Un pléonasme

C’est afin d’éviter le massacre des innocents perpétré par Hérode, que la Sainte famille fuit en Égypte, on retrouve ce passage uniquement dans l’évangile de Saint Matthieu. Ce massacre fait écho à celui des enfants mâles décidé par le pharaon ( exode 2 1-10 ) et c’est ainsi que le Christ « sauveur » est identifié à Moïse1 à l’époque de Nicolas Poussin.

Dans la tradition chrétienne Moïse2 signifie « sauvé des eaux » et en cela « Moïse sauvé » constitue un pléonasme. Le terme mis en exergue est donc « sauvé » que l’on retrouve dans le mot « sauveur » quand il est question du Christ. En latin « sauvé , hors de péril » se dit SALVI au génitif singulier. De la même façon que le tableau relatif à l’ordination mettait en évidence les lettres LAV dans le mot CLAVI ( clé ), les tableaux relatifs à « Moïse sauvé des eaux » mettent en évidence ces mêmes lettres sous la forme ALV dans le mot SALVI .

Si dans le tableau « Moïse exposé sur les eaux » ( et non sauvé ) on peut observer deux toitures côte à côte qui reprennent bien les formes arquée et triangulaire, on ne retrouve pas la succession ( I m ) caractéristique des autres tableaux . Cependant on peut constater la présence d’un arc qui nous le verrons bientôt, est une évocation particulièrement mise en évidence dans la série de tableaux relatifs à « Moïse sauvé des eaux ».

DE LUMINE ET COLORE

Cette inscription fut rajoutée tardivement sur la version Berlinoise et c’est pour cette raison qu’elle fut masquée lors de la restauration, mais elle est bien présente depuis la création du tableau dans la version Gimpel .Monsieur de Chantelou s’y intéressa et selon lui, Monsieur Cerisiers dit avoir vu un livre écrit par Monsieur Poussin traitant de la lumière et des ombres, des couleurs et des proportions. Il contacta Jean Dughet pour en savoir un peu plus. Voici ce que ce dernier lui répondit:

« Vous m’écrivez que M. Cerisiers vous a dit avoir vu un livre fait par M. Poussin, lequel traite de la lumière et des ombres, des couleurs et des proportions il n’y a rien de vrai dans tout cela. Cependant il est constant que j’ai entre les mains certains manuscrits qui traitent des lumières et des ombres mais ils ne sont pas de M. Poussin, ce sont des passages extraits par moi, d’après son ordre, d’un ouvrage original que le cardinal Barberini possède dans sa bibliothèque ; l’auteur de cet ouvrage est le père Matteo4, maître de perspective du Dominiquin, et il y a bien des années que M. Poussin m’en fit copier une bonne partie avant que nous allassions à Paris, comme il me fit copier aussi quelques règles de Vitellione ; voilà ce qui a fait croire à beaucoup de personnes que M. Poussin en était l’auteur. »

Monsieur Cerisiers n’aurait-il pas simplement vu cette inscription sur la tranche du livre tenu par le maître sur l’un des auto-portraits ?

On retrouve bien l’inscription DE LVMINE ET COLORE sur la gravure réalisée pour Cerisier par Jean Pesne ;

Cette inscription sera reprise et modifiée dans une gravure de l’auto-portrait de Poussin ( Nicolo PVSSINO en italien) sous la forme « DE LVM ET VMB(RA) » faite par Clouet5 et qui se trouve dans le livre de Bellori6 édité en 1672.

Cette gravure très intéressante est une synthèse des deux versions d’auto-portraits où l’on peut retrouver l’inscription sur la tranche du livre et les festons des versions Londonienne et Berlinoise, ainsi que « le livre fermé par un lien»( symbole du secret ) et les tableaux d’arrière-plan de la version du Louvre. Il est très probable qu’elle fut réalisée à l’époque où les deux versions se trouvaient dans l’atelier de Poussin en Italie. On peut alors penser qu’un Nicolas Poussin soucieux de l’image que l’on pouvait donner de lui ( voir lettre à Chantelou du 16 août 1648 ) ait eu son mot à dire sur ce que Clouet pouvait faire et avec quels détails il devait le représenter.

Quelle que soit la représentation, c’est bien le mot LVMINE ( lumière, symbole de la connaissance) qui est mis en valeur, qu’il soit associé avec COLORE ou VMBRE. Il présente lui aussi la particularité de proposer les lettres qui expliquent l’énigme : L=I associé avec V ils forment IVI soit M, avec N qui les rassemble. Ce n’est qu’une interprétation, mais on peut remarquer la fréquence importante de ces lettres évoquées dans les différents tableaux.

Arca

L’Arche de Noé et la caisse dans laquelle Yokébed expose Moïse sur le Nil viennent de l’hébreu tevah. L’Arche d’alliance que l’on retrouvera successivement dans le tabernacle de l’exode puis le Saint des saints du Temple de Jérusalem vient de l’hébreu arôn. Les deux termes hébreux ont été traduits dans la Vulgate par un terme latin unique arca signifiant notamment coffre, mais aussi sarcophage, cercueil. On retrouve l’allusion à l’arche dans les différentes versions de  Moïse sauvé des eaux. C’est une arche de pierre en haut à gauche dans la version de 1638 et c’est un bateau « arqué » dans les versions de 1651 et 1647 . Dans cette dernière ( celle dont Nicolas Poussin fera référence dans l’autoportrait de Chantelou en représentant une princesse égyptienne vers laquelle deux bras se tendent), un objet très particulier a été peint en bas à gauche du tableau, il s’agit d’un sistre7.

C’est un instrument de musique ancien composé d’un arc. Il fut utilisé par les Égyptiens mais aussi par les Hébreux. Ainsi on peut lire dans Samuel chapitre 6 :

2S 6:5- David et toute la maison d’Israël dansaient devant Yahvé de toutes leurs forces, en chantant au son des cithares, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales.

Mais il faut préciser dans quel contexte fut utilisé cet instrument et il suffit alors de lire la ligne juste au-dessus …

2S 6:4- Uzza marchait à côté de l’arche de Dieu et Ahyo marchait devant elle.

Le texte complet nous dit :

2S 6:1- David rassembla encore toute l’élite d’Israël, trente mille hommes.

2S 6:2- S’étant mis en route, David et toute l’armée qui l’accompagnait partirent pour Baala de Juda, afin de faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de Yahvé Sabaot, siégeant sur les chérubins.

2S 6:3- On chargea l’arche de Dieu sur un chariot neuf et on l’emporta de la maison d’Abinadab, qui est sur la colline. Uzza et Ahyo, les fils d’Abinadab, conduisaient le chariot.

Pour terminer … Faut-il préciser que le mot arca se retrouve en partie dans « la phrase » ET IN ARCADIA EGO ?

CONCLUSION

L’étude des trois autoportraits nous a permis de découvrir d’autres tableaux de Nicolas Poussin présentant des similitudes : l’ordination2 et les trois versions de Moïse sauvé  des eaux .

Les références aux lettres LAV et à l’arche y sont nombreuses.

LVL Celtique de l’abbé Boudet ( LA VRAIE LANGUE CELTIQUE8 ) propose les mêmes similitudes. Les erreurs ( page 38,170, 316,376,399 ) portent sur les mêmes lettres, et la référence à l’arche d’alliance y est prépondérante.

Il faut rappeler qu’une grande majorité des mots proposés par l’abbé découlent du verbe to LAY  ( LVL page 75 ), lui-même composé des mêmes lettres ( LAV = LAY ).C’est peut-être le hasard qui fera que l’on retrouvera en page 292 la clé (clay ) associée à to ease ( ize,isele verbe anglais qui permet de définir Moïse ( page 70 ) dans la définition de Gléizole .
Mais la méthode de l’abbé est de décliner phonétiquement les mots (LVL dévoilée ) et l’on comprend alors qu’il ait choisi des synonymes de allée , tel que to allay et aleth qui sont des dérivés de LAY pour nous expliquer la clé IVI, car si l’on traduit la phrase latine ET IN ARCADIA EGO IVI on obtient : Moi aussi je suis allé en Arcadie.

Nous savons que אל « EL » signifie « Dieu » en Hébreux ( aleph avec un tséré ) mais il faut aussi préciser que אל  est une préposition qui signifie « vers », préposition qui indique une direction ( aleph avec un ségol ) . On comprend alors que Nicolas Poussin ait voulu donner des postures particulières aux personnages dans le tableau des Bergers d’Arcadie car il voulait nous monter le palindrome לא/\\אל ( séparé par des vav ou lettre V dont l’écriture se résume au tracé d’un bâton ) qui signifie à la fois les sept négations présentes dans les dix commandements ( לא veut dire « non », c’est le mot le plus utilisé de cette langue ), le mot « Dieu » et le mot « vers » indiquant l’idée du déplacement que l’on trouve dans le verbe « aller ».   

(1) Poussin et Dieu  ( Poussin et Moïse )  page 6/50

(2) En réalité le terme exact utilisé dans l’exode est « retiré » ( משהMSH, Mosheh ou Moshé en hébreux ;Exode 2-10 « Quia de aqua tuli eum. » en latin) ,mais actuellement cette interprétation est remise en question. Le nom Moïse serait d’origine égyptienne et dériverait du mot « enfanter ».

(3) Lettre Dughet à Chantelou  page 728

(4) Mattéo Zaccolini était un fervent admirateur de Léonard de Vinci . Selon le premier biographe de Zaccolini, Cassiano dal Pozzo , la première version du manuscrit a été écrite en script miroir qui, comme le contenu du manuscrit, a révélé l’influence des écrits de Léonard. Il est surtout connu pour un traité en quatre volumes, écrit 1618–1622, sur la théorie de la peinture avec des titres: De Colori , Prospettiva del Colore , Prospettiva lineale et Della Descrittione dell’Ombre prodotte da corpi opachi rettilinei . Ces travaux, bien que n’étant pas en circulation générale, lui ont valu une renommée parmi les cercles éclectiques à Rome. En 1666, l’historien et camarade Théatine Giuseppe Silos décrit Zaccolini comme l’un des « génies de notre ordre et des hommes les plus admirables de son âge ». Bellori l’a décrit comme un maître de la perspective et de l’optique, et comme ayant enseigné à Domenichino , Gagliardi , Circignani et Cavaliere d’Arpino entre autres.

(5) Albertus Clouwet (variations de nom: Albertus Clouet, Albert Clowet, Aubert Clouwet, Haubertus Clouwet, Albertus Cluet, surnom Zandzak) (1636, Anvers – 1679, Naples ), était un graveur flamand qui avait une carrière réussie en Italie.

(6) BelloriVite de’ pittori, scultori e architecti moderni  page 421/481 

(7) Sistre

(8) LA VRAIE LANGUE CELTIQUE

 

Analyse des inscriptions

Il faut d’abord comprendre qu’en ce qui concerne les autoportraits, il ne sera pas question d’expliquer à nouveau la solution de l’énigme, mais de faire en sorte que là où le « profane » verra une allégorie, « l’initié » trouvera la confirmation de ce qu’il fallait trouver. Vous verrez que si l’on accepte l’existence de la clé IVI, alors tout devient cohérent.

* Les inscriptions

Paris

EFFIGIES NICOLAI POVSSINI ANDEL

YENSIS PICTORIS . ANNO ÆTATIS. 56

ROMÆ ANNO IVBILEI

1650 .

Berlin

NICOLAVS POVSSINVS ANDELYENSIS ACADEMICVS ROMANVS PRIMVS

PICTOR ORDINARIVS LVDOVICI IVSTI REGIS GALLIÆ. ANNO Domini

1649. Romæ. ÆTATIS S. 55

Londres

NICOLAVS POVSSINVS ANDELIENSIS ACADEMICVS ROMANVS PRImus

PICTOR ORDINARIVS LVDOVICI IVSTI REGIS GALLIÆ.ANNO DOMINI

1649 Romæ ÆTATIS Suæ 55

Les traductions sont les suivantes:

Effigie de Nicolas Poussin, peintre originaire des Andelys, à l’âge de 56 ans, en 1650, année du jubilé romain.

Nicolas Poussin des Andelys, académicien romain, premier peintre ordinaire de Louis le Juste, roi de France

*Les lettres L et V

Commençons par les noms et prénoms que l’on trouve inscrit sur le tableau du Louvre ( L ), de la galerie Gimpel (G ) et celui de Berlin ( B ) .On les trouve sous deux formes, au génitif singulier (L) : NICOLAI POVSSINI car il se rapporte au mot EFFIGIES , puis au nominatif singulier NICOLAVS POVSSINVS ( G et B ), ce qui aura pour effet de remplacer une voyelle « I » par une voyelle « V » pour le prénom et le nom : C’est déjà l’indication qu’il va falloir s’intéresser à ces deux lettres. Poussin confirmera en accolant ces deux lettres et uniquement ces deux lettres dans le mot ORDINARIVS de la version (G) formant ainsi une lettre N ( l’abbé Boudet disait en son temps : tandis que le Nous les rassemble .. LVL Celtique page 34 …).

* Les andelys

Passons au mot ANDELYENSIS ( B ) ou ANDELIENSIS ( G ) ou ANDEL:YENSIS ( L ) .

Il y a donc deux orthographes que certains ont voulu dater ( document Guerdat page 34 ) . Monsieur Parrault aurait du mieux se renseigner car dans le dictionnaire topographique de la France1, on retrouve pour le département de l’Eure l’étymologie du petit Anlelys où est née Nicolas Poussin :

Donc bien avant la naissance du peintre les deux orthographes étaient utilisées ( avec I ou avec Y ).

