Je l’ai proposé il y a maintenant plusieurs années. Un des rôles du carré est d’expliquer que l’angle Sud-Ouest où se trouve Laval-Dieu est à l’origine du codage mais ce n’est pas le seul. Rappelons que pour l’auteur, l’anglais moderne se retrouve dans la langue celtique, et « l’Angleterre » sous entendu « la terre de l’angle » est l’endroit principal qu’il faut trouver. Il utilisera dans son ouvrage beaucoup de mots-relais dérivés du mot -angle- pour l’expliquer .


* La construction du carré

Mais revenons à son tracé Je l’ai découvert en me posant à nouveau des questions.

La première découlait d’une constatation faite par l’abbé :

Page 267

Il est tout à fait remarquable, que l’enceinte du Cromleck de Rennes-les-Bains, enferme toutes les sources minérales, chaudes et froides de la contrée. Les Celtes avaient dû être tout heureux de rencontrer un pays, se prêtant parfaitement de lui-même à la construction d’un monument celtique complet sous toutes ses faces.

Comment un cromleck « grossièrement circulaire » pouvait posséder des faces ?

La deuxième venait d’une observation attentive de la carte. Pourquoi trouve-t-on un alignement de menhirs couchés, situé sous le cugulhou du Sud-Est, alors qu’en fait il n’existe pas sur le terrain ?

J’ai donc commencé par tracer une droite passant par cet alignement .Elle est facile à construire, car elle passe exactement par le point que l’on trouve à la fin du titre « RENNES CELTIQUE » et se prolonge au Nord pour aboutir au menhir des Pontils.
Après avoir constaté qu’il était composé de six menhirs, je me suis demandé s’il n’existait pas d’autres alignements ayant eux aussi six menhirs ou plus. Il y en existe bien un autre. C’est un alignement de « menhirs debout » qui avait déjà attiré mon attention, car il avait globalement la forme d’une flèche : il est situé juste au-dessus du mot Bazel . J’ai donc tiré un deuxième trait.
Ma surprise fut de
constater que ces deux axes formaient un angle droit. Étant donné qu’il y a peu de figures géométriques qui en possèdent, j’en ai déduit qu’il était possible que l’abbé avait dissimulé le tracé d’un carré dans sa carte.
Alors j’ai regardé en bas de
celle-ci et je me suis aperçu que l’axe que l’on peut faire passer le long du pech de la roque ( et qui passe par au moins six menhirs… ) ne correspondait pas à la réalité. Si l’on compare l’axe de cette chaîne montagneuse dessinée sur la carte du livre (3) avec celui que l’on trouve sur une carte d’état-major de l’époque (2) ou d’une carte actuelle (1), on constate qu’ils n’ont pas la même direction.

L’abbé a incliné cet axe de façon à ce qu’il soit parallèle à l’axe passant par le Bazel. J’ai donc tracé une troisième droite qui très logiquement fut perpendiculaire à la première.
Ayant enseigné à une époque la géométrie en collège, je savais qu’avec uniquement trois cotés il était possible de tracer et de situer de façon précise un carré. Les deux droites parallèles délimitaient un segment dont il fut facile de mesurer la distance, et étant donné qu’un carré possède quatre cotés égaux, j’ai tracé le côté qui manquait à l’Ouest. Remarquez la nature des menhirs disposés sur le terrain des crossés. Ils sont alternativement droits puis couchés. Cette représentation est utilisée pour indiquer des axes de symétrie comme le sont les diagonales d’un carré que nous allons nous empresser de tracer.

* Le centre de symétrie : Le cercle

C’est après les avoir construites que j’ai eu la confirmation : Les diagonales se croisaient très exactement sur Le cercle qui le centre de son cromleck ( page 246 ) : cela ne pouvait pas être du au hasard. Une des deux diagonales, celle passant près du ruisseau du Carlat, est symbolisée par trois menhirs couchés placés sur le bord de la Crète pas loin du chemin pavé ( pavé de forme carrée…).

Le sous-chapitre intitulé «Les habitations celtiques, la route pour les chariots » (page 289 à 293 ) est utilisé pour confirmer sa construction. Ainsi tous les lieux sur lesquels passe les côtés de ce quadrilatère ( Scarrajols , Bazel ) ,ou de ses diagonales (Artigues , Tribe , Alby , Gleizole ,Borde neuve , Roucats , Salasse ) y seront évoqués.

