* Bilan

Le créateur du petit parchemin n’avait pas le choix, c’est très probablement à partir du fac-similé de Luc VI présent dans le dictionnaire de Vigouroux qu’il le créa.

Cela veut aussi dire que les lettres R, E et D que l’on trouve décalées sur ce document, et que l’on peut interpréter comme étant une indication « qui oriente » vers REDIS n’est qu’un pur hasard.

Mais surtout cela signifie que tout cela n’a rien d’une farce.

En effet , aucune référence à Jean XII n’est faite dans l’article de Vigouroux . Donc l’auteur du grand parchemin n’avait aucune information sur l’importance de cette page.Pourtant le choix de Jean XII comme support du grand parchemin est très particulier.

  • C’est la seule page du codex où s’accumulent les fautes d’orthographes si particulières au codex Bezae.
  • C’est la seule page où se trouve le plus grand et le plus beau « chrisme PS» .
  • C’est la page qui se trouve reliée par le mot grec περη aux deux autres pages qui font référence à Génézareth ( voir et vérifier l’étude Ad Genezareth )
  • C’est comme l’a précisé Thierry Espalion, la page où se trouve le mot SION que l’on retrouve dans le petit parchemin.
  • C’est le mot grec θήκη ( coffre, tombeau ) du petit parchemin qui fait écho au mot γλωσσόκομον ( coffre, bourse ,Codex Bezae, Jean XII ) dans un texte où Jésus évoque son propre tombeau dans Jean XII.

Tout cela montre que le créateur des parchemins avait bien la connaissance de ces réalités et n’a fait que profiter de la publication des facsimilés de Luc VI présents dans Vigouroux pour faire ce lien avec la page Jean XII du codex Bezae. Cela n’a donc rien à voir avec une farce organisée par un « pseudo-génie »( enfin pour certains…). C’est une des raisons qui me font penser qu’un prêtre vivant au début du XX siècle en est l’auteur, et que Plantard n’a fait que profiter du mot SION écrit sur un document authentique ( subtilisé à ? ) pour créer son « Prieuré de SION ». Comme à son habitude, il se greffe sur l’histoire.

* Sabato, saison 2

Quand j’ai découvert la faute « Sabato » dans les annotations du codex, j’ai évidemment recherché sa présence dans l’annotation présente en haut de la page grecque de Luc VI. Bien entendu, je ne l’ai pas trouvée, et j’en avais conclu qu’aucun lien entre Luc VI et Jean XII n’avait été fait à l’époque des annotateurs . C’est en m’intéressant aux titres réalisés par l’annotateur M1/M2 que j’ai compris que tout n’était pas aussi simple. Dans tous les titres du codex Bezae , le mot Sabato apparaît bien une seule fois. Scrivener l’avait repéré en page 451 de son ouvrage et on le trouve dans les titres compilés par Jennnifer Knust et Tommy Wasserman dans l’article «  Codex Bezae as Repository » de 2020 : Extrait .

( Il se trouve à la page 1 , au niveau de la ligne qui correspond à la colonne « modern » 12:1) .

La page du codex Bezae où figure ce titre est la 34b et …..la péricope dont il est question est L’ARRACHAGE DES BLÉS UN JOUR DE SAB(B)AT !

Il y avait donc bien un rapport avec Luc VI …

La faute est à nouveau incompréhensible, car pour repérer à quelle page il va devoir écrire le titre, l’annotateur va d’abord lire en bas de la page la déclinaison SABBACIN (correctement orthographiée ):

puis l’indiquer dans une écriture négligée ( que je pense intentionnelle ) et en soulignant la lettre B le mot Sabacin :

* Luc VI et la faute David

La faute sur le mot David fut aussi identifiée par les chercheurs du XIX siècle.Harris , pour ne citer que lui, en parlera longuement en page 12 de son livre ( the annotators of the codex Bezae ).

Le nom David ( δαυειδ , ΔΕΥΕΙΔ ) est orthographié dans ce titre «δαυγι» ( voir aussi en page 5 de l’article Codex Bezae as Repository ) , c’est-à-dire qu’entre autre, une lettre « gamma » a été incorporée dans le prénom « David ».

Pourtant ici aussi l’annotateur M1/M2 l’a lu avec son orthographe correcte :


Mais dans le titre il écrit :


Cette faute aurait-elle un rapport avec les lettres « gamma » que l’on retrouve dispersées dans les titres et notamment dans celui où se trouve le mot Sabacin ? Je me renseigne actuellement auprès des spécialistes du codex Bezae et j’espère pouvoir vous donner prochainement une réponse.

* Le variant omicron

Pour l’anecdote, il se trouve qu’un autre mot contenant « SION » est présent dans le nouveau testament .Pour rappel ce mot se trouve dans trois évangiles faisant référence à la même péricope, celle de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Nous connaissons Jean XII-15 , mais il y a aussi Luc XI- 3 et Matth XXI- 5. Donc le mot SION ( Σιών ) ne se retrouve que trois fois dans le codex Bezae.

Le mot dont je parle possède un omicron à la place d’oméga, mais se prononce de la même façon : c’est le mot ἐπιούσιον que l’on retrouve par exemple dans Matth VI-11. Il se lit « épi ou SION » soit en grec « ἐπι ού σιον » . On le trouve dans le « Notre père » , il signifie « supersubstanciel » et se traduit par « quotidien » ( notre pain quotidien …).

Ne trouvez-vous pas remarquable ( après avoir parlé de Luc VI ) de trouver dans une expression le pain , l’épi et SION !

* En conclusion

La personne qui inventa le petit parchemin n’a pas créé de canular. Même si les faits apportés aujourd’hui confirment cette constatation, il suffisait déjà d’analyser le texte du petit parchemin pour le comprendre .

Au temps des annotateurs, un lien avait été fait entre Jean XII et la péricope du blé arraché .La racine « Sabbat » se retrouve notée sept fois à la page 36a de Matth XII et six fois sur la page 205b de Luc VI, donc l’annotateur a placé la faute au niveau de la page du codex Bezae qui contenait le plus de fois les déclinaisons.

De mon côté, j’en conclus qu’il met en évidence la péricope du blé arraché, et non spécialement le texte de Luc VI. J’ai expliqué pourquoi l’abbé Boudet parle de « Kaïrolo » dans LVL celtique ( La kaïrolo) , il fait référence à un des anciens noms de LavalDieu ( Pic-kairol ). Ce nom vient de l’activité exercée en ce lieu : le traitement et la conservation du blé. En 1195 ce hameau était connu sous le nom de « Grange de la bénédiction de Dieu » ( Sabarthes ). Il est donc possible ( mais sans information, je ne peux que supposer …) que depuis bien longtemps ce lieu avait cette activité. Il serait donc logique qu’après avoir indiqué une direction sud-ouest issue d’Arques, on cherche à préciser de cette façon où se trouve le lieu concerné. Mais tout cela n’est qu’hypothèse, nous sommes bien d’accord.

Après avoir étudié l’évangile de Jean XII qui constitue la trame du grand parchemin, c’est sur le document qui fut à l’origine du petit parchemin que portera cette étude.

* Rappels

« Pierre et papier » de Philippe de Cherisey nous a permis de comprendre que ce dernier ne connaissait pas l’origine du petit parchemin. C’est à la page 70 du « testament du Prieuré de Sion » de Jean-luc Chaumeil qu’il explique avoir fabriqué ce document « dont il a pris le texte en onciale à la Bibliothèque Nationale sur l’ouvrage de Dom Cabrol, l’archéologie Chrétienne , casier 25 ». Nous savons maintenant que cet ouvrage ne contient pas l’extrait du codex Bezae. Il poursuivra en évoquant « le codage utilisant le texte de la pierre tombale et le saut du cavalier », démontrant ainsi le peu de maîtrise qu’il possédait sur la création de ces documents. Jamais il n’a cité le codex Bezae, alors que c’était la seule chose logique qu’il devait faire pour prouver qu’il était l’auteur des parchemins. Son ignorance le poussera à affirmer ( page 78 ) que le document I est un montage de trois évangiles synoptiques rapportant le même événement, soit Luc ( I,5 !), Matthieu ( XII 1-8), Marc ( II,23-28 )!!.C’est en effet ce que l’on peut en dire quand on ne connaît pas son origine.

* Origine du texte

– C’est en 2004 que Wieland Wilker de l’université de Brême découvre l’origine du petit parchemin.

– En 2005 Thierry Garnier de Gaillon retrouve ce texte dans l’ouvrage de Kenyon.

Jean-Luc Chaumeil propose ensuite Vigouroux . Il explique son point de vue dans l’interview qu’il accorde à Johan Netchacovitch , rédacteur du site du portail de Rennes le Château :

Johan , Gazette de RLC :

Un problème sur les sources de de Cherisey a été soulevé par la découverte du texte d’origine du « Petit Parchemin », le célèbre Codex Bezae. Il n’évoque jamais cette source unique.

J-L Chaumeil :

Ah ! là, nous sommes au cœur du système Plantard-Cherisey ! Je ne vais pas encore reprendre ce que j’ai écrit sur vos forums mais certains ne veulent manifestement pas comprendre… C’est agaçant à la longue. Pierre Plantard connaissait le livre de Fulcran Vigouroux et a fait en sorte que la paternité des parchemins soit attribuée à Philippe. Citer dom Cabrol était un leurre, une pirouette. Ce fut la même chose avec la revue « CIRCUIT » qui connut plusieurs moutures. Je vous donne un autre exemple… Dans une interview que Philippe m’a accordée en 1973, il en donne l’origine : « …j’ai pris le texte antique en onciale à la Bibliothèque Nationale sur l’ouvrage de dom Cabrol, l’Archéologie chrétienne, casier C25 ». Je m’y suis rendu et qu’ai-je trouvé dans le casier voisin à votre avis ?… Dans le casier B, le Fulcran Vigouroux. Voilà l’exemple par excellence des leurres et chausse-trapes du duo. Ils donnaient une information approximative, seul le curieux trouvait la véritable piste !!! J’affirme donc à la lumière de cet exemple que Pierre Plantard connaissait le manuscrit de Fulcran Vigouroux ! Et ceux qui ne l’admettent pas se fourvoient…

En fait cet exemple ne démontre absolument pas que Plantard connaissait Vigouroux. Le « dictionnaire de la bible » composé de cinq volumes doubles réalisé de 1895 à 1912 et rédigé sous le contrôle de Fulcran Vigouroux fait partie de « l’Encyclopédie des sciences ecclésiastiques » qui comprend entre autres le « dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie » composé de 15 volumes doubles, et rédigé entre 1907 et 1951 sous le contrôle de Fernand Cabrol et Henri Leclercq ( Dictionnaire).Il n’est donc pas étonnant de trouver l’un proche de l’autre, mais l’un n’est pas l’autre. Comme nous le savons tous, jamais Plantard ( ni Cherisey) n’a parlé de codex Bezae ….

* Facsimilé de Luc VI

Beaucoup se sont posés des questions relatives au choix de ce texte. Certains ont proposé que ce dernier fut le fait d’un groupe de prêtres Sulpiciens ayant un lien avec l’Aude. Nous verrons ce qu’il en est en étudiant l’origine du document. Rappelons avant cela une partie de l’historique des études réalisées depuis que ce codex est arrivé à Cambridge. Parmi les chercheurs proposés par Kenneth Panten ( Les chercheurs du codex Bezae) , certains vont proposer des fac-similés du codex.

Le premier fut Kipling ( 1793 ) dont l’ouvrage pratiquement introuvable fut publié à 250 exemplaires ( Codex Theodori Bezae Cantabrigiensis: Evangelia Et Apostolorum Acta Complectens Quadratis Literis Graeco-Latinus ).Scrivener rendra hommage à son travail « de copiste » à la page 12 de son introduction.