*Les lettres L et i sont équivalentes

Mais ce qui est certain, c’est que la lettre I ( ou sa forme double I dans l’Y ) est mise en valeur dans la version Berlinoise, comme l’est aussi la lettre L. En effet seule la lettre L est notée en grande majuscule ( ici « la phrase » ne commence pas par une majuscule comme dans la version du Louvre ), mais surtout si l’on doit mettre un point sur les minuscules comme dans le cas de Domini , il est inconcevable d’en mettre pour des majuscules…c’est pourtant ce qui est fait. Même le chiffre 1 de la date 1649 est transformé en « i » ! . Ces deux particularités vont dans le sens de ma théorie : un L écrit en minuscule correspond à un i écrit en majuscule ( I ).

On peut aussi remarquer que dans la version de Paris, la coupure du mot est faite entre le « L » et le « Y », ce qui n’est pas une coïncidence. On peut d’ailleurs à juste titre se demander pourquoi Poussin coupe ainsi ce mot en deux, alors qu’il aurait pu le reproduire en entier à la ligne. Je ne suis pas le seul à avoir été « interpelé» par cette légèreté, car Jean Pesne2 réécrira le mot entier dans sa gravure :

Il faut donc bien s’intéresser à ce mot et cette coupure…

Ce faisant deux mots apparaissent et l’un d’eux doit avoir une signification pour Poussin, c’est le mot Andel qui signifie « eau agité » et qui sous la forme Andelle, est le nom du cours d’eau situé à moins de 10 km des Andelys se jetant dans la seine. Cette coupure met en exergue la lettre « Y » ou « upsilon » en grec. Cette lettre est issue du waw phénicien et donnera les lettres « U,V, W  et Y » .Nous avons donc un double I phonétique, associé à un V que l’on retrouve dans même dans le tracé.

* La version Gimpel

C’est la version Londonienne du tableau qui apportera le plus d’informations. Nous avons l’accolement des lettres « I » et « V » (1) dans le mot ORDINARIVS précédemment expliqué, mais le texte comporte trois particularités.

La première est qu’à la différence de la version Berlinoise, chaque mot commence par une majuscule, soulignant ainsi l’importance d’une analyse de lettres.

La deuxième est que les interlignes sont pratiquement inexistantes. Il faudra donc analyser les « rapprochements verticaux » de lettres.

La troisième est la plus intéressante. Je l’ai découverte en voulant reproduire la phrase à l’aide d’un traitement de texte. Il m’a alors été impossible de positionner chaque mot correctement, les uns par rapport aux autres. J’ai dû diminuer la taille des caractères de la deuxième ligne pour y parvenir. C’est donc en reproduisant des caractères plus petits que l’auteur du texte va pouvoir nous proposer des superpositions de lettres intéressantes.

On retrouve à nouveau l’idée qu’un trait vertical peut correspondre à plusieurs caractères ( 3 et 4 ), qu’un alignement de lettre « V » et « L » ( peut-être fortuit dans la version Berlinoise ), a été délibérément choisi dans cette version Londonienne (2), et surtout qu’un joli palindrome LVL (5) est mis en valeur .

Le mot IVSTI et le mot IVBILEI de la version Parisienne conforteront cette lecture.

Un autre rapprochement de lettres au niveau des mots ACADEmicus et Regis pourrait évoquer l’Arcadie, mais il n’y a rien d’évident.

* Un autre tableau évoqué

Ces rapprochements de lettres vont nous faire découvrir un élément encore plus intéressant que l’on retrouve au niveau des mots PICTOR, ORDINARIVS et Romae, c’est l’évocation du mot OR (6).

Il n’est pas question de l’évocation d’un trésor comme certain pourraient le croire, mais il est question de l’évocation d’un tableau peint deux ans auparavant pour Chantelou : L’ ORDINATION -2 .Dans cette œuvre on aperçoit Jésus donner les clés à Pierre. En fait il ne lui donne pas les deux clés d’OR et d’argent, symboles des pouvoirs céleste et terrestre comme on peut le constater dans différents tableaux ( le perugin ,Giambattista Pittoni , Guido Reni, Philippe de Champaigne, Alfred Loudet …et Poussin dans la première version de l’ordination.), mais il brandit la clé d’or vers le ciel et celle d’argent vers la terre. Nous reviendrons sur la clé d’or dans quelques lignes, mais il faut avant tout faire un lien avec l’analyse picturale.

Précédemment nous avions mis en évidence « Moïse sauvé des eaux » dans l’analyse picturale du tableau Parisien, nous allons maintenant comparer les deux tableaux. C’est le paysage en arrière plan qui m’a interpellé, car il présente la même structure.

Dans le tableau de 1647, le paysage que l’on découvre derrière la fille du pharaon présente une symétrie. Juste au-dessus la tête se trouve un bâtiment présentant des arcades, surmonté d’un obélisque coiffé de son pyramidion ( m +I + ).On retrouve la même disposition « palindromique » de part et d’autre c’est-à-dire une pyramide, un bâtiment vertical ( obélisque ) puis un bâtiment présentant des voûtes ( I mm I ).

Dans la version de 1651, il n’y a qu’une seule succession de « bâtiment vertical-arches-pyramide » ( I m ).

Une ouverture « arquée » se trouve entre les têtes. Quant au bâtiment au toit arqué rougeâtre se trouvant en arrière plan, il est inspiré d’une mosaïque qui se trouve dans le temple de Fortuna à Praeneste .

La troisième version de 1638 est plus explicite :

Nous retrouvons la même disposition dans « l’ordination 2 » : un bâtiment vertical sur lequel est gravée une lettre, des arches , une pyramide ( I m ).Il n’y a pas d’autres tableaux dans toute l’œuvre de Nicolas Poussin qui présente cette particularité.

Nous avons donc dans ces quatre tableaux la représentation symbolique des lettres L, M et V inversé ( ou lambda soit L à nouveau ).

Sinon très peu de tableau de Poussin font apparaître des arches, j’en ai trouvé que trois : paysages d’arcadie pan et bacchus, Le retour d’Égypte , Les Israélites recueillant la manne dans le désert ( manne qui se trouve dans l’arche d’alliance ).

* Une inscription à deux lettres

Dans l’analyse picturale j’expliquais que l’on trouvait « des mots inscrits » sur la peinture, uniquement ( ou presque …) sur les autoportraits et les deux versions des bergers d’Arcadie. Ma réserve portait sur « l’ordination 2 », car on y voit une lettre .Peut-être comme moi vous avez pensé lire une lettre « L » inscrite au sommet du bâtiment.

En fait ce n’est pas le cas, car il s’agît de la lettre « E » dont les deux barres horizontales supérieures sont à peine tracées. Certains spécialistes ont expliqué cette dernière par rapport à la scène présentée, ce serait un « E » pour Église ( ou Ecclesia ). C’est avoir une piètre opinion de Poussin dont l’intelligence ne pouvait se satisfaire d’une telle lecture. Je vois les choses autrement, car de mon côté deux lettres sont évoquées : les lettres « E » et « L » soit « EL » qui signifie Dieu, ce Dieu que deux Jésus identiques peints sur la toile nous montrent du doigt, ce « EL » ou אל en Hébreux, ainsi que son symétrique לא exprimant la négation ( inscrit sept fois sur les tables de la loi déposées dans l’arche d’alliance ) que l’on trouve évoqué dans « les bergers d’Arcadie » ( voir https://recharc.fr/les-tableaux-de-poussin/ ). Il faut rappeler que la remise des clés à Saint Pierre ( comme « le retour d’Égypte » cité précédemment ) fait partie du Sondergut matthéen ce qui conforte une lecture hébraïque du tableau.

*Des minuscules

Les spécialistes de Poussin se sont aussi interrogés sur l’utilisation de minuscules pour le mot PRImus présent sur cette version. Mais c’est aussi le cas des mots Suae, Domini et Romae ( version Londonienne et Berlinoise ). Je ne peux tirer de conclusion définitive mais simplement constater que trois des quatre mots ont une signification, si les minuscules sont lus à l’envers…:

sum signifie « Je suis » en latin ( que certains proposent comme étant le verbe manquant à la l’inscription ET IN ARCADIA EGO.

in imo est un superlatif latin en relation avec inferus signifiant « dans le fond, en profondeur »

eau c’est du Français ! , en relation avec l’andelle ,et mon interprétation du tableau des bergers d’Arcadie.

*La clé d’OR

Revenons à la clé d’OR…Quel pourrait être l’intérêt pour Poussin de séparer les clés, mise à part de désigner pour chacune d’elles ce qu’elle est censée évoquer ?

En fait il faut juste traduire en latin le mot « clé » au singulier :

Clé = CLAVIS au vocatif et génitif , mais aussi CLAVI au Datif .

Quand on accepte la clé IVI, alors « c’est LAV I » prend tout son sens.

Il reste à évoquer le grand parchemin, même si à raison il fait l’objet de suspicion. Si l’on peut associer Bergère à Poussin et Teniers à la tentation, je pense que la clé fait référence au premier.

Cela démontre une fois encore que Plantard disposait d’informations capitales, mais qu’il n’a pas su les interpréter correctement.

(1) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39294g.texteImage

(2) Graveur et peintre français (Rouen 1623-Paris 1700).Il reproduisit en estampe un grand nombre de tableaux de Poussin.

 

Analyse picturale des autoportraits

Avant de commencer cette analyse, il faut expliquer l’intérêt d’étudier ces trois autoportraits .

Je suis de ceux qui pensent que le tableau « des bergers d’Arcadie » est bien un des documents en relation avec notre affaire, non pas parce que Plantard nous le fait découvrir dans la résolution de l’énigme du grand parchemin ( même si je continue à penser que les documents dont il dispose sont de première qualité, et nous en reparlerons dans la troisième partie de cette étude), mais parce que l’abbé Boudet le fait comprendre dans LVL Celtique. Donc si l’on part du postulat que Nicolas Poussin détient un secret ( voir lettre de Louis Fouquet à son frère du 17 avril 1656 ) et qu’il l’a représenté dans son tableau, alors s’il doit l’évoquer une dernière fois, il le fera très logiquement sur ses trois autoportraits qui résument en quelque sorte sa vie.

Pour certains experts de la peinture, il existe bien un lien entre ces quatre tableaux, comme l’explique Monsieur Batschmann en page 122 de son livre « Dialectique de la peinture » :

Nouant l’ombre, la lumière et l’inscription, l’Autoportrait II ( version Louvres ) reprend les éléments fondamentaux d’un tableau peint quelque dix ans auparavant, la seconde version de Et in arcadia Ego.

En effet, sur tous les tableaux peint par Poussin, seules les deux versions « des bergers d’Arcadie » et les trois versions d’autoportraits possèdent « des mots écrits » sur la toile ( bien que j’apporterai une petite rectification le moment venu ).

* La version du Louvre

Elle fut décrite mainte fois par les spécialistes du peintre. Reprenons celle proposée par Frédéric Villot, conservateur du musée du Louvre en 1855 :

Il faut aussi souligner que la bague porte un diamant en forme de pyramide ( Angélique COATLÉVEN-BRUN1 , « La peinture prise aux lettres », citation de Louis Marin ,pdf 168/346 )

Mais c’est surtout une partie de tableau sur lequel le visage d’une dame coiffée d’un diadème qui attire l’attention. Le diadème porte un œil, et deux bras semblent vouloir enlacer cette personne.

Pour beaucoup de spécialistes de la peinture, dont Stéphane Loire (conservateur en chef du département des peintures du Louvre) nous avons là une allégorie de l’amitié, mais pour d’autres elle représente la figure de la peinture.

Allégorie ou non, en fait personne en a une idée précise, mais il est certain que l’identification du personnage pourrait nous apporter des éléments de réponse.

Pour certains la dame serait d’origine grecque, car son nez est droit. Serait-ce alors une représentation de la déesse Héra, avec un des yeux du paon représenté sur sa couronne ?

Pour ma part je ne le pense pas. De mon côté il s’agit de la fille du pharaon qui recueillit Moïse. C’est aussi ce que pense Philippe de Champagne , peintre contemporain et ami de Poussin qui fut le premier à reconnaître ce personnage présent dans une peinture du maître des Andelys:(« Le Poussin, sa vie et son œuvre » , Philippe de Champagne2 ) :

En effet on reconnaît dans la deuxième version du « Moïse sauvé des eaux » de 1747 ,cette dame vue de face portant le diadème.

Dans ce cas l’œil symboliserait celui d’Horus ou œil de la providence, et les bras seraient peut-être ceux de Moïse, reprenant la position horizontale quand on représente Horus enlaçant l’œil Oudjat ( œil gauche, comme sur la peinture de l’autoportrait ).

Mais à n’en pas douter, Nicolas Poussin connaissait l’histoire d’Horus, il savait aussi que l’œil de la providence représente Dieu. Si l’on accepte ce constat, alors il est possible que le diamant en forme de pyramide permettait d’évoquer « une lecture égyptienne » de ce portrait de femme, ce qui sera confirmé par d’autres éléments présentés dans la partie 3 de l’étude.

* Les versions de Berlin et Londres

Le décor est très différent. Derrière le buste de Poussin on aperçoit une plaque de pierre flanquée de deux putti réalisés en bas relief et liés entre eux par un feston de laurier.

Depuis longtemps les deux putti ( angelots ou chérubins ) furent identifiés. Nicolas Poussin s’inspira d’un monument funéraire réalisé par son ami Duquesnoy3 qui est la tombe de Ferdinand van den Eynde4 ( voir document Guerdat, page 4 ).

À la différence de Duquesnoy, c’est un feston en forme d’arc tenu par deux Putti se faisant dos que Poussin a choisi de représenter. Il est difficile de vérifier la présence ou l’absence d’ailes, car le feston et la plaque masquent une partie du dos des deux chérubins, mais aucun doute n’existe sur leur nature angélique.

