* Son origine

Il fut publié dans « l’or de Rennes » en même temps que le grand parchemin, mais il n’a pas la même origine ni la même logique. Nous savons que le texte qui fut choisi pour le créer est un extrait de l’évangile de Luc VI que l’on trouve dans le codex Bezae.

Le grand parchemin quant à lui se compose de trois parties:

– un texte codé ( Bergère etc ..) obtenu à partir de toutes les lettres du texte de la stèle et du PS- Prae-cum qui se trouve sur la représentation de la dalle.

– Un fond composé de l’évangile de Jean XII qui ne provient pas du codex Bezae.

– Une inscription qui se trouvait dans l’église de Rennes-le-Château ( jesu.medela… ) et qui n’intervient absolument pas dans le codage.

Enfin le tout est écrit en onciale, c’est-à-dire dans une écriture qui imite le petit parchemin.

Nous savons tout sur le codage complexe du grand parchemin alors que nous ne savons rien sur celui du petit. Il faut rappeler que pour P.de.Cherisey , le parchemin représente « une grotte » au fond de laquelle est inscrit le mot Sion.Certaines des lettres ont été décalées, de façon à faire apparaître la phrase « A DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE TRÉSOR ET IL EST LA MORT ». Nous reconnaissons le niveau de codage qui caractérise le duo (Plantard)-Cherisey, et nous comprenons qu’ils ne font qu’exploiter le mot SION que l’on trouve en effet inscrit à la verticale sur le petit parchemin.

Nous verrons qu’à la différence du grand parchemin, le petit propose une solution cohérente avec ce que nous fait deviner l’abbé Boudet dans LVL Celtique, alors que l’autre document nous apporte une nouvelle énigme ( Bergère etc.).

On comprend mieux que Plantard ait voulu le faire passer pour un faux, car chercheur de trésor à l’origine, il connaît sa valeur et devait regretter amèrement que P. de.Cherisez le fasse parvenir à G de Sède sans qu’il ne le sache.

* Présentation

Le texte du petit parchemin

Le texte du codex Bezae

Et factum est eum in

sabbato secundo primo a

bire per segetes discipuli autem illius coe

perunt uellere spicas et fricantes manibus+mandu

cabant quidam autem de Farisaeis di

cebant ei ecce quid faciunt discipuli tui sab

batis+quod non licet respondens autem Ihs

dixit ad eos numquam hoc

legistis quod fecit Dauid quando

esuriit ipse et qui cum eo erat i+ntroibit in domum

Dei et panes propositionis

manducauit et dedit et qui

cum erant quibus no

n licebat manducare si non solis sacerdotibus

Les différences

en vert les lettres du codex qui sont remplacées, suivies en rouges des lettres apportées par le parchemin

La traduction

Et il advint que lui durant un

sabbat second-premier,

passait à travers les champs ensemencés. Or ses disciples prirent

l’initiative d’ arracher les épis et les broyant dans (leurs) mains,

(les) mangeaient. Or quelques-uns des pharisiens lui

disaient: « Vois que font tes disciples, les sabbats

ce qui n’est pas permis! » Or, en réponse Jésus

leur disait: Vous n’avez jamais lu ce que fit

David lorsque il eut faim, lui

et ceux qui étaient avec lui? S’introduisant dans la maison

de Dieu, et les pains de la présentation

il mangea; et il donna même à ceux qui étaient avec lui,

eux à qui il n’était pas permis de manger, sinon aux prêtres seuls

* Une carte

Nous devons à Franck Marie une des premières interprétations du document . À juste titre ce dernier a constaté que le parchemin représentait une carte. Après avoir vérifié que toutes les proportions de cette carte étaient correctes, il en a déduit que :

– Rennes-le-Château ( C ) , se trouve à l’extrémité du petit triangle

– Rennes-les-Bains ( B ) se trouve sur la première croix située près du début de mot mandu

– Laval-Dieu ( A ) se trouve au niveau de la troisième croix

* Les deux alignements

Nous y retrouvons la logique de la stèle et de la dalle, c’est-à-dire, deux diagonales qui se croisent avec le Lieu qui se trouve à l’intersection. Cependant la figure finale est plus proche de celle de la pierre de Coumesourde pour laquelle il est question d’une sécante passant par un milieu.

