* Quatre sous-chapitres concernés

Cette étude fait suite à celle sur la « tentation » car elle porte sur le même sujet qui est « l’art de guérir chez les druides » .En page 266 l’abbé explique que ces derniers utilisent deux remèdes, les eaux en général, les bains en particulier et le gui. Le lien devient plus évident à la fin du sous-chapitre quand il nous parle de Notre Dame du Cros. En 1879 l’abbé avait probablement lu l’ouvrage suivant :

Histoire_de_l_abbaye_de_Caunes_ordre_de

On y apprend que ( p 85 – 86/301 pdf ) :

  • ce lieu possède une légende proche de celle de Notre Dame de Marceille.
  • c’est un lieu ou des druides pratiquaient des sacrifices près d’un dolmen
  • on y trouve un ermitage
  • et surtout on y trouve une fontaine dont l’eau a la propriété de guérir des fièvres ( qui ne sont pas particulièrement int-ermit-tentes …)

J’expliquerai d’autres liens dans LVL Celtique qui confirmeront ce fait.

* Le gui , les mots-relais et les déclinaisons

Les déclinaisons

Dans les études précédentes je n’ai pas trop insisté sur les déclinaisons de mot qui sont particulièrement importantes dans la compréhension de ces quatre sous-chapitres. Pour ne pas lasser le lecteur, je vais ne proposer que deux « phonèmes » qui chacun vont donner une suite de mots-relais. Les chercheurs qui se sont intéressés à « ague » de l’étude précédente comprendront.

Le premier est « sacr » , qui donnera peu de mots déclinés :

sacré pour consacré

sacre pour massacre ( avec mass : la messe )

sacrilège et surtout sacrifice

Le deuxième est « l’âme/ame » qui sera utilisé sous plusieurs formes :

infâme, name, lame, lamelle, trame, lamentable, shame, rameaux(puis branches ), amertume, rame, amener, ramener, chameau, amekrouth , isames, tame, réclamer,fameuse/fameux, amer , clameur, gramen, hameau, fondamentale, atramentaire, Dame.

Il m’est impossible de vous montrer en quelques lignes tous les liens, mais je pense qu’en vous rappelant cette « clé », il vous sera possible de parcourir LVL Celtique et d’établir les liens par vous-même.

Les mots-relais

Dans l’étude précédente je vous invitais à parcourir LVL Celtique à l’aide d’un logiciel afin d’y rechercher quelques mots-relais. Peut-être certains d’entre vous l’ont fait et ont trouvé des paragraphes n’ayant à priori aucun rapport avec le gui, par exemple celui-ci :

Les vaisseaux armoricains à carène plate défiaient les bas-fonds ; construits dans leur entier en cœur de chêne, ils pouvaient se jouer du choc des éperons romains ; leur proue et leur pouppe fort élevées, résistaient admirablement aux vagues les plus fortes : les voiles étaient faites de peaux, afin qu’elles ne fussent point déchirées et mises en pièces par la furie des ouragans et des tempêtes.

Peut-être avez-vous pensé que « la théorie des mots-relais » a ses limites, car à priori il n’y a pas de rapport entre cette histoire de vaisseaux à carène plate et le gui !

En fait il y en a bien une, mais il va falloir d’abord que je vous explique « deux-trois petites choses » .

Avant de revenir à l’essentiel, réglons le problème de cette faute d’orthographe commise par l’abbé sur le mot pouppe. Dans le sadler il n’y a qu’un seul mot pour lequel on retrouve le phonème ouppe , c’est « houppe » ou qui signifie touffe ( les boudétistes penseront à étouffe de la page 40, et auront raison ) , soit tuft en anglais, touffu ou dru . L’abbé parle de dernier mot en page 170, le grec « drus » signifie chêne et a donné le nom druide .

Pour être complet , voici la définition du sadler :

TUFT, s. touffe, f. amas, m. bouquet, m. bosquet, m. ; assemblage, m. groupe, m. un nœud de rubans

Ruban est bien en relation avec le gui ( page 285 ), mais j’ai aussi souligné groupe et assemblage car en ancien Français on écrivait « grouppe » avec deux lettres « P » pour désigner une foule, une assemblée, j’y reviendrais dans quelques lignes.