Le deuxième était Frederick Henry Ambrose Scrivener ( 1864 ) qui ne proposa que trois pages dans son introduction, mais la reproduction de Luc VI ne s’y trouvait pas ( Codex Cantabrigiensis ).

Il faut attendre 1899 pour que soient publiés par l’université de Cambridge les deux volumes de « Codex Bezae cantabrigiensis : qualtuor Evangelia et Actus apostolorum complectens graece et latine » qui propose l’intégralité des fac-similés de qualité photographique du codex Bezae ( Tome 1, Tome 2) ,afin d’y trouver dans le tome II ( page pdf 411/1016 ) la reproduction de Luc VI .

Origine Vigouroux ( Vigouroux codex bezae )

Dans ce dictionnaire, l’article qui explique l’origine du codex Bezae précise que les planches 14 et 15 proviennent du Recueil de la Palaeographical society. Je me suis alors demandé si l’auteur de l’article fit un choix parmi plusieurs planches du codex Bezae qui y seraient proposées. En fait il n’en est rien, seuls les planches qui représentent l’évangile de Luc VI sont disponibles (Recueil ).

Origine Kenyon

Le livre de George Kenyon « Our Bible and the ancient manuscripts » Livre ( 1900 ) propose après la page 142, le fac-simile de Luc VI.

En conclusion

Quelle que soit la source, le créateur du petit parchemin a choisi le fac-similé de Luc VI ,car il n’avait que ce choix-là ! .Cependant on peut se poser une question :

Le recueil de fac-similés de 1899 pouvait-il être une source possible du petit parchemin ?

Je ne le pense pas, car dans ce cas, il était plus facile au créateur des parchemins d’utiliser le texte de Jean XII du codex Bezae plutôt que de s’embêter à transcrire en oncial tous les caractères du texte issu d’une bible classique dans le cas du grand parchemin.

La seule chose qui me paraît digne d’intérêt est le choix du codex Bezae comme « texte support » du petit parchemin.

* Luc VI, le texte emblématique du codex Bezae

Allons plus loin et essayons de comprendre ce qui motiva Kenyon et d’autres à choisir ce facsimilé.

Dès 1864, John et Charles Mozley ( « The christian Remenbrancer » , page 435 ) expliqueront sa particularité. Le verset 5 a été déplacé entre le verset 10 et 11, et remplacé par un autre texte que l’on trouve nulle part ailleurs :Ils reprennent et développent ce que Scrivener expliquait dans son introduction ( li ).

Le texte original qui caractérise la page 150b , Luc VI du codex Bezae ( grec, latin, français ):

τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ θεασάμενός τινα ἐργαζόμενον τῷ σαββάτῳ, εἶπεν αὐτῷ,Ἄνθρωπε, εἰ μέν οἶδας τί ποιεῖς,μακάριοςεἶ ·εἰ δὲ μὴ οἶδας, ἐπικατάρατος καὶ παραβάτης εἶ τοῦ νόμου.

6 – Καὶ εἰσελθόντος αὐτοῦ πάλιν εἰς τὴν συναγωγὴν [.]σαββάτῳἐν …

eodem die uidens quendam operantem sabbato et dixit illi homo si quidem scis quod facis beatus es si autem nescis maledictus et trabaricator legis

6 Et cum introisset iterum in synagogam sabbato …

Le même jour, regardant quelqu’un travaillant le sabbat, il lui dit: » humain, si vraiment tu sais ce que tu fais, tu es heureux. Par contre si tu ne le sais pas, maudit et transgresseur tu es, de la loi !  »

6 – Et , étant entré de nouveau dans la synagogue en sabbat …

Cette remarque sera reprise par Kenyon en 1900 ( « Our Bible and the ancient manuscripts » , page 142 )

Puis par beaucoup d’autres à notre époque ….( « To Cast the First Stone: The Transmission of a Gospel Story De Jennifer Knust, Tommy Wasserman » ,2019, page 242 )

Nous pouvons donc conclure que ce qui a motivé les chercheurs du XIX siècle à choisir le texte de Luc VI afin de représenter le codex Bezae, n’a très probablement rien à voir avec notre énigme.

Mais …tout n’est pas si simple, c’est ce que j’expliquerai dans une deuxième partie .

* L’Arkhêgos

Dans l’étude précédente nous avons vu l’importance de la racine ἀρχ. Elle est « supérieure » aux autres mots que l’on peut utiliser dans la bible pour désigner un roi, un prince ou un maître  ( Prince ).

Il faut savoir que même le mot « télos » (τέλοϛ ) peut avoir cette notion de commandement (page 220: Des mots qui dans la langue Grecque… ). Donc un ἀρχ puis un τέλοϛ qui encadre une lecture, mettent en avant cette idée de commandement.

Cependant il faut rappeler que même dans le codex Vaticanus on retrouve cette façon de repérer un chapitre, et c’est pour cette raison que je dois nuancer ce que Parker dit quand il affirme que cette notation est unique dans le codex Bezae ( voir partie 1 de l’étude ). La différence semble être la façon de noter les lettres A et P qui sont très liées dans le cas du codex Vaticanus ainsi que la présence d’un τέλοϛ noté vraiment différemment.

Codex VATICANUS( 1409,1382,1384,1385,1471 )

* Notion de latin

À l’époque où fut annoté le codex Bezae ( du VI au IX siècle ), le latin était la langue utilisée à Lyon, mais aussi en Septimanie ( Langue parlée ).Au cours du temps le roman puis l’occitan l’ont remplacé.

Beaucoup de mots latins commencent par « arc » ( prononciation de ἀρχ ) et offrent des définitions qui ne peuvent que réjouir un chercheur RLCien. ( Dictionnaire Latin  ,pages 181-182 / 1440 )

arca, æ, f.coffre, armoire :

Arcădĭa, æ, f., Arcadie.

arcānum, ī, n. (arcanus), secret :

arcārĭus, a, um (arca), de coffre-fort,[c.-à-d.] relatif aux espèces, au numéraire :

arcĕra, æ, f., sorte de chariot couvert.

arcĭgĕrōn, ontis, m. (ἀρχιγέρων), chef des vieillards :

arcirma, æ, f., petit chariot :

arcĭtĕnēns (arquĭ-), tis, m. (arcus, teneo), porteur d’arc.

arcŭārĭus, a, um (arcus), qui concerne les arcs.

arcŭātim, adv., en forme d’arc .

arcŭātĭō, ōnis, f. (arcuo), arcade, arche.

arcŭātus ou arquātus, a, um, courbé en arc.

arcŭs ou arquŭs, ūs, m., arc .

Puis à la page 193

arx, arcis, f.citadelle, forteresse : place forte, ville : citadelle, défense, protection.

Cependant il est impossible d’affirmer que l’on peut y trouver la preuve de l’implication de l’annotateur L dans notre énigme. On ne peut juste que se poser des questions, et chacun y apportera sa propre réponse.

* Le sud de la France à l’époque de l’annotateur L

Au VIII siècle, l’Espagne puis la Septimanie subissent l’invasion islamique. En 719, après avoir conquis l’Hispanie wisigothique, les troupes musulmanes du califat omeyyade entrent en Septimanie, dernier territoire du Royaume wisigoth. Ce n’est qu’à la suite du troisième siège de Narbonne (752-759) que Pépin le bref met fin à la domination musulmane. Ce siècle a donc vu une migration importante des wisigoths vers le nord. À cette époque ces derniers n’étaient plus ceux d’Alaric et avaient depuis longtemps des échanges réguliers avec leurs « frères chrétiens » de Burgondie et d’Aquitaine .

* Théodulf et Leidrade

Théodulf d’Orléans avait des origines wisigothiques et était né vers 755 dans le nord-est de l’Espagne probablement en Catalogne ( région où l’on trouve des chrismes pyrénéens :Chrisme S). Sa famille s’établit aux alentours de 778 dans la région du Languedoc appelée Septimanie ( ou Gothie ). C’était un homme d’Église et un lettré de l’époque carolingienne qui fut ensuite évêque d’Orléans. Fort cultivé, il devint enseignant en Italie où il fut repéré par Charlemagne.

Leidrade fut évêque de Lyon. En 797-798 il fut envoyé par Charlemagne comme « missus dominicus » en compagnie de Théodulf, d’abord en Septimanie, puis en Espagne. Il entre alors en rapport avec Benoît d’Aniane et Nimfridius, abbé de Lagrasse et futur archevêque de Narbonne.

Leidrade eu comme élève Florus de Lyon qui dirigea ensuite l’école fondée par son maître. C’est ce dernier qui restaura le codex Bezae au IX siècle.

Le successeur de Leidrade à l’évêché de Lyon fut Agobard qui serait né en Espagne en 769. Ce dernier aurait gagné la région de Narbonne en 782 et se serait établi à Lyon en 792. L’origine hispanique, ou du moins Septimanienne d’Agobard est vraisemblable . Il est probable qu’il rencontra à Narbonne Benoît d’Aniane d’origine wisigothe.

Comme vous pouvez le constater, ces différents personnages qui gravitent autour de Lyon et de Rhedae se connaissent et se fréquentent.

En fait à cette époque, les wisigoths furent nombreux à apporter leur connaissance en Europe . ( L’Europe héritière de l’Espagne wisigothique de Jacques Fontaine et Christine Pellistrandi : En bas de page

* La Missi dominici

Théodulf a écrit le compte rendu de son voyage sous la forme d’un poème dont le titre est « parenesis ad judices ». On y retrouve le nom de Rhedae cité pour la première fois sous la déclinaison « rhedasque » :

( page 12 , 7eme ligne, Livre)

inde revisentes carcassona rhedasque

Theodulf et Leidrade étaient proches. Ils avaient beaucoup de respect l’un pour l’autre ( Theodulf , page 260 à 264 , pdf 287/379 ).

* Une simple hypothèse sans aucune ombre de preuve

Il n’est donc pas improbable qu’à cette époque « un secret » fut confié à Théodulf ( ou voir déjà connu par ce dernier ) et que l’annotateur L( Theodulf , Leidrade ou autre ) le consigna dans le codex Bezae au niveau du texte grec ( codex qui se trouvait à Lyon ). À cette époque, ce dernier devait être lu lors des messes dites en latin. Seul un prêtre pouvait alors comprendre la signification de « cet amas d’erreurs » inscrites dans la partie grecque.

* Germigny-des-Prés

À Germigny-des-Prés, à une trentaine de kilomètres d’Orléans, Théodulf fit édifier en 806 un oratoire qu’il orna d’une mosaïque absidiale d’inspiration byzantine. Elle représente l’Arche d’alliance entre deux chérubins, symbole qui remplace une représentation de Dieu ; cette chapelle est un des rares monuments d’époque carolingienne subsistant en France.La représentation de l’Arche accompagnée d’anges n’est pas surprenante. Elle est le reflet d’une querelle entre les iconophobes ( dont Theodulf ) et les iconoclastes. Je vous engage à lire la page de ce site et particulièrement les documents partagés à la fin de cette page.

Donc Théodulf ne pouvait pas représenter de figures humaines et encore moins Dieu. C’est pour cela qu’il représente des anges ( chérubins ) qui accompagnent l’arche, objet de la discussion.

Cette fresque est accompagnée d’une inscription :

ORACLUM SCM ET CERUBIN HIC ASPICE SPECTANS ET TESTAMENTI MICAT ARCA DEI HAEC CERNENS PRECIBUSQUE STUDENS PULSARE TONANTEM THEODULFUM VOTIS IUNGITO QUAESO TUIS »

( Oraculum s(an)c(tu)m et cerubin hic aspice spectans et testamenti en micat arca Dei. Haec cernens precibusque studens plusare Tonantem Theodulfum votis jungito quaeso tuis )

Que l’on peut traduire par :

Vois ici et contemple le Saint Oracle et ses chérubins, ici resplendit l’Arche du Testament Divin. Devant ce spectacle, efforce-toi de toucher par tes prières le Maître du Tonnerre et ne manque pas, je t’en prie, d’associer Théodulphe à tes vœux ».

