aussi à partir de cette source que Plantard réalisera « pierres gravées du Languedoc » .  En effet , le docteur Paul Courrent « possède plusieurs cordes à son arc » . Elles nous sont rappelées dans le texte suivant que nous devons à Mr Jean Girou :

« Historien, COURRENT a trouvé dans les fauves Corbières un terrain immense de prospection; il devient le mémorialiste de la Corbière; géologue, hydrologue, archéologue, numismate, héraldistehistorien, généalogiste, COURRENT est universel dans ce domaine; il alimente de ses communications vivantes et précises le Bulletin de la Société des Etudes Scientifiques; la Société des Etudes Scientifiques devient son royaume et par son prestige il conservera cette royauté pendant plus de 50 ans; membre de notre Société depuis 1898, le Docteur COURRENT occupa la présidence en 1902, en 1926; secrétaire général depuis 1927, puis Directeur de la Société, il en fut l’âme et la flamme jusqu’à sa mort. COURRENT a assisté à son apothéose, lors de son jubilé, fêté à Embres où il avait pris sa retraite . »

C’est certainement dans le « fond Courrent/Boudet/Saunière » , que P Plantard découvrira le livre de Mr Sacaze qui lui permettra de construire ce document .

« Pierre gravées du Languedoc » ..un apocryphe ..oui …mais dans quel but ?

Plantard dispose d’informations de première main , mais se trouve devant un gros problème . Aucun ouvrage ne décrit la dalle . Pourtant il sait bien qu’elle est une source d’information précieuse dans cette recherche et qu’elle permet d’apporter du crédit à son histoire de « Prieuré de Sion ». Il sait qu’il existe un lien entre la phrase « et in arcadia ego » de la dalle et la solution du codage du grand parchemin ….

Je suis souvent surpris que certains chercheurs attendent une confirmation de l’existence d’un document dans un quelconque écrit .. Il est évident que ce genre d’information ne circule pas et ne se trouve pas dans un ouvrage , la stèle fait figure d’exception dans cette histoire.

P Plantard  va donc essayer de  remettre maladroitement en circulation certain documents par le biais de ce pseudo ouvrage attribué  à Stublein …

Pourquoi trouve-t-on la solution de l’énigme du grand parchemin dans le deuxième apocryphe ?

« Bergere pas de tentation… » est bien la solution du codage du grand parchemin .

Il n’y a bien entendu aucun lien  obligatoire entre le fait de posséder la solution et le fait d’avoir crée l’énigme . Cherisey n’est pas l’auteur ( voir annexe ) pas plus que Plantard .

En proposant cette phrase dans le deuxième apocryphe ,  Plantard ne donne pas la solution de l’énigme , il le sait bien . Tout au plus il donne des éléments qui lui permettent indirectement de prendre la main sur les autres chercheurs .Si quelqu’un trouve quelque chose , et que ce quelque chose est en rapport avec la phrase « Bergère .. » ( logiquement , comme cette est phrase est bien en rapport avec l’énigme , cela doit arriver un jour ..) , alors son histoire de descendant prends du poids .

C’est ainsi qu’à notre époque certains chercheurs découvrent des éléments que Plantard ne connaissait pas …les rapports entre Nicolas Poussin , Monseigneur Pavillon et la région de RLC ( étude de Monsieur Daffos ) , la véritable signification du PAX681 ( étude de Monsieur Thierry Garnier …) etc ……

 Il ne peut pas présenter les deux parchemins …car ils ne sont pas complètement décodés ..surtout le petit pour lequel il ne saura rien tirer .. Il a du se poser beaucoup de questions ….

C’est pour lui un mélange de trois évangiles..pourquoi ? Quels sont tous ces mots qui paraissent en trop ? et ce découpage en forme de grotte , que cela signifie-t-il exactement ? et ce Primo-Secundo ..il doit y avoir quelque chose dessous ..c’est sûr ….

Puis il y a eu ce « boubourse » de Cherisey , qui fait de l’excès de zèle en faisant parvenir les parchemins à De Sede … avec sa phrase stupide .Comment réagir ? .

Avouons qu’ils sont vrais , cela apportera de l’eau à mon moulin .

Et zut ..on me demande des comptes …comment avouer à tous que ces documents furent « empruntés »..Pas possible , il y a encore peu de temps je « visitais » les prisons Françaises , et ce serait fini de mon avance …Plus qu’une chose à faire …avouer qu’il sont faux ..ce sera Cherisey qu’il le fera , qu’il dise qu’il les a crée ..qu’il assume .. !!

Enfin …qu’il n’en dise pas trop …surtout . ;il ne maîtrise rien .. ! je lui en donnerai la consigne …

Le petit parchemin …à quel point fut-il modifié ?

« Pierre et papier » nous apprends ( mais nous l’avions déjà deviné ..) que la phrase « A Dagobert II et à Sion est ce trésor , et il est la mort » est l’œuvre de Cherisey , mais est-ce la seule transformation ?

Qu’il est gênant pour certain ce « SION » verticale situé en bas du parchemin …c’est donc certainement l’œuvre de Cherisey ..cela ne peut donc pas être autre chose …

Et bien non . Je pense qu’il fait partie du parchemin ..au moins pour trois motifs .

 Le premier c’est qu’il n’y avait pas de raison pour que Cherisey se fasse un plaisir de nous annoncer qu’il fut une de ses créations , comme il l’a fait pour « A Dagobert » .

Le deuxième est  que l’annonce « Sion » est redondante .

En effet …une première fois incluse dans le texte , verticalement ..puis une deuxième fois dans la phrase « A Dagobert » . Ce serait donc un cas unique ou le codeur annonce par deux fois la même chose .

Nous savons que la phrase est de Cherisey , donc le mot Sion ne peut pas être de lui .

Il faut bien comprendre que la personne qui découpa le texte du parchemin avait bien l’intention de faire apparaître le mot « Sion » et non le nom Dagobert . Si Cherisey était cette personne ..soit il aurait transformé le petit parchemin pour faire apparaître les deux mots , soit n’en faire apparaître aucun de cette façon , mais uniquement  utiliser le décalage de lettres avec la phrase « A Dagobert », comme il l’a fait .

La phrase « A Dagobert » n’est donc qu’un moyen un peu maladroit de rattacher « Dagobert » au mot  « Sion » déjà présent sur le parchemin .

Le troisième vient de mes interprétations …. Je profite de cette occasion pour vous présenter ma dernière version . Vous y trouverez des éléments qui ne furent jusqu’alors jamais  communiqués .

Je rappelle ( le climat actuel étant ce qu’il est …) que je fus le premier à mettre en évidence les deux diagonales ( Sud-Est issue de RLC et Sud-Ouest issue de RLB ) ainsi que la succession de lettres T en sixième position au début de chaque ligne .

Je vais aujourd’hui confirmer mes interprétations  .

Voici comment  lire ce document :

La ligne de T en sixième position annonce le « TR » de la ligne 3 que l’on retrouve à la verticale de ce dernier en ligne 10 ainsi qu’un T de la ligne 7 ..

La ligne 7 possède bien une lettre T en sixième position , il est en bout de ligne sur l’orientation Sud-Ouest…L’auteur du parchemin suggère de remplacer la croix par la lettre T . Nous retrouvons donc bien trois croix alignées suggérant la direction Sud-Ouest .

Cette direction aboutit sur la ligne 14 en N . Cette lettre est aussi mise en évidence par l’auteur , dans l’alignement du sigle PS et de la première croix de la ligne 4 ( N du IHS …).C’est en effet à partir de cette croix que part la direction Sud-Ouest .

Le SION verticale comme horizontale n’est pas un SION …mais à « la valeur » d’un SIGNO : le même SIGNO que l’on retrouve sur le monument de RLB , mais c’est aussi le SIGNE ( Sud-Est ici ..)  par lequel on doit vaincre , situé dans l’église de RLC .

Plantard ne l’a jamais compris ….Vous avez ici le point de départ de la légende du « Prieuré de Sion » .

Je ne pense donc pas que le but de l’auteur était d’évoquer SION mais les lettres S et O pour Sud-Ouest qui sont la traduction du sigle PS .

Enfin le « TR » rajouté de la ligne 3 doit nous inviter à nous intéresser au TR de la ligne 10 qui se trouve au bout de la diagonale de lettre T issue de RLC .

( http://www.renne-le-chateau.com/pier_gra/pierres.html#ancre5 )

Mais alors , que s’est-il vraiment passé .. ?

« Brève » de comptoir ..(bis) …

 

En fait , c’est pas très compliqué ..

Au plus tard , c’est au début de l’année 1956 que Pierre Plantard découvre l’affaire « Saunières » ..mais je pense que cela s’est passé bien avant cette date ..Il « se procure » des documents provenant du Docteur Courrent relatifs au travail de l’abbé Boudet et l’abbé Saunières . Comme tout chercheur , il se réfère aux interprétations des anciens pour comprendre ce qu’il a trouvé, c’est-à-dire essentiellement au travail de Mr Cros . Comme ce dernier pensait que le « PS prae-cum » était d’origine templière , et que ce « PS » était présent sur la dalle ,sur  la pierre de Coumesourde et sur  le petit parchemin associé au mot « SION » ,   c’est dans cette voie qu’il se mit à chercher : c’est un sujet qu’il connaissait déjà bien ( affaire Gisors ) . Mais rien n’aboutissait ..tout juste avait-il trouvé l’existence d’un petit prieuré en relation avec Sion du coté d’Orléans …mais sincèrement , il ne devait pas y croire…..

En janvier 1956 ce fut la catastrophe ..une série d’ articles parurent dans un journal et révélérent à toute la France l’histoire du « curé aux milliards » , des chercheurs de tous horizons affluaient sur Rennes : il fallait réagir …. Changement complet de stratégie …plus question d’être un chercheur discret qui prends le risque de se faire distancer .Il fit donc reconnaître le peu de chose qu’il pensait avoir trouvé en ayant déjà dans l’idée de s’en servir , c’est ainsi qu’il « déposa » l’expression de « Prieuré de Sion » en créant une association qui ne fonctionna jamais . Si je n’arrive pas à le trouver pensa-t-il , alors d’autres le feront à ma place ….il suffira que je sois le légitime héritier . Ce sera l’occasion aussi pour lui de satisfaire une mégalomanie qui ne faisait que grandir . Patiemment il construit son délire , à l’aide de documents apocryphes . Il « lâcha » quelques informations mais juste assez pour « conserver la main » . Seulement le malheureux fut débordé par le succès .A la suite du livre de G de Sede , ce fut « l’énigme sacrée » ….Il  fallut alors gérer comme il pouvait  ….

* Le texte de la dalle

Il se compose de trois parties que nous allons étudier. On trouve les quatre mots latins, l’expression « P-S PRAE-CUM » et enfin les deux alignements verticaux de lettres grecques qui forment la phrase sans verbe « ET IN ARCADIA EGO » .