Un alignement de lettres « T » est évoqué, car on peut constater que sur les lignes 2,4,5,6,8 ,9 et 10 on trouve cette lettre en sixième position. On peut donc logiquement se demander pourquoi il n’en est pas de même pour les lignes 3 et 7. En ce qui concerne la ligne 7 une inversion doit être réalisée afin que la croix qui se trouve en sixième position prenne la place de la lettre « T » que l’on trouve dans le mot auTem et réciproquement. Ce mot est important, il se trouve aussi sur la cinquième ligne. L’absence de « T » sur la troisième ligne doit nous conduire à le rechercher sur cette dernière, et ainsi découvrir l’alignement de « T » passant par le mot auTem et se terminant au « T » de inTroibit .

L’inversion du T du deuxième auTem et de la croix présente sur la septième ligne fait apparaître la deuxième diagonale composée de trois croix, la diagonale de lettres « M » de la stèle, c’est-à-dire la direction passant par Arques et par l’église de Rennes-les-Bains et se terminant à la croix du Bezu qui se trouve à l’intersection de la route du Bezu et de Saint Just, près du chemin qui descend à Saint Ferréols. Sur ce document la diagonale se termine sur la lettre « O » de SINON ,car nous sommes sur une direction Sud-Ouest.

* La lettre thêta

Sur certaine représentation du petit parchemin, le « O » de secundo est remplacée par la lettre thêta. Avec ou sans cette différence, la lecture est la même. Il n’existe que trois mots dans le texte possédant la syllabe « DO » . On trouve secundo , quando et domum, mais ce dernier mot est transformé en mot grec. Il ne reste donc plus que le mot quando, et c’est sur sa lettre « O » que les deux axes se croisent, nous sommes sur le Lieu à environ 250 mètres au Nord-Est de LavalDieu.

* Les mots grecs inversés

Comme Franck Marie l’a expliqué, le mot inséré à l’avant-dernière ligne, et possédant un thêta est le mot grec θήκη retourné qui veut dire coffre mais aussi et surtout tombeau. Le dictionnaire Bailly donne la définition suivante :

θήκη, ης (ἡ) 1 boîte, coffre, caisse où l’on dépose qqe c. (de l’argent, des trésors, etc.) Hdt. 3, 130 ; 7, 83 ; XÉn. Œc. 8, 17 ; Plut. Luc. 32 || 2 cercueil, d’où tombeau,…

Le sigle IHS est transformé en INS , que l’on retrouve associé à la direction Sud-Ouest au niveau du point D ( SINON ). Le but était d’expliquer que le Lieu ( O ) contient un tombeau en relation avec le Christ..

Le deuxième mot qui remplace domum ( maison ) est λένη . Comme le mot précédent il est aussi retourné et sa définition est :

ὠλένη, ης (ἡ) I le haut du bras, le coude, Hh. Merc. 388 ;Eschl. Pr. 60 ; Soph. Tr. 926 ; d’où : 1 le bras, EuR. I.T. 1158, Ph. 137, Med. 902 ; au plur. EuR. H.f. 1381, Bacch. 1125, 1238 ; AR.Ran. 1322 ; Luc. D. deor. 20, 10, Dom. 7 || 2 la main, EuR. I.T. 966 || II brassée, faisceau, Math. p. 88 (cf. lat. Ulna).

Son interprétation est plus difficile et je ne peux évoquer que deux pistes. La première est relative au coude du personnage central du tableau de Poussin. La deuxième qui a ma préférence, serait une référence à l’avant-bras du « christ au lièvre » que l’on trouve dans l’église de Rennes-les-Bains et qui symboliserait le chemin partant du terrain de l’homme mort ( le Christ) , et arriverait à LavalDieu. Il faut rappeler que l’évangile selon Luc VI parle dans un premier temps des épis arrachés, puis il enchaîne sur le miracle de la main desséchée. C’est d’ailleurs dans ce début de chapitre que l’on voit le mot « Sabbat » cité et décliné le plus grand nombre de fois dans le Codex Bezae ( voir l’erreur Sabat dans l’étude du codex Bezae 2 ).

* Redis,Blès

Le mot Redis, dont on trouve les trois premières lettres RED sur la page 186 du codex Bezae est bien en relation avec Rennes-le-Château. Nous le trouvons logiquement à l’extrémité de la diagonale pour indiquer le point de départ ( de l’autre coté au niveau du triangle ).