Dans cette déclaration, un terme m’a interpellé : « le Maître du Tonnerre » .

C’est une bien étrange citation pour évoquer Dieu. J’ai recherché dans les évangiles un verset en relation avec « le tonnerre ». En fait il en existe deux.

Le premier parle de deux apôtres, les deux frères qui péchaient sur le lac de Genesareth.

Marc 3-17 Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre »

Le deuxième est de loin le plus intéressant, car il y est question à la fois d’ange et de tonnerre, comme dans le cas de la représentation proposée par Theodulf :

En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. »

Sur les centaines de versets que comptent les évangiles, il est ici question de Jean XII-29.

On peut y lire à la suite la réponse de Jésus : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors » ( codex Bezae :ἄρχων τοῦ κόσμου que l’on peut aussi traduire en latin par Rex Mundi )

* En conclusions

On ne peut pas tirer de conclusion définitive, mais pour le moins constater « des rapprochements » avec notre affaire.

Si le créateur du grand parchemin n’avait eu accès qu’à Vigouroux, il ne pouvait pas soupçonner la présence de l’annotation de la page 150b du codex Bezae et toutes ses particularités que j’ai expliquées au cours de cette étude.

Pour ma part il est fort possible que cette page 150b représente le codage historique de l’énigme. En comparant les différents documents ( stèle, petit parchemin etc …) nous trouvons une constante, l’évocation d’une direction sud-ouest qui prend sa source à Arques.

Mais nous sommes bien d’accord, tant que rien n’est vérifié sur le terrain, tout cela ne reste que des hypothèses.

 

 

Plusieurs mots grecs seront cités dans ce qui suit. Ils trouvent leur définition dans le Bailly , dictionnaire de grec ancien ( Dictionnaire Bailly)

* La double erreur sur ανναγνοσμα

Ce mot qui signifie «lecture» s’orthographie normalement ανάγνωσμα .

Ici aussi les deux erreurs sur ce mot (qui se trouve noté des dizaines de fois par l’annotateur L) sont incompréhensibles.

La première concerne le doublement de la lettre ν .

Il existe dans le codex des dizaines de mots ayant des sens différents et qui possèdent le groupement de lettres ανα ( avec un seul ν ).L’un d’eux concerne «la lecture», nous y reviendrons. Par contre, seuls deux mots contiennent le groupement αννα avec deux ν .

Le premier est le prénom Anna que l’on trouve dans Luc II-36:

καὶ [.] Ἅννα προφῆτις : Et Anna, une prophétesse…

Dans le dictionnaire Bailly, il est possible de vérifier qu’il est bien le seul à posséder le groupement αννα .

Lors de mes recherches, un chercheur en grec ancien m’avait proposé une déclinaison possible de «prophète» pour expliquer le mot προϕȣτησματων ( présent dans l’annotation de la page 150b ) . Nous savons maintenant que ce n’est pas le cas. Il est vrai que προϕȣτησ  ματων et προφῆτις ressemblent beaucoup. Le mot « prophète » et ses dérivés grecs, se retrouve de nombreuses fois dans les évangiles, c’est par exemple le cas dans Jean XII-38 ( προφήτου ).

Le second mot est propre à la bible et on le trouve dans un mot présent à deux endroits dans le codex Bezae , c’est le mot «Hosanna» : Matthieu 21-9 et surtout à Jean XII-13, dans le verset qui suit le texte du grand parchemin:

Ὡσαννά· εὐλογητὸς. ὁ ἐρχόμενος ἐν ὀνόματι Κυ [.] ὁ βασιλεὺς τοῦ Ἰστραήλ:

Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël!

Κυ est une «nomina sacra» qui signifie Κυριος ( seigneur ).

La deuxième erreur concerne la lettre ω transformée en ο dans le groupement γνω

Si l’on recherche dans le codex Bezae les mots qui contiennent ce groupement, on constate qu’on les trouve dans des mots relatifs à deux sujets : La connaissance ( gnose ) et la lecture.

Rien que dans l’évangile de Matthieu on trouve :

On peut constater qu’ici un seul mot concerne la «lecture»,c’est le mot ἀνγνωτε. Alors imaginez ce prêtre lire des dizaines de fois ce mot au cours de l’année, et vous comprendrez qu’il n’avait aucune raison de doubler la lettre ν et de remplacer l’oméga par l’omicron dans le mot ανάγνωσμα qui signifie aussi «lecture».

* La simplification ANNOCMA

Scrivener, Harris et Parker l’ont remarqué [ ANNAGNOCMA (F 120b/23 et 121b/13 effacés) et ANNOGMA (60b et 62b) ]. De mon côté je pense que cette simplification conduit au mot ANNOCMA et non ΑΝΝΟΓΜΑ comme vous pouvez le constater sur la photo suivante ( page 62b ).

Cette page cumule toutes les erreurs: SABATOY ( le S se note C ) avec un seul B , la simplification du mot ANNAGNOCMA , le doublement de N et l’omicron!

ANNOCMA rappelle le mot HOSANNA . Cette simplification « nous oriente » de façon plus claire sur la page 150b, celle qui concerne Jean XII que l’on trouve dans le grand parchemin. Elle nous invite aussi à nous intéresser aux deux pages de l’évangile qui concernent cette erreur. Il existe bien un lien entre ces deux pages, dans chacune d’elles il est question de roi, de maître et accessoirement de fortune et de trésor . Dans les mots concernant « le roi » on retrouve la racine βᾶς (ὁ) qui signifie « roi » et « prince » ( Bailly , page 486 ).

Page 60b, Matthieu XVIII 23-35: parabole de la dette ou du serviteur impitoyable

βασιλεία: royaume , βασιλεῖ: roi , ὁ Kς: le maître ;

μυρίων ταλάντων.: dix mille talents

Page 62b, Matthieu XIX 1626: parabole du jeune homme riche

βασιλείαν: royaume ,βασιλείαν: royauté.

θησαυρὸν: trésor, κτήματα : richesse.

* La faute Κυριάκη ( ΚΥΡΙΆΚΗ )

Cette faute est particulièrement intéressante, mais rappelons en quoi elle consiste. L’annotateur J a placé un accent ( ou un esprit ) sur la lettre α du mot Κυριακή.

Si vous recherchez tous les mots Κυριακή écrits par cet annotateur, vous constaterez qu’il n’y a jamais mis d’accent. Mais cela va plus loin, car si vous recherchez tout ce qu’a écrit l’annotateur J, vous constaterez qu’il n’a mis d’accent sur aucun mot.

Revenons au mot Κυριακή qui signifie « relatif au Seigneur ». C’est un mot féminin dérivé d’un mot masculin : o κυριακός = le seigneur. L’expression d’origine était τῇ κυριακῇ ἡμέρᾳ ( textuellement «le seigneur jour» ). On ne retient que la première partie avec un accent sur la dernière lettre, jamais autre chose.

Par exemple dans une messe, le mot «Seigneur» est prononcé un nombre incalculable de fois, alors comment peut-on imaginer qu’un prêtre annotant les textes en grec ne le connaisse pas.

En définitive le mot Κυριάκη n’existe pas. Alors pourquoi mettre un signe diacritique ( accent ou esprit* ) sur une lettre alors qu’il ne l’a jamais fait ? Pourquoi commettre une telle erreur en le plaçant à la mauvaise position ?

Je pense qu’il cherche à attirer l’attention, mais pas que …

Cette faute particulière doit avoir un but lié à cette orthographe. J’ai donc cherché tous les mots commençant par Κυριά , puis υριά , puis ριά et enfin ιά . Aucun mot ne correspond aux trois premiers cas par contre quelques-uns commencent par ιά et correspondent à deux notions : celle de «soigner» mais surtout celle de «jeter, lancer» .

lancer

ἰάλλω (impf. ἴαλλον, f. et pf. inus., ao. ἴηλα) I tr. 1 lancer, jeter, envoyer : ὀϊστὸν ἀπὸ νευρῆφιν, Il. 8, 300, 309, lancer un trait d’un arc ;

ἰάπτω, f. ἰάψω [ῑ] I tr. 1 lancer, envoyer : ἰ. βέλη εἴς τινα, Eschl. Ag. 510 ; ἐπί τινι, Eschl. Sept. 544, lancer des traits contre qqn ;

ἰάχω (seul. prés., impf. ἴαχον, ao. itér. ἰάχεσκον, pf. Ἴαχα) [ᾰ] I intr. 1 crier, pousser un cri,

soigner

ἰάομαι-ῶμαι (impf. ἰώμην, f. ἰάσομαι [ᾱ], ao. Ἰασάμην [ᾱσ], pf. ἴαμαι [ᾱ]) [ῑ] 1 moy. soigner, guérir

Ce n’est qu’une interprétation, mais nous verrons que d’autres éléments me poussent à croire que le but était de nous orienter vers le mot «arc». ( Arcus en latin ).

* En grec ancien , la règle sur les accents est compliquée, celle sur les esprits ( autres signes que l’on peut placer sur une lettre ) l’est beaucoup moins. Pour votre culture, un esprit rude indique que la lettre devait être prononcée comme précédée d’un H aspiré ( à l’opposé, l’esprit qualifié de doux correspond à l’absence d’esprit rude ). Ainsi ἵππος ,( hippos = cheval ) comporte un accent et un esprit rude sur sa première voyelle. La présence d’un H au début du mot «hippopotames» ( cheval de rivière ) retranscrit la présence ancienne d’un esprit rude. Je m’éloigne, revenons à l’étude.

* Focus sur les erreurs

La transformation de tous les mots Ανάγνωσμα en ανναγνοσμα a pour but de nous orienter vers la page 150b. L’utilisation inutile du mot περι dans des dizaines d’annotations avait le même but. Comme je l’ai précédemment expliqué, dans le rite byzantin, le week-end qui réunit le samedi de Lazare et le dimanche des rameaux ( des palmes ) est en dehors des semaines qui le suivent ou le précède, c’est vraiment un week-end particulier et c’est lors de ce dernier qu’est lu Jean XII 1-12 . L’annotation de la page 150 est la plus grande et celle qui comporte le plus d’erreurs ( sept erreurs ).

* au commencement il y avait ἀρχῇ

Dans la première expression du premier verset du premier livre de la bible il est écrit ἀρχῇ:

Ἐν ἀρχῇ ἐποίησεν ὁ θεὸς τὸν οὐρανὸν καὶ τὴν γῆν

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Dans le Bailly, trois pages sont consacrées aux mots grecs commençant par ἀρχ ( 405-406-407 ). Elles expliquent que ce préfixe se trouve au début des mots qui expriment l’autorité ( le chef, le maître de…). Nous trouvons par exemple :

ἀρχι·πάτωρ, ορος (ὁ) patriarche,

ἀρχι·ποιμήν, ένος (ὁ) chef des bergers,

ἀρχι·προφήτης, ου (ὁ) chef des prophètes,

ἀρχός, οῦ (ὁ) celui qui conduit : guide, etc, etc …

Logiquement certains d’entre eux sont liés à la royauté:

ἀρχικός, ή, όν : I (ἀρχή, autorité) 1 qui concerne l’autorité ou le chef : ἀ. πυθμήν, Eschl. Ch. 260, souche royale ; ἀ. γένος, Thc. 2, 80 ; Plat. Rsp. 444 b, race royale

ἀρχ·ηγός, ός, όν :|| 2 chef, roi, Eschl. Ag. 259 ; particul. chef militaire, Sim. (Thc. 1, 132),d’où adj. τιμαὶ ἀρχηγοί, EuR. Tr. 196, honneurs royaux

Dans Jean XII on le trouve trois fois sous les formes:

ἀρχιερεῖς: les grands prêtres ( v10 )

ἄρχων τοῦ κόσμου: le prince de ce monde ( v31 ) ou roi du monde ( ἄρχων =chef, roi , Bailly page 408 ) qui se traduit en latin par Rex mundi .