* Les quatre mots latins

Il existe différentes traductions possibles, mais en général on propose :

REDDIS : restituer, rendre compte, projeter, mais aussi il peut se référer à Rennes le Château ( Villa de Reddis, 1185 )

REGIS : au roi, mais aussi diriger, régler.

ARCIS : un abri, un refuge, une tour, une forteresse, mais aussi il peut se référer à Arques ( castrum de Archis )

CELLIS : magasins, caves, intérieur d’un temple (CICERON), mais aussi dérivé de cellula, cellule soit un espace clos comme l’est une case d’un échiquier.

Nous constatons que trois des quatre mots sont en relation avec les échecs ( le roi, la tour ,la case ) et deux aux villages de Rennes-le-Château et d’Arques.

Dans son livre « études critiques », F.Marie explique que les quatre terminaisons « IS » forment deux fois le mot ISIS, et symboliseraient ainsi la résurrection.

* l’expression « P-S -PRAE-CUM »

Elle se retrouve sur cette dalle ainsi que sur la pierre de Coumesourde. Il y a quelques années, elle fut interprétée par l’abbé Mazières, historien à ses heures et passionné par l’histoire des templiers. Selon lui ce serait le témoignage d’une fondation de prières, créée par les templiers. Mais jamais l’abréviation PS n’est séparée par un tiret quand elle représente un psaume, et de la même façon jamais on a trouvé d’abréviation PRAE-CUM pour représenter le mot « praeconum » qui signifierait « Héraults ». De plus que ce soit pour la dalle ou pour la pierre, les textes ne font absolument pas référence à une prière ou tout texte d’ordre religieux.

Par contre ce qui est absolument certain, que le mot latin PRAE signifie « qui précède », que le mot latin « CUM » signifie « avec » et qu’une flèche double met en relation deux éléments. Il est donc plus logique d’associer « PRAE » à la lettre P et « CUM » à la lettre S. La lettre qui précède le P est la lettre O, ce qui forme avec la lettre S : OS. La spirale présente autour du P-S explique qu’il faut inverser les lettres pour une raison que nous comprendrons après, ce qui permet d’obtenir une direction : Sud-Ouest.

Les deux villages se trouvent confirmés, car si l’on part du château d’Arques, en prenant une direction Sud-Ouest , nous arrivons ( après avoir survolé Rennes-les-Bains) à l’extrémité Sud-Est de la commune de Rennes-le-Château, et plus exactement au hameau de LavalDieu ( Arcis -> Reddis ).

À l’époque de l’abbé Bigou, ce hameau dépendait déjà de Rennes-le-Château et ce prêtre possédait deux parcelles de terrain à Coumesourde ( page 13 ,« Parle-moi de Rennes-le-Château », mars 2004 de P.Mensior ).

* L’échiquier

Nous avons vu que les mots latins ainsi que deux tombes présentes à Rennes-les-Bains évoquaient ce jeu. Nous constatons que les quatorze lettres grecques associées aux deux croix permettent de remplir deux rangées opposées sur un échiquier chacune composée de huit cases.

 

* Le groupement PAX

Nous verrons que dans LVL Celtique, il sera le mot relais principal « oublié » -pacifice- de l’expression « et non deduces canitiem ejus * ad inferos » qui identifiera le tableau de Nicolas Poussin, mais ici il a un rôle phonétique. Le fait que les lettres soient grecques permet une lecture qui fait référence à un lieu particulier, le pas de la Roque ( P +X = Rhô + Kh ).

* Le groupement ADIAE

La forme du delta permet d’identifier la pique de LaVaLDieu ,et c’est avec la clé de la stèle ( IVI ) que l’on peut reconstituer le nom entier pique de LAVALDIE(V).

IVI est aussi le verbe manquant à l’expression latine « ET IN ARCADIA EGO IVI» soit « moi aussi je suis allé en Arcadie », verbe si bien expliqué par l’abbé Boudet dans LVL Celtique en page 34. Notons que la deuxième verticale de lettres commence par l’alpha et se termine par l’oméga.

*Positionnement

La personne qui réalisa ce codage, avait donc choisi des amers identifiables et pérennes, c’est-à-dire un sommet ( la pique représentée par un P sur la stèle ) et un col ( représenté par la lettre O de la stèle).

Nous savons maintenant comment positionner l’échiquier, il sera à l’envers ( O-S →S-O ), une des croix sur la pique et l’autre dans le creux du pas de la roque. Il y a quelques années un chercheur bien sympathique m’avait informé que des croix étaient bien gravées à ces deux endroits. Hélas « le loisir destructeur » d’un imbécile ne permet plus de vérifier cette affirmation.

Sur n’importe quelle carte géographique de la région, il sera très facile de positionner notre échiquier. Il suffira de mesurer sur cette carte la distance D entre la pique et le pas de la roque. Pythagore nous aidera à construire l’échiquier sur un calque, car son côté sera égal à : 8* D * 58-O,5 = 1,05*D c’est-à-dire aux arrondis près = D .

On obtient le résultat suivant :

* En conclusion

La dalle permet de déterminer précisément le Lieu et c’est pour cette raison qu’elle fut en priorité dégradée par l’abbé Saunière. Il s’est pourtant inspiré de cet échiquier pour positionner certaines statues dans son église et proposer la même solution. Le même Lieu sera mis en évidence dans la suite de l’étude, que ce soit par les quatre croix de l’abbé Boudet, du petit parchemin ou du tableau de Nicolas Poussin pour ne citer que les documents les plus intéressants.

* La kaïrolo absente au Nord-Est

S’ il existe un lieu qui intrigue tout chercheur travaillant sur LVL Celtique, c’est bien la kaïrolo. Elle est « Le lieu » qu’il faut trouver, car à juste titre elle évoque ce lieu fermé qui renferme la précieuse céréale comme nous le précise l’abbé. Selon lui la kaïrolo des Redones se traduit par : key (ki) clef, – ear (ir), épi de blé.– hole, creux, petite maison –, c’est-à-dire le grenier et peut-être le silo ou souterrain située au sud de Montferrand tout près du chemin conduisant au ruisseau de la Coume et aux Artigues.

Pourtant, quand on regarde la carte de LVL elle n’y figure pas, pas plus d’ailleurs que sur une carte actuelle qui précise les lieux-dits.La kaïrolo est donc une invention de l’abbé.

*La Kaïrolo en languedocien

Le mot occitan qui se rapproche le plus de Kaïrolo est cayrol. Il représente aussi un nom propre et est issu de l’occitan  caire  ou pierre carrée, angulaire qui désigne un lieu pierreux .Nous sommes donc loin d’un silo à céréales. L’alphabet occitan ne possède pas de lettre « K » et l’on peut se demander pourquoi l’abbé l’utilise au début du mot. De plus la fin du mot « olo » n’a pas de traduction, car il s’arrête sur la traduction du mot hole, alors pourquoi ajouter la lettre « o » finale, « une caïrol » aurait suffit ..Je pense pouvoir expliquer tout cela à la fin de ce chapitre.

* Le livre d’axat

Publié en 1896 il fait suite aux « Remarques sur la phonétique du dialecte languedocien ». Comme il l’a fait pour LVL Celtique, l’abbé va traduire en anglais les noms se rapportant à cette ville. Ce livre se divise en plusieurs parties :

– Famille DAX (notes )

– Axat -aspect géologique

– Axat ( nom du territoire )

– Lieux-dits de la commune d’Axat

– Axat village

– Lieux-dits ( suite )

– Bois

– Ruisseaux et fontaines

Que ce soit pour « les remarques sur la phonétique du dialecte languedocien » ou « le livre d’Axat » , tout lecteur assidu de LVL Celtique ne sera pas dépaysé, car il y retrouvera la traduction de la plupart « des mots anglais de base » utilisés dans LVL .L’abbé va même attirer l’attention du lecteur d’une façon très particulière c’est-à-dire en se dénigrant ! Je vous laisse constater :

– Dans LVL Celtique en page 219 il écrit :

Le village le plus rapproché des Sordes, et faisant partie de la contrée occupée par les Aticini, se nomme Axat, et cette appellation, qui est une simple inversion d’Atax, marque le point exact de division entre les deux tribus des Sordes et des Atacini .

– Dans Axat (nom du territoire ) on peut lire :

Nous laisserons de côté l’hypothèse injustifiée et de pure fantaisie prétendant que le mot AX-AT n’est que l’interversion d’AT-AX .

Nous n’avons pas ici la reconnaissance d’une erreur mais bien un dénigrement qui interpelle et qui nous fait comprendre que le propos de ce livre est bien en relation avec l’autre. Je le confirme et je vous affirme que ces nouveaux écrits ont bien pour but de nous aider dans la compréhension de LVL Celtique, et cette étude sur la kaïrolo n’en est qu’un des nombreux exemples.

* La Cayrole

C’est dans la partie consacrée à l’étude des lieux-dits que nous allons trouver « cette béquille » . Dans « l’alphabet solaire » de JL Chaumeil et J Rivière ( 1996 ) où sont reproduits les différents textes nous pouvons lire en page 439 :

Le vocable actuel Souls Caïroles paraît légèrement différer de Souls d’Aïroles, porté au plan cadastral de 1781. Il correspond mieux néanmoins à ses pareils, la Cayrole* à Quillan , Cayrou et Cayrole au territoire de roquefort, etc :

Cayrole

– to ear, monter en épis

– whole, adv entièrement

ear whole = mettre entièrement en blé

* Les auteurs écrivent Cayrolo en page 438 alors que l’abbé écrit bien Cayrole

La définition est ici légèrement différente de celle que l’on trouve dans LVL Celtique, mais elle conserve  to ear  c’est-à-dire « monter en épi ». Donc d’après l’abbé « caïroles » et « aïroles » c’est « tout dit le même » comme on dit par chez moi…

Enfin il nous invite à nous intéresser au plan cadastral de 1781, date si important dans notre énigme, car elle figure sur une certaine tombe ( cependant je ne pense pas qu’il y ait ici un rapport, enfin je n’ai pour l’instant rien trouvé qui aille dans ce sens ).

* Deux cartes intéressantes

Je n’ai pas trouvé le plan cadastral d’Axat de 1781, mais j’ai découvert un autre document publié à la même date que l’abbé devait connaître, il s’agit de la carte du diocèse d’Alet .

( sur cette carte figure aussi Laval situé à l’Est de Quillan : voir l’étude sur « la croix de l’Ostie » )

Nous pouvons constater que LavalDieu porte aussi le nom de PICHAYROL que l’on peut décomposer en deux parties :

PIC-PIE – piè :

Du provençal piga , du latin pīca, féminin de pīcus qui signifie « pic ».

AYROLLE :

L’étymologie de ce nom provient du latin arealia qui signifie l’aire plane; et par extension l’endroit où l’on bat les grains . Pour être complet arealia est à la fois le vocatif, le nominatif, l’accusatif neutre pluriel de arealis, et arealis vient de area qui est l’aire de battage avec le suffixe –alis.