En conclusion, nous remarquons que la faute commise sur le mot« pouppe » permet notamment d’évoquer l’assemblée et le gui présent sur les chênes et coupé par les druides, pourtant le paragraphe n’a aucun lien avec les mots que je viens de mettre en évidence…

* Le gui sacré

Le mot « sacré » est cité cinq fois dans ce paragraphe et il est omit en page 285 :

…où ils quêtaient des pièces de monnaie sur une pomme  ( le fruit sacré des druides ) fichée au bout d’une baguette enrubanée…

Puis on le retrouve dans le paragraphe concernant Notre Dame de Marceille :

page 277

direction de ces pieux et savants missionnaires, dignes héritiers des vertus et de la charité de leur bienheureux fondateur, le temple privilégié a vu une foule, plus considérable que jamais, s’agenouiller et prier dans l’enceinte sacrée. A peu de distance, vers le haut de la rampe (1) bordée d’arbres verts

(1) Cette rampe porte le nom de Voie Sacrée.

Très rapidement … le pieu est en relation avec la pijole où se trouve l’ermitage, les arbres verts ont été expliqués dans l’étude précédente, alors revenons sur ce mot rampe et cette voie sacrée .

D’abord « rampe » car c’est un mot-relais qui n’est cité que trois fois dans LVL Celtique, ce qui fait qu’il est beaucoup plus facile d’en comprendre l’utilité. On le trouve à la page 19 en relation avec le mot-relais « côté » puis à la page 103 où l’on peut lire :

Le mot miel, en Kabyle tament, reproduit cette pensée que la douceur finit toujours par apprivoiser et dompter – To tame  (tème), dompter, apprivoiser, to end, finir. Les termes puniques sont certainement l’expression exacte des habitudes de ces peuples, et cette vérité se manifeste avec puissance dans le verbe ramper, en Kab. mour’edh. Pour nous, ramper c’est avancer à la manière du serpent, mais pour un Numide, c’est s’engager dans les hautes herbes d’un marécage et aller de l’avant sans être aperçu – moor (mour), marécage, – to head (héd), conduire –

On retrouve dans ce paragraphe to head qui définit les druides, et les marais présents à Notre Dame de Marceille de la page 278 :

coulant goutte à goutte, avait dû rendre le terrain boueux, et par suite, rempli de joncs et de cette graminée que l’on retrouve dans tous les sols humides : c’était là ce que les Celtes appelaient le haum-moor, terme qu’ils ont écrit sur tous les points du pays gaulois, partout où se présentait à leurs yeux un terrain plus ou moins marécageux.

Reprenons le paragraphe où se trouve le mot ramper associé au verbe To tame , verbe en relation avec les abeilles et le bourdonnement. To tame veut aussi dire « affaiter » ( ajuster.. ) soit en anglais to train a hawk Hawk , le faucon de la page 98 nous y sommes , il va falloir parler de Saint augustin.

Peut-être que certains d’entre vous penseront que nous sommes bien loin du sujet, partir de « sacré » et arriver à « hawk » !

En fait non, dans le sadler on peut lire au mot sacre, juste avant le mot sacré :

SACRE, sm. the saker hawk. ( saker = sacre ).

précisons enfin que Hawk signifie aussi colporter, ce mot se trouve associé à étoupe, la houppe de fibre qui sert à calfeutrer les carènes (page 108 ):

l’inventeur des tissus de soie – tow (tô), filasse, étoupe, – to hawk (hâuk), colporter, – worm (oueurm), ver

La boucle est bouclée, nous sommes revenus à pouppe.

* Saint Augustin

Nous verrons que Saint Augustin concerne particulièrement Notre Dame de Marceille, et c’est pourtant dans le sous-chapitre concernant le « gui sacré » qu’il est évoqué. L’abbé ne pouvait pas faire apparaître le lien trop évident , entre l’abbaye et le tableau. Pour l’instant je n’ai évoqué que quelques éléments qui feraient penser que le paragraphe relatif « au gui sacré » soit bien en relation avec Saint Augustin .Il faut maintenant s’intéresser sérieusement au paragraphe de la page 98 pour constater d’autres liens:

c’est le nom punique donné vers la fin du quatrième siècle après Jésus-Christ, au plus grand génie que l’Afrique ait produit, Saint Augustin. A peine âgé de vingt-huit ans, possédant toutes les connaissances humaines enseignées à cette époque, il professait avec éclat la rhétorique à Carthage et quelques années après à Milan où il fut baptisé par saint Ambroise en 387. Intelligence élevée, avide de toute science et surtout de vérité, esprit subtil et pénétrant, ayant une parole entraînante et un raisonnement d’une logique inébranlable, saint Augustin méritait certainement le nom d’Aigle des assemblées, qu’on lui a donné avec justice et bonheur – hawk (hâuk), faucon, – hustings (heusstings), salle d’assemblée.