Nicolas Poussin tient dans la main gauche un porte-crayon, peut-être doit-on y voir une invitation à nous intéresser sur ce qui vient d’être écrit par lui. C’est ce que nous ferons dans une troisième partie consacrée à l’analyse des phrases écrites sur ces tableaux, qui dévoilera des éléments très intéressants en regard de ce que nous venons de mettre en évidence dans cette analyse picturale que nous allons résumer :

Il se pourrait que dans ces autoportraits, il soit question de Moïse et de Dieu, de chérubin et « d’arc », et de la phrase latine ET IN ARCADIA EGO *** , à suivre…

(1) https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00748596/file/1._-_THESE-Coatleven-Brun.pdf

(2)https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5780009m.texteImage

(3)François Duquesnoy , peintre et ami de Poussin partagea à Rome un logement Via Paolina avec ce dernier.Selon les premiers biographes, lorsque Duquesnoy est arrivé à Rome en 1618, il a étudié la sculpture antique en détail, grimpant sur l’ équestre Marcus Aurelius pour déterminer comment il a été coulé, ou faisant un pèlerinage au sanctuaire de Diane au lac Nemi . En 1624, Nicolas Poussin , qui partageait son style de représentation classique et émotionnellement détaché, arriva à Rome et les deux artistes étrangers se logèrent ensemble. Tous deux ont évolué dans le cercle de patronage de Cassiano dal Pozzo.

(4)https://en.wikipedia.org/wiki/Tomb_of_Ferdinand_van_den_Eynde

Les auto-portraits de Nicolas Poussin

Beaucoup de choses ont été écrites sur ces portraits dans le petit monde de la recherche RLCienne, reproduisant par la même occasion plusieurs erreurs. Pour certains Nicolas Poussin s’essaya à l’autoportrait dans les années 1650 et réalisa un deuxième essai car déçu du premier. Pour d’autres il y aurait trois autoportraits, celui du Louvre et deux autres en Allemagne, l’un au Staatliche Museen de Berlin et l’autre à la Gemäldegalerie située dans la même ville. Il est temps de mettre à jour les connaissances que nous avons sur ce sujet, et permettre ainsi le rétablissement de la vérité.

Les trois versions de l’autoportrait

Si la version la plus connue que l’on peut admirer au Louvre à Paris ( autoportrait de Chantelou ) met d’accord tous les spécialistes, il en est pas de même pour les deux autres, mais commençons par les localiser correctement. Il en existe une qui se trouve bien à Berlin, mais ce portrait se trouve dans la Gemäldegalerie du Staatliche Museen. Cette version changea d’aspect au cours du temps. Ainsi avant 1993 nous pouvions observer celle-ci :

Mais après cette date la teinte de la toile avait changée et certains détails avaient disparu.

La deuxième se trouve à Londres dans la galerie Gimpel. Je remercie Monsieur René Gimpel de m’avoir envoyé les deux photos de très belle qualité du devant et de l’arrière de ce tableau ici présentées.

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( images cliquables )

Quelques données historiques

Alors que Nicolas Poussin travaillait en 1647 sur la deuxième version des sept sacrements commandée par Paul Fréart de Chantelou1, ce dernier lui fit comprendre qu’il aimerait obtenir le portrait de l’artiste. Ce souhait fut accueilli par un long silence, car Nicolas Poussin n’était pas familier avec ce genre de travail et n’avait pas exécuté de portrait depuis vingt-huit ans ( donc ce n’était pas son premier autoportrait…) . Ce n’est qu’à l’été 1648 qu’il fit à nouveau allusion à ce projet ( lettre du 2 août 1648 , « Correspondances de Nicolas Poussin2 »pdf page 421/571). Cette fois, le peintre exprima sa réticence à l’idée de prêter son image à un portraitiste romain qui, ayant sa propre manière de penser, ne pouvait que produire travail non satisfaisant, il préféra donc le faire lui-même. Mais en fait Nicolas Poussin se mit à peindre deux auto-portraits, le premier fut destiné à Chantelou et le second pour Jean Pointel3, autre client français du peintre. Ainsi peut-on lire dans sa correspondance les différentes étapes de ce travail :

Le 20 juin 1649 ( pdf « Correspondance de Nicolas Poussin2 » page 436/571 ) il écrit à Mr de Chantelou : « Jei fet l’un de mes portraits et bientost je commencerei l’autre Je vous enuoyerei celuy qui réussira le mieux. mais il n’en faut rien dire sil vous plaist, pour ne point causer de jalousie. ».

Le 8 Octobre 1649 il précise : « Je m’efforserei de vous enuoier mon portraict… ».

Le 22 janvier 1650 il s’excuse pour son retard :J’aurois maintenant satisfait à la promesse que je vous avois faitte de vous envoyer mon portrait si la volonté que j’en avois n’eut point rencontré d’obstacle. ».

Il renouvelle ses excuses le 13 Mars 1650 : « Ce seroit avec grand contentement que je ferois réponse à Votre dernière, si j’avois quelque bonne nouvelle à vous écrire sur le sujet des tableaux que je vous ai promis, mais particulièrement de celui de mon portrait, que je n’ai pas pu encore finir. Je confesse ingénument que je suis paresseux à faire cet ouvrage auquel je n’ai pas grand plaisir et peu d’habitude, car il y a vingt-huit ans que je n’ai fait aucuns portrait néanmoins il le faut finir car j’aime bien plus votre satisfaction que la mienne. »

(1) Paul Fréart de Chantelou (1609-1694), ingénieur militaire de son état, est un collectionneur français du XVII siècle.

(2) Correspondance de Nicolas Poussin.

(3) À la tête de l’important groupe des amis lyonnais du peintre, Jean Pointel est un marchand de soie et banquier installé à Paris.

Une seule place pour deux versions en concurrence

Nous devons à Pamella Guerdat  un travail très intéressant réalisé dans le cadre de ses études pour l’obtention d’un doctorat, qui nous explique l’historique de cette problématique( René Gimpel (1881–1945) and Nicolas Poussin’s SelfPortrait, from rediscovery to de-attribution4 ) .

Pour résumer, une première version apparaît à Londres en 1934 et c’est Monsieur René Gimpel qui en fait l’acquisition pour l’exposer à Paris en 1937 ( page 7 et 8 du document Guerdat4 ).Cette version est alors reconnue comme étant l’autoportrait de Pointel par quelques spécialistes de Poussin, dont le Dr Walter Friedländer ( page 20 du document Guerdat4 ) mais aussi Blunt ( page 25 du document Guerdat4 ) , cependant l’origine de cette peinture n’est toujours pas pleinement identifiée.

Dans les années 50 « une deuxième version ressemblante » fait son apparition à Berlin. C’est plus exactement en 1952 que l’historien de l’art Kurt E. Simon identifie un autoportrait de Poussin dans les réserves du musée Kaiser-Friedrich. L’image a été inscrite en 1819 dans l’inventaire des collections du banquier anglais Edward Solly, acquises par l’Allemagne en 1821;avant que ces collections soient partiellement transférées au Stadtmuseum de Königsberg Kunstverein en 1937.

Suite à cette découverte, les spécialistes ( Friedländer ,Blunt, Sterling ) changent d’avis jugeant la version allemande de meilleure qualité et plus représentative du travail de Poussin, et c’est donc la version Berlinoise qui est alors reconnue comme étant celle de Pointel.

Cependant des études scientifiques réalisées dans des laboratoires de physique vont nous apprendre des choses bien intéressantes. Ce sont Stephen Rees-Jones puis Nicholas Eastaugh pour la version Gimpel, et Mario Modestini pour la version de Berlin qui ont mis en évidence l’ancienneté des deux versions ( page 31 du document Guerdat4 ).De plus contrairement à la copie de Berlin, les deux inscriptions présentes sur la version anglaise font intégralement partie de la surface picturale et donc sont contemporaines à la peinture. C’est pour cette raison que lors de cette « restauration et analyse », Modestini à recouvert l’inscription DE LUMINE ET COLORE présente sur la version Berlinoise d’une peinture « réversible ».

En conclusion pour certains spécialistes, la version de Berlin est celle de Pointel, alors que la version anglaise serait une copie réalisée peut être à l’époque de Poussin.

(4) René Gimpel (1881–1945) and Nicolas Poussin’s SelfPortrait, from rediscovery to de-attribution.: guerdat 

D’autres données historiques…

Contrairement à Friedländer, Blunt ne reconnaît que deux copies, celle de Paris et celle de Berlin. De mon côté je me range à l’avis du premier spécialiste, et comme d’autres ( Elizabeth H.Denio, page 6 du document Guerdat4 ) , je pense qu’il y a bien trois versions qui ont été peintes par le maître des Andelys.C’est dans la correspondance de Poussin que l’on trouve l’explication :

Le 29 mai 1650 il écrit ( 450/571 ): « J’ai fini le portrait que vous désiriés de moi. Je pouvois vous l’envoyer par cet ordinaire. Mais l’importunité de quelquesuns de mes amis qui en désirent avoir la copie, sera cause de quelque retardement.Je vous l’envoyerai néanmoins le plus tôt qu’il me sera possible.Monsieur Pointel aura celui que je lui ai promis en même temps duquel vous n’aurés point de jalousie car j’ai observé la promesse que je vous ai faitte aiant choisi le meilleur et le plus resemblant pour vous’, vous en voirés la différence vous même. »

Il est bien question de trois tableaux car Poussin ne fait pas le lien entre cet ami importun et Monsieur Pointel.

Cet avis est aussi partagé par Frédéric Villot, conservateur du musée du Louvre en 1855 qui résume parfaitement dans son livre5 ( pdf page 299-300/468 ) les échanges épistolaires du peintre.

Cependant je ne pense pas que Monsieur Cerisier ( ou Jacques Serizier ) ait été cet ami importun car connu de Pointel et de Chantelou, ce marchand Lyonnais aurait été clairement cité par le peintre. De plus après l’acquisition de l’auto-portrait suite au décès de Pointel, Cerisier l’aurait probablement aussi montré en 1665 au Bernin lors de sa venue à Paris ( page 6, 37, 41 du document Guerdat4 ; page 95/277 « Journal du voyage du Cavalier Bernin6 » ).

Au vu des données scientifiques exposées ci-dessus, il est donc très probable que la version Berlinoise soit probablement celle de Pointel, alors que la version anglaise toute aussi intéressante car peinte par Poussin, soit celle destinée à cet ami importun dont il ne cite pas le nom.

(5) Notice des tableaux exposés dans le Louvre

(6) Journal du voyage du Cavalier Bernin

Il est maintenant temps d’analyser ces trois tableaux …

…..

Le deuxième niveau de lecture met en évidence le génie de Nicolas Poussin. Ce peintre maîtrise son art mais possède aussi de solides connaissances dans d’autres domaines, notamment dans la religion et les langues. Comme le disait Chateaubriand ce tableau nous parle et c’est d’abord en français qu’il le fait . La représentation inversée de Shugborough hall reste la plus explicite, car elle permet de constater de façon claire la présence d’un palindrome parfait en utilisant les contours de deux jambes, de deux bâtons et des joints que l’on trouve entre les pierres du tombeau dressé derrière les quatre figurants. Le fait d’inverser le tableau renforce cette lecture « palindromique ».

C’est ensuite et surtout en Hébreux que ce peintre parlera. Si vous observez attentivement la position des quatre personnages et non plus uniquement celle de celui qui nous regarde, la façon particulière dont ils se tiennent doit vous interpeller. Mais avant d’observer à nouveau ce tableau je vais vous demander de regarder attentivement la première lettre aleph de l’alphabet Hébreux ( lettre A ) affichée si dessous et de répondre à la question suivante :

Si cette lettre devait représenter une position prise par un individu, que devrait-elle être ?

Et s’il se regardait dans un miroir que verrait-il ?

Si la réponse ne vous vient pas alors regardez le tableau.

Maintenant observez le bras gauche de cette dame que l’on trouve debout à droite du tableau, puis observez la jambe gauche du premier personnage qui se trouve lui aussi debout mais à gauche du tableau.

Savez-vous qu’il existe une autre lettre hébraïque qui reprend le contour de ces deux membres ?

La voici, c’est le lamed ( lettre L ) :

Une lecture de droite comme de gauche fait apparaitre la négation hébraïque לא que l’on retrouve sept fois dans la table des dix commandements:

Continuons à nous intéresser à ces deux personnages et observons maintenant la position de l’autre bras par rapport au reste du corps. Une troisième lettre apparaît ainsi que sa représentation symétrique, c’est la lettre vav ( lettre V ), mais cela peut-être aussi la lettre Daleth ( lettre D )

 

 

 

 

 

Enfin au centre convergent trois bâtons, deux sont parallèles et forme un V avec le troisième.

Voici la représentation symétrique de la lettre shin .

Ces quatre lettres de l’alphabet hébreux expliquent les positions étranges et particulières prises par les quatre personnages ainsi que celle des trois bâtons.

Même si deux LAV symétriques, « palindromiques », apparaissent maintenant de façon évidente, c’est avant tout de Dieu et du Christ dont il est question :

Quatre personnages , quatre lettres .. Poussin évoque d’abord Dieu.

Le mot el ( אֱלֹ ) qui signifie Dieu dans les langues sémitiques et notamment en hébreux ( Elohim est la forme longue de el ), saddaï et Adonaï semblent aussi évoqués.

* Les deux personnages situés à droite du tableau, c’est-à-dire une femme et un homme intimement liés symbolisent Dieu ( אֱלֹ ) et particulièrement sa création.

* El Shaddai, écrit aussi El Shadday (hébreu : אל שדי, ), est l’un des noms de Dieu proposé par l’abbé Boudet dans son ouvrage ( LVL C page 31 ) et la référence qu’il propose dans LVL Celtique ( Cornelius a lapide ) parle essentiellement de ce nom. Il est traditionnellement traduit par « Dieu Tout-Puissant ».Quatre des cinq premières lettres d’ El Shadday vous sont maintenant familières.