Mais bien avant cette date, on pouvait lire un autre nom très proche et plus explicite sur la carte de Cassini : le nom PICKAYROL

Ce sont les mêmes notions : le pic associé à l’aire de battage du grain de blé.

Non, vous ne rêvez pas, dans cette appellation vous retrouvez la définition de la Kaïrolo.

De plus le mot pick  est aussi « la clé » présente dans la définition de la Kaïrolo. C’est ce que nous pouvons lire dans le Saddler qui nous apprend que :to pick a lock signifie crocheter une serrure et donc que ce pick est aussi l’instrument qui joue le rôle de la clé pour ouvrir la serrure. Il porte le nom actuel de lock pick ( clé de crochetage ), mais on le trouve aussi dans le Sadler sous le nom de picklock ou  false key ou fausse clé ( voir fausse ) .

Alors qu’il est difficile de retrouver les trois mots anglais dans la définition donnée dans LVL , ici tout devient très clair :

PICK- AYR- OL : la clé , l’épi, le creux

On comprend alors pourquoi l’abbé fait apparaître une lettre « K » dans un mot prétendu être à la base « occitan », cela vient de la décomposition du mot en PIC-KAYROL. Quant à la finition « olo », je pense pouvoir l’expliquer par un autre mot anglais sous-entendu par l’abbé, le mot  hollow qui signifie aussi cavité , ce qui « accentue » la définition du dernier mot hole .

Une deuxième interprétation reste possible, car l’abbé nous dit quand en page 166 il présente la première fois la kaïrolo :

Le ménir, par sa forme aiguë et en pointe, représentait l’aliment de première nécessité, le blé, – main (mén), principal, – ear (ir), épi de blé.– Chose étrange ! Dans tous nos villages du Languedoc, on trouve toujours un terrain auquel est attaché le nom de Kaïrolo, …

« Le ménir, par sa forme aiguë et en pointe » ferait allusion au mot « PIC », et serait suivi de KAYROL qui représente la kaïrolo :PIC-KAYROL.

Notons au passage « l’étrange usage du mot étrange » par l’abbé qui le devient moins quand on sait que le sadler traduit queer par étrange et se retrouve dans le mot piqueerer ( noté aussi pickeerer dans le Sadler …) qui signifie pirate, pilleur et vient du verbe piller. Le mot étrange fait aussi référence à PICK !.

Quoi qu’il en soit, il est cohérent d’associer LVL Dieu à sa pique .

* En conclusion

C’est après avoir constaté que LVL Dieu portait aussi le nom de PICKAYROL / PICHAYROL ( HAYROL=KAYROL comme il est dit dans le livre d’Axat ) que l’abbé Boudet créera la kaïrolo fictive au Nord-Est du cromleck et c’est dans le livre d’Axat qu’il précisera sa pensée afin que nul doute soit possible. Nous verrons que ce lieu est lié à Alet ( Aleth, allay , allée , IVI ou allé, ou .. à laie=lée :chemin d’une largeur bien déterminée ..) et que par opportunisme , il utilisera le nom d’un de ses amis , Monsieur Cailhol ,  pour faire ce rapprochement .Ce dernier était en fait avocat à Toulouse, sa résidence principale était à Toulouse, il publiera le résultat de ses travaux pour l’académie des sciences de Toulouse ( médaille d’argent de première classe, collection de fossile le 27 mai 1877 ),  mais il possédait une résidence secondaire à Alet, donc l’abbé aurait du préciser par trois fois : Monsieur Cailhol de Toulouse.

Cela fera bientôt un an que le site des « recherches arcadiennes » a publié son premier article et progressivement a trouvé son public. Je remercie tous les lecteurs d’être venus consulter ces recherches, cette assiduité m’a poussé à vous proposer régulièrement des travaux. Comme prévu je travaille sur le tome 1 des recherches arcadiennes qui portera sur La Vraie Langue Celtique. Le contenu sera augmenté et amélioré dans sa présentation.

Encore merci à tous…

E Jauclin

 

L’échiquier dans l’église de RLC :echiquier RLC

Un pléonasme

C’est afin d’éviter le massacre des innocents perpétré par Hérode, que la Sainte famille fuit en Égypte, on retrouve ce passage uniquement dans l’évangile de Saint Matthieu. Ce massacre fait écho à celui des enfants mâles décidé par le pharaon ( exode 2 1-10 ) et c’est ainsi que le Christ « sauveur » est identifié à Moïse1 à l’époque de Nicolas Poussin.

Dans la tradition chrétienne Moïse2 signifie « sauvé des eaux » et en cela « Moïse sauvé » constitue un pléonasme. Le terme mis en exergue est donc « sauvé » que l’on retrouve dans le mot « sauveur » quand il est question du Christ. En latin « sauvé , hors de péril » se dit SALVI au génitif singulier. De la même façon que le tableau relatif à l’ordination mettait en évidence les lettres LAV dans le mot CLAVI ( clé ), les tableaux relatifs à « Moïse sauvé des eaux » mettent en évidence ces mêmes lettres sous la forme ALV dans le mot SALVI .

Si dans le tableau « Moïse exposé sur les eaux » ( et non sauvé ) on peut observer deux toitures côte à côte qui reprennent bien les formes arquée et triangulaire, on ne retrouve pas la succession ( I m ) caractéristique des autres tableaux . Cependant on peut constater la présence d’un arc qui nous le verrons bientôt, est une évocation particulièrement mise en évidence dans la série de tableaux relatifs à « Moïse sauvé des eaux ».

DE LUMINE ET COLORE

Cette inscription fut rajoutée tardivement sur la version Berlinoise et c’est pour cette raison qu’elle fut masquée lors de la restauration, mais elle est bien présente depuis la création du tableau dans la version Gimpel .Monsieur de Chantelou s’y intéressa et selon lui, Monsieur Cerisiers dit avoir vu un livre écrit par Monsieur Poussin traitant de la lumière et des ombres, des couleurs et des proportions. Il contacta Jean Dughet pour en savoir un peu plus. Voici ce que ce dernier lui répondit:

« Vous m’écrivez que M. Cerisiers vous a dit avoir vu un livre fait par M. Poussin, lequel traite de la lumière et des ombres, des couleurs et des proportions il n’y a rien de vrai dans tout cela. Cependant il est constant que j’ai entre les mains certains manuscrits qui traitent des lumières et des ombres mais ils ne sont pas de M. Poussin, ce sont des passages extraits par moi, d’après son ordre, d’un ouvrage original que le cardinal Barberini possède dans sa bibliothèque ; l’auteur de cet ouvrage est le père Matteo4, maître de perspective du Dominiquin, et il y a bien des années que M. Poussin m’en fit copier une bonne partie avant que nous allassions à Paris, comme il me fit copier aussi quelques règles de Vitellione ; voilà ce qui a fait croire à beaucoup de personnes que M. Poussin en était l’auteur. »

Monsieur Cerisiers n’aurait-il pas simplement vu cette inscription sur la tranche du livre tenu par le maître sur l’un des auto-portraits ?

On retrouve bien l’inscription DE LVMINE ET COLORE sur la gravure réalisée pour Cerisier par Jean Pesne ;

Cette inscription sera reprise et modifiée dans une gravure de l’auto-portrait de Poussin ( Nicolo PVSSINO en italien) sous la forme « DE LVM ET VMB(RA) » faite par Clouet5 et qui se trouve dans le livre de Bellori6 édité en 1672.

Cette gravure très intéressante est une synthèse des deux versions d’auto-portraits où l’on peut retrouver l’inscription sur la tranche du livre et les festons des versions Londonienne et Berlinoise, ainsi que « le livre fermé par un lien»( symbole du secret ) et les tableaux d’arrière-plan de la version du Louvre. Il est très probable qu’elle fut réalisée à l’époque où les deux versions se trouvaient dans l’atelier de Poussin en Italie. On peut alors penser qu’un Nicolas Poussin soucieux de l’image que l’on pouvait donner de lui ( voir lettre à Chantelou du 16 août 1648 ) ait eu son mot à dire sur ce que Clouet pouvait faire et avec quels détails il devait le représenter.

Quelle que soit la représentation, c’est bien le mot LVMINE ( lumière, symbole de la connaissance) qui est mis en valeur, qu’il soit associé avec COLORE ou VMBRE. Il présente lui aussi la particularité de proposer les lettres qui expliquent l’énigme : L=I associé avec V ils forment IVI soit M, avec N qui les rassemble. Ce n’est qu’une interprétation, mais on peut remarquer la fréquence importante de ces lettres évoquées dans les différents tableaux.

Arca

L’Arche de Noé et la caisse dans laquelle Yokébed expose Moïse sur le Nil viennent de l’hébreu tevah. L’Arche d’alliance que l’on retrouvera successivement dans le tabernacle de l’exode puis le Saint des saints du Temple de Jérusalem vient de l’hébreu arôn. Les deux termes hébreux ont été traduits dans la Vulgate par un terme latin unique arca signifiant notamment coffre, mais aussi sarcophage, cercueil. On retrouve l’allusion à l’arche dans les différentes versions de  Moïse sauvé des eaux. C’est une arche de pierre en haut à gauche dans la version de 1638 et c’est un bateau « arqué » dans les versions de 1651 et 1647 . Dans cette dernière ( celle dont Nicolas Poussin fera référence dans l’autoportrait de Chantelou en représentant une princesse égyptienne vers laquelle deux bras se tendent), un objet très particulier a été peint en bas à gauche du tableau, il s’agit d’un sistre7.

C’est un instrument de musique ancien composé d’un arc. Il fut utilisé par les Égyptiens mais aussi par les Hébreux. Ainsi on peut lire dans Samuel chapitre 6 :

2S 6:5- David et toute la maison d’Israël dansaient devant Yahvé de toutes leurs forces, en chantant au son des cithares, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales.

Mais il faut préciser dans quel contexte fut utilisé cet instrument et il suffit alors de lire la ligne juste au-dessus …

2S 6:4- Uzza marchait à côté de l’arche de Dieu et Ahyo marchait devant elle.

Le texte complet nous dit :

2S 6:1- David rassembla encore toute l’élite d’Israël, trente mille hommes.

2S 6:2- S’étant mis en route, David et toute l’armée qui l’accompagnait partirent pour Baala de Juda, afin de faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de Yahvé Sabaot, siégeant sur les chérubins.

2S 6:3- On chargea l’arche de Dieu sur un chariot neuf et on l’emporta de la maison d’Abinadab, qui est sur la colline. Uzza et Ahyo, les fils d’Abinadab, conduisaient le chariot.

Pour terminer … Faut-il préciser que le mot arca se retrouve en partie dans « la phrase » ET IN ARCADIA EGO ?