Nous avons dans ce paragraphe un concentré de mots-relais impossible à résumer ici ! Les plus curieux d’entre vous les rechercheront dans LVL Celtique et comprendront beaucoup de choses.

Mais revenons au mot « Augustin » qui apparaît de différentes façons dans le paragraphe relatif au « gui sacré » .D’abord c’est le prénom Augustin de monsieur Thierry ( page 285 ) mais aussi le prénom « omit » du célèbre botaniste Decandolle cité en page 286.

* Saint Ambroise

C’est le saint qui baptisa Augustin. Il est cité par l’abbé pour deux raisons. La première est relative à l’enfance du Saint que l’on trouve résumée ainsi :

Un jour qu’il y dormait, un essaim d’abeilles survint tout à coup et couvrit sa figure et sa bouche de telle sorte qu’il semblait que les insectes entraient dans sa bouche et en sortaient. Les abeilles prirent ensuite leur envol et s’élevèrent en l’air à une telle hauteur que l’œil humain n’était plus capable de les distinguer. L’événement frappa son père qui dit : « Si ce petit enfant vit, il sera quelqu’un de grand. » En quittant son visage, les abeilles avaient laissé un peu de miel dessus.

Vous comprenez le lien avec le paragraphe précédent.

La deuxième raison est relative aux tableaux qui se trouvaient dans l’église de Notre Dame de Marceille…Abordons le « sujet épineux ».

* Notre Dame de Marceille

En page 276 ( sous paragraphe VII ) l’abbé commence par insister sur le côté Saint et béni du lieu. Il utilisera d’ailleurs une expression que l’on trouve mot pour mot dans le Sadler : « … avons le bonheur de posséder » .C’est la définition d’un mot tronqué « bless » présent dans le petit parchemin, le mot « bles » :

Voici la définition de ce verbe anglais dont la racine est aussi un mot-relais :

to BLESS, va. bénir, rendre heureux, faire prospérer; glorifier.

Bless me l Dieu me bénisse ! – Bless you! ou God bless you ! Dieu vous bénisse !

BLESSED, adj. béni, bienheureux, saint.-To be blessed with, avoir le bonheur de posséder.

Après ce détour par SION, revenons aux fameux tableaux !

Voici ce qu’on en sait dans les années 1881 :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5695385m.texteImage

En page 14 il est essentiellement question de trois tableaux, mais plusieurs chercheurs se sont penchés sur la question, que ce soit sur le nombre, sur les auteurs et sur les sujets traités. Sans faire aucune polémique, il est certain que le tableau « Saint Antoine l’ermite » était présent ( http://reinedumidi.com/ndm/sanctu5.htm ), que le deuxième tableau cité était probablement « Saint Antoine Viennois », et qu’un autre tableau ou plutôt assemblage était présent au dessus du porche dans les années « Boudet », tableau qui représentait « la conversion et le baptême de Saint Augustin » (http://www.rennes-le-chateau-archive.com/ndm_autres_peintures.htm ) .

De plus « un ermite » gardait la chapelle au XIVeme siècle et « frère Antoine d’Aude » était présent au XVIIeme siècle ( page 11 ).

Donc en résumé, Saint Antoine l’ermite et Saint Augustin sont bien en relation avec Notre Dame de Marceille. C’est par Notre Dame de Marceille et Saint Augustin que l’abbé Boudet « nous amène » au gui sacré et donc à l’ermitage. Mais le plus intéressant reste à venir …

* La voie sacrée

Celle de Limoux , qui conduit à Notre Dame de Marceille est orientée Nord-Sud, comme la direction évoquée dans l’article « tentation ». Mais il faut savoir que la vraie voie sacrée se trouve à Rome ( Rome , mot-relais ), c’est la via sacra qui va des carènes à Arx ( se prononcer Arc, c’est la colline de la citadelle ou forteresse ).

