* Bilan

Le créateur du petit parchemin n’avait pas le choix, c’est très probablement à partir du fac-similé de Luc VI présent dans le dictionnaire de Vigouroux qu’il le créa.

Cela veut aussi dire que les lettres R, E et D que l’on trouve décalées sur ce document, et que l’on peut interpréter comme étant une indication « qui oriente » vers REDIS n’est qu’un pur hasard.

Mais surtout cela signifie que tout cela n’a rien d’une farce.

En effet , aucune référence à Jean XII n’est faite dans l’article de Vigouroux . Donc l’auteur du grand parchemin n’avait aucune information sur l’importance de cette page.Pourtant le choix de Jean XII comme support du grand parchemin est très particulier.

  • C’est la seule page du codex où s’accumulent les fautes d’orthographes si particulières au codex Bezae.
  • C’est la seule page où se trouve le plus grand et le plus beau « chrisme PS» .
  • C’est la page qui se trouve reliée par le mot grec περη aux deux autres pages qui font référence à Génézareth ( voir et vérifier l’étude Ad Genezareth )
  • C’est comme l’a précisé Thierry Espalion, la page où se trouve le mot SION que l’on retrouve dans le petit parchemin.
  • C’est le mot grec θήκη ( coffre, tombeau ) du petit parchemin qui fait écho au mot γλωσσόκομον ( coffre, bourse ,Codex Bezae, Jean XII ) dans un texte où Jésus évoque son propre tombeau dans Jean XII.

Tout cela montre que le créateur des parchemins avait bien la connaissance de ces réalités et n’a fait que profiter de la publication des facsimilés de Luc VI présents dans Vigouroux pour faire ce lien avec la page Jean XII du codex Bezae. Cela n’a donc rien à voir avec une farce organisée par un « pseudo-génie »( enfin pour certains…). C’est une des raisons qui me font penser qu’un prêtre vivant au début du XX siècle en est l’auteur, et que Plantard n’a fait que profiter du mot SION écrit sur un document authentique ( subtilisé à ? ) pour créer son « Prieuré de SION ». Comme à son habitude, il se greffe sur l’histoire.

* Sabato, saison 2

Quand j’ai découvert la faute « Sabato » dans les annotations du codex, j’ai évidemment recherché sa présence dans l’annotation présente en haut de la page grecque de Luc VI. Bien entendu, je ne l’ai pas trouvée, et j’en avais conclu qu’aucun lien entre Luc VI et Jean XII n’avait été fait à l’époque des annotateurs . C’est en m’intéressant aux titres réalisés par l’annotateur M1/M2 que j’ai compris que tout n’était pas aussi simple. Dans tous les titres du codex Bezae , le mot Sabato apparaît bien une seule fois. Scrivener l’avait repéré en page 451 de son ouvrage et on le trouve dans les titres compilés par Jennnifer Knust et Tommy Wasserman dans l’article «  Codex Bezae as Repository » de 2020 : Extrait .

( Il se trouve à la page 1 , au niveau de la ligne qui correspond à la colonne « modern » 12:1) .

La page du codex Bezae où figure ce titre est la 34b et …..la péricope dont il est question est L’ARRACHAGE DES BLÉS UN JOUR DE SAB(B)AT !

Il y avait donc bien un rapport avec Luc VI …

La faute est à nouveau incompréhensible, car pour repérer à quelle page il va devoir écrire le titre, l’annotateur va d’abord lire en bas de la page la déclinaison SABBACIN (correctement orthographiée ):

puis l’indiquer dans une écriture négligée ( que je pense intentionnelle ) et en soulignant la lettre B le mot Sabacin :

* Luc VI et la faute David

La faute sur le mot David fut aussi identifiée par les chercheurs du XIX siècle.Harris , pour ne citer que lui, en parlera longuement en page 12 de son livre ( the annotators of the codex Bezae ).

Le nom David ( δαυειδ , ΔΕΥΕΙΔ ) est orthographié dans ce titre «δαυγι» ( voir aussi en page 5 de l’article Codex Bezae as Repository ) , c’est-à-dire qu’entre autre, une lettre « gamma » a été incorporée dans le prénom « David ».

Pourtant ici aussi l’annotateur M1/M2 l’a lu avec son orthographe correcte :


Mais dans le titre il écrit :


Cette faute aurait-elle un rapport avec les lettres « gamma » que l’on retrouve dispersées dans les titres et notamment dans celui où se trouve le mot Sabacin ? Je me renseigne actuellement auprès des spécialistes du codex Bezae et j’espère pouvoir vous donner prochainement une réponse.

* Le variant omicron

Pour l’anecdote, il se trouve qu’un autre mot contenant « SION » est présent dans le nouveau testament .Pour rappel ce mot se trouve dans trois évangiles faisant référence à la même péricope, celle de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Nous connaissons Jean XII-15 , mais il y a aussi Luc XI- 3 et Matth XXI- 5. Donc le mot SION ( Σιών ) ne se retrouve que trois fois dans le codex Bezae.

Le mot dont je parle possède un omicron à la place d’oméga, mais se prononce de la même façon : c’est le mot ἐπιούσιον que l’on retrouve par exemple dans Matth VI-11. Il se lit « épi ou SION » soit en grec « ἐπι ού σιον » . On le trouve dans le « Notre père » , il signifie « supersubstanciel » et se traduit par « quotidien » ( notre pain quotidien …).

Ne trouvez-vous pas remarquable ( après avoir parlé de Luc VI ) de trouver dans une expression le pain , l’épi et SION !

* En conclusion

La personne qui inventa le petit parchemin n’a pas créé de canular. Même si les faits apportés aujourd’hui confirment cette constatation, il suffisait déjà d’analyser le texte du petit parchemin pour le comprendre .

Au temps des annotateurs, un lien avait été fait entre Jean XII et la péricope du blé arraché .La racine « Sabbat » se retrouve notée sept fois à la page 36a de Matth XII et six fois sur la page 205b de Luc VI, donc l’annotateur a placé la faute au niveau de la page du codex Bezae qui contenait le plus de fois les déclinaisons.

De mon côté, j’en conclus qu’il met en évidence la péricope du blé arraché, et non spécialement le texte de Luc VI. J’ai expliqué pourquoi l’abbé Boudet parle de « Kaïrolo » dans LVL celtique ( La kaïrolo) , il fait référence à un des anciens noms de LavalDieu ( Pic-kairol ). Ce nom vient de l’activité exercée en ce lieu : le traitement et la conservation du blé. En 1195 ce hameau était connu sous le nom de « Grange de la bénédiction de Dieu » ( Sabarthes ). Il est donc possible ( mais sans information, je ne peux que supposer …) que depuis bien longtemps ce lieu avait cette activité. Il serait donc logique qu’après avoir indiqué une direction sud-ouest issue d’Arques, on cherche à préciser de cette façon où se trouve le lieu concerné. Mais tout cela n’est qu’hypothèse, nous sommes bien d’accord.

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