CONCLUSION

L’étude des trois autoportraits nous a permis de découvrir d’autres tableaux de Nicolas Poussin présentant des similitudes : l’ordination2 et les trois versions de Moïse sauvé  des eaux .

Les références aux lettres LAV et à l’arche y sont nombreuses.

LVL Celtique de l’abbé Boudet ( LA VRAIE LANGUE CELTIQUE8 ) propose les mêmes similitudes. Les erreurs ( page 38,170, 316,376,399 ) portent sur les mêmes lettres, et la référence à l’arche d’alliance y est prépondérante.

Il faut rappeler qu’une grande majorité des mots proposés par l’abbé découlent du verbe to LAY  ( LVL page 75 ), lui-même composé des mêmes lettres ( LAV = LAY ).C’est peut-être le hasard qui fera que l’on retrouvera en page 292 la clé (clay ) associée à to ease ( ize,isele verbe anglais qui permet de définir Moïse ( page 70 ) dans la définition de Gléizole .
Mais la méthode de l’abbé est de décliner phonétiquement les mots (LVL dévoilée ) et l’on comprend alors qu’il ait choisi des synonymes de allée , tel que to allay et aleth qui sont des dérivés de LAY pour nous expliquer la clé IVI, car si l’on traduit la phrase latine ET IN ARCADIA EGO IVI on obtient : Moi aussi je suis allé en Arcadie.

Nous savons que אל « EL » signifie « Dieu » en Hébreux ( aleph avec un tséré ) mais il faut aussi préciser que אל  est une préposition qui signifie « vers », préposition qui indique une direction ( aleph avec un ségol ) . On comprend alors que Nicolas Poussin ait voulu donner des postures particulières aux personnages dans le tableau des Bergers d’Arcadie car il voulait nous monter le palindrome לא/\\אל ( séparé par des vav ou lettre V dont l’écriture se résume au tracé d’un bâton ) qui signifie à la fois les sept négations présentes dans les dix commandements ( לא veut dire « non », c’est le mot le plus utilisé de cette langue ), le mot « Dieu » et le mot « vers » indiquant l’idée du déplacement que l’on trouve dans le verbe « aller ».   

(1) Poussin et Dieu  ( Poussin et Moïse )  page 6/50

(2) En réalité le terme exact utilisé dans l’exode est « retiré » ( משהMSH, Mosheh ou Moshé en hébreux ;Exode 2-10 « Quia de aqua tuli eum. » en latin) ,mais actuellement cette interprétation est remise en question. Le nom Moïse serait d’origine égyptienne et dériverait du mot « enfanter ».

(3) Lettre Dughet à Chantelou  page 728

(4) Mattéo Zaccolini était un fervent admirateur de Léonard de Vinci . Selon le premier biographe de Zaccolini, Cassiano dal Pozzo , la première version du manuscrit a été écrite en script miroir qui, comme le contenu du manuscrit, a révélé l’influence des écrits de Léonard. Il est surtout connu pour un traité en quatre volumes, écrit 1618–1622, sur la théorie de la peinture avec des titres: De Colori , Prospettiva del Colore , Prospettiva lineale et Della Descrittione dell’Ombre prodotte da corpi opachi rettilinei . Ces travaux, bien que n’étant pas en circulation générale, lui ont valu une renommée parmi les cercles éclectiques à Rome. En 1666, l’historien et camarade Théatine Giuseppe Silos décrit Zaccolini comme l’un des « génies de notre ordre et des hommes les plus admirables de son âge ». Bellori l’a décrit comme un maître de la perspective et de l’optique, et comme ayant enseigné à Domenichino , Gagliardi , Circignani et Cavaliere d’Arpino entre autres.

(5) Albertus Clouwet (variations de nom: Albertus Clouet, Albert Clowet, Aubert Clouwet, Haubertus Clouwet, Albertus Cluet, surnom Zandzak) (1636, Anvers – 1679, Naples ), était un graveur flamand qui avait une carrière réussie en Italie.

(6) BelloriVite de’ pittori, scultori e architecti moderni  page 421/481 

(7) Sistre

(8) LA VRAIE LANGUE CELTIQUE

 

Analyse des inscriptions

Il faut d’abord comprendre qu’en ce qui concerne les autoportraits, il ne sera pas question d’expliquer à nouveau la solution de l’énigme, mais de faire en sorte que là où le « profane » verra une allégorie, « l’initié » trouvera la confirmation de ce qu’il fallait trouver. Vous verrez que si l’on accepte l’existence de la clé IVI, alors tout devient cohérent.

* Les inscriptions

Paris

EFFIGIES NICOLAI POVSSINI ANDEL

YENSIS PICTORIS . ANNO ÆTATIS. 56

ROMÆ ANNO IVBILEI

1650 .

Berlin

NICOLAVS POVSSINVS ANDELYENSIS ACADEMICVS ROMANVS PRIMVS

PICTOR ORDINARIVS LVDOVICI IVSTI REGIS GALLIÆ. ANNO Domini

1649. Romæ. ÆTATIS S. 55

Londres

NICOLAVS POVSSINVS ANDELIENSIS ACADEMICVS ROMANVS PRImus

PICTOR ORDINARIVS LVDOVICI IVSTI REGIS GALLIÆ.ANNO DOMINI

1649 Romæ ÆTATIS Suæ 55

Les traductions sont les suivantes:

Effigie de Nicolas Poussin, peintre originaire des Andelys, à l’âge de 56 ans, en 1650, année du jubilé romain.

Nicolas Poussin des Andelys, académicien romain, premier peintre ordinaire de Louis le Juste, roi de France

*Les lettres L et V

Commençons par les noms et prénoms que l’on trouve inscrit sur le tableau du Louvre ( L ), de la galerie Gimpel (G ) et celui de Berlin ( B ) .On les trouve sous deux formes, au génitif singulier (L) : NICOLAI POVSSINI car il se rapporte au mot EFFIGIES , puis au nominatif singulier NICOLAVS POVSSINVS ( G et B ), ce qui aura pour effet de remplacer une voyelle « I » par une voyelle « V » pour le prénom et le nom : C’est déjà l’indication qu’il va falloir s’intéresser à ces deux lettres. Poussin confirmera en accolant ces deux lettres et uniquement ces deux lettres dans le mot ORDINARIVS de la version (G) formant ainsi une lettre N ( l’abbé Boudet disait en son temps : tandis que le Nous les rassemble .. LVL Celtique page 34 …).

* Les andelys

Passons au mot ANDELYENSIS ( B ) ou ANDELIENSIS ( G ) ou ANDEL:YENSIS ( L ) .

Il y a donc deux orthographes que certains ont voulu dater ( document Guerdat page 34 ) . Monsieur Parrault aurait du mieux se renseigner car dans le dictionnaire topographique de la France1, on retrouve pour le département de l’Eure l’étymologie du petit Anlelys où est née Nicolas Poussin :

Donc bien avant la naissance du peintre les deux orthographes étaient utilisées ( avec I ou avec Y ).

*Les lettres L et i sont équivalentes

Mais ce qui est certain, c’est que la lettre I ( ou sa forme double I dans l’Y ) est mise en valeur dans la version Berlinoise, comme l’est aussi la lettre L. En effet seule la lettre L est notée en grande majuscule ( ici « la phrase » ne commence pas par une majuscule comme dans la version du Louvre ), mais surtout si l’on doit mettre un point sur les minuscules comme dans le cas de Domini , il est inconcevable d’en mettre pour des majuscules…c’est pourtant ce qui est fait. Même le chiffre 1 de la date 1649 est transformé en « i » ! . Ces deux particularités vont dans le sens de ma théorie : un L écrit en minuscule correspond à un i écrit en majuscule ( I ).

On peut aussi remarquer que dans la version de Paris, la coupure du mot est faite entre le « L » et le « Y », ce qui n’est pas une coïncidence. On peut d’ailleurs à juste titre se demander pourquoi Poussin coupe ainsi ce mot en deux, alors qu’il aurait pu le reproduire en entier à la ligne. Je ne suis pas le seul à avoir été « interpelé» par cette légèreté, car Jean Pesne2 réécrira le mot entier dans sa gravure :

Il faut donc bien s’intéresser à ce mot et cette coupure…

Ce faisant deux mots apparaissent et l’un d’eux doit avoir une signification pour Poussin, c’est le mot Andel qui signifie « eau agité » et qui sous la forme Andelle, est le nom du cours d’eau situé à moins de 10 km des Andelys se jetant dans la seine. Cette coupure met en exergue la lettre « Y » ou « upsilon » en grec. Cette lettre est issue du waw phénicien et donnera les lettres « U,V, W  et Y » .Nous avons donc un double I phonétique, associé à un V que l’on retrouve dans même dans le tracé.

* La version Gimpel

C’est la version Londonienne du tableau qui apportera le plus d’informations. Nous avons l’accolement des lettres « I » et « V » (1) dans le mot ORDINARIVS précédemment expliqué, mais le texte comporte trois particularités.

La première est qu’à la différence de la version Berlinoise, chaque mot commence par une majuscule, soulignant ainsi l’importance d’une analyse de lettres.

La deuxième est que les interlignes sont pratiquement inexistantes. Il faudra donc analyser les « rapprochements verticaux » de lettres.

La troisième est la plus intéressante. Je l’ai découverte en voulant reproduire la phrase à l’aide d’un traitement de texte. Il m’a alors été impossible de positionner chaque mot correctement, les uns par rapport aux autres. J’ai dû diminuer la taille des caractères de la deuxième ligne pour y parvenir. C’est donc en reproduisant des caractères plus petits que l’auteur du texte va pouvoir nous proposer des superpositions de lettres intéressantes.

On retrouve à nouveau l’idée qu’un trait vertical peut correspondre à plusieurs caractères ( 3 et 4 ), qu’un alignement de lettre « V » et « L » ( peut-être fortuit dans la version Berlinoise ), a été délibérément choisi dans cette version Londonienne (2), et surtout qu’un joli palindrome LVL (5) est mis en valeur .

Le mot IVSTI et le mot IVBILEI de la version Parisienne conforteront cette lecture.

Un autre rapprochement de lettres au niveau des mots ACADEmicus et Regis pourrait évoquer l’Arcadie, mais il n’y a rien d’évident.

* Un autre tableau évoqué

Ces rapprochements de lettres vont nous faire découvrir un élément encore plus intéressant que l’on retrouve au niveau des mots PICTOR, ORDINARIVS et Romae, c’est l’évocation du mot OR (6).

Il n’est pas question de l’évocation d’un trésor comme certain pourraient le croire, mais il est question de l’évocation d’un tableau peint deux ans auparavant pour Chantelou : L’ ORDINATION -2 .Dans cette œuvre on aperçoit Jésus donner les clés à Pierre. En fait il ne lui donne pas les deux clés d’OR et d’argent, symboles des pouvoirs céleste et terrestre comme on peut le constater dans différents tableaux ( le perugin ,Giambattista Pittoni , Guido Reni, Philippe de Champaigne, Alfred Loudet …et Poussin dans la première version de l’ordination.), mais il brandit la clé d’or vers le ciel et celle d’argent vers la terre. Nous reviendrons sur la clé d’or dans quelques lignes, mais il faut avant tout faire un lien avec l’analyse picturale.