ἀρχόντων: les chefs ( v42 )

Mais cette notion d’autorité est celle que nous retrouvions aussi dans un mot étudié précédemment, le mot κύριος,= seigneur , souverain, maître : ( Bailly 1411/2608 ).

* En conclusion

Toutes les notions de chef, roi, prince, seigneur, maître etc …nous conduisent à ἀρχ , « le commencement » que l’on trouve noté en haut de la page où se trouve le texte de Jean XII ( et non noté dans la marge comme toutes les autres fois ).

ἀρχή signifie aussi le point de départ, le bout, l’extrémité, et c’est à partir de ce point qu’une droite de direction Sud-Ouest peut-être tracée.

 

Après quelques notions de latin, j’expliquerai dans la dernière partie les événements historiques qui se rattachent aux lieux et à l’époque où furent réalisés ces annotations.

* Focus sur les interventions

Rappelons d’abord qu’une « main » ( une écriture …) ne correspond pas obligatoirement à une personne unique. Alors pour résumer et simplifier :

* Avant l’annotateur J, le codex Bezae était constitué d’un texte brut sans annotation dans la marge.

* L’annotateur J fut probablement le premier à écrire sur la page qui nous intéresse ( 150b, Jean XII, 1-12 ). Étrangement il ne réalisa qu’une seule annotation liturgique à la page 150b qui devait donc ressembler à ce qui suit :

* Probablement à la même époque l’annotateur M ( et peut être ses dérivés M2,M3 …) apporta d’autres annotations liturgiques ainsi que les Hermeneiai .

* Enfin l’annotateur L modifia profondément le codex Bezae, il rectifia notamment l’annotation précédente en :

* L’origine du codex Bezae

Il existe différentes écoles mettant en avant leurs arguments avec plus ou moins d’honnêteté. L’origine « du sud de la gaule » fut soutenue très tôt par Scholz , Scrivener, Harris et Sneyders de Vogel. De leurs côtés Parker, Stone, Lowe et Brightman l’ont écarté en survolant les arguments et en minimisant ceux qui leur étaient contraires ( notamment la comparaison des sortes avec celles du codex Saint Germain proposée par Harris). Brightman explique par exemple que les notes liturgiques n’étaient pas celles utilisées dans l’église en Gaule, il en a donc conclu que le codex n’avait pas cette origine ( en réalité le codex présente parfois un mélange des deux, Harris page 30,31 ). Le seul argument qui semble trouver grâce à leurs yeux est le fait que les verbes en latin de la troisième conjugaison aient tendance à devenir de la seconde.

Ce qui me semble cohérent est que ce texte est fortement marqué par une origine byzantine, origine qui s’est progressivement atténuée au cours des siècles. Irénée de Lyon utilisait principalement le grec et des échanges avec d’autres églises orientales ont continué à se réaliser après sa mort. Il est logique qu’un « foyer religieux de culture grecque » ait existé ensuite sur Lyon. De plus il ne me semble pas cohérent qu’un manuscrit produit et utilisé en orient (et n’étant bizarrement plus annoté depuis le VI siècle )  fut envoyé à Lyon au XI siècle dans le but d’y subir une restauration . Ensuite il n’en serait plus ressorti (ou revenu, puis à nouveau reparti …) pour être enfin retrouvé en 1562 par Théodore de Bèze ! . La « caractéristique orientale » des annotations donne une idée de la culture des annotateurs et non obligatoirement du lieu où ils résident.

À ma connaissance, aucun des chercheurs ne s’est intéressé au chrisme de la page 150 et à sa particularité de présenter deux lettres « S » dans sa partie inférieure. Cette caractéristique n’est pas sans rappeler celle que présentent les chrismes pyrénéens . Après de nombreuses recherches, je n’ai jamais trouvé de modèles ressemblant en orient. ( chrismes sud ouest )

* L’erreur est humaine …

L’erreur est humaine, mais elle a ses limites. Quoi qu’il en soit elle doit pouvoir s’expliquer.

Parmi les erreurs relevées nous trouvons une énorme faute d’orthographe jamais rectifiée, celle qui concerne le mot Sabbato orthographiée par deux fois Sabato ( voir trois fois, cf Kipling ).

Alors comment peut-on imaginer qu’un prêtre :

– capabledeliredestexteslatinsetgrecssansponctuationsetséparationsdesmots

– lisant ce mot en grec ou en latin des centaines de fois au cours de l’année ( car présents dans le codex )  avec la même orthographe qui comporte deux lettres « B » (σαββατο , sabbato ).

,l’orthographie à deux occasions avec une seule lettre !

On ne peut pas évoquer l’erreur d’inattention, car cette erreur ne fut jamais rectifiée.

De la même façon les erreurs sur les dizaines de mots περι transformé trois fois en περη sont inexplicables.

Je débute en grec, mais le fait de ne pas mettre le bon article afin de respecter les déclinaisons d’un mot « me saute aux yeux » et me paraît complètement aberrant ( « το κυριακη » en page 150 ), pourtant je suis très loin d’avoir le niveau en grec de ce prêtre capable d’annoter un codex. Ceci est d’autant plus incompréhensible quand on constate que dans le reste du codex, il respecte le génitif pour toutes les autres annotations ( του σαββατου , του κυριακη ).

Selon Harris l’annotateur L maîtrise mieux le latin que le grec. Je veux bien le croire, mais alors pourquoi chercher à annoter le texte grec et non le texte latin ?

Selon Parker il se trouve en Orient alors pourquoi est-il si mauvais en grec ?

Cependant, certains chercheurs se sont quand même posé des questions. Par exemple Harris ( « A study of the so-called western text of the new testament », 1891, page 14 ) s’étonne à juste titre que les lectures de plusieurs samedis et dimanches (ανναγνοσμα souvent suivi de περι του σαββατου ou περι του κυριακη ) ne soient pas accompagnées d’une indication sur l’événement concerné . Ce même auteur avait, je le rappelle, relevé la confusion entre les samedis et dimanches.

La seule explication logique est que certaines de ces erreurs soient faites dans le but d’attirer l’attention.

Si c’est le cas, il doit y avoir une cohérence dans ces erreurs ( que l’on ne retrouve pas dans le cas d’erreurs aléatoires ) et c’est ce que je vais chercher à vérifier.

* La samedi de Lazare

Pour les chrétiens orthodoxes et les catholiques orientaux, la période de la Pâques est différente de celle vécue en occident. Le samedi de Lazare est en dehors des quarante jours de pénitence du Carême comme il est aussi en dehors de la Semaine Sainte. En fait le samedi de Lazare associé au dimanche des rameaux constitue une période à part dans la liturgie byzantine. La lecture de la page 150 du codex concerne cette période et Harris se demande si cette lecture ne se faisait pas lors d’un Baptême réalisé un des dimanches avant Pâques. En fait cette lecture concernait très probablement le samedi de Lazare, deux arguments le montre.

Le premier est que c’est lors de ce samedi particulier que se faisaient des baptêmes, comme l’explique Brightman dans la partie précédente ( à l’époque les baptêmes se faisaient à quelques dates précises ). L’auteur de l’article suivant explique en page 111 que le mot ϕώτισμα que l’on trouve dans προϕώτισμα étaient synonymes de baptême.( Recherches au mont Athos )

Le deuxième nous est donné par le célèbre CabrolLes églises de Jérusalem…  page 83,84,85 et 86 , pdf 98 à 101/226 ). L’évangile de Jean XII 1-12 était lu lors du samedi de Lazare dans la liturgie orientale au IV siècle . Cet évangile a la particularité de présenter une première partie concernant Lazare pouvant être lue le samedi de Lazare, suivie d’une deuxième partie pouvant être lue le jour des rameaux. Cependant il est aussi possible qu’il soit question d’un dimanche de Lazare que l’on trouve dans la liturgie Mozarabe et gallicane ( voir page 83 où il est question de missel gothique ), je développerai dans la troisième partie.

Donc le texte de la page 150 concernait probablement un samedi (σαββατο) et non un dimanche ( κυριακη ). Comme je l’ai déjà précisé, cette confusion entre les deux jours, identifiée par Harris se retrouve plusieurs fois dans les annotations du codex . En fait le samedi ainsi que le dimanche qui le suit sont intimement liés et c’est ce que l’annotateur L va essayer de nous faire comprendre par différentes erreurs, ceci afin de souligner l’importance de la page 150.

* L’erreur περη et le grand parchemin

L’étude « Ad Genesareth » démontre qu’il n’a pas de hasard dans ces erreurs et que l’auteur du grand parchemin connaissait cette particularité. Il reste à essayer d’en comprendre le but. Je veux préciser que ce qui vient d’être dit est un fait vérifiable alors que ce qui va suivre est une interprétation.

Le mot περι signifie « vers » et l’expression « ad Genesareth » signifie « vers Genesareth ». Il faut aussi se mettre à la place d’un prêtre, dont la vie est rythmée par la lecture quotidienne des évangiles, afin de comprendre quelle sera sa façon de raisonner.

Dans les évangiles cités, les disciples assis dans leur barque se dirigent vers Genesareth situé sur la rive occidentale du lac de Genesareth, il faut alors s’intéresser au lieu qu’ils viennent de quitter. Ce lieu est Bethsaïde situé au nord du lac de Genesareth. Je pense que l’erreur sur le mot περι a pour but de nous faire comprendre qu’il est ici question de direction, et plus exactement d’une direction sud-ouest. J’y retrouve la même notion expliquée dans différents documents relatifs à notre affaire.

1 – la direction de Bethsaïde vers Genesareth.

2 – la direction suggérée en page 150.

3 – la direction M de la stèle.

4 – la direction de la croix de Dieu dans LVL

5 – la direction de la dalle

6 – La direction du petit parchemin

7 – la direction représentée par le bâton du berger qui passe par le col d’Al Pastre et par le pas de la Roque.

8 – la direction de la pierre de Coumesourde.

Nous verrons dans la troisième partie de l’étude ce qu’il en est des autres erreurs. 

 

Quand l’origine du petit parchemin fut trouvée nous avons découvert que le texte du grand parchemin du codex Bezae ( Jean XII 1-12, page 150b du codex ) comportait entre autres « un sigle PS » ainsi qu’un « PAX/XAP/AXP/ARC ». À l’époque je fus surpris de retrouver une représentation qui illustrait mes recherches ( La dalle), et je me suis alors demandé si l’annotateur du codex Bezae était concerné par notre affaire.

Toutefois, je n’ai jamais écarté la possibilité que l’auteur des parchemins ait trouvé « par hasard » un support idéal afin de construire cette énigme, et ce quelle que soit la raison ou la personne. Il a fallu que je m’intéresse sérieusement à ce codex et que je m’initie à l’étude du grec pour comprendre quelles pouvaient être les motivations des annotateurs. Maintenant je peux vous soumettre mes observations afin que vous puissiez vous faire votre propre opinion.

 

* Les sources bibliographiques

Nous devons à trois auteurs anglais les études les plus poussées en la matière :

– Le révérend Frederick Henry Ambrose Scrivener ( Bezae codex Cantabrigiensis, 1864livre Scrivener

– James Rendel Harris, thélogien et paléographe ( The annotators of the codex Bezae, 1901livre Harris

– David Charles Parker ,professeur de théologie ( Codex Bezae An early Christian manuscript and its text, 1992, page 35 à 45) livre Parker

Il faut distinguer l’étude du codex à proprement parler de celle de ses annotations. Dans les ouvrages cités ci-dessus, Harris étudie particulièrement les annotations ( liturgiques et Sortes ) alors que Scrivener et Parker s’intéressent à l’ensemble. Je souhaite aussi citer Sylvie Chabert d’Hyères pour son travail remarquable effectué sur ce texte, mais aussi pour ses conclusions sur l’histoire du codex ( Historique ). Comme elle je pense que le codex Bezae est né à Lyon et y est probablement toujours resté. Quoi qu’il en soit, la plupart des chercheurs s’accordent à dire qu’il fut rédigé entre 380 et 420 .