Enfin Blès est en relation avec le texte, puisqu’il est question d’épi arrachés, mais je pense qu’il fait aussi partie de la signature de l’auteur du petit parchemin.Cependant le fait de mettre blès au pluriel est particulier car on ne le trouve que dans peu de versions de la bible. C’est le cas dans la bible annotée de Neufchâtel de 1899 ( « Or il arriva, au sabbat second-premier, qu’il passait au travers des blés »  ), mais c’est plutôt la version janséniste de Lemaistre de Sacy qui a ma préférence ( « un jour de sabbat, appelé le second-premier, comme Jésus passait le long des blés » ) car n’oublions pas que Nicolas Pavillon était de cette confession.

* Les erreurs de lettres

Si l’on peut écarter deux types d’erreurs qui peuvent s’expliquer quand on prend le calque d’un document ( T à la place du I et C à la place du G ), trois erreurs que l’on trouve alignées sur la lettre M du mot auteM semblent avoir un lien.

ILLIUUTRIS ( illius= cette )

QUIDA ( quid = quelle )

DISETXITT ( dixit = il a dit )

Il semblerait qu’il faille prendre les lettres remplacées et les lettres qui remplacent pour former des mots latins, ce qui donnerait : UTRI ADDIS ET, soit mot pour mot « celui des deux- tu ajoutes-et » soit « et tu ajoutes celui des deux … ». L’auteur de l’énigme fait-il référence aux « T » que l’on trouve dans auTem afin de comprendre le tracé de la diagonale ou parle-t-il d’autre chose?

* Le tracé situé au-dessus du A de quando

Comme l’a expliqué F Marie, il s’agit de la pique de LavalDieu.

* La forme du texte

On retrouve facilement la ressemblance avec la vallée de LavalDieu, le pas de la roque entre SINON et SOLIS, ainsi qu’une forme évidée carrée, qui expliquerait qu’à cet endroit un échiquier peut être positionné.On remarque aussi que le mot domum  transformé ( le bras du Christ au lièvre ) est correctement placé car le chemin qui conduit de l’homme mort à LavalDieu se trouve à cet endroit.

* Le mot esuriiUt

Il suit le mot Quando dont la lettre O désigne le Lieu, il est donc en relation avec ce dernier.

Nous constatons qu’un U ( en fait un V, car le U n’existe pas en latin ) est remplacé par deux « I ». Comment ne pas voir à nouveau le code IVI qui explique en fait un M est l’association de ces trois lettres. La pierre de Coumesourde s’en trouve expliquée ( le Lieu O, situé à l’intersection des deux axes est au milieu du segment [DB] ).

* En conclusion

Une nouvelle fois, le Lieu désigné se trouve à environ 200 mètres au Nord-Est de LavalDieu. Nous retrouvons les deux directions évoquées sur la stèle, c’est-à-dire sur un document qui ni Plantard ni Cherisey n’a pu modifier. Nous savons que ces derniers ont été capables d’expliquer parfaitement le codage du grand parchemin alors que pour le petit, rien de cohérent n’a été démontré.A l’époque ils auraient pu très simplement expliquer ce que je viens de vous montrer pour confirmer qu’ils en étaient les créateurs, mais cela n’a pas été fait, car ils en étaient incapables.

Ce document a très probablement été réalisé par un prêtre, à partir de l’extrait du codex Bezae que l’on retrouve dans Vigouroux. La modification du mot discipuli fait apparaître deux choses, la page du codex où se trouve cet extrait ( page 186 ) mais plus complètement une date : 1861. L’auteur qui devint disciple du Christ, c’est-à-dire prêtre à cette date est l’abbé Boudet. On comprend alors le choix des mots « bles » et « ὠλένη » . Le premier mot fait référence à la kaïrolo de LVL Celtique, et le deuxième nous parle d’un tableau présent dans sa maison ( domum ) de Dieu, c’est-à-dire dans l’église de Rennes-les-Bains. Ce n’est bien sûr que mon hypothèse…

Je pense que ce document est authentique et légèrement modifié ( A Dagobert etc…). Il fut obtenu par Plantard de façon « peu honnête ». Ce dernier a probablement découvert deux choses, son origine ( Vigouroux ) et le mot SION que l’on trouve « dans la grotte » ( pathétique…) !!.

C’est à partir de cette découverte qu’il eut l’idée de créer le «Prieuré de Sion », car il a compris que cette énigme était en relation avec SION, et que si le Lieu devait un jour être trouvé, il serait obligatoirement en relation avec ce mot : Le prieuré de Sion est en fait l’opportunisme d’un chercheur bredouille.

On comprend alors pourquoi le grand parchemin fut réalisé à l’image du petit, et qu’il connaissait tout du premier et rien du second.

Comments are closed.

Post Navigation