Précédemment nous avions mis en évidence « Moïse sauvé des eaux » dans l’analyse picturale du tableau Parisien, nous allons maintenant comparer les deux tableaux. C’est le paysage en arrière plan qui m’a interpellé, car il présente la même structure.

Dans le tableau de 1647, le paysage que l’on découvre derrière la fille du pharaon présente une symétrie. Juste au-dessus la tête se trouve un bâtiment présentant des arcades, surmonté d’un obélisque coiffé de son pyramidion ( m +I + ).On retrouve la même disposition « palindromique » de part et d’autre c’est-à-dire une pyramide, un bâtiment vertical ( obélisque ) puis un bâtiment présentant des voûtes ( I mm I ).

Dans la version de 1651, il n’y a qu’une seule succession de « bâtiment vertical-arches-pyramide » ( I m ).

Une ouverture « arquée » se trouve entre les têtes. Quant au bâtiment au toit arqué rougeâtre se trouvant en arrière plan, il est inspiré d’une mosaïque qui se trouve dans le temple de Fortuna à Praeneste .

La troisième version de 1638 est plus explicite :

Nous retrouvons la même disposition dans « l’ordination 2 » : un bâtiment vertical sur lequel est gravée une lettre, des arches , une pyramide ( I m ).Il n’y a pas d’autres tableaux dans toute l’œuvre de Nicolas Poussin qui présente cette particularité.

Nous avons donc dans ces quatre tableaux la représentation symbolique des lettres L, M et V inversé ( ou lambda soit L à nouveau ).

Sinon très peu de tableau de Poussin font apparaître des arches, j’en ai trouvé que trois : paysages d’arcadie pan et bacchus, Le retour d’Égypte , Les Israélites recueillant la manne dans le désert ( manne qui se trouve dans l’arche d’alliance ).

* Une inscription à deux lettres

Dans l’analyse picturale j’expliquais que l’on trouvait « des mots inscrits » sur la peinture, uniquement ( ou presque …) sur les autoportraits et les deux versions des bergers d’Arcadie. Ma réserve portait sur « l’ordination 2 », car on y voit une lettre .Peut-être comme moi vous avez pensé lire une lettre « L » inscrite au sommet du bâtiment.

En fait ce n’est pas le cas, car il s’agît de la lettre « E » dont les deux barres horizontales supérieures sont à peine tracées. Certains spécialistes ont expliqué cette dernière par rapport à la scène présentée, ce serait un « E » pour Église ( ou Ecclesia ). C’est avoir une piètre opinion de Poussin dont l’intelligence ne pouvait se satisfaire d’une telle lecture. Je vois les choses autrement, car de mon côté deux lettres sont évoquées : les lettres « E » et « L » soit « EL » qui signifie Dieu, ce Dieu que deux Jésus identiques peints sur la toile nous montrent du doigt, ce « EL » ou אל en Hébreux, ainsi que son symétrique לא exprimant la négation ( inscrit sept fois sur les tables de la loi déposées dans l’arche d’alliance ) que l’on trouve évoqué dans « les bergers d’Arcadie » ( voir https://recharc.fr/les-tableaux-de-poussin/ ). Il faut rappeler que la remise des clés à Saint Pierre ( comme « le retour d’Égypte » cité précédemment ) fait partie du Sondergut matthéen ce qui conforte une lecture hébraïque du tableau.

*Des minuscules

Les spécialistes de Poussin se sont aussi interrogés sur l’utilisation de minuscules pour le mot PRImus présent sur cette version. Mais c’est aussi le cas des mots Suae, Domini et Romae ( version Londonienne et Berlinoise ). Je ne peux tirer de conclusion définitive mais simplement constater que trois des quatre mots ont une signification, si les minuscules sont lus à l’envers…:

sum signifie « Je suis » en latin ( que certains proposent comme étant le verbe manquant à la l’inscription ET IN ARCADIA EGO.

in imo est un superlatif latin en relation avec inferus signifiant « dans le fond, en profondeur »

eau c’est du Français ! , en relation avec l’andelle ,et mon interprétation du tableau des bergers d’Arcadie.

*La clé d’OR

Revenons à la clé d’OR…Quel pourrait être l’intérêt pour Poussin de séparer les clés, mise à part de désigner pour chacune d’elles ce qu’elle est censée évoquer ?

En fait il faut juste traduire en latin le mot « clé » au singulier :

Clé = CLAVIS au vocatif et génitif , mais aussi CLAVI au Datif .

Quand on accepte la clé IVI, alors « c’est LAV I » prend tout son sens.

Il reste à évoquer le grand parchemin, même si à raison il fait l’objet de suspicion. Si l’on peut associer Bergère à Poussin et Teniers à la tentation, je pense que la clé fait référence au premier.

Cela démontre une fois encore que Plantard disposait d’informations capitales, mais qu’il n’a pas su les interpréter correctement.

(1) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39294g.texteImage

(2) Graveur et peintre français (Rouen 1623-Paris 1700).Il reproduisit en estampe un grand nombre de tableaux de Poussin.

 

Analyse picturale des autoportraits

Avant de commencer cette analyse, il faut expliquer l’intérêt d’étudier ces trois autoportraits .

Je suis de ceux qui pensent que le tableau « des bergers d’Arcadie » est bien un des documents en relation avec notre affaire, non pas parce que Plantard nous le fait découvrir dans la résolution de l’énigme du grand parchemin ( même si je continue à penser que les documents dont il dispose sont de première qualité, et nous en reparlerons dans la troisième partie de cette étude), mais parce que l’abbé Boudet le fait comprendre dans LVL Celtique. Donc si l’on part du postulat que Nicolas Poussin détient un secret ( voir lettre de Louis Fouquet à son frère du 17 avril 1656 ) et qu’il l’a représenté dans son tableau, alors s’il doit l’évoquer une dernière fois, il le fera très logiquement sur ses trois autoportraits qui résument en quelque sorte sa vie.

Pour certains experts de la peinture, il existe bien un lien entre ces quatre tableaux, comme l’explique Monsieur Batschmann en page 122 de son livre « Dialectique de la peinture » :

Nouant l’ombre, la lumière et l’inscription, l’Autoportrait II ( version Louvres ) reprend les éléments fondamentaux d’un tableau peint quelque dix ans auparavant, la seconde version de Et in arcadia Ego.

En effet, sur tous les tableaux peint par Poussin, seules les deux versions « des bergers d’Arcadie » et les trois versions d’autoportraits possèdent « des mots écrits » sur la toile ( bien que j’apporterai une petite rectification le moment venu ).

* La version du Louvre

Elle fut décrite mainte fois par les spécialistes du peintre. Reprenons celle proposée par Frédéric Villot, conservateur du musée du Louvre en 1855 :

Il faut aussi souligner que la bague porte un diamant en forme de pyramide ( Angélique COATLÉVEN-BRUN1 , « La peinture prise aux lettres », citation de Louis Marin ,pdf 168/346 )

Mais c’est surtout une partie de tableau sur lequel le visage d’une dame coiffée d’un diadème qui attire l’attention. Le diadème porte un œil, et deux bras semblent vouloir enlacer cette personne.

Pour beaucoup de spécialistes de la peinture, dont Stéphane Loire (conservateur en chef du département des peintures du Louvre) nous avons là une allégorie de l’amitié, mais pour d’autres elle représente la figure de la peinture.

Allégorie ou non, en fait personne en a une idée précise, mais il est certain que l’identification du personnage pourrait nous apporter des éléments de réponse.

Pour certains la dame serait d’origine grecque, car son nez est droit. Serait-ce alors une représentation de la déesse Héra, avec un des yeux du paon représenté sur sa couronne ?

Pour ma part je ne le pense pas. De mon côté il s’agit de la fille du pharaon qui recueillit Moïse. C’est aussi ce que pense Philippe de Champagne , peintre contemporain et ami de Poussin qui fut le premier à reconnaître ce personnage présent dans une peinture du maître des Andelys:(« Le Poussin, sa vie et son œuvre » , Philippe de Champagne2 ) :

En effet on reconnaît dans la deuxième version du « Moïse sauvé des eaux » de 1747 ,cette dame vue de face portant le diadème.

Dans ce cas l’œil symboliserait celui d’Horus ou œil de la providence, et les bras seraient peut-être ceux de Moïse, reprenant la position horizontale quand on représente Horus enlaçant l’œil Oudjat ( œil gauche, comme sur la peinture de l’autoportrait ).

Mais à n’en pas douter, Nicolas Poussin connaissait l’histoire d’Horus, il savait aussi que l’œil de la providence représente Dieu. Si l’on accepte ce constat, alors il est possible que le diamant en forme de pyramide permettait d’évoquer « une lecture égyptienne » de ce portrait de femme, ce qui sera confirmé par d’autres éléments présentés dans la partie 3 de l’étude.

* Les versions de Berlin et Londres

Le décor est très différent. Derrière le buste de Poussin on aperçoit une plaque de pierre flanquée de deux putti réalisés en bas relief et liés entre eux par un feston de laurier.

Depuis longtemps les deux putti ( angelots ou chérubins ) furent identifiés. Nicolas Poussin s’inspira d’un monument funéraire réalisé par son ami Duquesnoy3 qui est la tombe de Ferdinand van den Eynde4 ( voir document Guerdat, page 4 ).

À la différence de Duquesnoy, c’est un feston en forme d’arc tenu par deux Putti se faisant dos que Poussin a choisi de représenter. Il est difficile de vérifier la présence ou l’absence d’ailes, car le feston et la plaque masquent une partie du dos des deux chérubins, mais aucun doute n’existe sur leur nature angélique.

Nicolas Poussin tient dans la main gauche un porte-crayon, peut-être doit-on y voir une invitation à nous intéresser sur ce qui vient d’être écrit par lui. C’est ce que nous ferons dans une troisième partie consacrée à l’analyse des phrases écrites sur ces tableaux, qui dévoilera des éléments très intéressants en regard de ce que nous venons de mettre en évidence dans cette analyse picturale que nous allons résumer :

Il se pourrait que dans ces autoportraits, il soit question de Moïse et de Dieu, de chérubin et « d’arc », et de la phrase latine ET IN ARCADIA EGO *** , à suivre…

(1) https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00748596/file/1._-_THESE-Coatleven-Brun.pdf

(2)https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5780009m.texteImage

(3)François Duquesnoy , peintre et ami de Poussin partagea à Rome un logement Via Paolina avec ce dernier.Selon les premiers biographes, lorsque Duquesnoy est arrivé à Rome en 1618, il a étudié la sculpture antique en détail, grimpant sur l’ équestre Marcus Aurelius pour déterminer comment il a été coulé, ou faisant un pèlerinage au sanctuaire de Diane au lac Nemi . En 1624, Nicolas Poussin , qui partageait son style de représentation classique et émotionnellement détaché, arriva à Rome et les deux artistes étrangers se logèrent ensemble. Tous deux ont évolué dans le cercle de patronage de Cassiano dal Pozzo.