* Les annotations du codex Bezae

Scrivener les avait classés à l’époque dans l’ordre chronologique en les repérant par des lettres ( A étant la main la plus ancienne ). Bien que quelques modifications furent apportées par Parker, on peut considérer que le travail réalisé par Harris permet de se faire une idée plus précise sur la classification historique des annotateurs. Cependant, cette classification n’est que relative, car les dernières annotations datent du IXᵉ siècle, avant que le codex ne soit restauré par Florus de Lyon (l’annotateur L n’ayant pas annoté les pages supplémentaires du codex, Parker, page 42 ).

Harris( Harris, page 6 )

Nous pouvons remarquer que deux groupes distincts de correcteurs vont agir sur le texte. Le premier ( de A à H puis K ) corrige à proprement parler le texte et le deuxième va uniquement l’annoter ( de M à O2 ).

Deux annotateurs vont intervenir sur ces deux types de correction :

J avec une intervention dans le texte et quatre en annotations.

L dont l’activité principale sera d’apporter la plus grande partie des annotations liturgiques ( qui comprennent un titre et les deux repères de début et de fin de texte  APX et Télos ), et toutes les « Ammonian Sections » conformément au canon Eusébien. Ces dernières sont identifiées par « groupes de lettres » qui permettent de mettre en relation des passages identiques de la bible. Par exemple pour la page 150b les repères sont qH, qθ et P , ceux de la page 47v sont ΡΜΗ, ΡMθ, ΡΗ. C’est donc lui qui écrira la plupart des « APX » et des « télos »( Scrivener, pages 448,449,450 ).

Les dernières annotations liturgiques, les titres et les Hermeneiai ( sortes in english… ) sont principalement réalisées par « les mains M » ( Harris, page 38,39 et 40 pour les annotations liturgiques, et pages 41 et 42 pour les titres ).

Parker

De son côté Parker estime que J n’est responsable que de l’annotation sur la page 150b ( Parker, page 40,41 ). Pourtant, plusieurs lettres de l’annotation en page 160b ( où l’annotateur comble le verset 3 qu’il manque à la page ) sont très ressemblantes à celles de la page 150b, je serais de ce fait plutôt de l’avis de Scrivener.

À propos des mains « M », Parker explique ( page 43 ):

Il faut réaffecter les titres et les Sortes. Selon Scrivener suivi de Harris, M1 a fourni les titres pour Matthew; M2 les a fournis pour John et Luc. Il pense que M2 peut être la même main que M3, celle qui a écrit les Sortes. je suggère que M1 soit responsable des titres et des Sortes dans Matthieu et que M2 le soit pour les titres dans John et Luke. M3 n’a donc pas d’existence séparée. Au-delà de cela, je me demande si la minuscule de M2 et la majuscule de M1 ne sont pas deux scripts « d’un même stylo ».

En d’autres mots , M1,M2 et M3 pourraient être une seule et même personne, c’est pour cela qu’il n’apparaît pas dans la chronologie suivante :

G ( année 400 )

A ( 400-440 )

B-C (400-450 )

D (450 )

E-F-H-J’ ( 450-500 )

J- M1/M2-L ( 550-600 )

I-M-M4-N-O-O2 ( 550 – 650 )

 

* La page 150b vue par nos auteurs

Tous les chercheurs ayant travaillé sur le codex ont mis en évidence les lacunes orthographiques et grammaticales en langue grecque des annotateurs du codex Bezae et particulièrement J.

* Ainsi Scrivener expliquait en page 27 de son introduction :

Une simple inspection du Fac-similé Pl. III, N° 12 prouvera que L, au lieu d’être daté d’avant le septième siècle, ne peut être placé avant le neuvième. En haut de la page 150 b, à gauche en marge extérieure, on voit une note liturgique + τη κυριάκη τωη προϕȣτησματων, et sous elle se trouve le labarum avec α et ω, toutes en onciales tardives inclinées vers la droite (J) : son époque ne peut pas être bien être antérieure au IXe siècle, mais elle doit être plus ancienne que L, qui adapte l’annotation à son propre système en écrivant dessus ανναγνοσμα περη et en traçant sur τη κυρι les lettres τo κυρι avec sa propre peinture rouge ou teinté de pourpre, bien qu’il ne suive pas l’erreur du scribe antérieur en ce qui concerne προϕȣτησματων (voir pp 449. 450, ad calcem) : L ajoute en même temps un Xap (i. e.αρχη) en tête de colonne, ainsi que le numéro de la section qH : L’orthographe barbare est aussi un argument supplémentaire pour proposer une date inférieure. Il est possible que J ait écrit les lignes omises dans le Follio. 160b, 161a; en tout cas ces onciales inclinées ont une certaine ressemblance avec le grec (voir p. xxvi).

Ici Scrivener identifie le problème d’orthographe, car comme je l’avais précisé dans une étude précédente le mot exact est προϕωτισμάτων .

* De son côté Harris en parle plusieurs fois :

page 26

À propos du système de lecture du notateur L.

Dans un aperçu rapide des annotations réalisées les marges du Codex Bezae, j’ai suggéré que le système auquel appartenaient ces lectures se révélerait être non pas provenant du lectionnaire byzantin ordinaire, mais de certains systèmes apparentés courants dans l’Église gallicane : et que c’est ce qui est à l’origine de certaines divergences par rapport à ce système traditionnel byzantin et à l’utilisation de certains termes particuliers pour décrire les dimanches du calendrier, tel que κυριακὴ τών προϕωτισμάτων  pour le dimanche des Rameaux, où, m’a-t-il semblé, nous aurions naturellement dû nous attendre à κυριακὴ τών βαίωη .

Il a cependant été montré par M. Brightman dans le Journal of Theological Studies que le système de lecture est sans aucun doute le Byzantin, et que les variations dans les lectures ne sont pas telles qu’elles ne puissent être incidentes à aucun autre système qui subit une transcription fréquente; de plus M. Brightman a signalé l’utilisation du terme προϕώτισμα dans les services pré-baptismaux en Orient, et nous nous sommes ainsi débarrassés de la nécessité de supposer que le « dimanche des Rameaux » et que le « dimanche du prophotisme » soient deux noms donnés à l’origine dans des régions différentes, vraisemblablement à l’Est et à l’Ouest.

Harris reconnaît donc que le système liturgique de L est byzantin, mais après avoir comparé le système liturgique proposé par L dans le codex avec le système byzantin (en page 32 ), il observe l’existence d’une certaine confusion de la part de L entre les samedis et les dimanches. Pour comprendre plus précisément le point de vue de Harris, je vous conseille de relire l’introduction du livre ( page 1 à 5 ).

Page 33

Ces lectures sont en grande partie introduites par une formule barbare (περι του κυριακη ) qui est quelque peu modifiée dans les lectures du Jeudi Saint et du Vendredi Saint en την παρασκευην , comme si le scribe avait corrigé sa grammaire, bien que même ici « la barbarie » se retrouve dans l’orthographe ( παρασκευγην ) . Comme nous l’avons déjà dit, L est un latin. Cela est prouvé par son alphabet (G pour Γ ), et par sa vocalisation ( τελους pour τελος) » ; il est également probable que son erreur sur περι soit due à sa familiarité pour une « formule lectionnaire » pro sabbato &c et il suppose que pro = περιEtc…

Harris propose une explication en ce qui concerne l’apparition du mot περι : il pense que L fait un lien entre pro et περι , en effet l’expression « pro sabbato » fut utilisée à cette fin dans différentes liturgies. Il faut bien comprendre que le fait de placer ce mot περι en introduction du nom de la lecture est une faute grammaticale ( appelée aussi solécisme ) : il ne faut pas en mettre.

Page 34

En passant en revue sommairement le travail de L, nous voyons un scribe latin (avec à peine assez de grec pour mériter le titre de bilingue) transcrivant à partir d’un évangile grec un système de notes d’un lectionnaire (1) . Parmi celles-ci, il y en a quelques-unes qui divergent du système byzantin, et il n’y a pas de fête spéciale à moins qu’il ne s’agisse de Dédicace le Jour et la Transfiguration. Il n’y a pas non plus un seul saint ni aucune mention de la Sainte Vierge. Nous allons montrer que le système de lecture que le scribe L nous a donné, n’est pas le même que celui du scribe J qu’il corrige et altère.

De l’annotateur J et de son système lecture.

Scrivener avait remarqué qu’au folio. 150b, le scribe L avait réécrit sur la note d’un scribe antérieur J, laissant entendre que le passage de l’Évangile de Jean qui suivait était la lecture τη κυριάκη τωη προϕouτησματων que L a transformé en ανναγνοσμα περη τo κυριάκη, omettant ainsi la référence au Prophotisme, comme s’il ne le comprenait pas. Ainsi il a corrigé la Lecture du dimanche des Rameaux en une lecture ordinaire du dimanche, comme le fac-similé ci-joint le montrera plus clairement (2).
De plus, dans cette leçon particulière, L semble avoir corrigé J pour avoir donné un verset de trop à cette lecture, il retire le τέλοϛ de la leçon le déplace en ligne. 19. On pourrait soutenir que cette correction minutieuse était la meilleure preuve que le système de L était le même que celui de J, comme le soutient M. Brightman,

(1) Son grec n’est pas littéraire, mais familier. L’utilisation de la formule ύπερβεννη par exemple, peut être exactement mise en parallèle dans les dialectes grecs de l’Italie du Sud, et probablement ailleurs. Ainsi, dans le district d’Otrante, nous avons άναβεννω,et dans le dialecte de Bova, nous avons καταβεννω.Mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives à propos des Actes III.1 où nous avons l’orthographe αναιβεννον dans Cod. A et ανeβεννον en Cod. C.
(2) Plaque i. 4. Où il faut aussi noter que J avait comme repère de début de lecture un signe qui signifiait originellement αρχη, le χ ; et ρ étant transformé en un monogramme, mais qui apparaît sous la forme d’un monogramme composé de χ et ρ avec α et ω sur les ailes de la croix qui représente χ.

La notation grecque lui semble tellement rudimentaire qu’il en tire une conclusion : l’annotateur est latin et il écrit en grec. Mais je ne suis pas certain que l’annotateur L souhaitait n’indiquer « qu’une simple lecture du samedi » sans comprendre le reste ( qu’il n’a d’ailleurs pas enlevé ). Son but était de placer avant tout l’expression ανναγνοσμα περι(η) ,comme il le fera des dizaines de fois dans le codex.
Harris explique que le système de repérage des leçons est propre au codex Bezae. Parker le reprécisera en page 12 ( The use of ετελεσθη and αρχεται in D is unique. They are simply translations into Greek of the familiar Latin forms ).