Seuls les mots Siala et Fajole ne se trouvent pas sur un trait, mais la traduction que nous propose l’abbé permet de vérifier qu’ils sont en relation avec ce quadrilatère :

Une petite grotte ou caverne existe assez près des ménirs renversés de la Fajole : elle est située vers le nord et regarde Montferrand, – to fadge (fadje), convenir, – hole, creux, caverne, petit logement – la partie du terrain appelé Siala, – to see (si),voir, – hall, maison –, possédait sans doute, comme l’indique son nom, quelques demeures celtiques

Quand on s’intéresse à la définition complète du mot fadge donnée dans le Sadler, on trouve les mots « s’accorder, convenir » mais surtout « cadrer ». Le mot anglais hall fait lui référence aux habitations gauloises qui nous le verrons sont de forme carrée.

* Les côtés et le mot-relais -rang-

Ce constat étant fait, il fallait vérifier que l’abbé le précisait à sa façon dans le texte.

Peut-être avez-vous remarqué que dans l’explication que je donne à propos de la première croix, j’ai souligné des mots que je n’ai pas expliqués.

En ce qui concerne le Bazel il y avait : arrangées et sur deux de largeur et autant de hauteur, et pour le cugulhou présent aux Méniès on trouvait : arrangés et figurer .

Ces deux lieux sont concernés par la première croix mais aussi par le carré comme vous pouvez le vérifier sur les tracés. En plaçant le mot-relais  -rangé-, l’abbé explique qu’il y a un alignement, une droite à tracer et il précise que la figure que l’on obtiendra sera un carré ou un quadrilatère à angle droit :

Pages 163-164

Ces enceintes sont tantôt circulaires, comme en Angleterre, tantôt rectangulaires, comme en Allemagne ; elles comprennent un ou plusieurs rangs.

Ce mot rang se trouve aussi en page 85 dans la partie relative au labyrinthe qui n’est en fait qu’en ensemble de plusieurs centaines de salles en forme de quadrilatères. En fait ce mot-relais est utilisé onze fois dans le livre et à chaque fois il est en relation avec cette forme de quadrilatère ( pages 84,85,131,154,163,164,192,230,242,249,299), soit de façon évidente soit de façon cachée. Dans l’esprit de l’abbé, ce mot-relais est rattaché à la notion de côté.

* Le mot-relais -carré-


Je savais que l’abbé confirmerait plusieurs fois ce tracé dans ses écrits alors « j’ai parcouru le tracé du carré » et je me suis aperçu qu’il ne coupait qu’un mot et un seul, le mot scarrajols .L’abbé explique qu’il vient de square signifiant -carré-.

Ce mot -carré- devait être un mot-relais, il fallait donc le vérifier en s’intéressant à toutes les explications proposées qui s’y rattachent.

Page 50

On a cru pouvoir abandonner ce point de départ tout à fait historique pour s’attacher à un autre ordre d’idées permettant de distinguer les variétés humaines d’après la couleur de la peau et les degrés de l’angle facial. La variété Jaune ou Mongolique se reconnaît à la face carrée, aplatie, au nez plus enfoncé, aux yeux placés obliquement, à la peau olivâtre et basanée.

Page 193

Les Tectosages et les Arécomikes se partagèrent le midi de la Gaule, les premiers s’étendant depuis Bésiers jusqu’au Rhône avec Nemausus (Nîmes) pour ville principale. Nemausus, en celtique, signifie : maison de renom, – name (nème), renom, célébrité, – house (haouce), maison –.

Quelle était donc cette maison renommée ? La maison carrée de Nîmes est citée encore de nos jours comme un monument remarquable. Mais comment cette maison a-t-elle pu devenir célèbre par cette unique et simple qualité d’être carrée ? C’est sans doute parce que, les Habitations gauloises affectant la forme ronde, une maison carrée construite dans la ville a excité un étonnement général et déterminé l’appellation de Nemausus. Peut-être aussi toutes les maisons de la cité avaient-elles la forme carrée.

Page 244

Le plus remarquable est situé en face de la Borde-neuve, tout près d’une grande pierre carrée, étrangement posée en équilibre sur une roche.