(4)https://en.wikipedia.org/wiki/Tomb_of_Ferdinand_van_den_Eynde

Les auto-portraits de Nicolas Poussin

Beaucoup de choses ont été écrites sur ces portraits dans le petit monde de la recherche RLCienne, reproduisant par la même occasion plusieurs erreurs. Pour certains Nicolas Poussin s’essaya à l’autoportrait dans les années 1650 et réalisa un deuxième essai car déçu du premier. Pour d’autres il y aurait trois autoportraits, celui du Louvre et deux autres en Allemagne, l’un au Staatliche Museen de Berlin et l’autre à la Gemäldegalerie située dans la même ville. Il est temps de mettre à jour les connaissances que nous avons sur ce sujet, et permettre ainsi le rétablissement de la vérité.

Les trois versions de l’autoportrait

Si la version la plus connue que l’on peut admirer au Louvre à Paris ( autoportrait de Chantelou ) met d’accord tous les spécialistes, il en est pas de même pour les deux autres, mais commençons par les localiser correctement. Il en existe une qui se trouve bien à Berlin, mais ce portrait se trouve dans la Gemäldegalerie du Staatliche Museen. Cette version changea d’aspect au cours du temps. Ainsi avant 1993 nous pouvions observer celle-ci :

Mais après cette date la teinte de la toile avait changée et certains détails avaient disparu.

La deuxième se trouve à Londres dans la galerie Gimpel. Je remercie Monsieur René Gimpel de m’avoir envoyé les deux photos de très belle qualité du devant et de l’arrière de ce tableau ici présentées.

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( images cliquables )

Quelques données historiques

Alors que Nicolas Poussin travaillait en 1647 sur la deuxième version des sept sacrements commandée par Paul Fréart de Chantelou1, ce dernier lui fit comprendre qu’il aimerait obtenir le portrait de l’artiste. Ce souhait fut accueilli par un long silence, car Nicolas Poussin n’était pas familier avec ce genre de travail et n’avait pas exécuté de portrait depuis vingt-huit ans ( donc ce n’était pas son premier autoportrait…) . Ce n’est qu’à l’été 1648 qu’il fit à nouveau allusion à ce projet ( lettre du 2 août 1648 , « Correspondances de Nicolas Poussin2 »pdf page 421/571). Cette fois, le peintre exprima sa réticence à l’idée de prêter son image à un portraitiste romain qui, ayant sa propre manière de penser, ne pouvait que produire travail non satisfaisant, il préféra donc le faire lui-même. Mais en fait Nicolas Poussin se mit à peindre deux auto-portraits, le premier fut destiné à Chantelou et le second pour Jean Pointel3, autre client français du peintre. Ainsi peut-on lire dans sa correspondance les différentes étapes de ce travail :

Le 20 juin 1649 ( pdf « Correspondance de Nicolas Poussin2 » page 436/571 ) il écrit à Mr de Chantelou : « Jei fet l’un de mes portraits et bientost je commencerei l’autre Je vous enuoyerei celuy qui réussira le mieux. mais il n’en faut rien dire sil vous plaist, pour ne point causer de jalousie. ».

Le 8 Octobre 1649 il précise : « Je m’efforserei de vous enuoier mon portraict… ».

Le 22 janvier 1650 il s’excuse pour son retard :J’aurois maintenant satisfait à la promesse que je vous avois faitte de vous envoyer mon portrait si la volonté que j’en avois n’eut point rencontré d’obstacle. ».

Il renouvelle ses excuses le 13 Mars 1650 : « Ce seroit avec grand contentement que je ferois réponse à Votre dernière, si j’avois quelque bonne nouvelle à vous écrire sur le sujet des tableaux que je vous ai promis, mais particulièrement de celui de mon portrait, que je n’ai pas pu encore finir. Je confesse ingénument que je suis paresseux à faire cet ouvrage auquel je n’ai pas grand plaisir et peu d’habitude, car il y a vingt-huit ans que je n’ai fait aucuns portrait néanmoins il le faut finir car j’aime bien plus votre satisfaction que la mienne. »

(1) Paul Fréart de Chantelou (1609-1694), ingénieur militaire de son état, est un collectionneur français du XVII siècle.

(2) Correspondance de Nicolas Poussin.

(3) À la tête de l’important groupe des amis lyonnais du peintre, Jean Pointel est un marchand de soie et banquier installé à Paris.

Une seule place pour deux versions en concurrence

Nous devons à Pamella Guerdat  un travail très intéressant réalisé dans le cadre de ses études pour l’obtention d’un doctorat, qui nous explique l’historique de cette problématique( René Gimpel (1881–1945) and Nicolas Poussin’s SelfPortrait, from rediscovery to de-attribution4 ) .

Pour résumer, une première version apparaît à Londres en 1934 et c’est Monsieur René Gimpel qui en fait l’acquisition pour l’exposer à Paris en 1937 ( page 7 et 8 du document Guerdat4 ).Cette version est alors reconnue comme étant l’autoportrait de Pointel par quelques spécialistes de Poussin, dont le Dr Walter Friedländer ( page 20 du document Guerdat4 ) mais aussi Blunt ( page 25 du document Guerdat4 ) , cependant l’origine de cette peinture n’est toujours pas pleinement identifiée.

Dans les années 50 « une deuxième version ressemblante » fait son apparition à Berlin. C’est plus exactement en 1952 que l’historien de l’art Kurt E. Simon identifie un autoportrait de Poussin dans les réserves du musée Kaiser-Friedrich. L’image a été inscrite en 1819 dans l’inventaire des collections du banquier anglais Edward Solly, acquises par l’Allemagne en 1821;avant que ces collections soient partiellement transférées au Stadtmuseum de Königsberg Kunstverein en 1937.

Suite à cette découverte, les spécialistes ( Friedländer ,Blunt, Sterling ) changent d’avis jugeant la version allemande de meilleure qualité et plus représentative du travail de Poussin, et c’est donc la version Berlinoise qui est alors reconnue comme étant celle de Pointel.

Cependant des études scientifiques réalisées dans des laboratoires de physique vont nous apprendre des choses bien intéressantes. Ce sont Stephen Rees-Jones puis Nicholas Eastaugh pour la version Gimpel, et Mario Modestini pour la version de Berlin qui ont mis en évidence l’ancienneté des deux versions ( page 31 du document Guerdat4 ).De plus contrairement à la copie de Berlin, les deux inscriptions présentes sur la version anglaise font intégralement partie de la surface picturale et donc sont contemporaines à la peinture. C’est pour cette raison que lors de cette « restauration et analyse », Modestini à recouvert l’inscription DE LUMINE ET COLORE présente sur la version Berlinoise d’une peinture « réversible ».

En conclusion pour certains spécialistes, la version de Berlin est celle de Pointel, alors que la version anglaise serait une copie réalisée peut être à l’époque de Poussin.

(4) René Gimpel (1881–1945) and Nicolas Poussin’s SelfPortrait, from rediscovery to de-attribution.: guerdat 

D’autres données historiques…

Contrairement à Friedländer, Blunt ne reconnaît que deux copies, celle de Paris et celle de Berlin. De mon côté je me range à l’avis du premier spécialiste, et comme d’autres ( Elizabeth H.Denio, page 6 du document Guerdat4 ) , je pense qu’il y a bien trois versions qui ont été peintes par le maître des Andelys.C’est dans la correspondance de Poussin que l’on trouve l’explication :

Le 29 mai 1650 il écrit ( 450/571 ): « J’ai fini le portrait que vous désiriés de moi. Je pouvois vous l’envoyer par cet ordinaire. Mais l’importunité de quelquesuns de mes amis qui en désirent avoir la copie, sera cause de quelque retardement.Je vous l’envoyerai néanmoins le plus tôt qu’il me sera possible.Monsieur Pointel aura celui que je lui ai promis en même temps duquel vous n’aurés point de jalousie car j’ai observé la promesse que je vous ai faitte aiant choisi le meilleur et le plus resemblant pour vous’, vous en voirés la différence vous même. »

Il est bien question de trois tableaux car Poussin ne fait pas le lien entre cet ami importun et Monsieur Pointel.

Cet avis est aussi partagé par Frédéric Villot, conservateur du musée du Louvre en 1855 qui résume parfaitement dans son livre5 ( pdf page 299-300/468 ) les échanges épistolaires du peintre.

Cependant je ne pense pas que Monsieur Cerisier ( ou Jacques Serizier ) ait été cet ami importun car connu de Pointel et de Chantelou, ce marchand Lyonnais aurait été clairement cité par le peintre. De plus après l’acquisition de l’auto-portrait suite au décès de Pointel, Cerisier l’aurait probablement aussi montré en 1665 au Bernin lors de sa venue à Paris ( page 6, 37, 41 du document Guerdat4 ; page 95/277 « Journal du voyage du Cavalier Bernin6 » ).

Au vu des données scientifiques exposées ci-dessus, il est donc très probable que la version Berlinoise soit probablement celle de Pointel, alors que la version anglaise toute aussi intéressante car peinte par Poussin, soit celle destinée à cet ami importun dont il ne cite pas le nom.

(5) Notice des tableaux exposés dans le Louvre

(6) Journal du voyage du Cavalier Bernin

Il est maintenant temps d’analyser ces trois tableaux …

…..

Le deuxième niveau de lecture met en évidence le génie de Nicolas Poussin. Ce peintre maîtrise son art mais possède aussi de solides connaissances dans d’autres domaines, notamment dans la religion et les langues. Comme le disait Chateaubriand ce tableau nous parle et c’est d’abord en français qu’il le fait . La représentation inversée de Shugborough hall reste la plus explicite, car elle permet de constater de façon claire la présence d’un palindrome parfait en utilisant les contours de deux jambes, de deux bâtons et des joints que l’on trouve entre les pierres du tombeau dressé derrière les quatre figurants. Le fait d’inverser le tableau renforce cette lecture « palindromique ».

C’est ensuite et surtout en Hébreux que ce peintre parlera. Si vous observez attentivement la position des quatre personnages et non plus uniquement celle de celui qui nous regarde, la façon particulière dont ils se tiennent doit vous interpeller. Mais avant d’observer à nouveau ce tableau je vais vous demander de regarder attentivement la première lettre aleph de l’alphabet Hébreux ( lettre A ) affichée si dessous et de répondre à la question suivante :

Si cette lettre devait représenter une position prise par un individu, que devrait-elle être ?

Et s’il se regardait dans un miroir que verrait-il ?