* Enfin Parker donne son opinion et résume ( page 41-42 )

Main « L »

« Il est clair qu’une autre datation drastique doit être réalisée pour les annotateurs qui ont fourni les notes liturgiques et les « sections Ammoniennes » de la colonne grecque. Scrivener les datait du neuvième siècle, Harris du dixième. Que cette activité ait été exercée à Lyon à cette époque est hautement improbable. Ce n’était pas un problème pour Harris, qui a fait valoir que le codex se trouvait alors dans le sud de l’Italie, probablement en Calabre. Il croyait L, qui a fourni les « sections Ammoniènnes » et la principale série de τιτλοι ,αρχαι et τελη ,était un latin. Par exemple le motif linguistique de cette affirmation étant l’intrusion de γ dans παρασκευγην est intenable (et voir Gignac 1,71-5).
Les bases grammaticales ne valent pas mieux : que L utilise περι comme si c’était l’équivalent de pro. Il y a aussi λεγη (F501b/21) au lieu de αηαγινωσκε, c’est-à-dire lege dans la langue grecque. Ceci, comme l’admet Harris, n’est pas concluant (Annotators, p. 11, n. 1). Il souligne également l’ignorance de l’écrivain du grec, en produisant des solécismes comme περι του κυριακη, et en modifiant l’écriture τη κυριακη de J en περι το κυριακη. De plus, il décrit εις τηη ενκηνουν vis-à-vis de Jn 10.22 (143b) comme un latinisme (ibid., p. 29, n. 2). Ce mot serait encore plus étrange en latin (où encaenia est pluriel) qu’il n’est incorrect en grec. Harris produit un argument paléographique qui est que L n’a pas écrit un sigma grec mais un G latin dans ANNAGNOCMA (F 120b/23 et 121b/13 effacés) et ANNOGMA (60b et 62b). Cela semble plausible jusqu’à ce que l’on essaie de trouver un G Latin dans un texte contemporain ayant cette forme. Uniquement une période plus récente (par exemple la première main de D) serait probable. Il semble plus probable que le correcteur a simplement écrit sigma là où il n’aurait pas dû. »

À nouveau la faute grammaticale est évoquée : περι του κυριακη est bien un solécisme, car του κυριακη est un génitif singulier qui explique que c’est « la lecture de », περι est en conséquence à proscrire.
Ensuite le but de Parker est de rectifier la chronologie afin d’en proposer une plus ancienne qui s’arrête en 650. Ainsi pour Parker le codex fut régulièrement annoté de 400 à 650, date à laquelle il ne subit plus de modifications jusqu’à ce qu’il soit envoyé à Lyon au IXᵉ siècle.

* En conclusion

Tous les chercheurs anglais « mettent en exergue » les fautes grammaticales et orthographiques des annotateurs, la plus importante étant d’écrire un mot qui n’a pas lieu d’être ( περι ). Sur les dizaines de περι écrits aucun des chercheurs n’a remarqué ( ou voulu mettre en avance …) la « faute sur la faute », c’est-à-dire les trois uniques fois où le mot περι fut orthographié περη. Ces erreurs sont le fait d’annotateurs vivants à la même époque ( M1/M2-L ) . Deux des trois fautes concernent la même péricope, celle où la barque des apôtres se dirige vers Génésareth ( Ad Genesareth, « vers » étant une des traductions de περι ). La troisième faute se trouve au niveau de Jean XII 1-12. Autrement dit le grand parchemin évoque ces trois fautes identiques et uniques dans tout le codex. Le repère αρχη ( noté αρχ et qui se prononce ARC en grec, latin et français ) est propre au codex Bezae, il fut utilisé par les mêmes annotateurs ( M1/M2-L ). Enfin le codex fut annoté dans les marges au plus tôt vers 450 et au plus tard vers 850 .

* Les évangiles

Cet ensemble de lettres qui apparaît dans celles rajoutées au grand parchemin n’a pour l’instant jamais été expliqué de façon satisfaisante, vous allez comprendre aujourd’hui sa provenance.

En latin, cette expression se traduit par « vers Génésareth »,Génésareth étant le nom donné au lac de Tibériade mais aussi à une ville située au nord-ouest de ce lac. Ce nom se trouve citée trois fois dans le nouveau testament :

Matthieu 14-34

Après avoir traversé le lac, ils arrivèrent dans la région de Génésareth.

Marc 6-53

Après avoir traversé le lac, ils arrivèrent dans la région de Génésareth et y abordèrent.

Luc 5-1

Un jour, Jésus se trouvait au bord du lac de Génésareth et la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu.

…mais seules les deux premières citations correspondent à l’idée d’un déplacement vers Génésareth. Elles font référence à la même péricope : Après avoir appris la décapitation de Jean-Baptiste, Jésus multiplie les pains puis en marchant sur l’eau, il rejoint la barque où se trouvent ses disciples avant de revenir vers Génésareth.

Nous savons que le petit parchemin provient du codex Bezae. Cela nous a permis de découvrir et comprendre les annotations liturgiques écrites à la marge du texte de l’évangile de Jean XII, j’en avais fait l’étude il y quelques mois :Codex Bezae 2 .Pour comprendre ce qui va suivre je vous invite à relire cette étude.

* Vers la terre de Genesareth

En grec, l’expression exacte est « ἐπὶ τὴν γῆν εἰς Γεννησάρ. ».

 ἐπὶ : vers

τὴν γῆν : la terre

εἰς Γεννησάρ : de génésareth

Dans le codex Bezae, vous la retrouverez en bas de cette page : http://oncial.d.free.fr/cb/mt/mt.php?chapter=14&lang=l ( pour l’évangile de Matthieu 14-34 )

http://oncial.d.free.fr/cb/mk/mk.php?chapter=6&lang=l ( pour l’évangile de Marc 6-53 )

Mais rien ne vaut l’original :

page 48b ( Matthieu ) :

https://cudl.lib.cam.ac.uk/view/MS-NN-00002-00041/82

page 306b ( Marc ) :

https://cudl.lib.cam.ac.uk/view/MS-NN-00002-00041/593

C’est à nouveau grâce aux annotations que nous allons comprendre le lien entre ces deux pages. Pour la première vous pouvez remarquer qu’elle se termine par le mot TELOS . Dans l’étude sur le codex, j’ai eu l’occasion d’expliquer qu’elle permettait au prêtre de repérer la fin de sa lecture. Il y a donc un début qui ici n’est pas repéré par« un XAP », ce début se trouve à la page précédente ( page 47b ) :

Je vous avais déjà parlé de cette page, car on y trouvait deux fautes remarquables, ainsi j’expliquais :

Περη ( peré )

C’est un adverbe qui signifie « en vue de » , mais il devrait s’orthographier περ. A l’époque du scripteur, ι (iôta) et η (êta, devenu îta) se prononçaient tous deux « i ».Mais ici l’erreur est remarquable car dans tout le codex ( voir Annexe 1 ), cette erreur n’a été faite que deux fois. On la trouve sur cette page, et sur la page 47B (80/856 codex ) où le scripteur L semble particulièrement inattentif ,car il oublie un β sur le mot σαββάτo ( voir déclinaison en annexe 2 ). C’est la seule et unique fois sur tout le livre .

En fait j’avais commis une erreur, car dans tout le codex Bezae* le mot est écrit 48 fois sous la forme περ ( pages 14-28-34-43-56-57-60-61-62-68-71-73-74-75-87-124-145-184-191-199-201-202-208-210-211-215-216-218-220-236-238-244-245-247-248-253-254-257-287-288-289-304-307-313-315-317-321-437 ) et trois fois ( et non deux ) sous la forme Περη  ( pages 47-150-306 ).

Si vous avez été attentif, vous savez où se trouve cette troisième forme, c’est dans Marc 6-53 .

Dans toutes les HERMENEIAI  ( Codex Bezae 1 ) , une seule possède cette erreur, c’est celle illustrée pour Marc 6-53 .

« ερμϊνϊα « :  περη ερϊσμου μϊ ερϊσης, qui se traduit approximativement par : »Erminia » à propos de la division d’une division ( division, querelle, dispute …contentieux ).

* Erreur ou intention ?

Il faut comprendre qu’à l’époque où les annotations furent écrites sur le codex, le mot περη n’existe pas, mais il se prononce « péri ». Il faut donc imaginer qu’un romancier de notre époque remplace trois adverbes de son ouvrage par « un équivalent phonétique ». Si l’on considère qu’il s’agit d’une simple erreur « de lettre » qui se répète trois fois dans des péricopes directement en relation avec le grand parchemin et sachant qu’une péricope occupe pratiquement une page dans un codex qui en comporte 406, alors il y a 1/406*1/405*1/403 = 1/66 429 720 soit une chance sur 66 millions qu’il s’agisse d’une simple erreur !

Le choix des mots « Περη » et « Ad » ( Génésareth ) est judicieux, car le mot περ se trouve noté des dizaines de fois dans le codex et il signifie « en vue de » mais aussi « pour » et « vers« , autrement dit « Ad » et « περὶ » sont synonymes.

* En résumé

Dans tout le codex Bezae on ne trouve que trois fois l’erreur, deux concernent le mot Genesareth ,présentes dans Matthieu XIV et Marc VI et la troisième dans Jean XII qui fut le texte choisi pour créer le grand parchemin. Tout cela nous apprend deux choses…

La première est que le créateur du grand parchemin connaissait parfaitement cette erreur. Il est inimaginable qu’un « copie/colleur » du nom de Plantard ait choisi un texte dans Vigouroux ( rappelons qu’il n’a jamais cité cet ouvrage ni justifié son origine c’est-à-dire cité le codex Bezae ) , puis pour je ne sais quelle raison ait consulté le codex Bezae afin d’y trouver un superbe PAX ( jean XII) et enfin s’être intéressé à ce mot « peri » ! Par contre, il est certain que le créateur du grand parchemin avait l’information mais ne disposait pas du codex, depuis peu de temps je pense sérieusement qu’il s’agit de l’abbé Boudet ( https://recharc.fr/en-garde/ ).

La deuxième information est qu’il y a bien longtemps, un prêtre a annoté le codex afin de créer un lien entre le texte de Jean XII où il est question de la mort de Jésus et celui de « Matthieu XIV/Marc VI » où il est question de la mort de Jean-Baptiste mais « pas que » .À l’aide d’un XAP et d’un PSS il indique ( comme le fera plus tard la stèle de Marie de Negri d’Ables puis LVL Celtique ) la direction qui va d’Arques à LVLDieu.

Enfin un troisième texte, celui de Luc VI pourrait dès cette époque avoir un lien avec les précédents par le biais du mot «  SABBATO » .

 

* Afin de vérifier mes affirmations, vous pouvez consulter les pages 448,449,450,451 et 452 de l’ouvrage de Scrivener téléchargeable ICI .

 

* Introduction

Cette étude porte sur les deux derniers documents cités dans LVL Celtique (Magasin pittoresque , Dictionnaire de la Fable ) qui se trouvent en page 300 et 301, elles sont donc dans le chapitre VIII qui contient quatre sous-chapitres. J’ai eu l’occasion d’expliquer que deux d’entre eux concernent particulièrement Poussin ( Etude) .

→ Le sous-chapitre II ( nourriture des celtes-boissons gauloises ) explique dans un premier temps que la kaïrolo symétrique se trouve sous Montferrand, puis après avoir traduit quelques lieux relatifs au travail des bergers, il nous propose la traduction de Poussin du Sadler : chick [tchick] dont l’homonyme anglais est cheek qui signifie « joue ».

→ Dans le sous-chapitre III ( La ghasse au sanglier ), l’abbé Boudet nous le confirme et nous apporte une précision géographique en interprétant le mot Pijole ou Pijoulet situé au Serbaïrou , au sud des roches tremblantes ( page 302 ). Il invente le mot pijoulet en combinant deux mots : jole ( joue ) et poulet ( chick ), deux mots ayant la même prononciation en anglais : tchick.La pijole, lieu-dit de RLC se trouve en aval de la vallée de la valdieu, à l’ouest de l’ermitage.Notons comment l’abbé évoque le peintre juste après :

Nous n’osons pas croire toutefois que les Gaulois aient poussé jusque là leur indifférence pour la santé et la vigueur du corps.

Coment ne pas y voir un « pouss » « sain » ?

Ceci dit et si mes conclusions sont exactes, c’est à cet endroit du livre que l’abbé Boudet devrait nous confirmer que l’on parle bien de Nicolas Poussin et plus particulièrement de sa peinture « les bergers d’Arcadie ».