* La dernière, le yod, est évoquée par l’abbé en page 33. Deux lettres yod יְיָ représente « Adonai » = « Mon Seigneur » qui est aussi l’un des noms de Dieu ( LVL C page 32 ).Ce double yod se trouve dans la lettre aleph en compagnie d’un vav couché. (http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/signe/sacre/01.htm ).

Lettre

Aleph

Vav

Daleth

yod

Lamed

Shin

Hébreux

א

ו

ד

י

ל

שׁ

prononciation

a

u/v

d

i

l

sh

sens

enseignement

clou

porte

main

élève

dent

Il y aurait beaucoup à dire sur le sens sacré de ces cinq lettres et notamment leur rapport avec Dieu, aussi je vous invite à consulter d’autres articles qui le feront mieux que moi. Cependant si l’une des lettres doit être retenue, c’est bien la lettre aleph, la lettre de Dieu évoquée deux fois de façon symétrique dans le tableau de Poussin.

Revenons sur la lettre shin. Intégrée au milieu des lettres représentant Dieu, c’est le « pentagrammaton » (Y-H-Sh-W-H ).Ici Poussin utilise l’évocation de el ou de Saddaï à la place de YHWH. Cette lettre shin représente la nature humaine du Christ ….

LVL dévoilée.

Dans l’étude des deux derniers chapitres nous avons mis en évidence comment l’abbé Boudet évoquait le tracé de trois croix ainsi que d’un carré et son arc associé. C’est en utilisant des mots-relais, des synonymes, des homonymes et des mots inclus anglais et français qu’il parvient à désigner un endroit particulier de son cromleck imaginaire : Lavaldieu.

Une lecture sérieuse de LVL Celtique permet de faire un constat indiscutable :il est totalement incompréhensible que l’abbé n’explique pas à sa façon ce lieu. En effet, il a consacré tout un chapitre à Dieu dont il en est le représentant sur terre, et pourtant il passe sous silence ce lieu situé au Sud-Ouest du cromleck qui offre l’immense avantage d’inclure le mot « Dieu » dans son patronyme. De plus les trois croix symboliquement plantées sur ce lieu ( voir études sur les croix ), mais aussi le titre du livre dont les initiales évoquent le palindrome LaVaL, sont des éléments qui démontrent l’importance de ce hameau, mais ce ne sont pas les seuls arguments.

Dans mes recherches je m’étais aperçu que certains mots-relais différents trouvaient leur origine dans une même définition. J’ai donc pensé qu’une poignée de mots étaient probablement à l’origine de tous les autres. Je les ai cherchés « en remontant » les différentes définitions et je les ai trouvés. L’un d’eux est très logiquement « Dieu », et les autres sont principalement liés à l’industrie textile. Il me fallait donc reprendre « le chemin logique » emprunté par l’abbé Boudet afin de vérifier cette hypothèse, j’ai donc postulé que les mots à l’origine de tous les autres étaient Dieu et Laval.

En relisant le chapitre II, il est très facile de constater que beaucoup de définitions présentes dans l’ouvrage sont bien dérivées du mot « Dieu », la première partie du document suivant vous permettra de le vérifier :

LAVAL DIEU définitions

Par contre qu’en était-il pour Laval ? Ce mot n’étant pas un nom commun, il ne figurait pas dans le Saddler, seul un dictionnaire courant pouvait proposer une solution.L’abbé était un homme très cultivé et il savait très bien qu’en Bretagne la ville de Rennes ( département 35 ) fait face à celle de Laval ( département 53 ), et que cette symétrie se retrouvait dans son cromleck. En effet, Rennes les Bains fait bien face à LavalDieu. Je suis persuadé que très rapidement il eut l’idée d’identifier LavalDieu à Laval chef-lieu de la Mayenne. Depuis bien longtemps la ville de Laval est connue pour ses industries textiles et c’est sur cette caractéristique que l’abbé va construire son énigme.

( https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_textile_%C3%A0_Laval )

L’un des ouvrages qu’il consulta se trouve cité en page 214 de LVL Celtique, il s’agit du Dictionnaire de Géographie, de Hyacinthe Langlois mais ce n’est certainement pas le seul. Voici ce que l’on peut y lire :

Le premier mot important du texte ci-dessus est Mayenne, il représente à la fois le département et la rivière qui traverse la ville mais surtout il commence par la prononciation « maille » [mâ-ye] , c’est-à-dire ce qui constitue l’unité de base d’un tissu. Par extension, tout objet « maillé » va représenter Laval, ce sera le cas pour un tamis, une voile, une natte, un blutoir etc…On comprend alors pourquoi l’abbé adapte les textes bibliques à sa façon et « transforme » le pasteur Abel en tisserand :

page 43

Abel recueillait les belles toisons de son magnifique troupeau ; sa main filait la laine soyeuse, et ces fils entrelacés, formant et la chaîne et la trame, lui donnaient un excellent tissu dont il se pouvait vêtir, – abb,trame de laine, – to ell, mesurer

Cette définition d’Abel explique la technique de l’abbé, il associe dans un même mot ( ici Abel ), un mot provenant de LAVAL ( ici abb=la trame de laine ) à un autre issu de DIEU ( ell=mesurer ).

Il confirme un peu plus loin par :

page 44-45

Les tissus de laine fabriqués par Abel ne reparaissent plus dans le nom des premiers hommes et cèdent la place à la mention des ouvrages de fer et de bronze. Il ne faut pas descendre fort longuement dans la généalogie des enfants d’Adam pour y rencontrer la science des métaux, car Malaleel, – to mall frapper avec un maillet, – to allay (allé) mélanger les métaux, – to ell, mesurer, – était l’arrière petit-fils de Seth.

To mall est issu de LAVAL, to allay l’est aussi ( inclusion de Lay , mot très important dont je reparlerais après ), puis enfin to ell issu de DIEU. Nous comprenons maintenant le choix des quatre mots traduits à la fin de la page 11 ( le son, la bruyère, nettoyer et l’aune ).

chevallet

Parfois certains mots auront les deux origines et seront particulièrement utilisés et déclinés par l’abbé. C’est le cas de to pall et de ses homonymes ; pale , to pale, to pall, pâle …

D’abord Pall est associé à mall ( la maille ) dans le mot pall-mall, mais surtout il représente deux types de tissu ayant une signification forte aux yeux de l’abbé. Il y a d’abord le pallium, tissu porté par l’évêque . Rappelons qu’avec sa cathédrale de la Sainte Trinité Laval est un évêché . Ce tissu est en laine blanche d’agneau sur lequel figurent les cinq croix pattées, symboles des plaies du Christ.

Ensuite c’est un drap mortuaire et offre ainsi l’avantage de présenter le côté « tissu maillé » mais aussi d’évoquer la mort. De plus LAVAL était réputé pour ses bateaux-lavoirs et ses blanchisseries. La décoloration ( rendre pâle ) et le lavage qui reprend la moitié du palindrome LAV sont issus de LAVAL. Enfin to pall signifie aussi « rassasier » que l’on retrouve dans to sate ( voir Saddaï page 31 ) qui est issu de DIEU.

Par exemple le mot anglais Pale : la palissade , le pieu sera utilisé dans des chapitres importants. Le mot Pal inclus dans to appal = effrayer, et le synonyme de pilotis pile ( et les dérivés : to pill , to pile , pile etc..) permettront d’évoquer des pilleurs réputés et des amas particuliers.

Poursuivons la lecture de l’article…

LAVAL est le siège d’une cour d’assises. « assise » sera utilisé cinq fois dans les deux derniers chapitres, son synonyme « banc » se retrouvera en pages 303,116,117 et 133. Mais le plus intéressant est le mot « cour », car il dérive de LAVAL ( sot cour ) mais aussi de DIEU ate, hate , se hâter , se précipiter ( presser, fouler, etc.), heat = course ( hit, to eat dérivé de DIEU).

L’erreur sur SOT COUR est particulière, car to scour signifie nettoyer mais aussi LAVer. On remarque que le SOT du début est l’inversion de TO S qu’il faut rajouter à COUR pour obtenir TO SCOUR.Le palindrome LAVAL s’explique par cette même inversion LAV-VAL. S’il n’y avait que cette hypothèse, elle ne vaudrait pas grand-chose, mais elle confirme ce que LVL Celtique explique de la première à la dernière page.

On comprend mieux « l’obsession » de l’abbé à placer dans le texte le verbe to excite (to goad= god=Dieu )qui est un synonyme de to LAVe, mais aussi de to arouse qui définit le réveil et la résurrection que l’on retrouve dans l’avant-propos du livre, en compagnie d’une paire de « LAngue Vivante » dont l’une est en majuscule.

Il n’est pas possible d’expliquer toutes les définitions du livre ici, mais le tableau suivant vous permettra de découvrir une liste non exhaustive de mots utilisés dans LVL Celtique et relatif à LAVAL. On peut donc constater qu’en très grande partie, les définitions sont issues des mots LAVAL et DIEU.

mot

Définitions anglaises

Synonymes

Homonymes

inclus

TISSER

va. and n.to weave, to lay the groundwork of lace, to twist, to plait.

To WEAVE,va. tisser, entrelacer, faire un tissu ; mêler.

To LAY, va. Mettre, placer, poser; coucher; peindre; calmer, apaiser; projeter, former, tramer; renverser To lay along, étendre par terre.- To lay apart, mettre de côté, rejeter.- To lay aside, mettre de côté.- To lay away, ôter, mettre de côté, se dépouiller de.-To lay before, montrer, faire voir, déployer, exposer à la vue.- To lay by, serrer, garder, mettre de côté. –To lay claim to, réclamer, prétendre à.-To lay down, mettre bas, déposer; avancer, mettre en avant.To lay oneself down, se coucher, se reposer.To lay down one’s life, en répondre sur sa tête to lay forth upon , s’étendre sur To lay hold of, saisir, empoigner.-To lay in, amasser, thésauriser.- To lay

in provisions, faire ses provisions.To lay on, répandre sur; employer, appliquer; mettre sur compte de, imputer.-To lay upon, montrer, expliquer, exposer aux regards. – To lay out, dépenser,donner, employer; déployer, découvrir; disposer, distribuer.- To lay out oneself, se mettre en évidence,se mettre en avant ; faire ses efforts.- To lay over, incruster, couvrir d’une couche.- To lay to, imputer; attaquer.To lay together, mettre ensemble, réunir.- To lay up, retenir dans le lit ou confiner dans la chambre; amasser, thésauriser, mettre de côté.-To lay upon ou on, imposer, enjoindre.- To lay the dust, abattre la poussière.-To lay the foundations, jeter les fondements.-To lay an ambush, dresser des embûches.-To lay a snare, tendre un piége.-To lay asleep, endormir.To lay the fault ou the blame on, accuser, rejetez-le blâme sur.-To lay a wager, gager, parier.- To lay a tax, mettre un impôt.-To lay waste, ravager, dévaster, saccager.-To lay hands on ou to, mettre la main sur ou à.-To lay to heart, avoir ou prendre à cœur.-To lay eggs, pondre.

To LAY, vn. pondre ; projeter. Former un dessein.-To lay about, frapper de tous côtés, faire tous ses efforts.To lay asleep, être endormi.-To lay at, viser à; frapper.-To lay in for, faire des démarches.-To lay on, frapper, agir avec vigueur.-To lay out, prendre des mesures.

LAY : prétérit de to lie.

To LIE, vn. reposer, être couché ;être, rester, demeurer, résider ; être situé ou placé ; être imputé ; consiste…se reposer, se tromper, Here lies, ci-gît, ici repose.

Tableau de Poussin : apaiser, paix..

allay, clay

laid

placer : place publique

to lamb

amas, assemblée, mass

to dole

to pile

to sack

pall

to con : apprendre par cœur , commander (to head)

Poussin

frapper :

to jut

to hit ( heat )…

to pall=abattre

ell ,bezel

tourmenter, embarrasser :

tease, ease fus , maze ,burden,hag,rack

to gull, to balk..

MAIL

[ma-ye]

sm. mall, pall-mall, a mallet, the game of mall.

MAILLE

[mâ-ye]

, sf a stitch: a mash or mesh : a mail, a link. – Cotte de mailles,coat of mail.– N’avoir ni sou ni maille,to be very poor, not to be worth a groat.– Un pince-maille,

a stingy fellow.– Maille à partir, a quarrel.

MALL, s. mail, m. maillet, m. espèce de marteau.

To MALL, va. Frapper avec un maillet.

PALL-MALL, s. paille-maille, jeu de mail, m.

To PALL[pâul], va. Rendre insipide; abattre, affaiblir, rassasier.

To PALL, vn.s’éventer, devenir insipide, fade.

PALL,s. manteau de cérémonie; pallium m. l’ornement d’un évêque; un drap mortuaire.

To PALE, va. Pâlir, rendre pâle ; palissader, entourer, enclore.

PALE, s. pieu, m.; palissade , f. pilotis, m. enclos,m. enceinte,f. sphère,. – To be out of the pale of the church, être hors de l’église.

To APPAL,va. épouvanter, effrayer, décourager.

MASH, s. breuvage pour les bestiaux dans lequel on a mêlé du son, de la farine, etc.; la maille d’un filet.

To MASH, va. Mêler, mélanger; écraser.

MESH, s, la maille d’un filet.

To MESH,va. prendre au filet.

Frapper :

hit ,heat,eat

[âu]

vault , ball , rawhed, raw, maule, balk, hawk, salt, jaw, want, war, claw, hall

pilotis:

pile,pill,piller…

(p217)

Fouler,foule

rush,sean

LAV

LAVER, va. to wash,to clean.Laver

des couleurs, to dilute colours in water.-

To LAVE, va. Laver, baigner, mouiller; soulever, élever en haut.