Si la réponse ne vous vient pas alors regardez le tableau.

Maintenant observez le bras gauche de cette dame que l’on trouve debout à droite du tableau, puis observez la jambe gauche du premier personnage qui se trouve lui aussi debout mais à gauche du tableau.

Savez-vous qu’il existe une autre lettre hébraïque qui reprend le contour de ces deux membres ?

La voici, c’est le lamed ( lettre L ) :

Une lecture de droite comme de gauche fait apparaitre la négation hébraïque לא que l’on retrouve sept fois dans la table des dix commandements:

Continuons à nous intéresser à ces deux personnages et observons maintenant la position de l’autre bras par rapport au reste du corps. Une troisième lettre apparaît ainsi que sa représentation symétrique, c’est la lettre vav ( lettre V ), mais cela peut-être aussi la lettre Daleth ( lettre D )

 

 

 

 

 

Enfin au centre convergent trois bâtons, deux sont parallèles et forme un V avec le troisième.

Voici la représentation symétrique de la lettre shin .

Ces quatre lettres de l’alphabet hébreux expliquent les positions étranges et particulières prises par les quatre personnages ainsi que celle des trois bâtons.

Même si deux LAV symétriques, « palindromiques », apparaissent maintenant de façon évidente, c’est avant tout de Dieu et du Christ dont il est question :

Quatre personnages , quatre lettres .. Poussin évoque d’abord Dieu.

Le mot el ( אֱלֹ ) qui signifie Dieu dans les langues sémitiques et notamment en hébreux ( Elohim est la forme longue de el ), saddaï et Adonaï semblent aussi évoqués.

* Les deux personnages situés à droite du tableau, c’est-à-dire une femme et un homme intimement liés symbolisent Dieu ( אֱלֹ ) et particulièrement sa création.

* El Shaddai, écrit aussi El Shadday (hébreu : אל שדי, ), est l’un des noms de Dieu proposé par l’abbé Boudet dans son ouvrage ( LVL C page 31 ) et la référence qu’il propose dans LVL Celtique ( Cornelius a lapide ) parle essentiellement de ce nom. Il est traditionnellement traduit par « Dieu Tout-Puissant ».Quatre des cinq premières lettres d’ El Shadday vous sont maintenant familières.

* La dernière, le yod, est évoquée par l’abbé en page 33. Deux lettres yod יְיָ représente « Adonai » = « Mon Seigneur » qui est aussi l’un des noms de Dieu ( LVL C page 32 ).Ce double yod se trouve dans la lettre aleph en compagnie d’un vav couché. (http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/signe/sacre/01.htm ).

Lettre

Aleph

Vav

Daleth

yod

Lamed

Shin

Hébreux

א

ו

ד

י

ל

שׁ

prononciation

a

u/v

d

i

l

sh

sens

enseignement

clou

porte

main

élève

dent

Il y aurait beaucoup à dire sur le sens sacré de ces cinq lettres et notamment leur rapport avec Dieu, aussi je vous invite à consulter d’autres articles qui le feront mieux que moi. Cependant si l’une des lettres doit être retenue, c’est bien la lettre aleph, la lettre de Dieu évoquée deux fois de façon symétrique dans le tableau de Poussin.

Revenons sur la lettre shin. Intégrée au milieu des lettres représentant Dieu, c’est le « pentagrammaton » (Y-H-Sh-W-H ).Ici Poussin utilise l’évocation de el ou de Saddaï à la place de YHWH. Cette lettre shin représente la nature humaine du Christ ….

LVL dévoilée.

Dans l’étude des deux derniers chapitres nous avons mis en évidence comment l’abbé Boudet évoquait le tracé de trois croix ainsi que d’un carré et son arc associé. C’est en utilisant des mots-relais, des synonymes, des homonymes et des mots inclus anglais et français qu’il parvient à désigner un endroit particulier de son cromleck imaginaire : Lavaldieu.

Une lecture sérieuse de LVL Celtique permet de faire un constat indiscutable :il est totalement incompréhensible que l’abbé n’explique pas à sa façon ce lieu. En effet, il a consacré tout un chapitre à Dieu dont il en est le représentant sur terre, et pourtant il passe sous silence ce lieu situé au Sud-Ouest du cromleck qui offre l’immense avantage d’inclure le mot « Dieu » dans son patronyme. De plus les trois croix symboliquement plantées sur ce lieu ( voir études sur les croix ), mais aussi le titre du livre dont les initiales évoquent le palindrome LaVaL, sont des éléments qui démontrent l’importance de ce hameau, mais ce ne sont pas les seuls arguments.

Dans mes recherches je m’étais aperçu que certains mots-relais différents trouvaient leur origine dans une même définition. J’ai donc pensé qu’une poignée de mots étaient probablement à l’origine de tous les autres. Je les ai cherchés « en remontant » les différentes définitions et je les ai trouvés. L’un d’eux est très logiquement « Dieu », et les autres sont principalement liés à l’industrie textile. Il me fallait donc reprendre « le chemin logique » emprunté par l’abbé Boudet afin de vérifier cette hypothèse, j’ai donc postulé que les mots à l’origine de tous les autres étaient Dieu et Laval.

En relisant le chapitre II, il est très facile de constater que beaucoup de définitions présentes dans l’ouvrage sont bien dérivées du mot « Dieu », la première partie du document suivant vous permettra de le vérifier :

LAVAL DIEU définitions

Par contre qu’en était-il pour Laval ? Ce mot n’étant pas un nom commun, il ne figurait pas dans le Saddler, seul un dictionnaire courant pouvait proposer une solution.L’abbé était un homme très cultivé et il savait très bien qu’en Bretagne la ville de Rennes ( département 35 ) fait face à celle de Laval ( département 53 ), et que cette symétrie se retrouvait dans son cromleck. En effet, Rennes les Bains fait bien face à LavalDieu. Je suis persuadé que très rapidement il eut l’idée d’identifier LavalDieu à Laval chef-lieu de la Mayenne. Depuis bien longtemps la ville de Laval est connue pour ses industries textiles et c’est sur cette caractéristique que l’abbé va construire son énigme.

( https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_textile_%C3%A0_Laval )

L’un des ouvrages qu’il consulta se trouve cité en page 214 de LVL Celtique, il s’agit du Dictionnaire de Géographie, de Hyacinthe Langlois mais ce n’est certainement pas le seul. Voici ce que l’on peut y lire :

Le premier mot important du texte ci-dessus est Mayenne, il représente à la fois le département et la rivière qui traverse la ville mais surtout il commence par la prononciation « maille » [mâ-ye] , c’est-à-dire ce qui constitue l’unité de base d’un tissu. Par extension, tout objet « maillé » va représenter Laval, ce sera le cas pour un tamis, une voile, une natte, un blutoir etc…On comprend alors pourquoi l’abbé adapte les textes bibliques à sa façon et « transforme » le pasteur Abel en tisserand :

page 43

Abel recueillait les belles toisons de son magnifique troupeau ; sa main filait la laine soyeuse, et ces fils entrelacés, formant et la chaîne et la trame, lui donnaient un excellent tissu dont il se pouvait vêtir, – abb,trame de laine, – to ell, mesurer

Cette définition d’Abel explique la technique de l’abbé, il associe dans un même mot ( ici Abel ), un mot provenant de LAVAL ( ici abb=la trame de laine ) à un autre issu de DIEU ( ell=mesurer ).

Il confirme un peu plus loin par :

page 44-45

Les tissus de laine fabriqués par Abel ne reparaissent plus dans le nom des premiers hommes et cèdent la place à la mention des ouvrages de fer et de bronze. Il ne faut pas descendre fort longuement dans la généalogie des enfants d’Adam pour y rencontrer la science des métaux, car Malaleel, – to mall frapper avec un maillet, – to allay (allé) mélanger les métaux, – to ell, mesurer, – était l’arrière petit-fils de Seth.

To mall est issu de LAVAL, to allay l’est aussi ( inclusion de Lay , mot très important dont je reparlerais après ), puis enfin to ell issu de DIEU. Nous comprenons maintenant le choix des quatre mots traduits à la fin de la page 11 ( le son, la bruyère, nettoyer et l’aune ).

chevallet

Parfois certains mots auront les deux origines et seront particulièrement utilisés et déclinés par l’abbé. C’est le cas de to pall et de ses homonymes ; pale , to pale, to pall, pâle …

D’abord Pall est associé à mall ( la maille ) dans le mot pall-mall, mais surtout il représente deux types de tissu ayant une signification forte aux yeux de l’abbé. Il y a d’abord le pallium, tissu porté par l’évêque . Rappelons qu’avec sa cathédrale de la Sainte Trinité Laval est un évêché . Ce tissu est en laine blanche d’agneau sur lequel figurent les cinq croix pattées, symboles des plaies du Christ.

Ensuite c’est un drap mortuaire et offre ainsi l’avantage de présenter le côté « tissu maillé » mais aussi d’évoquer la mort. De plus LAVAL était réputé pour ses bateaux-lavoirs et ses blanchisseries. La décoloration ( rendre pâle ) et le lavage qui reprend la moitié du palindrome LAV sont issus de LAVAL. Enfin to pall signifie aussi « rassasier » que l’on retrouve dans to sate ( voir Saddaï page 31 ) qui est issu de DIEU.

Par exemple le mot anglais Pale : la palissade , le pieu sera utilisé dans des chapitres importants. Le mot Pal inclus dans to appal = effrayer, et le synonyme de pilotis pile ( et les dérivés : to pill , to pile , pile etc..) permettront d’évoquer des pilleurs réputés et des amas particuliers.

Poursuivons la lecture de l’article…

LAVAL est le siège d’une cour d’assises. « assise » sera utilisé cinq fois dans les deux derniers chapitres, son synonyme « banc » se retrouvera en pages 303,116,117 et 133. Mais le plus intéressant est le mot « cour », car il dérive de LAVAL ( sot cour ) mais aussi de DIEU ate, hate , se hâter , se précipiter ( presser, fouler, etc.), heat = course ( hit, to eat dérivé de DIEU).

L’erreur sur SOT COUR est particulière, car to scour signifie nettoyer mais aussi LAVer. On remarque que le SOT du début est l’inversion de TO S qu’il faut rajouter à COUR pour obtenir TO SCOUR.Le palindrome LAVAL s’explique par cette même inversion LAV-VAL. S’il n’y avait que cette hypothèse, elle ne vaudrait pas grand-chose, mais elle confirme ce que LVL Celtique explique de la première à la dernière page.

On comprend mieux « l’obsession » de l’abbé à placer dans le texte le verbe to excite (to goad= god=Dieu )qui est un synonyme de to LAVe, mais aussi de to arouse qui définit le réveil et la résurrection que l’on retrouve dans l’avant-propos du livre, en compagnie d’une paire de « LAngue Vivante » dont l’une est en majuscule.