Vous comprenez maintenant mon introduction, et pourquoi l’abbé s’intéresse beaucoup au mot carène, que ce soit sous sa forme française , page 86 :

… ne trouvant point dans les champs les matériaux nécessaires à la construction de leurs maisons, ils se servirent des carènes renversées de leurs vaisseaux en guise d’habitation. Ils se mêlèrent peu à peu aux Gaetules par des alliances ..

( ,marceille : to mar et to rot = gâter , lisez page 297 )

mais aussi sous sa forme anglaise hull car dans le sadler on peut lire ( pdf 1325/1349 ) :

Shape of the hull, Carène …Vérifiez, vous verrez qu’il n’y a rien de bizarre , autre mot-relais relatif au sujet de l’article.

Intéressons-nous à carène et au verbe qui en découle , caréner se dit en anglais careen, il est traduit dans le sadler par :

careen : caréner, radouber.

On peut lire ainsi en page 177 :

est un port recevant une infinité de grands vaisseaux qu’on mettait à la bande pour les radouber,mass, un amas, – to heel (hil), mettre un vaisseau à la bande pour le radouber, – high (haï), grand –.

Mass signifie donc « amas » mais aussi mass = assemblée.( page 96 ), nous voici revenu à hawk.

Quant à adouber/radouber , voici la définition :

adouber : toucher une pièce aux échecs, réparer un navire, ordonner un chevalier par l’ épée.

Chacun y trouvera ce qu’il veut …ou pas.

 

* un mot-relais qui unit les sous-paragraphes

Ce mot est la prononciation [hile] que l’on trouve dans trois homonymes anglais :

to heel [hile] : radouber, pencher d’un côté ( voir page 19, côte = rampe ), armer un coq ( page 242 cugulhu …un nom bizarre ), mettre aux fers , roulis.

to heal [hile] qui signifie , guérir, remédier, apaiser …

Nous sommes revenus à Notre-dame-de-Marceille et au gui .Pour ne pas surcharger le propos, limitons la remarque au mot « remède » que l’on trouve dans cette définition :

page 272 associé à blessure

page 282 intelligence ( Saint Augustin )

page 288 intermittente , redoutable ( le gui et le sanglier )

page 103 aguerthil

page 167 « rémédier » et les trois fautes d’orthographe, car la première lettre « e » du mot ne doit pas porter d’accent. Dans cette page il est question de druide et de la Kaïrolo. Pour la faute je ne développerais pas mais que les curieux s’intéressent au phonème « rém » que l’on trouve par exemple dans « cérémonie », la cueillette du gui en est une.

Eel [hile] = anguille.

C’est le sous-chapitre qui sépare « Notre Dame de Marceille » et le « gui sacré », ce mot mérite une explication, plus tard …dans la deuxième partie.

 

* En résumé

A nouveau nous avons pu observer l’intérêt des mots-relais, des déclinaisons ainsi que de l’utilisation des synonymes et homonymes anglais et français .

Les sous-paragraphes « Notre Dame de Marceille » et « le gui(y) sacré » sont liés. Je parlerai des deux autres sous chapitres ( eaux thermales et anguille) dans la deuxième partie.

Si l’abbé « nous emmène » du côté de Limoux, c’est essentiellement pour nous parler de « la voie sacrée », qui va d’ARX aux carènes, cette voie qui conduit à l’Arc de Titus et qui fut emprunté par Vercingétorix après sa défaite.

Mais quel est le rapport entre cet axe Nord-Sud de Notre Dame de Marceille ou de RLB que l’on trouve dans l’étude de « la tentation » avec :

– la commune d’Arques situé au Nord-est du cromleck? (  Y aurait-il un lien avec la « direction historique »: https://recharc.fr/du-prieure-a-sion/ ? )

– quel est le lien avec les roulers ?

– le lien concerne-t-il RLC et son château/forteresse ?

– ou peut-être autre chose …

C’est ce que j’expliquerai dans la deuxième partie ( sur le site ou dans le livre, je ne sais pas encore …)…

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