* Le premier document : Magasin pittoresque – Année 1834

Ce document évoque la chasse au sanglier, car c’est l’objet du sous-chapitre, mais il y est aussi question de tumulus ou tertre : barrow ( saviez-vous que « chiens » se traduit par miners barrows et que barrow pig signifie verrat ? ). J’ai jadis expliqué que Ghasse vennait de ghastful, seule racine anglaise possible signifiant « sépulcral » .

Il faut savoir que le Magasin pittoresque existe depuis 1833 et qu’il est vendu toutes les semaines ( Le magasin pittoresque ). Alors que l’abbé Boudet est très souvent précis quand il nous parle d’un document, ici il ne précise pas que l’article en question concerne la semaine 24 et se trouve à la page 137 ( pdf 193/418 ) ce qui fait que le lecteur doit feuilleter « toute l’année »pour le retrouver. Ainsi sur la première page de la semaine 18 ( en page 137 )  il lira notamment qu’au salon de cette année sera exposé un tableau de Marius Granet dont le sujet est « la mort de Poussin », peinture où l’on voit le tableau des bergers d’Arcadie suspendu au-dessus du lit de mort. Nous devons à Thierry Espalion cette découverte.

Vous conviendrez que cette observation est troublante. Le hasard ferait-il que dans le sous-chapitre où l’abée Boudet pourrait évoquer Poussin se trouve cité un document qui en parle ?

Je connais assez l’abbé pour savoir qu’il le confirmera à sa façon c’est-à-dire en utilisant un mot-relais. Ce mot ne peut être que « pittoresque » et logiquement sa fréquence dans l’ouvrage doit être faible. C’est bien le cas, car il ne se trouve cité qu’une seule autre fois dans l’ouvrage :

LVL Celtique, page 116

Soldats invincibles, ils ne pouvaient supporter le déshonneur d’une défaite ; être vaincus, c’était pour eux avoir à subir, honteusement assis sur un banc de leur demeure, les huées outrageantes de l’ennemi : telle est la signification pittoresque de « vaincu, benzutua » – to bench, asseoir sur un banc, – hut, cabane – hue (hiou), huée –.

Comme vous le remarquez, l’abbé nous parle de s’asseoir sur un banc. Il reprendra d’ailleurs cette traduction avec le mot « vainqueur » à la page suivante. Cette expression m’a interpellée, car elle se trouve aussi dans le sous-chapitre III sous une autre forme :

LVL Celtique, page 303 :

c’est plutôt l’indication exacte de l’usage des nattes et des paillassons pour le repos de la nuit dans les demeures de nos ancêtres, les bancs et les sièges adossés aux murailles servant seulement pour les repas

Serait-ce à nouveau un hasard ? Mais quoi qu’il en soit, pourquoi l’abbé nous parlerait de s’asseoir sur un banc ?

La seule explication possible est que cette expression soit en relation avec la peinture de Marius Granet. En 1937, Emile Rippert écrira un livre sur ce peintre surnommé « le moine », qui fera partie des peintres qualifiés de« Franciscain ». Le titre de l’ouvrage est :

François Marius GRANET, peintre d’Aix et d’Assise ( Livre )

On y apprend que Granet fut parmi les premiers « interprètes d’Assise en Italie ». Alors est-ce encore le hasard que le mot pittoresque nous conduise aux expressions « s’asseoir sur un banc » et « bancs et les sièges » , synonyme d’Assise ?

* Le deuxième document : (1) Dictionnaire de la Fable par Fr. Noël – Paris, 1803.

Ce document confirmera mes hypothèses, car une nouvelle fois ce dernier est en relation avec le tableau des bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin.

LVL Celtique, pages 300 et 301 :

La prédilection des Gaulois pour la chasse au sanglier était connue des anciens Grecs, et, suivant leur habitude de personnifier les qualités de la nation gauloise dans Hercule, ils ont inscrit, parmi les douze travaux de ce héros, son combat contre le sanglier d’Erymante*Ce que rapporte la mythologie grecque au sujet d’Hercule est trop instructif pour n’en pas citer quelques traits. On y peut remarquer la terreur indicible que la nation celtique inspirait à la Grèce. « Eurysthée, roi de Mycènes, jaloux de la réputation d’Hercule, * le persécuta sans relâche, et eut soin de lui donner assez d’occupation hors de ses états pour lui ôter le moyen de troubler son gouvernement. Il exerça son grand courage dans des entreprises également délicates et dangereuses : c’est ce qu’on appelle les travaux d’Hercule. On dit qu’Hercule devint si redoutable à Eurysthée, que, malgré l’empire qu’il avait sur ce héros, il n’osait paraître devant lui, et qu’il avait préparé un tonneau d’airain pour s’y aller cacher en cas de besoin. Il ne faisait point entrer Hercule dans la ville : les monstres qu’il apportait étaient laissés hors des murs, et Eurysthée lui envoyait ses ordres par un héraut. » (1).

Erymanthe, montagne d’Arcadie, était l’asile d’un sanglier dont la fureur remplissait d’effroi la contrée entièreEurysthée demande à Hercule de délivrer le pays de cet hôte redouté. Hercule poursuit le sanglier, le prend vivant, et le charge sur ses épaules pour le porter à Eurysthée. Celui-ci est saisi d’une telle frayeur, qu’il va se cacher sous sa fameuse cuve d’airain.

L’histoire du sanglier d’Erymanthe est la peinture fabuleuse des chasses au sanglier si chères aux Gaulois.

(1) Dictionnaire de la Fable par Fr. Noël – Paris, 1803.

Il n’y a pas de raison que l’abbé change de méthode alors postulons que le mot-relais soit ici fable. Il nous faut aussi prendre en compte le mot dérivé fabuleux qui étymologiquement signifie relatif à la fable.

Il est étonnant que l’abbé n’explique pas le mot Erymanthe quand il le cite pour la première fois dans le texte (*), mais qu’il attende de rappeler l’origine de cet extrait  (1) avant d’expliquer que Erymanthe soit une montagne d’Arcadie. Je me suis donc précipité sur les mots Erymanthe et Arcadie qui se trouvent dans ce dictionnaire. Voici ce qu’on peut y lire :

Erymanthe ,page 393 ( pdf 424/591)

Arcadie ,page 99 ( pdf 130/591 )

L’Arcadie est donc « le pays de toute la Grèce le plus fécond en fables », et l’on comprend alors pourquoi le mot-relais fable fut choisit par l’abbé. Et « c’est dans ce pays que Le Poussin a placé la scène de ce beau paysage où le tombeau d’un berger , avec cette inscription , Et in Arcadia ego… »

Serait un nouvel hasard ?!

Poussons la vérification aux mots-relais fable et fabuleux

LVL Celtique, page 238-239

Du haut de la crête qui porte les roulers, en regardant vers le sud, on voit se dessiner une longue ligne de roches aiguës de toutes forme et de toutes dimensions, bien orientée, d’ailleurs, du levant au couchant, et s’étendant depuis le Col de la Sals jusques et au delà de la Blanque ….

C’est bien là, en effet, un travail de géants, et on n’est guère surpris que les Grecs aient inventé, au sujet de ces énormes pierres, dont ils ignoraient la signification et placées sur le sommet des collines, leur fable des géants aux longs cheveux, au regard farouche, cherchant à escalader le ciel, et entassant Ossa sur Pélion et l’Olympe sur Ossa

LVL Celtique, page 214

Ces chasseurs d’ours étaient-ils le même peuple que les Bébriciens, dont la cité principale aurait été Pyrène ? Cela parait certain, si l’on dégage les traditions historiques de tous les ornements fabuleux qui les rendent méconnaissables.

Suivant la mythologie, les Pyrénées appartenaient au roi Bébrix, quand Hercule, avec ses guerriers, se présenta au pied de ces montagnes.

LVL Celtique, Page 215

Les Celtes et les Ibères, rapporte Diodore de Sicile, après avoir combattu pour la possession du pays, l’habitèrent en commun et s’allièrent par mariages. Les alliances des Celtes avec les Ibères auront ainsi donné lieu à l’histoire fabuleuse d’Hercule et de Pyrène. Le nom de la cité de Pyrène, témoigne de la fusion des deux peuples ; car il renferme le souvenir des efforts tentés par les Celtes pour empêcher les Ibères de brûler leurs morts, – pyre (païre), bûcher funéraire, – to rain (ren), réprimer, – et ce nom, par extension, a désigné plus tard la chaîne entière de montagnes occupée par les chasseurs d’ours.

Les pages 214 et 215 nous montrent que le mot fabuleux est bien en relation avec Hercule et la chasse. Pour l’instant je ne développerais pas mais sachez que pour ma part, Hercule ( ingeniculus ) est le personnage barbu que l’on peut voir sur le tableau de Poussin et que le mot-relais essentiels en relation avec ce personnage mythique est hair (her et les homonymes …).

Je reviens sur le mot fable de la page 239.À nouveau l’abbé précise que pour lui le Serbaïrou s’étend à l’ouest , dans la vallée de la Valdieu avant de nous parler des géants aux longs cheveux qui ne sont autres que les Aloïdes . Voyons ce qu’en dit le dictionnaire des fables :

On comprend alors pourquoi l’abbé en page 301 omet de préciser « et craignant d’être un jour détrôné », et choisisse cette fable des Aloïdes, car sur tout le dictionnaire c’est l’une des rares fois où le mot « joue » [tchick] est cité.

L’abbé ne pouvait pas mieux dire : L’histoire du sanglier d’Erymanthe est la peinture fabuleuse des chasses au sanglier, c’est la peinture des bergers d’Arcadie .L’Arcadie est le pays des fables et c’est donc le mot qui fut choisi comme mot-relais.

* En conclusion

Les références à l’Arcadie dans LVL sont plus nombreuses qu’il n’y parait, il suffit par exemple de s’intéresser au vicomte de Chateaubriand qui fut à l’origine du monument que l’on trouve sur le tombeau de Poussin. Eudore (Les martyrs livre IX ,LVL page 159 ) était arcadien et le romancier suivit un jour l’itinéraire qui le conduisit de l’Arcadie à Jérusalem ( LVL page 62 ).

Ici dans un sous-chapitre de cinq pages, deux documents en relation avec le tableau des bergers d’Arcadie sont proposés sur deux pages qui se suivent et peuvent être logiquement expliqués. Ce cas est statistiquement improbable sauf si l’auteur du livre l’a voulu ainsi.

* Introduction

C’est une énigme que j’apprécie particulièrement au point de m’en être servi comme « fil rouge » dans le roman que j’ai écrit (Roman ). Dans ce dernier, Hubert Vigon personnage clé de l’intrigue se rend à Shugborough Hall en compagnie du chevalier d’éon envoyé en mission par Louis XV dans le but de percer l’énigme du tableau de Poussin. Après avoir rencontré la veille les membres de la Lunar Society dont Adam Smith, économiste et figure tutélaire du libéralisme ( théorie dévoyée qui cherche à faire passer l’égoïsme pour de la liberté ), il empêchera que le grand secret tombe aux mains du roi. C’est aussi par lui que le roman tente de répondre à la question de la prédestinée. Ainsi à l’image d’une goutte d’eau qui se charge en éléments minéraux au cours de sa progression dans les interstices de la roche, sommes-nous des êtres humains qui s’enrichissent humainement au cours d’une vie, mais qui ne font que suivre une route tracée par d’autres ou par Dieu ? Y a-t-il quelque part un « maître des échecs » qui nous laisse croire que nous décidons seuls de nos actions alors qu’en fait il nous mène là où il le souhaite sans que nous nous en rendions compte ? Alors qui des Jésuites ou des jansénistes détient la vérité ? Comme souvent, il n’y a pas de réponse simple….