Il n’est pas possible d’expliquer toutes les définitions du livre ici, mais le tableau suivant vous permettra de découvrir une liste non exhaustive de mots utilisés dans LVL Celtique et relatif à LAVAL. On peut donc constater qu’en très grande partie, les définitions sont issues des mots LAVAL et DIEU.

mot

Définitions anglaises

Synonymes

Homonymes

inclus

TISSER

va. and n.to weave, to lay the groundwork of lace, to twist, to plait.

To WEAVE,va. tisser, entrelacer, faire un tissu ; mêler.

To LAY, va. Mettre, placer, poser; coucher; peindre; calmer, apaiser; projeter, former, tramer; renverser To lay along, étendre par terre.- To lay apart, mettre de côté, rejeter.- To lay aside, mettre de côté.- To lay away, ôter, mettre de côté, se dépouiller de.-To lay before, montrer, faire voir, déployer, exposer à la vue.- To lay by, serrer, garder, mettre de côté. –To lay claim to, réclamer, prétendre à.-To lay down, mettre bas, déposer; avancer, mettre en avant.To lay oneself down, se coucher, se reposer.To lay down one’s life, en répondre sur sa tête to lay forth upon , s’étendre sur To lay hold of, saisir, empoigner.-To lay in, amasser, thésauriser.- To lay

in provisions, faire ses provisions.To lay on, répandre sur; employer, appliquer; mettre sur compte de, imputer.-To lay upon, montrer, expliquer, exposer aux regards. – To lay out, dépenser,donner, employer; déployer, découvrir; disposer, distribuer.- To lay out oneself, se mettre en évidence,se mettre en avant ; faire ses efforts.- To lay over, incruster, couvrir d’une couche.- To lay to, imputer; attaquer.To lay together, mettre ensemble, réunir.- To lay up, retenir dans le lit ou confiner dans la chambre; amasser, thésauriser, mettre de côté.-To lay upon ou on, imposer, enjoindre.- To lay the dust, abattre la poussière.-To lay the foundations, jeter les fondements.-To lay an ambush, dresser des embûches.-To lay a snare, tendre un piége.-To lay asleep, endormir.To lay the fault ou the blame on, accuser, rejetez-le blâme sur.-To lay a wager, gager, parier.- To lay a tax, mettre un impôt.-To lay waste, ravager, dévaster, saccager.-To lay hands on ou to, mettre la main sur ou à.-To lay to heart, avoir ou prendre à cœur.-To lay eggs, pondre.

To LAY, vn. pondre ; projeter. Former un dessein.-To lay about, frapper de tous côtés, faire tous ses efforts.To lay asleep, être endormi.-To lay at, viser à; frapper.-To lay in for, faire des démarches.-To lay on, frapper, agir avec vigueur.-To lay out, prendre des mesures.

LAY : prétérit de to lie.

To LIE, vn. reposer, être couché ;être, rester, demeurer, résider ; être situé ou placé ; être imputé ; consiste…se reposer, se tromper, Here lies, ci-gît, ici repose.

Tableau de Poussin : apaiser, paix..

allay, clay

laid

placer : place publique

to lamb

amas, assemblée, mass

to dole

to pile

to sack

pall

to con : apprendre par cœur , commander (to head)

Poussin

frapper :

to jut

to hit ( heat )…

to pall=abattre

ell ,bezel

tourmenter, embarrasser :

tease, ease fus , maze ,burden,hag,rack

to gull, to balk..

MAIL

[ma-ye]

sm. mall, pall-mall, a mallet, the game of mall.

MAILLE

[mâ-ye]

, sf a stitch: a mash or mesh : a mail, a link. – Cotte de mailles,coat of mail.– N’avoir ni sou ni maille,to be very poor, not to be worth a groat.– Un pince-maille,

a stingy fellow.– Maille à partir, a quarrel.

MALL, s. mail, m. maillet, m. espèce de marteau.

To MALL, va. Frapper avec un maillet.

PALL-MALL, s. paille-maille, jeu de mail, m.

To PALL[pâul], va. Rendre insipide; abattre, affaiblir, rassasier.

To PALL, vn.s’éventer, devenir insipide, fade.

PALL,s. manteau de cérémonie; pallium m. l’ornement d’un évêque; un drap mortuaire.

To PALE, va. Pâlir, rendre pâle ; palissader, entourer, enclore.

PALE, s. pieu, m.; palissade , f. pilotis, m. enclos,m. enceinte,f. sphère,. – To be out of the pale of the church, être hors de l’église.

To APPAL,va. épouvanter, effrayer, décourager.

MASH, s. breuvage pour les bestiaux dans lequel on a mêlé du son, de la farine, etc.; la maille d’un filet.

To MASH, va. Mêler, mélanger; écraser.

MESH, s, la maille d’un filet.

To MESH,va. prendre au filet.

Frapper :

hit ,heat,eat

[âu]

vault , ball , rawhed, raw, maule, balk, hawk, salt, jaw, want, war, claw, hall

pilotis:

pile,pill,piller…

(p217)

Fouler,foule

rush,sean

LAV

LAVER, va. to wash,to clean.Laver

des couleurs, to dilute colours in water.-

To LAVE, va. Laver, baigner, mouiller; soulever, élever en haut.

To LAVE,vn. se laver,se baigner.

LAVER, s. cuve, f. bassin, m. lavoir, m.

To WASH, va. et n. laver : nettoyer ; baigner, passer auprès.- To wash away, enlever, emporter.

WASH, s. lavage,m. lessive,f. L’action de laver; lavure, f; marécage , m.marais,

To CLEAN, va. nettoyer.

To CLEAR, va. Éclaircir, rendre brillant: expliquer, rendre clair; acquitter, liquider, absoudre; purger, nettoyer; purifier, clarifier; gagner, avoir un profit net de.

TO CLEAR UP ; s’éclaircir.

To SCOUR, va. écurer, nettoyer, laver; dégraisser , décrasser; purger; raser, effleurer, ne toucher que légèrement , écumer. – To scour the seas of pirates, chasser de la mer les pirates.

To SCOUR,[skaour] vm. écurer, nettoyer, laver;se purger. avoir le cours de ventre ; rôder , errer çà et là ; courir.-To scour away, s’enfuir.-T’o scour on the seas, errer sur les mers; faire le métier de pirate.

SOT COUR ( LVL Celtique page 21 ) :

To SOT, vn. boire jusqu’à perdre la raison, devenir hébété à force de boire; riboter.

COURT, s. cour,f :un palais ;une cour de justice; espace découvert dépendant d’une maison ; les courtisans ; passage, m.cul-de-sac, m.-

To COURSE, va. Poursuivre, chasser.To course ahare , courre le lièvre.

To COURSE, vn. rôder, courir.

COUR, sf. a court, a court-yard.

SOULEVER, va. to lift, to raise up,to cause an insurrection : to excite in dignation

ELEVER (S’), vr. to rise,to arise, to ascend,to go up,to move upwards : to rise,to grow proud or elated.

[aou]

how ,hour , row , shower , scowl , down , cow , ouch , house , amount , haound ,

ERRE, sf.space, course.

To ERR, vn. errer, aller çà et là; s’égarer, se tromper.

cheveux, héritiers :

hair, her,errer

to excite

TRAME

sf. the woof, warp, weft : a plot, conspiracy. – Ourdir une trame, to contrive a plot.

TRAMER

va.to weave,to plot,to hatch, to contrive.- Tramer une conspiration,to hatch a conspiracy.

WARP, s. chaîne, f. fils tendus sur le métier pour faire de la toile, du drap ;(mar.) touée, f. corde, f

To WARP, va. Ourdir, détourner, faire changer de cours , écarter ; faire friser : vm. se déjeter, se cambrer; se détourner, s’écarter.- To warp up a ship, touer un vaisseau.

WOOF, s. la trame d’une étoffe.

WEFT, s. la trame du drap; tissu,m.; droit d’épave, épavité, f.

PLOT, s. morceau de terre, champ, m.; complot, m. projet,m.; dessein, m.; profondeur de pensée; conspiration, f; plan ou intrigue d’une pièce dramatique, etc.-The ground plot of a : l’emplacement d’un bâtiment.-The unravelling of a plot, le dénouement d’une intrigue.– A man of much plot, une

forte tête , un homme d’une grande profondeur de pensée.

To PLOT, va. et n. comploter, conspirer; tramer, concerter, machiner.

COUTIL

sm. ticking, canvass-ticking, drill, duck

TICK, s. taille où l’on marque ce qui est dû; crédit, m.; tique, f. genre d’insectes qui s’attachent à la peau des animaux; coutil, m. toile qui enveloppe la plume d’un lit, toile à matelas.

To TICK, vn. prendre à crédit, faire crédit; faire tic tac comme une horloge.

ASSISES

ROW : ramer, rangée,vacarme ,cour de justice

Banc, row,raw,

bench

courir:hare

Même si le nombre de mots issus des définitions principales ( tisser, maille, laver ) paraît important, il ne suffit pas à compléter toutes les définitions du livre et c’est pour cette raison que l’abbé utilisera des mots contenant le même son sans être des homonymes parfaits ( aï, iou , aou, âu pour les principaux ). Les plus utilisés seront [ aï] et [iou] car ils mettent en évidence le palindrome IVI =M .

page 34:

Le premier i s’écrivant toujours par un I majuscule représente le nominatif singulier de la première personne je ou Moi et se prononce aï. Le second i, ye qui se prononce yi, correspond au nominatif pluriel de la seconde personne Vous

Comme promis je reviens sur l’un des mots. Il revêt une importance particulière aux yeux de l’abbé, car il lui permet d’utiliser un nombre considérable de synonymes dans le livre, c’est le verbe to lay ( et le prétérit de to lie = se reposer ) .On le retrouve sous sa forme homonymique « laid » dans la définition des cugulhous que l’on trouve dans « la croix de Dieu » ( la croix la plus importante aux yeux de l’abbé ), mais aussi dans le paragraphe réservé à l’arche d’alliance. Alors faut-il penser que … ?

Ce mot sera peu décliné, mais on peut remarquer l’utilisation du verbe to allay ( Aleth, allay ) précédemment cité. On le retrouve dans le paragraphe V associé aux définitions de cheVAL (Dariorigum : le demi-cheVAL,cobhains et Carnac ) où il sera progressivement évoqué par les homonymes « allées » ( page 154 Carnac puis page 156 Locmariaguer ) . Nous verrons qu’il permettra d’évoquer le lieu symétrique des Artigues, et surtout la salasse.

* En conclusion

LAVAL , la ville de Guy ( chap IX : le Guy sacré ) est bien le mot qui associé à DIEU qui permet de comprendre la logique de LVL Celtique. Cet ouvrage n’est pas une compilation de définitions ou chacun peut à sa guise choisir celle qui lui plaît pour expliquer ce qu’il veut, c’est un ensemble cohérent qui a sa logique, et je viens de vous l’expliquer.