PRÉSENTATION

Ce livre écrit puis publié en 1886 par l’abbé Boudet est pour ma part le document le plus important à étudier. À sa sortie, il fut critiqué dans les milieux scientifiques de l’époque. L’abbé Boudet y affirme que l’anglais moderne est à la base de toutes les langues et qu’il permet d’expliquer étymologiquement différents mots ou lieux, ce qui est absolument inconcevable.

Alors comment se fait-il que ce prêtre réputé très intelligent nous explique que « Locmariaguer » signifie « un lac qui empêche les chasseurs » ,sachant pertinemment que ce lieu se réfère à Marie, ou qu’en 1896 il traduise « Cugulhou » par « haute colline » ( page 186 « Alphabets Solaire » JP Chaumeil et J Rivière ) alors que dans LVLC, ce lieu signifie « menhir vilain » ! ?

La réponse évidente que nous aurons mainte fois l’occasion de vérifier est que ce livre est codé.

Pour l’avoir étudié pendant des années, je peux vous affirmer que ce codage vraiment remarquable, fut réalisé par un prêtre très intelligent, et c’est pour cette raison que je lui ai dédicacé mon roman. Vous trouverez à la fin de cet ouvrage plusieurs Qrcodes qui vous permettront d’acquérir des documents ( dont le dictionnaire Saddler, version poche ) utilisés et cités par l’abbé .

INTRODUCTION

Quand on lit pour la première fois cet ouvrage, il faut le faire en plusieurs fois tellement la lecture est difficile et déconcertante. On a notamment l’impression d’avoir lu plusieurs fois des mots identiques dans des chapitres traitant de sujets différents, ce qui à priori n’a pas de sens.

Ce que je veux dire c’est qu’il est tout à fait normal de retrouver sur une même page d’un ouvrage quelconque, des mots traitant du même sujet alors que le contraire est très peu probable. Par exemple il y a de fortes chances de voir associés dans un même paragraphe relatif à la production vinicole les mots « vigne, raisin, bouteille » car ils se rapportent au même sujet. Par contre il est peu probable de retrouver le mot boulon associé au mot vigne dans des paragraphes traitant de la pêche ou de la chasse. C’est à partir de ce constat qu’il m’est venu l’idée que l’abbé Boudet utilisait des mots que j’ai qualifié de « mots-relais » qui se rattachent à une même notion ou un même tracé.

De prime abord, ce que je viens d’expliquer peut apparaître difficile à comprendre pour certains, et c’est pour cette raison que nous allons découvrir progressivement ce codage. Je vous engage à être acteur de cette découverte et je vous propose donc de vérifier ce que je vais vous présenter en traçant les lignes au fur et à mesure qu’elles seront proposées, et surtout de vérifier dans les paragraphes concernés que les mots-relais ne sont utilisés que pour ce tracé.

LA CROIX DES SOMMETS

* La carte, porte d’entrée de l’énigme

La partie la plus simple à aborder dans cet ouvrage est la carte que l’on trouve à la fin du livre ainsi qu’au deux derniers chapitres du livre qui se réfèrent à cette carte. C’est à partir de ce document que nous commencerons notre étude.

Si vous l’observez attentivement, certains détails doivent vous interpeller. Par exemple en bas à droite de la carte, au niveau du cugulhou on observe un alignement de menhirs couchés dessinés au-dessous de ce mot ainsi qu’un regroupement de quatre menhirs disposés en losange juste au-dessus.

Nous allons dans un premier temps nous intéresser à ces derniers, mais il faut d’abord préciser que ces dispositions de pierres n’existent pas sur le terrain. On peut donc légitiment se demander pourquoi l’abbé Boudet les a représentés sur sa carte.

Si vous poursuivez vos observations vous constaterez qu’un deuxième regroupement de quatre menhirs disposés de la même façon est dessiné en haut à droite de la carte. Il encadre en amont le ruisseau du Carlat situé au-dessous du deuxième cugulhou.

* La hache : un tracé d’axe et d’arc

Comme beaucoup d’entre vous l’ont constaté, l’abbé écrit constamment les mots menhirs et cromlech sans la lettre « H ». Étant donné que le mot anglais axe signifie Hache ( H ) en français, et surtout que je connais comment l’abbé procède pour avoir lu et étudié cet ouvrage des centaines de fois, il est possible que l’abbé nous indique à sa façon qu’il faille par moment tracer des axes reliant des lieux entre eux. Enfin la forme de la hache évoque parfaitement le tracé d’un arc de cercle, plus tard nous aurons l’occasion de nous servir aussi de cette information.

Vous n’êtes pas obligé d’admettre cette théorie qui paraît en effet très légère pour l’instant, mais admettez qu’il n’est pas absurde de relier par un trait deux regroupements de menhirs disposés de façon identique .