To LAVE,vn. se laver,se baigner.

LAVER, s. cuve, f. bassin, m. lavoir, m.

To WASH, va. et n. laver : nettoyer ; baigner, passer auprès.- To wash away, enlever, emporter.

WASH, s. lavage,m. lessive,f. L’action de laver; lavure, f; marécage , m.marais,

To CLEAN, va. nettoyer.

To CLEAR, va. Éclaircir, rendre brillant: expliquer, rendre clair; acquitter, liquider, absoudre; purger, nettoyer; purifier, clarifier; gagner, avoir un profit net de.

TO CLEAR UP ; s’éclaircir.

To SCOUR, va. écurer, nettoyer, laver; dégraisser , décrasser; purger; raser, effleurer, ne toucher que légèrement , écumer. – To scour the seas of pirates, chasser de la mer les pirates.

To SCOUR,[skaour] vm. écurer, nettoyer, laver;se purger. avoir le cours de ventre ; rôder , errer çà et là ; courir.-To scour away, s’enfuir.-T’o scour on the seas, errer sur les mers; faire le métier de pirate.

SOT COUR ( LVL Celtique page 21 ) :

To SOT, vn. boire jusqu’à perdre la raison, devenir hébété à force de boire; riboter.

COURT, s. cour,f :un palais ;une cour de justice; espace découvert dépendant d’une maison ; les courtisans ; passage, m.cul-de-sac, m.-

To COURSE, va. Poursuivre, chasser.To course ahare , courre le lièvre.

To COURSE, vn. rôder, courir.

COUR, sf. a court, a court-yard.

SOULEVER, va. to lift, to raise up,to cause an insurrection : to excite in dignation

ELEVER (S’), vr. to rise,to arise, to ascend,to go up,to move upwards : to rise,to grow proud or elated.

[aou]

how ,hour , row , shower , scowl , down , cow , ouch , house , amount , haound ,

ERRE, sf.space, course.

To ERR, vn. errer, aller çà et là; s’égarer, se tromper.

cheveux, héritiers :

hair, her,errer

to excite

TRAME

sf. the woof, warp, weft : a plot, conspiracy. – Ourdir une trame, to contrive a plot.

TRAMER

va.to weave,to plot,to hatch, to contrive.- Tramer une conspiration,to hatch a conspiracy.

WARP, s. chaîne, f. fils tendus sur le métier pour faire de la toile, du drap ;(mar.) touée, f. corde, f

To WARP, va. Ourdir, détourner, faire changer de cours , écarter ; faire friser : vm. se déjeter, se cambrer; se détourner, s’écarter.- To warp up a ship, touer un vaisseau.

WOOF, s. la trame d’une étoffe.

WEFT, s. la trame du drap; tissu,m.; droit d’épave, épavité, f.

PLOT, s. morceau de terre, champ, m.; complot, m. projet,m.; dessein, m.; profondeur de pensée; conspiration, f; plan ou intrigue d’une pièce dramatique, etc.-The ground plot of a : l’emplacement d’un bâtiment.-The unravelling of a plot, le dénouement d’une intrigue.– A man of much plot, une

forte tête , un homme d’une grande profondeur de pensée.

To PLOT, va. et n. comploter, conspirer; tramer, concerter, machiner.

COUTIL

sm. ticking, canvass-ticking, drill, duck

TICK, s. taille où l’on marque ce qui est dû; crédit, m.; tique, f. genre d’insectes qui s’attachent à la peau des animaux; coutil, m. toile qui enveloppe la plume d’un lit, toile à matelas.

To TICK, vn. prendre à crédit, faire crédit; faire tic tac comme une horloge.

ASSISES

ROW : ramer, rangée,vacarme ,cour de justice

Banc, row,raw,

bench

courir:hare

Même si le nombre de mots issus des définitions principales ( tisser, maille, laver ) paraît important, il ne suffit pas à compléter toutes les définitions du livre et c’est pour cette raison que l’abbé utilisera des mots contenant le même son sans être des homonymes parfaits ( aï, iou , aou, âu pour les principaux ). Les plus utilisés seront [ aï] et [iou] car ils mettent en évidence le palindrome IVI =M .

page 34:

Le premier i s’écrivant toujours par un I majuscule représente le nominatif singulier de la première personne je ou Moi et se prononce aï. Le second i, ye qui se prononce yi, correspond au nominatif pluriel de la seconde personne Vous

Comme promis je reviens sur l’un des mots. Il revêt une importance particulière aux yeux de l’abbé, car il lui permet d’utiliser un nombre considérable de synonymes dans le livre, c’est le verbe to lay ( et le prétérit de to lie = se reposer ) .On le retrouve sous sa forme homonymique « laid » dans la définition des cugulhous que l’on trouve dans « la croix de Dieu » ( la croix la plus importante aux yeux de l’abbé ), mais aussi dans le paragraphe réservé à l’arche d’alliance. Alors faut-il penser que … ?

Ce mot sera peu décliné, mais on peut remarquer l’utilisation du verbe to allay ( Aleth, allay ) précédemment cité. On le retrouve dans le paragraphe V associé aux définitions de cheVAL (Dariorigum : le demi-cheVAL,cobhains et Carnac ) où il sera progressivement évoqué par les homonymes « allées » ( page 154 Carnac puis page 156 Locmariaguer ) . Nous verrons qu’il permettra d’évoquer le lieu symétrique des Artigues, et surtout la salasse.

* En conclusion

LAVAL , la ville de Guy ( chap IX : le Guy sacré ) est bien le mot qui associé à DIEU qui permet de comprendre la logique de LVL Celtique. Cet ouvrage n’est pas une compilation de définitions ou chacun peut à sa guise choisir celle qui lui plaît pour expliquer ce qu’il veut, c’est un ensemble cohérent qui a sa logique, et je viens de vous l’expliquer.

L’étude des deux derniers chapitres nous a permis de comprendre comment l’abbé Boudet codait.

Afin d’indiquer un tracé ou une même notion particulière, il utilise des mots-relais ainsi que leurs homonymes ou synonymes anglais et français. Les figures géométriques obtenues ont principalement trois buts :

– Indiquer où se trouve le lieu

– Expliquer ce qu’il contient

– Porter à notre connaissance d’autres documents susceptibles de nous aider à résoudre l’énigme et notamment certains tableaux de Nicolas Poussin dont l’œuvre maîtresse s’intitule « La Félicité sujette à la Mort », connue aussi sous le nom « des bergers d’Arcadie ».

Le titre principal de cette œuvre est une chance pour un décodeur, car deux des trois mots ont la particularité d’être très peu utilisés, et particulièrement quand ils sont associés l’un à l’autre. On trouve en effet « la félicité », mot que l’on utilise actuellement pratiquement plus, puis l’expression « sujette à » dans le sens « assujetti ».

Les moteurs de recherche actuels disponibles sur le web référencent des milliards de pages et il suffit de faire une recherche sur l’association « félicité+ sujette + mort » pour constater que seuls les textes en relation avec le tableau de Nicolas Poussin seront proposées. Cette expérience nous explique que si l’on trouve dans un livre ces trois mots associés dans un même chapitre voir sur une même page, alors le but est bien d’évoquer ce tableau. Nous allons constater que c’est le cas dans LVL Celtique, que ce cas sera présent plusieurs fois et que le nom du peintre sera évoqué en français et en anglais.

Une page va nous permettre de vérifier rapidement cette théorie, c’est la page 67. Dans la page précédente l’abbé nous explique que :

En hébreu-chaldéen, Isaac dérive du verbe tsachak, sourire de satisfaction, être félicité.

Ce qui est faux, car tsachak signifie « rire » et non « sourire », mais il fallait un sourire et non un rire associé à la félicité, afin d’évoquer la citation célèbre de Chateaubriand :

Il suffit qu’une mère voit sourire son enfant pour être convaincue de la réalité d’une félicité suprême.

Puis en page 67 il cite la bible :

…l’un de ces peuples surmontera l’autre peuple et l’aîné sera assujetti au plus jeune.

La probabilité de trouver par hasard ces deux mots qui se suivent dans un texte est nulle.

Mais cette page possède une autre particularité, si vous la lisez attentivement vous constaterez que l’abbé a une « furieuse envie » de nous traduire le mot « pousser ».C’est d’abord par la définition de « to jog », puis en bas de page par « to egg ». Sur l’ensemble du livre le verbe « pousser » est utilisé une douzaine de fois mais c’est la seule page où il se trouve dans deux définitions différentes.

Passer de « Pousser » à « Poussin » il n’y a « qu’un sein », en fait deux si vous relisez la page. Voilà comment l’abbé va nous donner en français le nom du peintre, il le décompose en « pousse » et « sein » et c’est en traduisant Rebecca qu’il fait apparaître l’œuf (egg ) avant le Poussin.

L’abbé va confirmer ces deux mots à sa façon.Il expliquera que « la remarque est contenue dans les livres saints » et il utilisera un verbe bien étrange qui est « entre-choquer »dont la traduction est :

ENTRE-CHOQUER (S’), vr. to knock, to beat, to dash one against another ..

Le verbe to knock nous renvoie au pijoulet dont nous reparlerons d’ici quelques lignes( to knock, vn. s’entre-choquer ,. se heurter . )

Quant à la définition du verbe beat, elle met en évidence des mots importants en relation avec LavalDieu , mais surtout elle fait le lien avec Poussin ( repousser ) et la chasse.

To BEAT, va. battre, frapper;piler ;mêler, brouiller, agiter; poursuivre; tracer; vaincre, défaire; ha

rasser.– To beat back, chasser,repousser.

Quelques couleurs sur le texte d’origine pour mettre en évidence l’évocation de Poussin en quelques lignes ….:

 

En page 68, il confirme en traduisant le verbe « to joy » par se féliciter…avant de parler de politique ombrageuse et de la mort d’enfants.

Revenons encore quelques instants sur cette page 67, et retenez quelques mots relais importants que nous retrouverons en page 301 quand il sera question d’Hercule et de l’Arcadie, ce sont les mots frayeur, fureur et effroi …

En fait dès la page 30, l’abbé avait utilisé des synonymes quand il parla d’Elohim. La béatitude est un synonyme de la félicité, astreindre est synonyme d’assujettir, enfin el, homonyme de Hell que nous retrouverons est synonyme de mort. Mais peut-être souhaitez-vous une confirmation ? Alors retrouvez dans la bible de Carrières, la suite de la citation donnée à la fin de cette page .. » Croissez et multipliez-vous et vous remplissez la terre et vous l’assujettissez…..

Enfin en page 32 il confirme en faisant l’erreur d’omettre la phrase « remplissez la terre et vous l’assujettissez » dans l’expression biblique qu’il nous propose.

Cette introduction vous permet pour le moins d’envisager la présence d’une évocation du tableau de Poussin dans LVL Celtique. Il est donc temps d’approfondir le sujet…

Comme je l’expliquais en introduction , l’abbé poursuit trois buts.

Même si le premier chapitre n’est pas sans intérêt, c’est à partir du chapitre II qu’il entreprend ce travail.

Il faut bien comprendre que l’abbé doit respecter l’ordre chronologique pour chaque chapitre, mais aussi citer les principaux personnages de son récit ( Dieu, Abraham, moïse…).Sa seule marge de manœuvre réside dans le choix des personnages secondaires et dans les mots anglais qui vont les représenter. En fonction des traductions anglaises possibles sur chaque nom, il suivra l’un des trois buts. Pour cette raison, l’information sur le tableau des bergers d’Arcadie va se retrouver dans différents chapitres, mais les mots-relais vont permettre de retrouver le lien.

Il faut se mettre à la place de l’abbé et raisonner logiquement pour comprendre son travail. Seul un synonyme pas trop évident du mot « tableau » doit être utilisé pour servir de mot-relais au « tableau des bergers d’Arcadie ».

Ce doit être un synonyme ayant quelques homonymes faciles à utiliser afin de disperser efficacement l’information dans le livre. Cela n’empêchera pas d’utiliser d’autres synonymes afin de renforcer discrètement le message. Voici les définitions du dictionnaire Sadler qui contiennent le mot « tableau ».Les lecteurs assidus de LVL Celtique n’auront pas de mal à identifier rapidement le mot-relais principal choisi par l’abbé :

PIECE, s. pièce, f. morceau, m. portion, f. partie, f. fragment,m.; pièce,f. composition, f. ouvrage, m. production littéraire, ouvrage dramatique; une pièce de monnaie; une arme à feu, un fusil; une pièce d’artillerie; un tableau; fragment d’un écrit, citation, f.-A piece of cloth,linen, etc. une pièce de drap , de linge, etc.-A piece of wit, un trait d’esprit.- A piece of folly, un trait de folie.-A fowling piece,un fusil de chasse.

DRAUGHT, s. trait,m. coup,m. Quantité bue à la fois; potion, f, breuvage, m.; ébauche, f. esquisse,f; tableau, m. portrait.

FRAME, s. fabrique , f. structure , f. construction, f. charpente, f; travail, m. forme, f; arrangement, m. disposition, f.; projet, m. invention, f.; métier, m.-The frame of a picture, le cadre d’un tableau.

IM’AGE, s. image, f.; portrait, m.; idole, f.

To lMAGE, va. Imaginer, concevoir.

IMA’GERY, s. images, m. pl. Représentation, f. tableaux, m.

PAINT’ING, s. la peinture, l’art de peindre; tableau,m, représentation d’un objet.

PIC’TURE,s. tableau , m. portrait, m.; peinture, f. l’art de peindre.