Page 290-291

Tout près des Artigues et au-dessus du Bugat, une partie du terrain porte le nom de scarrajols, – square (skouère), carré, – rash, écoulement, – hall (haûll), maison –. C’est bien là, la tuile carrée à crochets, qui se trouve en quantité considérable, sur plusieurs points, dans le cromleck de Rennes-les-Bains. La tuile à canal se voit aussi au milieu des débris de tuiles à crochets. Sans doute, le Scarajols ne nous indique point l’époque plus ou moins éloignée où l’on fabriquait ces tuiles, mais pourquoi voudrait-on refuser obstinément aux Celtes le degré le plus infime de civilisation et leur attribuer, sans raison et sans motif, une ignorance que leur langage contredit constamment ? Les Numides, au rapport de Salluste, ne couvraient-ils pas leurs mapalia de tuiles à canal ? Il importe peu, d’ailleurs, que le scarrajols fut une tuilerie, ou bien une maison couverte de tuiles, il suffit de constater que les Gaulois pouvaient se servir indifféremment de chaume ou de tuiles pour l’écoulement des eaux pluviales sur le toit de leurs demeures.

Page 292

Au milieu de la pente Est de la montagne qui regarde Rennes-les-Bains, et sur un point assez rapproché du hameau du cercle, on distingue une grande roche, taillée profondément de manière à former trois des côtés d’une maison carrée. Le terrain dans lequel cette roche est comprise, porte le nom de Gléizole, – clay (clé), argile, – to ease (ize), délivrer, – hall (hâull), maison –. Cette maison, affranchie de l’argile ordinairement employée dans la construction des habitations gauloises, accuse par sa forme carrée l’époque gallo-romaine .

Commençons par la page 292, remarquez comment l’abbé explique que notre carré n’aura que trois cotés sur la carte. Il fait ressortir le mot argile car une tuile est définit dans le Sadler de la façon suivante : tuile : a tile, a thin plate of baked clay.

Ce mot -tuile- est aussi un mot-relais, il est cité à deux autres endroits dans le livre, et le mot clay inclut le mot-relais -lay- dont j’ai précédemment évoqué l’importance.

Pages 86-87-88

Ils se mêlèrent peu à peu aux Gaetules par des alliances, et comme ils changeaient souvent de lieu suivant la fertilité des campagnes qu’ils rencontraient, ils se donnèrent à eux-mêmes le nom de Numides. Au reste, les constructions des Numides de la campagne, oblongues et couvertes de briques arquées (tuiles à canal) sont appelées par eux mapalia .

Les maisons construites que l’auteur latin désigne par mapalia – to map, tracer, – hall, habitation,– n’ont pu faire renoncer la plus grande partie de la population à parcourir en tout sens le pays pour conduire les troupeaux dans des prairies nouvelles et plus fraîches – new(niou) nouveau, – mead (mid) prairie.

Page 290 

Il est bien possible que les maisons les plus pauvres fussent ainsi couvertes, mais il nous est difficile de croire que les Gaulois ne connussent point l’usage des tuiles, dont ils nous ont laissé le nom dans rajole, – rash, éruption, et en dialecte languedocien, écoulement, – hole, petit logement – , qui désigne aujourd’hui la brique.

La définition la plus intéressante concerne la mapalia car en fait, il y explique qu’il faudra sur la carte ( map ), tracer une habitation carrée ou maison carrée ( page 193 ) ou petit logement. Nous verrons plus tard pourquoi le son -iou- lui est associé, pourquoi la tuile est à crochet ( à canal ou arquée ) et quel est le lien avec hole .

Les autres mots-relais intéressants se trouvent sur la page 50, dans le chapitre concernant la langue Hébraïque qui est l’un des chapitres les plus important du livre. C’est dans ce dernier que nous trouverons les mots-relais principaux qui seront à l’origine de la formation des autres. Ce sont trois mots-relais liés à la construction d’un quadrilatère, les mots – angle- , -face- , -degré-.

Pour ne pas surcharger cette explication, l’explication du dernier mot-relais ne sera pas ici abordée.

* Le mot-relais -angle-

Le mot -angle- se retrouve dans Angleterre mais aussi dans d’autres mots anglais tels que to angle ( qu’il utilise tel quel dans le livre ) , l’angle facial, mais aussi dans certaines traductions. Voici les mots concernés proposées par le Saddler :

To ENTANGLE, va. Embrouiller, mêler, entortiller, embarrasser.