Alors tracez une ligne qui relie ces deux groupements de quatre menhirs par une droite et constatez. Le trait passe par deux sommets, celui des Méniès et celui situé à gauche des Cugulhous du Nord-Ouest, mais aussi par un terrain appelé Fangallots. L’abbé nous explique par deux fois sa signification :

page 255 et 203 :

C’est le Fangallots des Redones – to faint (fént) disparaître, – Gallows (Galleuce),potence, gibet. Le mot anglais le plus intéressant à étudier ici est Gallows, il signifie aussiépouvanter, terrifier, effrayer –

Vous trouvez ici, dans le reste de la définition non proposée par l’abbé, un ensemble de mots souvent évoqués dans le livre mais revenons sur la potence.

Les romains utilisaient trois types « de support » pour le supplice de la crux . Il y avait le pal ( in crucem suffigere: mettre sur un pal ), la croix ( cruci affigere : attacher à une croix ) et la potence ( pendere in cruce : pendre à une potence ).

En latin le mot crux désignait un gibet ou une potence.

Cela pouvait être un simple pieu ou le timon d’un char auquel on attachait la victime les mains liées derrière le bois .Cette technique était connue sous le nom de crux simplex.

Mais il y avait aussi :

– la croix en forme de lettre « T » qui était appelée crux commissa ou crux summissa

– la croix que l’on connaît tous avec sa barre horizontale appelée crux capitata ou immissa

– la croix en forme de X appelée crux decussata .

Pour conclure, les mots potence-gibet représentent aussi la crux , c’est-à-dire la croix.

Ce mot Fangallots serait-il une invitation à tracer une croix dont le centre se trouverait à cet endroit? Cela ne nous coûte rien d’essayer …

Prenons une équerre et constatons : à nouveau deux sommets se trouvent alignés, celui du Cardou et celui du Bazel. La droite longe la pointe du cap de l’hommé , passe sur le terrain de LavalDieu et se termine au Pas de la Roque .La direction de cette droite est celle de la pierre parallélépipédique décrite en page 230 ( inclinée dans une direction voulue ). Mais si l’on regarde une carte de l’époque on peut constater que celle de l’abbé a été déformée afin d’obtenir ce tracé. Normalement un axe passant par le sommet du Cardou et celui du Bazel doit se trouver plus à l’Est .

Nous avons donc quatre lieux, en fait quatre sommets qui sont reliés par ce tracé qui forme une croix. Il est temps de s’intéresser aux textes qui en font référence.

Page 228 :

À l’ouverture du cromleck, sur la rive droite de la Sals, apparaît une montagne appelée Cardou : vers le sommet, (1)

Page 230 :

Au sommet(2) du Bazel, on aperçoit des pierres levées fort étranges, qui contribuent à former le cercle du cromleck du côté du levant. Il est à peu près impossible de décrire en détail ces grandes pierres ; elles sont en nombre considérable, et leur somme peut aisément être portée à trois ou quatre cents arrangées en ordre sur la crête ou gisant confusément sur la pente regardant le sud. Une de ces pierres mesure plus de huit mètres de longueur, sur deux de largeur et autant de hauteur : cette masse d’environ trente-deux mètres cubes a été soulevée, inclinée dans une direction voulue, et calée à une de ses extrémités afin que son poids énorme ne l’entraînât point sur la pente raidede la montagne.

Page 232 -233 :

En arrivant au ruisseau du Bousquet, l’assise de roches disparaît, et va reprendre dans la montagne vers la source de ce ruisseau. Sur ce point très élevé, on aperçoit une réunion de fortes roches portant le nom deCugulhou. Cette masse n’est point en entier naturelle ; le travail des Celtes y apparaît fort clairement dans les huit ou dix grosses pierres rondes transportées et placées sur le sommet(3) du mégalithe…

À partir de Cugulhou, reparaît une assise de roches de grès grossier, se dirigeant vers le ruisseau du Carlat. Ce ruisseau dont les bords sont abruptes, est rempli de blocs de pierre qui barrent son cours et forment des chutes multipliées.

Page 235 :

Les ménirs n’ont pas été renversés, mais on a placé à leur sommet(4)le signe du salut.Une sixième croix grecque dans une large roche, se trouve assez loin du cap dé l’Hommé, (4) sur le bord de la crête du sud, en tête du terrain

Page 237 :

Tout près de l’endroit où Trinque-Bouteille déverse ses eaux dans la Blanque, de nombreuses pointes devaient s’élever sur les grandes roches bordant la route de Bugarach : un seul ménir y existe sur pied, ayant perdu l’acuité de son sommet ( 6).

Page 239 :

C’est bien là, en effet, un travail de géants, et on n’est guère surpris que les Grecs aient inventé, au sujet de ces énormes pierres, dont ils ignoraient la signification et placées sur le sommet (7) des collines.

Page 242 :

A ce point, la courbe du cromleck se dirige vers le nord en passant par les mégalithes disposés sur le flanc des Méniès et remontant vers le haut de l’éminence. Les roches naturelles existant au sommet (5) de ce lieu élevé, sont brusquement interrompues dans leur soulèvement, et forment une arête fort vive, arrangée par les Celtes pour figurer dans la construction de leur drunemeton.