To SHADE, va. Ombrager, donner, faire de l’ombre; couvrir de son ombre; mettre à couvert, mettre à l’abri, protéger; (peint.) ombrer, mettre des ombres à un tableau ,

SIGN, s. signe, m. tout ce qui est destiné à représenter une chose, marque, f. indice, m. symbole, m.; signe, geste, mouvement pour exprimer la pensée; enseigne,f. Tableau ou figure à la porte d’une hôtellerie

C’est en effet le mot PIECE qui est choisi, ainsi que son homonyme PEACE dont la définition est :

PEACE, s.paix, f absence de la guerre, tranquillité , f. calme, m. : contentement, m ; silence. m.; réconciliation,f-To keep peace, rester tranquille. –

et dont le synonyme souvent utilisé par l’abbé est « apaiser » .

Nous allons pouvoir nous intéresser au deuxième titre : « les bergers d’Arcadie », et c’est en page 40 que nous allons retrouver les différents éléments. Comprenez-vous pourquoi en début de page, il commence par expliquer que Caïn se traduit par Coin, c’est-à-dire une PIECE et qu’il parle d’inventer, d’imaginer .. ? Relisez les définitions qui contiennent le mot TABLEAU …

Abel est berger , son nom signifie mort, tombeau traduit par inferi . Lisez attentivement l’expression latine qui commence par « et », ne vous rappelle-t-elle pas une autre expression que l’on trouve sur un tableau célèbre ? Cherchez l’expression exacte et constatez qu’il manque le mot « pacifice », qui veut dire en paix …Abel se traduit d’abord par imiter, présenter l’image ( relisez les définitions avec le mot tableau …) . Abel recueillait les belles toisons ( page 43 ), mot relais utilisait uniquement deux fois dans LVL Celtique qui nous conduira à Hercule en page 296, juste après avoir expliqué que chick signifie poulet, maigre portion ( avec une erreur sur la prononciation tckick au lieu de chick ). En fait dans le Sadler chick est la traduction de … POUSSIN, et cela ne veut pas dire maigre portion, mais relisez la définition de PIECE .L’abbé conclura par :

Quelle piteuse mine eût donc fait Hercule en face de misérables glands de chêne pour apaiser sa faim .

Ce mot portion se retrouve dans la définition de Lot ( page 58 ) que j’aurai l’occasion d’expliquer dans le chapitre consacré au tableau. En fait il existe un verbe en « ick » qui signifie « manger à petit morceau », c’est le mot  pick  pour lequel l’abbé omet la lettre H de l’article dans la définition en page 20 ( te pick). Nous verrons qu’il est en relation avec la Salasse, le lieu symétrique à la Kaïrolo du Sud-Ouest.

Ensuite le mot sEGOr sera traduit logiquement en utilisant le verbe to egg = pousser. Beaucoup des mots traduits dans ce chapitre sont en relation directe avec LaVaL Dieu mais ce n’est pas l’objet de notre propos, alors continuons avec Hercule.

Nous verrons que c’est le personnage agenouillé ( voir constellation d’Hercule ) qui figure sur le tableau. Il nous montre la lettre R du message « et in arcadia ego » et sera identifié par l’abbé par cette lettre ainsi que par les homonymes ( erre , hair etc …). Nous le retrouvons deux pages plus loin, en page 298 dans le sous-chapitre sur la « Ghasse au sanglier ». Cette faute nous met sur la voie de l’unique mot anglais qui commence par Ghas qui est Ghastful ( ghasty ) et qui veut dire sépulcral, pâle et épouvantable (page 55 chasseur Phaleg : to egg : pousser ..). Nous comprenons qu’il est question de sépulcre, de tombe et en relisant la page 301 , le lien sera fait avec l’Arcadie , dans la fureur, l’effroi et la frayeur….

L’abbé poursuit en rappelant qu’il fait allusion à un tableau :

L’histoire du sanglier d’Erymanthe est la peinture fabuleuse…

Il est en effet question de peinture, cette dernière est fabuleuse c’est-à-dire imaginé ( fubulous ), puis la page suivante il précise :

Le Neimheid n’a pas laissé dans l’ombre le souvenir de ces chasses dangereuses, et dans toutes les montagnes couvertes de bois profonds, pouvant servir de retraite sûre aux sangliers, on trouvera des terrains appelés pijole ou pijoulet, – pig, porc, – to jole, heurter avec la tête –.

Le mot « pijoulet » sera pour lui l’occasion de rappeler qui en est l’auteur, car ce mot en fait apparaître deux autres, « poulet » et « joue ». En fait « joue » est traduit dans le Sadler par Jole qui est le synonyme de Cheek [tchike] , l’homonyme de chick [tchik] qui veut dire poulet ou Poussin.

En fait dès le début du chapitre, dans l’explication de la coume das houns, il était déjà question de cheek, l’homonyme de chick qui veut dire Poussin. Hound signifie aussi flasques ou jottereau, terme de marine qui signifie « joue » ( https://www.cnrtl.fr/definition/jottereau )

On trouve un autre « chic » en page 99 sous la forme de « chicaner » :

Les Kabyles sont les descendans incontestés des Numides et sous une dénomination affectant une forme différente, les mœurs chicanières de ce peuple se montrent au grand jour s’accusant de la formation du nom de Kabyle –to cavil, chicaner.– Les Maures, relativement à la chicane, n’ont rien à envier aux habitants de la Grande Kabylie du Sud de l’Atlas.

Comme souvent, il faut s’intéresser à la définition entière pour trouver le lien avec les autres pages, et c’est le cas pour to cavil qui signifie aussi to tease ( voir définition Sadler ), verbe qui sera repris trois pages plus loin afin de mettre en évidence le son [ize] , noté parfois [ise] par l’abbé pour le mot ease.

Tel est le sens du mot abeille, en Kabyle, thizizouith, au pluriel thizizoua – to tease tize),tourmenter – ease (ize) tranquillité, – way (oué) chemin –.Nous employons pour cette interprétation le pluriel thizizoua ; toutefois en nous affranchissant des terminaisons propres au singulier ou au pluriel, le sens de thizizouith devient encore plus facile et plus clair, puisque c’est alors le bourdonnement de l’insecte qui importune et trouble le repos – to tease (tize) importuner, – ease (ize), repos – to whiz (houiz), bourdonner.

Ease est synonyme de tranquillité, de repos, de mort ,de paix ( easeful ),….en fait ease est un synonyme de peace,la boucle est bouclée.

Les allusions à Poussin et son tableau sont bien plus nombreuses que ce que je viens d’expliquer ( Abel, l’enfant pieux et pur fut remplacé par Seth, L’arme celtique de la chasse au sanglier était l’épieu.To set = encadrer. To allay (allé) mélanger les métaux = apaiser (APAISER, va. to appease, to calm, to soften :to pacify, to assuage,to allay.–  etc … ) , mais je pense en avoir assez dit pour que beaucoup d’entre vous comprennent que l’abbé évoque bien ce tableau ( et d’autres du même auteur ) dans LVL Celtique.

Je vous invite à relire les définitions anglaises où l’on retrouve le mot TABLEAU , puis à lire le chapitre II et ceux consacrés à Hercule, alors vous constaterez toutes les allusions subtiles que l’abbé disperse dans ses explications.

* Son origine

Il fut publié dans « l’or de Rennes » en même temps que le grand parchemin, mais il n’a pas la même origine ni la même logique. Nous savons que le texte qui fut choisi pour le créer est un extrait de l’évangile de Luc VI que l’on trouve dans le codex Bezae.

Le grand parchemin quant à lui se compose de trois parties:

– un texte codé ( Bergère etc ..) obtenu à partir de toutes les lettres du texte de la stèle et du PS- Prae-cum qui se trouve sur la représentation de la dalle.

– Un fond composé de l’évangile de Jean XII qui ne provient pas du codex Bezae.

– Une inscription qui se trouvait dans l’église de Rennes-le-Château ( jesu.medela… ) et qui n’intervient absolument pas dans le codage.

Enfin le tout est écrit en onciale, c’est-à-dire dans une écriture qui imite le petit parchemin.

Nous savons tout sur le codage complexe du grand parchemin alors que nous ne savons rien sur celui du petit. Il faut rappeler que pour P.de.Cherisey , le parchemin représente « une grotte » au fond de laquelle est inscrit le mot Sion.Certaines des lettres ont été décalées, de façon à faire apparaître la phrase « A DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE TRÉSOR ET IL EST LA MORT ». Nous reconnaissons le niveau de codage qui caractérise le duo (Plantard)-Cherisey, et nous comprenons qu’ils ne font qu’exploiter le mot SION que l’on trouve en effet inscrit à la verticale sur le petit parchemin.

Nous verrons qu’à la différence du grand parchemin, le petit propose une solution cohérente avec ce que nous fait deviner l’abbé Boudet dans LVL Celtique, alors que l’autre document nous apporte une nouvelle énigme ( Bergère etc.).

On comprend mieux que Plantard ait voulu le faire passer pour un faux, car chercheur de trésor à l’origine, il connaît sa valeur et devait regretter amèrement que P. de.Cherisez le fasse parvenir à G de Sède sans qu’il ne le sache.

* Présentation

Le texte du petit parchemin

Le texte du codex Bezae

Et factum est eum in

sabbato secundo primo a

bire per segetes discipuli autem illius coe

perunt uellere spicas et fricantes manibus+mandu

cabant quidam autem de Farisaeis di

cebant ei ecce quid faciunt discipuli tui sab

batis+quod non licet respondens autem Ihs

dixit ad eos numquam hoc

legistis quod fecit Dauid quando

esuriit ipse et qui cum eo erat i+ntroibit in domum

Dei et panes propositionis

manducauit et dedit et qui

cum erant quibus no

n licebat manducare si non solis sacerdotibus

Les différences

en vert les lettres du codex qui sont remplacées, suivies en rouges des lettres apportées par le parchemin

La traduction

Et il advint que lui durant un

sabbat second-premier,

passait à travers les champs ensemencés. Or ses disciples prirent

l’initiative d’ arracher les épis et les broyant dans (leurs) mains,

(les) mangeaient. Or quelques-uns des pharisiens lui

disaient: « Vois que font tes disciples, les sabbats

ce qui n’est pas permis! » Or, en réponse Jésus

leur disait: Vous n’avez jamais lu ce que fit

David lorsque il eut faim, lui

et ceux qui étaient avec lui? S’introduisant dans la maison

de Dieu, et les pains de la présentation

il mangea; et il donna même à ceux qui étaient avec lui,

eux à qui il n’était pas permis de manger, sinon aux prêtres seuls

* Une carte

Nous devons à Franck Marie une des premières interprétations du document . À juste titre ce dernier a constaté que le parchemin représentait une carte. Après avoir vérifié que toutes les proportions de cette carte étaient correctes, il en a déduit que :

– Rennes-le-Château ( C ) , se trouve à l’extrémité du petit triangle

– Rennes-les-Bains ( B ) se trouve sur la première croix située près du début de mot mandu

– Laval-Dieu ( A ) se trouve au niveau de la troisième croix

* Les deux alignements

Nous y retrouvons la logique de la stèle et de la dalle, c’est-à-dire, deux diagonales qui se croisent avec le Lieu qui se trouve à l’intersection. Cependant la figure finale est plus proche de celle de la pierre de Coumesourde pour laquelle il est question d’une sécante passant par un milieu.

Un alignement de lettres « T » est évoqué, car on peut constater que sur les lignes 2,4,5,6,8 ,9 et 10 on trouve cette lettre en sixième position. On peut donc logiquement se demander pourquoi il n’en est pas de même pour les lignes 3 et 7. En ce qui concerne la ligne 7 une inversion doit être réalisée afin que la croix qui se trouve en sixième position prenne la place de la lettre « T » que l’on trouve dans le mot auTem et réciproquement. Ce mot est important, il se trouve aussi sur la cinquième ligne. L’absence de « T » sur la troisième ligne doit nous conduire à le rechercher sur cette dernière, et ainsi découvrir l’alignement de « T » passant par le mot auTem et se terminant au « T » de inTroibit .

L’inversion du T du deuxième auTem et de la croix présente sur la septième ligne fait apparaître la deuxième diagonale composée de trois croix, la diagonale de lettres « M » de la stèle, c’est-à-dire la direction passant par Arques et par l’église de Rennes-les-Bains et se terminant à la croix du Bezu qui se trouve à l’intersection de la route du Bezu et de Saint Just, près du chemin qui descend à Saint Ferréols. Sur ce document la diagonale se termine sur la lettre « O » de SINON ,car nous sommes sur une direction Sud-Ouest.

* La lettre thêta

Sur certaine représentation du petit parchemin, le « O » de secundo est remplacée par la lettre thêta. Avec ou sans cette différence, la lecture est la même. Il n’existe que trois mots dans le texte possédant la syllabe « DO » . On trouve secundo , quando et domum, mais ce dernier mot est transformé en mot grec. Il ne reste donc plus que le mot quando, et c’est sur sa lettre « O » que les deux axes se croisent, nous sommes sur le Lieu à environ 250 mètres au Nord-Est de LavalDieu.

* Les mots grecs inversés

Comme Franck Marie l’a expliqué, le mot inséré à l’avant-dernière ligne, et possédant un thêta est le mot grec θήκη retourné qui veut dire coffre mais aussi et surtout tombeau. Le dictionnaire Bailly donne la définition suivante :

θήκη, ης (ἡ) 1 boîte, coffre, caisse où l’on dépose qqe c. (de l’argent, des trésors, etc.) Hdt. 3, 130 ; 7, 83 ; XÉn. Œc. 8, 17 ; Plut. Luc. 32 || 2 cercueil, d’où tombeau,…

Le sigle IHS est transformé en INS , que l’on retrouve associé à la direction Sud-Ouest au niveau du point D ( SINON ). Le but était d’expliquer que le Lieu ( O ) contient un tombeau en relation avec le Christ..