* Historique

Le monument, commandé par Thomas Anson , a été construit entre 1748 et 1756.À l’intérieur du portique se trouve une arche rustique, qui encadre un relief façonné par le sculpteur flamand Peter Scheemakers. Pour plus de détails, consulter le lien suivant : Shugborough Hall

* Description

le tableau

On y voit le tableau de Poussin inversé et réinterprété. Sur le premier tombeau se trouve un sarcophage à l’image de celui présent dans la première version des Bergers d’Arcadie. Posé dessus le crâne est ici remplacé par ce qui pourrait être une pyramide.Le mot « EGO » composé de trois lettres est ici séparé du reste de la phrase, contrairement à l’original. Juste à côté de ce mot, le berger barbu montre deux lettres ( N et R ) avec l’index et le pouce ( deux lettres séparées dans l’alphabet de trois lettres:OPQ ).

l’ensemble de lettres

On trouve un premier groupe de huit lettres centré horizontalement, suivi d’une deuxième ligne où se trouvent les deux lettres D et M. L’inscription est centrée horizontalement mais pas verticalement, il reste donc assez de place pour inscrire une troisième ligne.

On dénombre neuf points, chaque lettre est suivie d’un point sauf la dernière lettre de la première ligne (V) .Enfin on peut noter dans la première ligne, la présence remarquable de deux palindromes de 3 lettres ( O,U,O et V,A,V ).

* Interprétation

Lettres D et M

Les lettres de la deuxième ligne, DM, étaient couramment utilisées sur les tombes romaines pour représenter Dis Manibus , signifiant « dédié aux ombres ».C’est un peu près la seule chose commune dans toutes les interprétations réalisées sur cette énigme.

Il faut noter que dans l’alphabet anglais ou français ,la lettre D est séparée de la lettre M par huit lettres, ce sont les lettres E,F,G,H,I,J,K,L. On constate donc que par deux fois l’auteur de l’énigme évoque ce nombre de huit lettres.

Les deux palindromes

Ils sont remarquables, car ils représentent un cas rare dans un tirage aléatoire de huit lettres, le logiciel suivant permet de le vérifier : tirage aléatoire .

En élément inscrire les 26 lettres de l’alphabet séparées de virgule, nombre d’éléments à sélectionner par tirage 8 , avec remise, N=100. La fréquence pour un seul palindrome obtenu est d’environ 16/100, mais je n’ai pas eu le cas de deux palindromes pour 100 tirages. Il faudrait répéter l’opération plusieurs fois pour ajuster les résultats.

la combinaison des deux lignes

Le résultat obtenu est le suivant :

D . O . U . O . S . V . A . V . V       M .

On remarque l’absence de point entre la neuvième et la dixième lettre ce qui a pour effet de séparer l’ensemble en deux parties : neuf lettres ( neuf points …) suivi par l’unique lettre M.

Ce groupe de neuf lettres est formé de trois trios de lettres : les deux palindromes de trois lettres ( OUO et VAV ) et les trois lettres résiduelles ( DSV ) qui encadrent de façon symétrique les deux palindromes.

La clé de l’énigme

Nous avons vu que l’auteur de l’énigme semble accorder une importance particulière à la place des lettres de l’alphabet ( voir Lettres D et M ) ,comme c’est souvent le cas dans les énigmes réalisées à partir de lettres ( voir le grand parchemin ). Voici ce que l’on peut en déduire si l’on s’intéresse aux deux palindromes ( O=15 , U=21 , A=1 , V=22 ):

Deux lettres V en tête bêche apparaissent. On comprend alors pourquoi que dans la gravure ces deux symboles sont particulièrement mis en évidence, notamment en faisant apparaître la forme triangulaire d’une pyramide .

La clé étant trouvée il reste à interpréter le reste des informations : deux fois la valeur 8 et la troisième ligne manquante .Alors pour les trois trios de lettres construisons trois tableaux composés de trois lignes. Complétons les tableaux en ajoutant 2X8 à chaque lettre puis déposons la clé V sur chaque tableau, à l’envers comme dans le cas de la pyramide pour les deux palindromes et à l’endroit pour le tableau des lettres résiduelles.

Exemple chiffré de la première colonne:  O = 15 , 15+8 = 23 = W , 23+8 = 31, 31-26 = 5 = E

L’alphabet utilisé est anglais, à cette époque il contenait bien la lettre W contrairement à l’alphabet français .

Nous obtenons les lettres EUELALDIV anagramme de LE VALDIEU ( seule solution possible , essayez avec anagramme ) .

L’énigme du tableau de Poussin repose sur la forme des cours d’eau présents dans la vallée de LA VALDIEU ( voir roman).Pour les Anglais, un ruisseau, un fleuve ou un objet en général n’a pas de genre, ce qui pourrait expliquer la présence d’un LE au lieu d’un LA, mais surtout si la solution imposée est LAVALDIEU alors l’un des deux palindromes disparaît, ce qui rend l’énigme beaucoup moins compréhensible.

D’une façon générale cette énigme explique que LE VALDIEU c’est M soit IVI. La lettre A est presque une lettre V inversée, et ces deux lettres se retrouvent de façon symétrique dans le palindrome LAVAL que l’on peut distinguer sur la sculpture, d’où le choix de la clé.

Remarque:

Sur les trois ensembles de lettres obtenus ( EKE , LTL , RIL ), deux ont une signification en anglais. Il y a EKE que les Boudétistes connaissent : eke = outre, de plus et to eke = augmenter, perfectionner, prolonger, allonger. Mais le plus intéressant est RIL ,car les seuls mots qui commencent par RIL sont : rill : ruisseau, petit cours d’eau ; to rill = ruisseler, couler ; rillet = petit ruisseau ; rilly = abondant en ruisseaux, en sources.

RIL est directement en relation avec le Valdieu.

LTL n’a bien entendu aucun sens mais VAV qui est le palindrome à l’origine de ces trois lettres, prend la forme de AVA quand on le retourne.Combiner AVA et LTL permet d’obtenir LAVAL et T, T étant la lettre évoquée dans le tableau de Poussin. Cette possibilité n’a absolument pas force de preuve, mais elle donne un sens si l’on accepte LAVAL pour solution.

* Le but de cette représentation

Il n’est pas d’offrir la solution à celui qui serait capable de résoudre cette énigme, mais de dire aux initiés « moi aussi je connais où se trouve la vallée de Dieu » ou peut être même « moi aussi je suis allé dans la vallée de Dieu » : ET IN ARCADIA EGO IVI .

* Des appellations différentes

Le texte de la stèle fut gravé à une époque où peu de cartes géographiques existaient ( 1781 ), la carte faisant référence était alors celle de Cassini. À cette époque Rennes le Château était identifié par le nom de « Rennes » , Rennes les Bains par « Les bains de Monferan » et LavalDieu par « Pickayrol ».

Cependant chacun des lieux possède plusieurs noms que l’on peut trouver dans différents ouvrages dont celui de l’abbé Sabarthès :

Rennes le Château

LavalDieu

Rennes les bains

… Aperçu topographique et historique des bains de rennes ( Julia, 1814 )

… Bibliothèque physique de la France, ou Liste de tous les ouvrages, tant imprimés que manuscrits, qui traitent de l’histoire naturelle de ce royaume … ( M. Louis-Antoine-Prosper Hérissant ,1771):
page 240 : Ms. Mémoire sur les bains de Rennes; par M. SAGE : lu à l’Académie des Sciences & Belles-Lettres de Toulouse,le 22 Décembre 1746

… L’abbé Delmas 1709 « il y a dans le diocèse d’Alet un village qu’on appelle les bains de Monferan ou communément les bains de Rennes . » ( http://lemercuredegaillon.free.fr/gaillon27/auteurs_de_rlb02.htm )

* Hypothèse du Chrisme

L’étude que j’ai réalisée sur la stèle montre que deux alignements de lettres ( T et M ) sont présents et que l’intersection de ces deux axes se trouve proche de la lettre « P » du mot SEPT .

Le chrisme est un symbole chrétien qui pourrait être évoqué par ce tracé et j’ai donc recherché si d’autres éléments allaient dans ce sens.

* Arles

Ce mot remplace le mot « Ables » grâce à la substitution de la lettre « B » par la lettre « R ». Dans les études concernant la stèle et la pierre de Coumesourde, j’ai émis l’hypothèse que le but est d’évoquer « Les Bains de Rennes », mais il se pourrait aussi qu’un autre but soit recherché, celui d’évoquer la ville d’Arles dont l’histoire est étroitement liée à celle de l’empereur Constantin.

Après le premier synode organisé à Rome en 313, c’est à Arles que l’empereur Constantin organise le premier concile officiel de la Chrétienté en 314 .Mais les liens sont plus nombreux et précisés sur le lien suivant :

https://www.provence7.com/portails/histoire-portails/personnalites-de-lhistoire-en-provence/constantin-2/

Bien entendu vous connaissez ce qui relie Constantin au Chrisme :

https://www.provence7.com/a-a-z-des-articles/chrisme-symbole-chretien/

Il faudra attendre 1809 pour voir apparaître le premier chrisme sur les armoiries de la ville.

Par son histoire , Arles évoque donc bien le tracé d’un chrisme…

* Une idée reprise à l’époque des abbés Vié puis Saunière

C’est sur le monument présent dans le hall de l’église de RLB qu’en 1856 l’abbé Vié montre la voie en rappelant la phrase de Constantin «  IN HOC SIGNO VINCES » .

Dans l’action de se signer, le croyant dessine de la main les deux axes perpendiculaires d’une rose des vents auxquelles se rajoute une diagonale qui pourrait être la direction à suivre. Si ce témoignage de foi se réalise dans l’église de RLB, alors la diagonale prend exactement la direction qui va d’Arques à Lavaldieu ( direction PS ).

→ À ce propos, notons qu’il existe une forme spéciale du Chrisme que l’on trouve dans les Pyrénées, le Chrisme XPS : voir https://www.persee.fr/doc/cifm_0000-0000_1985_cat_10₁. Ce document précise qu’il existe aussi « de nettes interférences » entre le XP et le mot pax .

Puis c’est l’abbé Saunière qui par deux fois utilise cette phrase.

Elle est d’abord présente dans l’église entre le diable et les anges, où l’on peut lire la phrase en français, mais légèrement modifiée : « PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS ». Si le chrisme est une histoire de consonnes ( XP ) alors on peut constater que l’incorporation de l’article « LE » nous apporte la lettre « L » et que les 22 lettres de cette phrase indiquent dans un alphabet la lettre « V ». Les lettres « L et V » seraient-elles un élément de la solution ? La présence du diable imposerait-elle que le signe de croix doive se réaliser à l’envers ? Toujours est-il qu’une direction à 45° indique bien la direction sud-est, mais nous amène entre le bourg de LavalDieu et le pas de la roque.

C’est peut-être au niveau de l’entrée de l’église, là où une deuxième phrase conforme à l’originale se trouve inscrite que l’on va trouver un peu plus de précision. Cette phrase ( IN HOC SIGNO VINCES:Par ce signe tu vaincras ) surmonte Marie-Madeleine tenant une croix orientée à 140° vers le sud-est ( Rennes-le-Château étude critique, Franck Marie page 149 ) c’est-à-dire dans une direction orientée légèrement au nord de la pique de LavalDieu.

* PICKAYROL

Je pense que ce nom qui désigne le hameau de LavalDieu à cette époque ( 1781 ) inspira le choix du symbole d’un Chrisme pour désigner le lieu. En effet les consonnes utilisées dans le chrisme ( XP ) se retrouvent dans ce mot. On trouve d’abord la lettre P ( le rhô grec ) suivie des lettres C et K ( lettre X grec ) . La pique, le « petit p » du texte de la stèle évoque de la même façon le Chrisme : P (rho ) , C,K,Q ( chi ).

* En conclusion

Les éléments qui viennent d’être présentés montre l’importance de la représentation du Chrisme dans cette énigme. Cette étude ne constitue pas la preuve irréfutable que la stèle invoque le tracé d’un chrisme, mais elle apporte des éléments concrets qui permettent de réfléchir à l’existence possible de ce lien.