Puis la page qui nous parle des Fangallots :

Page 254 :

Le supplice ordinaire réservé aux criminels, est écrit sur le sol celtique, et nous le retrouvons dans le terme Fangallots, désignant un terrain situé à Rennes-les-Bains, dans la pente abrupte au bas de laquelle (6) est bâti l’établissement thermal du Bain Doux.

Le mot relais -sommet- est cité treize fois dans l’ouvrage dont sept fois à partir de la page 228 dans la partie finale du livre qui concerne la carte ( pages 19, 49, 52, 75, 167, 181 puis chapitres VII et VIII : 228, 230, 232, 235, 237, 239, 242 ).

Pour l’instant cinq des sept pages font le lien entre le mot-relais -sommet- et les différents lieux présents sur ce tracé( sommets de 1 à 5 ).

En ce qui concerne la page 237, le mot -sommet- (6) est évoqué à propos d’un menhir qui se trouve à l’endroit où le ruisseau de Trinque-Bouteille se déverse dans la Blanque. On peut d’abord constater une anomalie, car l’abbé parle d’un seul menhir alors que sur la carte il y en a deux. Mais surtout que ce ruisseau possède deux affluents qui prennent donc source sur «des hauteurs », et en effet une des branches de cette croix passe par ces deux hauteurs. Ce procédé très astucieux permet à l’abbé de proposer deux « sommets » sans que cela paraisse trop évident.

Enfin, dans le cas du -sommet- (7) de la page 239, nous sommes au Sud des Roulers ( page 238 ), l’abbé parle « d’une longue ligne de roche bien orientée qui va du levant au couchant et s’étendant depuis le col de la Sals jusques au-delà de la Blanque », c’est-à-dire située après la Blanque soit vers l’Ouest, en fait dans le sens contraire de sa progression, car il décrit le cromleck dans le sens inverse des aiguilles d’une montre : Il parle du pech de la Roque. Mais la croix qui vient d’être tracée passe au niveau du pas de la roque , c’est-à-dire un lieu situé entre deux sommets et non pas sur un sommet. C’est en fait tout le contraire !

À ce stade d’analyse, tout « décodeur » doit se poser des questions :

Pourquoi trouve-t-on cette anomalie? Pourquoi les sommets- des pages 237 et 239 sont différents des autres ? Existe-t-il un lien entre ces deux pages ? Pourquoi attire-t-on notre attention à cet endroit particulièrement ?

Le lien existe bien… Au pas de la roque , le ruisseau des Boudous passe entre deux sommets, de la même façon que le ruisseau de Trincque-Bouteille formé de l’association de deux cours d’eau s’écoule à côté de deux sommets de menhir ( et non pas un ). Cette croix passe enfin sur le domaine de Laval Dieu. Le but est bien entendu d’attirer notre attention sur ce lieu .

* Une notion de brutalité

Nous constatons que pour tous ces lieux le mot -sommet- est associé à la notion de  brutalité dans les termes –déclivité extrême- brusque- et de pente -abrupte- etc

Si l’on s’intéresse aux traductions relatives à ces deux derniers mots qui nous sont présentées dans le Sadler, on peut lire :

Brusque : Blunt, abrupt, rough.

Abrupt : Abrupt : abrupte, brusque, impoli, soudain, précipité, escarpé.

Certains mots ou notion donnés dans ces définitions se retrouvent dans les premiers chapitres. Il y a donc de grandes chances qu’ils soient des mots-relais en relation avec le tracé de cette croix, et c’est ce que nous allons vérifier dans la suite de cet essai.C’est une croix épaisse, plus large que la croix de Dieu que nous allons découvrir après.

Enfin la branche principale de cette croix possède « la direction voulue » de la pierre de section carrée décrite dans le paragraphe qui se rapporte au sommet du Bazel.

* En résumé

Qu’avons-nous appris dans cette première recherche, même s’il reste à le confirmer par d’autres observations ?

L’abbé nous propose de tracer une croix sur sa carte et le confirme en donnant des mots particuliers ou « mots-relais » qui font le lien entre les lieux trouvés sur ce tracé. La traduction anglaise complète des mots fait apparaître d’autres mots que l’on trouve cités dans le livre. Sur la page 230 les mots somme et sommet sont associés ce qui semble confirmer que l’abbé « décline » les mots, ce que nous aurons l’occasion de vérifier prochainement. Il est donc probable qu’un mot-relais se retrouve dans d’autres mots et qu’il faille aussi s’intéresser à la phonétique. Afin bénéficier d’un peu plus de souplesse dans le codage, car les lieux lui sont « géographiquement imposés », le tracé passe sur le lieu et/ou le nom du lieu.

Pour terminer sur le cas particulier de cette « croix des sommets » ou croix des voleurs ( page 303 ), elle représente pour l’abbé une des croix présente sur le Golgotha ou mont du Calvaire, nommé aussi « Lieu du Crâne ». En araméen c’est le gulgalt qui signifie « crâne-sommet », une notion de « brutalité » lui est logiquement associée.

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