Le deuxième mot qui remplace domum ( maison ) est λένη . Comme le mot précédent il est aussi retourné et sa définition est :

ὠλένη, ης (ἡ) I le haut du bras, le coude, Hh. Merc. 388 ;Eschl. Pr. 60 ; Soph. Tr. 926 ; d’où : 1 le bras, EuR. I.T. 1158, Ph. 137, Med. 902 ; au plur. EuR. H.f. 1381, Bacch. 1125, 1238 ; AR.Ran. 1322 ; Luc. D. deor. 20, 10, Dom. 7 || 2 la main, EuR. I.T. 966 || II brassée, faisceau, Math. p. 88 (cf. lat. Ulna).

Son interprétation est plus difficile et je ne peux évoquer que deux pistes. La première est relative au coude du personnage central du tableau de Poussin. La deuxième qui a ma préférence, serait une référence à l’avant-bras du « christ au lièvre » que l’on trouve dans l’église de Rennes-les-Bains et qui symboliserait le chemin partant du terrain de l’homme mort ( le Christ) , et arriverait à LavalDieu. Il faut rappeler que l’évangile selon Luc VI parle dans un premier temps des épis arrachés, puis il enchaîne sur le miracle de la main desséchée. C’est d’ailleurs dans ce début de chapitre que l’on voit le mot « Sabbat » cité et décliné le plus grand nombre de fois dans le Codex Bezae ( voir l’erreur Sabat dans l’étude du codex Bezae 2 ).

* Redis,Blès

Le mot Redis, dont on trouve les trois premières lettres RED sur la page 186 du codex Bezae est bien en relation avec Rennes-le-Château. Nous le trouvons logiquement à l’extrémité de la diagonale pour indiquer le point de départ ( de l’autre coté au niveau du triangle ).

Enfin Blès est en relation avec le texte, puisqu’il est question d’épi arrachés, mais je pense qu’il fait aussi partie de la signature de l’auteur du petit parchemin.Cependant le fait de mettre blès au pluriel est particulier car on ne le trouve que dans peu de versions de la bible. C’est le cas dans la bible annotée de Neufchâtel de 1899 ( « Or il arriva, au sabbat second-premier, qu’il passait au travers des blés »  ), mais c’est plutôt la version janséniste de Lemaistre de Sacy qui a ma préférence ( « un jour de sabbat, appelé le second-premier, comme Jésus passait le long des blés » ) car n’oublions pas que Nicolas Pavillon était de cette confession.

* Les erreurs de lettres

Si l’on peut écarter deux types d’erreurs qui peuvent s’expliquer quand on prend le calque d’un document ( T à la place du I et C à la place du G ), trois erreurs que l’on trouve alignées sur la lettre M du mot auteM semblent avoir un lien.

ILLIUUTRIS ( illius= cette )

QUIDA ( quid = quelle )

DISETXITT ( dixit = il a dit )

Il semblerait qu’il faille prendre les lettres remplacées et les lettres qui remplacent pour former des mots latins, ce qui donnerait : UTRI ADDIS ET, soit mot pour mot « celui des deux- tu ajoutes-et » soit « et tu ajoutes celui des deux … ». L’auteur de l’énigme fait-il référence aux « T » que l’on trouve dans auTem afin de comprendre le tracé de la diagonale ou parle-t-il d’autre chose?

* Le tracé situé au-dessus du A de quando

Comme l’a expliqué F Marie, il s’agit de la pique de LavalDieu.

* La forme du texte

On retrouve facilement la ressemblance avec la vallée de LavalDieu, le pas de la roque entre SINON et SOLIS, ainsi qu’une forme évidée carrée, qui expliquerait qu’à cet endroit un échiquier peut être positionné.On remarque aussi que le mot domum  transformé ( le bras du Christ au lièvre ) est correctement placé car le chemin qui conduit de l’homme mort à LavalDieu se trouve à cet endroit.

* Le mot esuriiUt

Il suit le mot Quando dont la lettre O désigne le Lieu, il est donc en relation avec ce dernier.

Nous constatons qu’un U ( en fait un V, car le U n’existe pas en latin ) est remplacé par deux « I ». Comment ne pas voir à nouveau le code IVI qui explique en fait un M est l’association de ces trois lettres. La pierre de Coumesourde s’en trouve expliquée ( le Lieu O, situé à l’intersection des deux axes est au milieu du segment [DB] ).

* En conclusion

Une nouvelle fois, le Lieu désigné se trouve à environ 200 mètres au Nord-Est de LavalDieu. Nous retrouvons les deux directions évoquées sur la stèle, c’est-à-dire sur un document qui ni Plantard ni Cherisey n’a pu modifier. Nous savons que ces derniers ont été capables d’expliquer parfaitement le codage du grand parchemin alors que pour le petit, rien de cohérent n’a été démontré.A l’époque ils auraient pu très simplement expliquer ce que je viens de vous montrer pour confirmer qu’ils en étaient les créateurs, mais cela n’a pas été fait, car ils en étaient incapables.

Ce document a très probablement été réalisé par un prêtre, à partir de l’extrait du codex Bezae que l’on retrouve dans Vigouroux. La modification du mot discipuli fait apparaître deux choses, la page du codex où se trouve cet extrait ( page 186 ) mais plus complètement une date : 1861. L’auteur qui devint disciple du Christ, c’est-à-dire prêtre à cette date est l’abbé Boudet. On comprend alors le choix des mots « bles » et « ὠλένη » . Le premier mot fait référence à la kaïrolo de LVL Celtique, et le deuxième nous parle d’un tableau présent dans sa maison ( domum ) de Dieu, c’est-à-dire dans l’église de Rennes-les-Bains. Ce n’est bien sûr que mon hypothèse…

Je pense que ce document est authentique et légèrement modifié ( A Dagobert etc…). Il fut obtenu par Plantard de façon « peu honnête ». Ce dernier a probablement découvert deux choses, son origine ( Vigouroux ) et le mot SION que l’on trouve « dans la grotte » ( pathétique…) !!.

C’est à partir de cette découverte qu’il eut l’idée de créer le «Prieuré de Sion », car il a compris que cette énigme était en relation avec SION, et que si le Lieu devait un jour être trouvé, il serait obligatoirement en relation avec ce mot : Le prieuré de Sion est en fait l’opportunisme d’un chercheur bredouille.

On comprend alors pourquoi le grand parchemin fut réalisé à l’image du petit, et qu’il connaissait tout du premier et rien du second.

LE CODEX BEZAE ET LA DALLE ( partie 2 )

* L’annotation grecque

Le texte en grec qu’elle accompagne est un extrait de l’évangile de Jean XII, dont la traduction exacte se trouve à l’adresse suivante :

http://www.codexd05.fr/evangile-jean/12

Mais que l’on trouve couramment sous la forme de :

01 Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.

02 On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.

03 Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.

04 Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :

05 « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »

06 Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait.

07 Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement !

08 Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

09 Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts.

10 Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,

11 parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Cette annotation se trouve en haut et à gauche de la page suivante (page 270/856 codex ) :

https://cudl.lib.cam.ac.uk/view/MS-NN-00002-00041/270

Elle se compose :

– d’un XAP

– d’un sigle incliné formé d’une croix dont l’axe verticale est un P, et dont la barre horizontale supporte deux S aux extrémités

– une suite de mots grecs en lettres majuscules ( sauf pour la lettre omega ).

– d’une sorte de croix placée devant la troisième et la quatrième ligne, et dont la barre transversale possède aux extrémités deux petits traits verticaux.

Expliquons maintenant ces quatre éléments.

Le XAP

Cette abréviation αρχ indique un début de lecture liturgique. C’est l’abréviation du mot ἀρχή qui signifie commencement. Plus loin dans le texte on trouvera τελ , qui est l’abréviation du mot τέλος, qui signifie fin et indique logiquement la fin de la lecture ( par exemple en français le mot télos se retrouve dans télomères qui sont des structures que l’on trouve aux extrémités des chromosomes et qui se raccourcissent quand on vieillit ! ).Il est donc normal de trouver régulièrement des XAP dans ce lectionnaire.

Le sigle incliné

C’est un christogramme, et plus particulièrement un staurogramme . Ce mot vient du grec  σταυρός, οῦ (ὁ) = pieu pour une palissade mais aussi une croix ( voir crux : https://recharc.fr/lvl-celtique-la-croix-des-sommets/ ). L’image de la croix se retrouve dans la superposition des lettres grecques tau (T) et rho (P) . Ce symbole n’est pas typiquement chrétien et était gravé sur des pièces de monnaie antérieures à J.C .Par exemple on le trouve sur les pièces d’Hérode, car ce dernier prétendait être le roi oint, c’est-à-dire le Christ . Une fois orné des lettres α et ω, il devient un symbole chrétien qu’on peut rattacher à la famille des chrismes dont il est antérieurStaurogrammes et Chrismes s’imposent après Constantin et symbolisent le Christ, que ce soit dans l’Empire romain d’Orient ou d’Occident. La différence entre les deux est que d’un côté le staurogramme symbolise le Christ sauveur (rho signifie aide en grec) et de l’autre le chrisme symbolise le Christ Roi.

La suite de mots

Aνναγνοϲ

μαπερη

τοΚυριάκη

τωνΠροφουτηϲ

ματων

On distingue deux écritures, l’une( la sombre ) semblant corriger et se rajouter à l’autre   ( la claire ).Cependant chaque mot se trouve mal orthographié, et selon les spécialistes en grec ancien, une traduction phonétique semble être souvent proposée.

En fait l’expression est Aνναγνοϲμα περη το Κυριάκη των Προφουτηϲματων.

Maintenant que vous êtes initié au grec ancien, la traduction vous paraîtra plus simple.

Cette annotation est reproduite au début du livre de Scrivener (Bezae_Codex_Cantabrigiensis_scrivener ) 13/551 pdf ). On peut aussi constater que le texte du petit parchemin ( Luc VI ,page 270/551 pdf ) et du grand parchemin ( Jean XII 220/551 pdf ) ne sont que des retranscriptions.

Mais c’est à la fin du livre que l’auteur passe en revue toutes les annotations, à partir de la page 448 ( 539 /551pdf ) et notamment celle qui nous intéresse .

À la page 449 on peut lire :

Selon Scrivener ,deux scripteurs sont à l’origine de cette expression.

Le premier cité (L ) est celui qui a le plus annoté le codex Bezae.

Le second (J) n’est intervenu que deux fois dans le codex, d’abord sur cette page, puis très succinctement sur la page 185b ( page 351/856 codex ).

Il explique que L a écrit le XAP puis le début de l’expression, qu’une correction a été faite sur l’article ( par L lui-même ? ) , et que J est à l’origine du reste de l’expression. Les « télos », c’est-à-dire les fins de lecture se retrouvent à la page suivante pour chaque auteur. Enfin entre crochet il précise :Κυριακή των Βαΐων xii 1-18, c’est-à-dire « dimanche des rameaux » jean XII de 1 à 18.

Parker propose que L corrige J ( Codex Bezae, An Early Christian Manuscript and its Text, 1992 )

Aνναγνοϲμα ( anagnosma )

Ce mot possède deux fautes d’orthographe, car le mot exact est : νάγνωσμα (ατος pour le génitif et τὸ pour l’article ).Il signifie « sujet de lecture ».

On remarque que le scripteur a doublé la lettre ν que l’on trouve en début de mot. De plus il a confondu le ω (omega) avec un ο (omicron) mais à l’époque du scripteur, les deux se prononcent de la même manière. Ces deux erreurs sont reproduites sur le même mot, dans les différentes annotations liturgiques qui accompagnent les évangiles, elles ne sont donc pas caractéristiques de cette page. Ce mot se décline de la même façon que ὄνομα ( voir ci-dessus, notion de grec ancien )et donc ce mot est au nominatif.

Περη ( peré )

C’est un adverbe qui signifie « en vue de » , mais il devrait s’orthographier περ .            A l’époque du scripteur, ι (iôta) et η (êta, devenu îta) se prononçaient tous deux « i ».Mais ici l’erreur est remarquable car dans tout le codex ( voir Annexe 1 ), cette erreur n’a été faite que deux fois. On la trouve sur cette page, et sur la page 47B (80/856 codex ) où le scripteur L semble particulièrement inattentif ,car il oublie un β sur le mot σαββάτo ( voir déclinaison en annexe 2 ). C’est la seule et unique fois sur tout le livre .

το Κυριάκη (to kiriaki )

L’article τὸ avait été mis au neutre, mais Κυριακή qui veut dire « dimanche » est féminin . L corrige J et remplace τ par τ ( qui se prononce « ti » ), ce qui est mieux. Il aurait dû écrire τὴν Κυριακὴν mais comme le final ne se prononçait déjà plus, il a probablement été omis. Enfin le scripteur commet une autre erreur, il met un accent aigu sur le α au lieu de le mettre sur le η .

Le mot Κυριακή (Kiriakí) dérive du mot Κύριoϲ qui signifie «Seigneur» et désigne donc au féminin le «jour du Seigneur» c’est-à-dire le dimanche (dont le latin dominica dies, de Dominus, «Seigneur», qui donne en français «dimanche»).

των Προφουτηϲματων ( to profoutesmaton )

Vous reconnaissez un génitif pluriel avec son article των et sa désinence ματων . C’est donc un complément de nom qui se réfère au mot précédent τὴν Κυριακὴν .

Vous remarquerez que j’ai remplacé une lettre ressemblant à une sorte de gamma par ου .