ENTANGLEMENT, s. embarras, m. confusion, f perplexité, f. –

ENTANGLER, s, celui qui embrouille.

To UNTANGLE, va. Débarrasser, délier, ôter les liens à, débrouiller.

To TANGLE, va. Embarrasser, embrouiller, entortiller, mêler; attraper, faire tomber dans un piège :

om. s’embarrasser, s’entortiller.v TANGLE,s. nœud, m. tresse, f- Tangles of hair, des tresses de cheveux.

ANGLE, s.(géom.) angle, m. encoignure, f. coin,m.

To ANGLE,vn. pêcher à la ligne.

Comme vous le remarquez, d’autres mots très souvent utilisés dans LVL celtique apparaissent et particulièrement deux mots : -mêler- et -embarrasser- que nous reverrons plus tard.

* Le mot relais -face-

Passons au mot -face- qui nous fera découvrir des choses bien intéressantes et regardons pour l’instant ceux qui concernent uniquement la carte.

Page 229

La difficulté qu’ils traduisaient par carthow, n’était point cependant insurmontable ; ils ont su la franchir en traversant le Rialsès en face du village de Serres, et en construisant leur chemin de telle sorte, que les chariots pussent passer au-dessus de ces roches

Page 231

En suivant ces roches du regard, l’œil est bientôt arrêté par un ménir isolé, dont la pointe se montre au-dessus des chênes verts qui l’entourent. Il porte dans le cadastre le nom de Roc Pointu : il fait face à une autre roche naturelle fixée sur le flanc de Cardou et ornée de plusieurs aiguilles très aiguës.

Page 234

En face du point où se trouvent la station thermale et l’église paroissiale, la ligne courbe faite par l’assise de rochers porte le nom de Cap dé l’hommé.

Page 244

il suit par l’Illète jusqu’au ruisseau de Trinque Bouteille, se dessine ensuite sur la pente du Serbaïrou la plus rapprochée des rivières de la Blanque et de la Sals, reprend au Roukats, pour se terminer en face du hameau du Cercle, son point de départ.On pourrait s’étonner à bon droit de ne rencontrer aucun dolmen parmi ces monuments celtiques. Nous en avons retrouvé sept ; cinq sur les flancs du Serbaïrou, et deux au Roukats. Le plus remarquable est situé en face de la Borde-neuve, tout près d’une grande pierre carrée, étrangement posée en équilibre sur une roche.

Pages 232-233

La véritable borne de pierre, indiquant la séparation des terrains de Coustaussa et de Rennes-les-Bains, est fichée en terre à vingt mètres plus loin, du côté du nord ouest. Cette borne est fort curieuse ; elle porte sur la face qui regarde Coustaussa, un écusson, sans doute celui du seigneur de ce village,et sur la face opposée, un autre écusson, du seigneur de Rennes, accusant des différences très grandes avec le premier.

Expliquons d’abord ces deux dernières pages pour lesquelles on retrouve deux fois le mot -face- .Nous sommes au Cugulhou du couchant et si l’on se déplace d’une vingtaine de mètres au Nord-Est, alors nous nous retrouvons sur le côté Nord du carré. Cette borne était ( puisqu’elle fut hélas enlevée ) de section carrée. Quant à l’écusson, il est facile de vérifier dans le domaine qui traite de l’héraldique, qu’il possède toujours les trois cotés d’un carré.

Enfin le mot « fichée » me semblait mal choisi ou trop particulier pour ne pas éveiller mes soupçons.Le Sadler propose respectivement les traductions de hook et pitch , pour Fiche et Ficher. Hook signifie aussi crochet comme l’est aussi une certaine tuile, et pitch signifie goudronner, placer, ranger. Nous avons retrouvé deux mots-relais en relation avec le carré. Ceci sera confirmé dans l’utilisation des deux autres mots -fich- du livre. En page 163 il sera question de -rang- et de -cercle- et en page 285 à la notion de -pièce-.

Cette dernière remarque doit vous surprendre. Je vous parle de forme carrée et voila que j’évoque la forme circulaire d’une -pièce- . Nous verrons ce mot-relais important quand il sera question de Nicolas Poussin et de ses trois tableaux expliqués dans LVL celtique mais pour l’instant revenons à la forme circulaire c’est-à-dire la forme d’un arc, car un arc et les notions de « lumière-vue » sont associées au carré .

L’ARC ASSOCIE AU CARRE

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