C’est ce qu’on appelle une ligature, le omicron upsilon, ου est un digramme de l’alphabet grec qui est souvent représenté ainsi. Elle est aussi utilisée pour la lettre cyrillique ouk ‹ Ꙋ, ꙋ › et la lettre latine ou ‹ Ȣ, ȣ ›.Dans l’écriture du grec, la ligature d’un omicron et d’un upsilon a la forme de ce dernier placé au-dessus du premier              ( donc nous devons voir un O surmonté d’un arc de cercle ). Fréquemment utilisée au Moyen Âge, on la trouve particulièrement dans les manuscrits byzantins. Dans le codex, le scripteur L l’utilise et notamment à la page 145b où l’on trouve les deux formes, la ligature et le digramme OY ( ου en minuscule ) dans le mot SABBATOY correctement orthographié:

L’ensemble se traduit par « dimanche des pré-illuminations ». Mais ici aussi il y a des fautes, car le mot proposé sur le codex ne veut rien dire.

Προ = pro veut dire « qui précède », par contre la suite aurait du être φωτισματων qui veut dire illuminations ( illuminationum en latin ) et là on note deux erreurs. La première est que ω a été remplacé par OY . Omicron ( o ) et oméga( ω ) se prononce « o », mais upsilon ( Y en majuscule, υ en minuscule ) est de trop. La deuxième erreur se trouve deux lettres plus loin, à nouveau un η remplace un comme pour le deuxième mot ( περ ) .

Il reste à expliquer pourquoi ce dimanche des pré-illuminations est le dimanche des rameaux. Dans les églises orthodoxes, la veille est appelée samedi de Lazare, qui fait référence à la résurrection de Lazare. Ce jour indique la fin du Grand Carême pour les chrétiens orthodoxes et les catholiques orientaux. Avec le dimanche des Rameaux, il précède la semaine sainte qui se termine par une veillée le samedi soir, juste avant de passer au dimanche Saint. Durant cette célébration, une procession est organisée à minuit. On remet des cierges aux fidèles qu’il faut allumer dans une église plongée dans le noir. Pour cette raison, le dimanche qui précède était appelé dimanche des pré-illuminations.

. la « croix »

Elle aussi est particulière, car inclinée et possédant une branche verticale aux extrémités retournées vers le bas. Placée devant les autres lettres, j’ai cru dans un premier temps que s’en était une. En fait je pense que derrière cette forme de croix, on a bien représenté une lettre qui se trouve à l’envers, c’est la lettre psi (  ψ ).

* En conclusion

Le scripteur J a probablement écrit un PSi à l’envers pour évoquer PS, c’est-à-dire pour expliquer la façon de lire le staurogramme, puis il trace ce dernier sous la forme d’un symbole PS incliné. Ce staurogramme n’a aucun équivalent, car aucun n’est penché et aucun ne possède deux « s » accrochés ( en fait il indique le Sud de cette croix ).

Il écrit une annotation avec trois fautes :το Κυριάκη των Προφουτηϲματων :

– un o au lieu d’un η qui se prononce I

– un Y de trop

– un η au lieu d’un I.

Le scripteur donne une forme particulière à la ligature qui est aussi unique ( extrémités en forme de V inversé ). Quand on sait que upsilon Y est l’ancêtre des lettres U, V, W et Y ( avec U qui s’écrit V en latin et Y qui n’est qu’un bâton surmonté d’un V ), on ne peut penser qu’à la lettre V .Quoi qu’il en soit , si l’on devait translittérer le mot latin IVI en grec ancien, cela ne pourrait donner que IYI et rien d’autre.

Voilà donc qu’IVI est évoqué …

Sur ce… le scripteur L arrive, il rajoute dans la prolongation du staurogramme le XAP qui manquait. Il corrige le o en η ce qui a pour conséquence de détruire le code IVI. Pour y remédier il fait une faute d’orthographe sur le du mot περ en le remplaçant par η , alors qu’il ne l’a jamais fait ( excepté la page 47B où il cumule les erreurs, page qui mériterait d’être étudiée et dont le but était certainement d’attirer l’attention )

Et on retrouve à nouveau IVI entre le XAP et le PS. Il y a bien des similitudes entre le texte de la dalle et cette inscription.

Tout ceci voudrait dire que le scripteur L connaissait cette énigme et dans ce cas on peut s’interroger sur les deux fautes énormes qu’il a commises tout au long du codex, je veux parler du doublement de la lettre ν et de la transformation de ω en ο dans le mot Aνναγνοϲμα .Il faut bien comprendre qu’il lit le grec et qu’il est prêtre, donc il connaît très bien ce que veut dire et comment s’écrit ce mot qui est :

lecteur, provenant du verbe grec traduit par lire, primitivement reconnaître, de ANA indiquant réduplication, et verbe grec exprimant connaître.

En effet GNOSE signifie connaissance en général, mais connaissance de DIEU et de soi-même à cette époque. Il sait que la lecture est liée à la parole, le logos de l’ancien testament et il sait qu’au début était Dieu. Pensez-vous réellement qu’un prêtre qui sait lire le grec dans le codex ne sache pas ce que nous même nous connaissons sans avoir son niveau dans la maîtrise de cette langue ancienne ?

Alors si on admet le code IVI tout devient logique. Un N est un I associé à un V comme l’expliquait l’abbé Boudet dans LVL Celtique , et donc ce mot est ici expliqué en découpant judicieusement le mot Aνναγνοϲμα:

AIVIVAΓNΩC

    M A

Le M est IVVI soit IVI , le mot est en relation avec Dieu et pour le préciser on rappellera ( comme le fait le staurogramme ) que Dieu est l’ α et l’ω .

Quand j’avais interprété le texte de la dalle, avec son PAX et sa direction Sud-Ouest PS, l’origine du petit parchemin n’avait pas encore été trouvée. Qu’elle fut alors ma surprise de retrouver un jour cette direction dans un coin de page du codex Bezae, à propos d’ un sujet en relation avec le grand parchemin et dont l’extrait d’évangile nous parle de la sépulture du christ ( direction Sud -Ouest donnée de façon incompréhensible à ce staurogramme ) .

Je découvre maintenant que les fautes d’orthographe qui paraissent bien intentionnelles font apparaître le code IVI.

Quelles seraient alors les chances d’un codeur du XIX siècle créant le petit parchemin, de trouver ce genre de document qui ne serait que le résultat d’un immense hasard ?

Alors je me pose des questions et je me dis qu’il est fort probable que ce secret qui a commencé il y a bien longtemps est bien « un secret de prêtres », car seuls les prêtres avaient accès à ce codex et possédaient la connaissance pour interpréter ces erreurs.

ANNEXE 1 :

ΑΝΝΑΓΝΟCΜΑ

ΑΝΝΑΓΝΟCΜΑ ΠΕΡI      ΑΝΝΑΓΝΟCΜΑ ΠΕΡΗ          deux fois

24-42-80-96-98-100-106-108-110-118-122-128-132-134-136-138-160-168-176-184-198-210-212-218-222-224-226-228-240-256-260270274-278-284-292-300-379-383-385-397-401-403-411-413-417-421-453-457-469-471-475-477-487-489-495-539-555-557-559-601-607-695

ANNEXE 2 :

σάϐϐατον, ου (τὸ) [ϐᾰ] 1 le sabbat, jour de repos chez les Juifs,

Cas Singulier Pluriel Duel
Nominatif

τὸ

σάββατον

τὰ

σάββατα

τὼ

σαββάτω

Vocatif

σάββατον

σάββατα

σαββάτω

Accusatif

τὸ

σάββατον

τὰ

σάββατα

τὼ

σαββάτω

Génitif

τοῦ

σαββάτου

τῶν

σαββάτων

τοῖν

σαββάτοιν

Datif

τῷ

σαββάτ

τοῖς

σαββάτοις

τοῖν

σαββάτοιν

LE CODEX BEZAE ET LA DALLE ( partie 1 )

* Les parchemins

Depuis quelques années, nous connaissons le texte de base qui fut utilisé lors de la création du petit parchemin, je parle bien entendu du codex Bezae. Et depuis cette date nous savons que le grand parchemin n’a pas été réalisé à partir de ce même codex, mais a été créé à son image, c’est-à-dire en imitant l’écriture onciale. C’est une des raisons qui font que je pense qu’ils ne furent pas crée par la même personne .De plus, l’analyse du petit parchemin nous conduit au même lieu, alors que le grand parchemin nous propose un codage complexe impossible à résoudre sans connaître chaque étape, et dont la solution n’est qu’une nouvelle énigme. Ceci dit, l’évangile qui fut choisi pour élaborer ce dernier ( Jean XII ) n’est pas quelconque, car dans le codex Bezae on le trouve associé à quelques mots grecs :

ΑΝΝΑΓΝΟC/ΜΑΠΕΡΗ/ΤHΚΥΡΙΆKH/ΤωΝΠΡΟΦ(ΟΥ)ΤΗC/ΜΑΤωΝ

et symboles qui nous rappellent l’énigme de la dalle ( https://cudl.lib.cam.ac.uk/view/MS-NN-00002-00041/270 ) et c’est à ceux-ci que nous allons nous intéresser.

Mais dans un premier temps, rappelons l’historique du codex.

* Le codex Bezae

Ce codex bilingue ( grec-latin ) est probablement la copie d’un texte plus ancien apporté en Gaule par Irénée dans les années 170. Selon F.Scrivener il fut crée dans le Sud de la France, mais d’autres origines sont proposés par différents chercheurs. Il fut retrouvé à Lyon lors des guerres de religion et sauvé par Théodore de Beze qui l’envoya ensuite en Angleterre, ce qui lui vaudra le nom complet de « Codex Bezae Cantabrigensis ».

Cet ouvrage possède deux types d’annotations réalisées essentiellement sur les pages Grecques.

Les premières plus récentes ( probablement entre le IV et le XI siècle ) ont pour but de repérer des lectures qui seront faites à des temps liturgiques particuliers. Les spécialistes ( Scrivener, Harris, Parker… ) estiment qu’elles furent écrites par une dizaine de personnes différentes. Identifiées par les premières lettres de l’alphabet, ils sont appelés correcteurs ou annotateurs. Ces scripteurs préparent le codex qui devient ainsi un lectionnaire.

Les secondes plus anciennes furent réalisées dans un but peu connu, que les spécialistes appellent PROSERMENEIAI ou HERMENEIAI . Ce sont des sentences divinatoires destinées à répondre à des intentions précises. En cela elles ressemblent aux réponses des oracles que l’on venait interroger dans la Grèce antique ( https://brill.com/view/book/edcoll/9789004379916/BP000006.xml ).

* Notions de grec ancien

Afin de comprendre la suite de cette étude, il faut connaître quelques notions de cette langue que j’ai découverte récemment. Pour les traductions, j’ai bénéficié de l’aide de deux spécialistes en grec ancien sans lesquels je n’aurai pas pu avancer dans mes recherches, et je les en remercie de nouveau.

Le grec ancien ( comme le latin ) est une langue flexionnelle qui se décline, c’est-à-dire que dans une phrase, la fonction d’un mot est précisée par une terminaison appelée désinence, ce qui a pour conséquence que la place du mot dans la phrase n’a pas d’importance. En français il n’y a pas de déclinaison, car l’ordre des mots précise la fonction. Nous commençons par exemple une phrase par un sujet, suivi du verbe puis du ou des compléments d’objet pour les verbes transitifs.

Ainsi en grec ancien chaque mot se décline en fonction de son rôle. Il existe trois déclinaisons, et chacune possède cinq cas que l’on peut expliquer sommairement :

– Le nominatif qui représente le sujet

– l’accusatif qui est le complément d’objet direct

– le génitif ou complément du nom.

– Le datif ou complément d’objet indirect,

– Enfin le vocatif utilisé dans une conversation pour interpeller quelqu’un . Ce dernier cas ne nous intéressera pas dans l’étude qui va suivre.

Dans un dictionnaire grec on vous indique en premier lieu le nominatif, suivi de la désinence du génitif, ce qui permet de décliner le mot.

Par exemple « le nom » se dit en grec ancien τὸ ὄνομα ( on cite le nominatif ) et dont la translittération en français donne « to onoma » .On peut décomposer ce mot en deux parties, son radical ὄνο suivit de la désinence caractéristique des mots neutres : μα .

C’est un mot qui obéit à la troisième déclinaison, et particulièrement à celle des noms neutres ( ni masculin, ni féminin ) au thème consonantique. On retrouve la racine dans le mot onomatopée ( ou littéralement « création de mot » ) .

Pour information le mot commence par omicron ( o court , prononcé brièvement, à la différence de ω oméga ou o long ), il est surmonté d’un accent aigu ( donc on prononce plus fortement sur cette voyelle ) et d’un esprit doux ( donc pas d’aspiration ).

Chaque article subit aussi la déclinaison comme on peut le constater dans le tableau suivant :

τὸ ὄνομα, –ατος = le nom

Singulier

Pluriel

Nominatif

τὸ ὄνομα

τὰ   ὀνόματα

Vocatif

ὄνομα

ὀνόματα

Accusatif

τὸ ὄνομα

τὰ   ὀνόματα

Génitif

τοῦ ὀνόματος

τῶν ὀνομάτων

Datif

τῷ ὀνόματι

τοῖς ὀνόμασι[ν]

Pour le datif pluriel on rajoute si nécessaire un ν (nu ) pour éviter un hiatus, soit deux voyelles qui se suivent, rendant ainsi la lecture difficile.

Par exemple si je commence une phrase par : Les noms sont faciles à écrire…,alors « Les noms » forme le groupe sujet, donc il sera mis au nominatif soit τὰ  ὀνόματα ( ta onomata ) et il pourra être placé n’importe où dans la phrase.

On retrouve la même chose en latin, et souvent le verbe est rejeté à la fin de la phrase, ainsi on peut dire : Et in arcadia ego ivi, « moi aussi je suis allé et je suis en Arcadie ». arcadia peut être le nominatif, le vocatif ou l’ablatif selon l’accent que l’on place sur la dernière lettre « a ». In est une préposition qui s’emploie à l’accusatif et à l’ablatif, donc arcadia est à l’ablatif.

Mais revenons aux annotations grecques de la page 150v…